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| Bernard Douillot (1934-1944), abattu à Mathons. (Collection J.-M. Chirol). |
Le mois d'août 1944 a été marqué en Haute-Marne par l'exécution de 69 civils et résistants, dont 33 lors des massacres de Prauthoy et de Châteauvillain. Le Freiwilligen-Kosaken-Stamm-Regiment 5, qui tient garnison en Haute-Marne de février à septembre 1944, est impliqué dans la mort d'au moins 25 personnes, et la 15. Panzer-Grenadier-Division, qui retraite les 29 et 30 août 1944 entre la vallée de la Barse et Saint-Dizier, dans celle de quatre civils au minimum. Tous ces crimes de guerre n'ont pas forcément l'objet d'enquêtes de la part du SRCGE.
1er août 1944,
Bussières-lès-Belmont : Eugène Lambert
La
victime : Eugène Lambert est né le 28 octobre 1922 à Gray (Haute-Saône), il est domicilié au hameau de Caqueray, commune de Palaiseul.
Les
faits : Eugène Lambert circulait à vélo entre Chalindrey et
Bussières-lès-Belmont. Il croise une patrouille allemande qui lui
ordonne de s’arrêter. « Pris de peur, [il] s’est enfui et
la patrouille ayant tiré sur lui, il a été tué » (AD 52, 15
J 88, rapport de gendarmerie). L’enquête du SRCGE pense qu’Eugène
Lambert a été tué par des cosaques du Freiw.(Kos.)Stamm.Rgt. 5.
9
août 1944, Chaumont : Odette Ferrière
La
victime : Odette Lindecker est née à Chaumont le 28 février 1902, elle est mariée
à Robert Ferrière, domiciliée 31, rue Carrière-Roulot à Chaumont.
Les
faits : cette Chaumontaise est tuée vers 21 h 30 par un soldat
allemand sur le passage piéton du viaduc. Selon son époux, elle a
été abattue par un fusilier marin (AD 51, 163 W 3159).
9
août 1944, Prauthoy : Joseph Berthold, Lucien Bonnard, Alfred
Brouillard, Charles Collin, René Cornu, Pierre Dalanzi, René
Fourot, Aimé Grandclaude, Robert Gy, Gilbert Laurent, Antonio
Manoël, Robert Midoux, François Philippe, Roland Pretet,
Adrien Valroff, Roland Viard
Les
faits : le 9 août 1944, vers 21 h, un train venant de Dijon et se
dirigeant sur Langres passe à proximité de la ferme de Suxy
lorsque deux explosions retentissent (il s’agit d’un sabotage
exécuté par des résistants de Côte-d’Or dont l’historien
bourguignon Gilles Hennequin a révélé la réalité en 1997). Les
soldats allemands du convoi se dirigent alors sur la ferme,
commettent un massacre des personnes qui s'y trouvent et incendient les lieux. Ils exécutent
également trois habitants de Saône-et-Loire qui avaient été
arrêtés quelques jours plus tôt et qu’ils convoyaient dans le
train.
L’unité
mise en cause : l’enquête du SRCGE (AD 51, 163 W 3174) ne
permet pas d’identifier l’unité allemande. L’abbé
Louis-Emmanuel Marcel parle de 150 "parachutistes SS" venant de
Grenoble et ayant combattu dans le Vercors. Sur la base de ces
éléments, il est vraisemblable que la formation impliquée dans ce massacre soit le gruppe Schäfer,
des parachutistes rattachés au Kampfgeschwader 200 de la Luftwaffe
et qui, après le Vercors, sont revenus en train jusqu’à
Essey-lès-Nancy.
Sur
ce crime de guerre, lire également Jean-Pierre MAUCOLIN, Prauthoy
(de 1930 à 2000), Pierres et terroir, 2022.
