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samedi 11 juillet 2026

Une semaine de terreur en Haute-Marne (5) : 26 août 1944

Pierre Claudé rédigeant un discours à son bureau.
(Détail d'une photode la collection des Musées de Paris).



Cirey-sur-Blaise, vers 8 h 30 

    La fusillade est entendue à 8 h 15 depuis Doulevant-le-Château. Dans l’après-midi, Robert Burgeat, avocat à Paris, apprend que « deux Allemands [ont été] tués au carrefour des Quatre Chemins, route de Leschères. L’on vient même d’amener les deux corps ici à la gendarmerie. » L’accrochage a eu lieu après que des hommes du groupe de Cirey, commandés par l’adjudant Benjamin Chrétien, ont barré la route entre Cirey et Charmes-la-Grande. Ils ont été surpris par l’arrivée de deux voitures allemandes venant de Leschères et se dirigeant sur Doulevant, obligeant les FFI à se replier. En représailles, les Allemands arrêtent le lendemain trois élus de la région : Philippe Molter (Doulevant), le comte de Salignac (Cirey) et Abel Brisbare (Leschères-sur-le-Blaiseron). Ils sont emmenés à Joinville où ils seront brutalisés. 

Chaumont, dans la journée 

    Pierre Claudé fait preuve d'une nervosité extrême. Le brillant officier de 14-18, médaillé militaire, engagé résolument dans la Collaboration (il sert en Russie comme aspirant dans les rangs de la LVF, tient la permanence de cette légion à Chaumont et devient inspecteur régional du Mouvement social révolutionnaire) se laisse aller à un excès de violence, ce jour-là. Accompagné de deux hommes, le comptable chaumontais se rend chez le Dr Maurice Picot, 24, boulevard Gambetta, dont il entend réquisitionner la voiture. Le praticien proteste. Claudé sort alors son revolver, frappe notamment au visage le Dr Picot qui perd trois dents. Sur protestation de « notables » chaumontais, la Sipo-SD est obligée d’intervenir auprès de Claudé et de le désarmer. 

    Ce même jour, Madeleine Champied cherche à avoir des nouvelles de son époux, arrêté quatre jours plus tôt à Ville-sous-La-Ferté. Elle se rend à Chaumont. Surprise : « Tout à fait par hasard », elle le croise, « alors qu'il sortait de la prison accompagné d'un Allemand pour se rendre à la Gestapo. Ce jour-là, je n'ai pas pu lui adresser la parole, mais en passant mon mari m'a adressé quelques paroles. L'Allemand qui l'accompagnait m'ayant demandé qui j'étais, m'a fait savoir que le retour s'effectuerait environ un quart d'heure plus tard. Je suis revenue quelques instants après et j'ai attendu environ une heure, en vain d'ailleurs. » Elle ne reverra jamais Martial Champied, né le 3 mai 1909 à Troyes, et dont elle identifiera le corps un an plus tard, parmi les deux cadavres découverts le 1er septembre 1944 dans le bois de Saint-Roch*. « Ce n'est pas le [groupe d’action PPF] qui a exécuté le débitant de tabac, ce sont les Allemands », assure Georges Tilly, ancien résistant du Morbihan passé au service de l'ennemi. 

Chaumont, dans la soirée 

    Dans les locaux du boulevard Gambetta occupés par le groupe PPF de Lucien Imbert, le martyre de Gilbert Diligent se poursuit : « Vers 19 h, on m'apprit que j'étais condamné à mort par les Allemands. J'en étais content car je pensais que je ne souffrirais plus. Un Allemand vint me couper les cheveux, j'avais peur qu'il ne me crève les yeux avec ses ciseaux. Les miliciens voulaient me prendre mon alliance, ils ne le purent car je raidissais mon doigt. Ils me demandèrent si je voulais une rafale de mitraillette ou deux balles dans la tête, je répondais que je préférais deux balles à la tête et j'attendis ma sentence. A ce moment, un ordre arriva que j'étais gracié par le commandant de la place, n'ayant pas de preuves [convaincantes] contre moi. Les miliciens étaient en rage, ils me firent asseoir par terre et me dirent qu'ils me lâcheraient le lendemain matin. » 

Chaumont, nuit du 26 au 27 août 1944 

    Gilbert Diligent : « Vers 22 h, un nouvel ordre arriva, leur disant qu'ils [les militants PPF] devaient partir immédiatement pour Nancy […]. Ils bourrèrent leurs autos de tout le linge, les effets et les objets volés, de leurs armes et d'une grande quantité de ravitaillement, cassèrent tout ce qu'ils ne purent emporter : postes de TSF, piano, machines à écrire. A 1 h 30 du matin, le chef des miliciens m'appela et me dit "viens tu vas aller te coucher et tu partiras quand il fera jour’". Il me fit passer devant lui, m'emmena dans le jardin de l'école et à bout portant me tira deux balles de revolver dans la tête, la première se logea dans la nuque à 1 cm de la colonne vertébrale, la deuxième au sommet de la tête faisant une plaie de 6 cm mais sans gravité que le cuir chevelu fendu. Il me laissa pour mort4** » 

    Pierre Claudé est, lui aussi, proche du départ : « Les quatre familles Bongibault, Hugny, Gaument et Morel devaient quitter Chaumont la nuit même vers 3 h du matin avec le convoi du groupe d'action et le SD de Rennes, en direction de Vittel. Pensant ne plus pouvoir demeurer moi-même à Chaumont, j'avais d'ailleurs confié mes bagages et une machine à écrire à ce convoi. Je n'assistais pas au départ de ce convoi. J'avais achevé la soirée chez M. Schultz et nous devions accompagner à la gare la demoiselle Tilk, employée allemande de la Propaganda qui regagnait l'Allemagne par le train de nuit de Neufchâteau. 