10 août 1944, Mathons : René Jakubas, Serge Kervaire, Maurice Launois,
Gabriel Sanrey
Les
faits : une opération est menée par les troupes
d’occupation contre le maquis Garnier (FN) qui vient de se fixer en
forêt de Mathons. Pour le localiser, la Sipo-SD de Chaumont avait
recueilli des renseignements fournis volontairement par une habitante
de Joinville (condamnée à mort à la Libération mais non exécutée). Si le chef du maquis avance jusqu’à une force de 2
000 Allemands, tandis que l’abbé Jacques Vicherat parle de « 1 200 à 1 500
hommes », le lieutenant de gendarmerie Maitrier fait état
d’une centaine d’Allemands en action à l’aube. Les maquisards ont pu décrocher, mais un groupe composé de quatre résistants et sept aviateurs alliés est intercepté. Les aviateurs seront
internés Outre-Rhin, les quatre Français sont abattus. Trois corps
sont retrouvés le 13 ou le 14 août 1944 dans un fourré, au bord du
chemin Mathons - Charmes-en-l’Angle. Le quatrième est découvert
le 15 août 1944 à 70 m de là. La ferme des Bonshommes a été incendiée, ses exploitants Georges et Renée Douillot emprisonnés à
Chaumont.
Les
mis en cause : un mandat d’arrêt est délivré le 6 août
1945 contre le feldwebel François Haas. Plusieurs témoins l’ont
reconnu sur une photo présentée par les enquêteurs (« il se
disait chef de la brigade et commandant de l’expédition faite à
Mathons », dit l’un).
Les
témoins. Eugène Serre : « Il est établi que ces troupes
d’occupation venaient en partie de Chaumont et de Saint-Dizier, et
étaient dirigées par la Feldgendarmerie de cette ville. » Source : AD
51, 163 W 3171.
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| Une des quatre victimes du 10 août 1944 à Mathons : Gabriel Sanrey. |
11 août 1944, Mathons : Bernard Douillot
La
victime : Bernard Douillot, né à Mathons le 4 mars 1934, fils
des agriculteurs de la ferme des Bonshommes.
Les
faits : des Allemands venus avec deux camions ouvrent le
feu vers 17 h sur un groupe de personnes se trouvant aux abords de la
ferme des Bonshommes, incendiée la veille. Juliette Proença, de Guindrecourt-aux-Ormes, est
blessée à la main droite. L'enfant Bernard Douillot, qui était réfugié à
Nomécourt, est touché par une balle à la tête. Hospitalisé à
Joinville, il décède dans la nuit, à 2 h 30. Bernard Douillot avait accompagné
Emile Defave, de Nomécourt, pour soigner quatre veaux dans un parc.
Il a été retrouvé dans un bois de sapins, à 200 m environ de la
ferme familiale.
12 août 1944, Bourbonne-les-Bains : Gilbert Vallon
La
victime : Gilbert Vallon est né le 19 juin 1925 à Thonnance-lès-Joinville où il
est domicilié. Ce garçon boulanger à Melay est « décédé
tragiquement rue Amiral-Pierre à Bourbonne » selon le journal Le Petit
Champenois.
Les
faits, les mise en cause et les témoins : à cette époque, le
capitaine Holmann commande un élément russo-allemand à Bourbonne (du Freiw.Stamm.Rgt. 5).
L’enquête de gendarmerie du 12 août 1944 précise que c’est le
lieutenant commandant le détachement russe qui l’a informé que
Gilbert Vallon avait été tué le matin « par un soldat d’un
poste installé sur la route nationale n°480 à l’entrée sud-est
de Bourbonne ». La victime venait à bicyclette de la direction
de Genrupt. Il était accompagné de sa patronne, Suzanne Gremaux,
qui déclare : « Vers 5 h, j’ai quitté Melay à
bicyclette pour me rendre à Joinville en compagnie de mon commis
boulanger […]. En arrivant à Bourbonne, nous nous sommes trouvés
en présence d’un poste allemand. Au commandement « halte »
nous nous sommes arrêtés immédiatement à 3 m environ des soldats
du poste. Vallon a levé les bras, mais il a été aussitôt abattu
par un coup de feu tiré par un soldat. » La boulangère dit qu’elle
ignorait que le couvre-feu avait été prolongé jusqu’à 6 h. Source : AD
51, 163 w 3157.
22 août 1944, Dancevoir : François Briot (auteurs du crime : peut-être
un détachement de la division SS-Adolf-Hitler).
22 août 1944, Auberive : Geneviève Aubertin et Suzanne Lamy
(auteurs : Freiw.(Kos.).Stamm.Rgt. 5)
22 août 1944, Trémilly : Louis Michel
23 août 1944, Auberive : Robert Ingret (auteurs : Freiw.(Kos.).Stamm.Rgt.
5). Deux autres résistants sont capturés et portés disparus (André Guignard et Marc Bongrain).
24 août 1944, Châteauvillain : 17 victimes (auteurs : Freiw.(Kos.).Stamm.Rgt.
5, Feldgendarmerie de Chaumont, et peut-être le I./LnAusbRgt. 302).
Quatre otages meurent en
déportation.
25 août 1944, Coupray : Joseph Papa
et X (Maurice Blanchard, du maquis Blonde, capturé
vers le 22 août 1944 à proximité à Boudreville ?).
26 août 1944, Chaumont : Martial Champied
et X (auteurs : le Sipo-SD de Rennes est mis en cause pour l'exécution de Champied).
27 août 1944, Villiers-sur-Suize : Marie-Cécile Michelot et Robert Guillaume (lors d'un échange de tirs entre des FFI et le Freiw.(Kos.)Stamm.Rgt. 5).
27 août 1944, Faverolles : Justin Cheminade (auteurs : Freiw.(Kos.).Stamm.Rgt.
5)
27 août 1944, Chaumont : Robert Mutin et Auguste Souffez (auteurs : peut-être
des soldats d’artillerie de marine cantonnés à Jonchery).
Ces crimes de guerre ont été évoqués
plus en détail dans notre série d’articles « Une semaine de
terreur en Haute-Marne ».
28 août 1944, Puellemontier : Victor Cartier
La
victime : Victor Eugène Cartier, né à Puellemontier le 25
mars 1908, ouvrier de scierie, marié, père de cinq enfants en bas
âge (de 7 mois à 9 ans).
Les
faits : vers 12 h 45, une colonne allemande en provenance de
Lentilles (Aube) et se dirigeant sur Droyes traverse le village.
Ouvrier de la scierie Gouthière et Réaux, Victor Cartier se cache, à
leur vue, dans un champ de pommes de terre. Les Allemands « habillés
en vert » et portant casquette lancent alors une grenade. Un
collègue, Roger Martinet, voit Cartier se lever, la figure
ensanglantée, déclarer aux Allemands qu’il est « ouvrier de
l’usine », lorsqu’un militaire l’abat avec son revolver.
Son corps est retrouvé, sur le dos, criblé de balles, près d’une
haie vive. Pour le Dr Bernard Bercovici, ses blessures à la poitrine
et au visage proviennent plutôt de rafales de pistolet-mitrailleur.
Les
mis en cause : l’enquête du SRCGE n’a pas permis
d’identifier l’auteur du crime. Toutefois, l’itinéraire
correspond au passage du 1er bataillon de la
SS-Panzerbrigade 51 qui, venu de l’Aube, se portait à Giffaumont.
29
août 1944, Anglus : Georges Tardy de Montravel
La
victime : Georges Tardy de Montravel, né à Pont du Gard le 18
janvier 1923, séminariste à Sens (Yonne).
Les
faits : lieutenant du groupe Bayard, il est capturé à Tonnerre
le 26 août 1944 par la 15. Panzer-Grenadier-Division. Au cours du
repli, il est abattu à la sortie d’Anglus, dans un bois.
Vers
le 29 août 1944, Créancey : Louis Reiter
La
victime : Louis (dit Lucien) Reiter est né en 1905 à Aprey.
Vannier, il réside à Châteauvillain.
Les
faits : son corps est découvert le 1er septembre
1944 au lieu-dit Charmoy. Il présente une balle dans le front. Selon
l’enquête, ivre, il se serait querellé avec un gendarme et aurait
été tué le 29 août 1944 par les Allemands. Marie-Claude Lavocat situe son décès au 26 août 1944. Source principale : AD 51, 163 W 3160.
30
août 1944, Braucourt : Charles et Gilbert Jeanson
Les
faits : le 30 août 1944, l’explosion d’une mine posée par
les FFI de la Compagnie du Der coûte la vie à l’artilleur Edwin
Hoffmann, de la 15. Pz.Gren.Div. En représailles, trois habitants de
Braucourt sont fusillés, dont deux – un père et son fils – sont
tués.
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| Gilbert Jeanson a été abattu aux côtés de son père. |
30
août 1944, Eclaron : Fernand Hubert
La
victime : né à Eclaron en 1902, résistant, membre du FN.
Les
faits : au passage d’une colonne allemande, Fernand Hubert
prend la fuite. Il est mortellement blessé en sautant dans le canal et décède à Wassy.
30
août 1944, Saint-Dizier (Marnaval), Lucette Soin
La
victime : Lucette Soin, née à Saint-Dizier le 3 mars 1927
(elle n’est pas décédée le 3 août 1940 à Saint-Dizier,
contrairement à ce qu’indique le site Mémoire des hommes).
Lucette Soin est l’une des 23 victimes civiles de la libération de
Saint-Dizier, la seule exécutée.
Les
faits : Lucette Soin, 17 ans, domiciliée 31, quartier de la
Plaine, est mortellement blessée à 17 h 15 par des soldats
allemands en retraite. Elle décède à 21 h 30 à l’hôpital de
Saint-Dizier.
Les
témoins : Renée Valluet, mère de la victime : « Ayant
appris que les Américains se trouvaient à proximité de Marnaval,
nous nous sommes décidées, ma fille et moi, à monter au premier
étage. A ce moment, ma fille, regardant par la fenêtre, me fit voir
un groupe d’Allemands dissimulés dans un bosquet situé à 150 m
de notre habitation. J’ai ouvert la fenêtre, et un coup de feu a
été tiré de la direction de ce groupe, atteignant ma fille d’une
balle au côté gauche. Elle est tombée sans connaissance. […] Ma
fille n’était pas revêtue d’un costume tricolore. Elle portait
une blouse blanche. »
Les
mis en cause : les soldats étaient en « tenue verte »,
selon Paul Mallerat. Des habitants ont parlé aux enquêteurs, sans certitude, d’un
insigne correspondant à la division Adolf-Hitler.
 |
| Lucette Soin (1927-1944), lorsqu'elle était enfant. |
30
août 1944, Saint-Dizier (Marnaval) : Lucien Groffe
La
victime : Lucien Groffe, né le 8 novembre 1913 à Doulaincourt,
ouvrier à la société Ferro, domicilié à Marnaval, marié, père
de de famille.
Les
faits : membre de la 2e section de la Compagnie du
Val, Lucien Groffe s’aventure imprudemment dans Marnaval. Capturé,
il est mis à mort près de l’église du quartier.
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| Lucien Groffe (1913-1944), exécuté à Marnaval. |
30
août 1944, Villiers-en-Lieu : Serge Grelet
La
victime : Serge Grelet, né le 16 juillet 1927 à
Villiers-en-Lieu.
Les
faits : dans la matinée, des Allemands en retraite tuent Serge
Grelet. Le village pleure également la mort de Léa Linguenheld et
Pierre Party, tués par méprise par un obus américain.
31
août 1944, Torcenay : Paul Noirot
La
victime : Paul Noirot, né à Torcenay le 3 décembre 1887,
retraité, père de Jules Noirot (sous-officier du maquis
d’Auberive).
Les
faits : le 31 août 1944, un détachement de cavalerie
russo-allemand, venu de Rolampont ou de Saint-Ciergues et se
dirigeant sur Langres, commandé par un oberleutnant, stationne dans
le village de 10 h à 17 h. Au cours de la journée, Paul Noirot qui
sciait du bois discute avec un cosaque et lui affirme que Hitler
serait « kaput » bientôt. Le Russe revient avec un
gradé, qui le frappe avec un morceau de bois, l’arrête après une
tentative de fuite et le conduit au café Bourlot où il est de nouveau maltraité.
Puis il est abattu à l'écart du village. Un témoin constate que deux balles ont traversé
la nuque et le cou.
Les
témoins : Paulette Noirot, belle-fille : « Vers 14
h, je me trouvais dans la cour de mon habitation sise à 150 m de la
demeure de mon beau-père […], lorsque j’ai vu celui-ci poussé
par des soldats allemands qui le brutalisaient en le frappant à
coups de crosse de fusil et bâton. Un de ces soldats […] lui a
brisé son fusil sur le dos. Ils l’ont fait entrer dans le salle
de débit du café Bourlot où se trouvait l’officier du
détachement de passage à Torcenay. |…] J’ai appris par les
voisins que mon beau-père avait été fusillé dans un parc, à
proximité du village. [...] » Source principale : AD 51, 163 W 3178.
31
août 1944, Chamouilley : Eugène Petit
La
victime : Léon Eugène Petit est né le 4 août 1900 à
Saint-Dizier.
Les
faits : Eugène Petit est réquisitionné le 31 août 1944 par
les Allemands pour transporter leurs blessés. Son corps est retrouvé
le long de la voie ferrée au lieu-dit La Rochotte, commune de
Chamouilley, « la tête traversée par plusieurs balles »
(selon un témoin). Source principale : AD 51, 163 W 3172.
31
août 1944, Chatonrupt : Jean Lefebvre
La
victime : Jean Lefebvre, né à Louvemont le 22 octobre 1920,
marié, domicilié 2, rue des Porcelets à Joinville, quartier-maître
de la Marine, garde de voies de communications, membre du maquis
Mauguet.
Les
faits : depuis le 24 août 1944, le maquisard Jean Lefebvre était revenu chez lui
en raison d’une jaunisse. Le 31 août 1944 (jour de la libération de
Joinville), il repart seul en direction de Saint-Dizier pour
rejoindre son groupe. « Il n’avait pas d’armes sur lui […].
Il portait un brassard de garde de communication et un brassard de la
Résistance », précise Jean Rinder, son beau-père. On ne
reverra plus vivant Jean Lefebvre. Son corps est retrouvé le 3
septembre 1944 par des soldats américains au lieu-dit Le Jardinaux,
à Chatonrupt. Il a reçu un projectile « dans la région
occipitale ».
31 août 1944, Daillancourt : René
Formentin
La
victime : René Formentin (et non Fromentin), né à Chauny
(Aisne) le 23 mai 1907, chef d’équipe à la Ville de Paris,
employé dans la région d’Eclaron, adjudant FFI dans les Commandos
M sous le nom de « Marceau ».
Les
faits : le 31 août 1944 dans l'après-midi, alors qu’un combat s’engage entre
des Russes et des FFI du maquis de Cirey-sur-Blaise, l’adjudant
Formentin, agent de liaison du lieutenant Raymond Krugell
(« Pierre) », est blessé en se rendant à
Daillancourt. Il est « achevé lâchement par l’ennemi et
dépouillé de sa montre et de son alliance » (témoignage de
Maurice Jacquin).
31
août 1944, Saint-Urbain : Lucien François
Les
faits : dans la nuit du 31 août au 1er septembre
1944, Lucien François, 41 ans, qui assure la garde du village, rencontre
trois soldats allemands et trouve la mort.
Civils, résistants, déportés : 29 autres victimes
Nous avons vu plus haut que des civils sont morts à Saint-Dizier et Villiers-en-Lieu, le jour de la libération, soit exécutés, soit pour la plupart victimes des combats entre Américains et Allemands. Durant ce mois d'août 1944, neuf autres civils ont trouvé la mort (à Froncles et à Bologne par l'aviation alliée, à Chancenay et à Doulevant-le-Château par des méprises des Américains, à Longeau lors d'un échange de tirs entre FFI et Allemands). Par ailleurs, deux condamnés à mort par le tribunal de la Feldkommandantur 769 ont été fusillés à Langres (André Collot et Jacques Vernier), et un déporté polonais évadé près de Merrey est décédé sur la table d'opération à Neufchâteau.
Enfin, quatre FFI du maquis Max (Auberive) ont trouvé la mort au combat, neuf FTP du maquis Mauguet ont été tués ou mortellement blessés sur le sol haut-marnais (l'unité a déploré également six morts dans la Meuse), un FFI de la Compagnie du Der est tombé près de Montier-en-Der, et trois hommes du maquis Charles (Varennes) sont morts - il s'agit ici encore d'une méprise - pendant un parachutage.
Il semble que parmi les victimes du maquis Mauguet, certaines ont été exécutées. Blessé à Chancenay, Mario Fruet témoigne ainsi qu'un lieutenant allemand (de la 15. Pz.Gren.Div.) a découvert André Saucourt "qui se recroquevillait et a tiré une rafale sur lui". Fruet apostrophera ainsi l'officier, une fois prisonnier : " "Tu as achevé mes copains blessés, tu le paieras !". Le même jour, ils l'ont fusillé à la Belle-Epine."
Sources principales : AD 51, série 163 W ; "La Haute-Marne et les Haut-Marnais durant la Seconde Guerre mondiale", club Mémoires 52, 2022.
Prochain volet : septembre 1944.