    Or ce train dont l'horaire n'était guère respecté dut partir seulement vers 3 h au lieu de 1 h 30. Je gagnais alors l'Ecole normale, la cour était vide de véhicules, indiquant le départ des occupants. » 

    Errant seul dans ces lieux, Claudé voit de la lumière dans la pièce servant de corps de garde. Il assurera y avoir trouvé un cheminot chaumontais qui, « au café des Amis, rue Victor-Fourcault, avait dû tenir des propos suspects ». Il s'agit de Fernand Rouche. Dans la pièce, le désordre est « indescriptible. Des denrées alimentaires, pâtes, sucre étaient répandues sur le plancher »

    Pour Pierre Claudé, il est temps d'aller dormir. Pour les hommes du GA PPF, c'est celui de quitter Chaumont. « Avant de partir, se souvient Roger Welvaert, la camionnette conduite par Imbert a été chargée de ravitaillement (pâtes, conserves, chocolat, beurre fondu). L’autocar, avec la presque totalité, est allé à Vittel… »  

    Le SD rennais gagne également la cité thermale vosgienne. Parti de Lorient le 13 août 1944 selon ses déclarations, Georg Roder se souvient être allé « chercher [l’obersturmführer] Pulmer à Chaumont dans sa voiture, puis nous sommes allés à Lunéville ». En cours de route, trois hommes quittent en douce le convoi à Prez-sous-Lafauche. Il s'agit de Guyonvarc'h, Xavier Mordelet et Yves Le Négaret, tous trois membres du Bezen Perrot. Se faisant passer pour des résistants pourchassés, ils intègrent un maquis commandé par « un Russe » (sans doute le camp Z1-SA auquel était rattaché le détachement Stalingrad), avant de décider très rapidement de le quitter. En chemin, ils sont reconnus à Colombey-les-Deux-Eglises, arrêtés par des FFI, remis à la gendarmerie de Saint-Dizier puis aux Américains. 

    Pour sa part, Fritz Barnekow, adjoint au Kommandeur de la Sipo-SD de Rennes, restera encore quelques jours à Chaumont, si l’on en croit son témoignage : « Voyant que je ne pouvais rien entreprendre contre les maquis, vu mon effectif […], j'ai, de ma propre initiative, envoyé l'obersturmführer Hubner avec les bagages à Vittel. Quelques jours plus tard, voyant que la situation s'aggravait, je quittais Chaumont en direction de Neufchâteau. Pulmer m'accueillit très vertement et fit revenir aussitôt Walter de Saint-Dizier, puis se replia avec tout le Kommando à Vittel […]. [Pulmer] m'obligea de retourner en reconnaissance à Chaumont avec deux véhicules ; j'ai rempli cette mission sans incident. Au retour, les éléments américains blindés purent être décelés aux abords de Neufchâteau***. » 

Auberive, Ageville 

    Les exécutions sommaires se poursuivent  en Haute-Marne, et notamment dans le secteur d’Auberive. Avec le corps de l’inspecteur Fuchs, tué le 25 août 1944, sont également retrouvés, ferme de La Salle, ceux d’Alexis et Stéphanie K., un couple originaire d’Europe de l’Est. Ils étaient les parents de deux garçons dont le maquisard russe Evegniy Belousov gardera un souvenir ému - il n'a d'ailleurs jamais compris les motifs de cette double exécution. L’état civil de la commune donne la date du 26 août 1944 comme étant celle de la mort de ces deux époux.

    A la même époque, l’ancien officier d’aviation Paul Dubreucq, retraité à Latrecey, est exécuté dans le secteur d’Ageville. Arrêté quelques jours plus tôt à Is-en-Bassigny par le jeune résistant Maurice Noirot, ce partisan assumé du maréchal Pétain avait été enlevé par des FTP de Nogent qui l’ont mis à mort. 


* A proximité, sera retrouvé, le 1er septembre 1944, le corps d'un deuxième homme resté inconnu.

** D'abord évanoui, Gilbert Diligent parvient à se cacher dans un bosquet jusqu'à 5 h 30. Il se réfugie chez M. Rousselle, agent d'assurances, rue Jolibois, puis gagne à pied l'hôpital, par le Boulingrin. « Je me traînais à quatre pattes », dira-t-il. Un postier lui vient en aide pour le conduire à l'hôpital où il restera un mois. 

*** Sans doute le 2 septembre 1944.

Sources principales : SHD Caen, 21 P 434 910 (dossier Martial Champied) - AD 35, AD 51, AD 52, AD 54 - témoignage de Robert Burgeat, archives du club Mémoires 52.

jeudi 2 juillet 2026

Une semaine de terreur en Haute-Marne (2) : 23 août 1944

Un portrait de Robert Ingret (1920-1944), né à Montmédy (Meuse), fils d'un habitant de Saint-Thiébault.
Source : Le Journal de la Haute-Marne (2014).



23 août 1944 Auberive, 10 h 30 

Tous les documents officiels, tous les documents fournis à l’administration par les proches et camarades d’André Guignard – entre autres : procès-verbal de gendarmerie, rapport du colonel de Grouchy, courriers de Germaine Guignard – donnent la date du 24 août 1944 comme étant celle de la mort de Robert Ingret et de l’arrestation d’André Guignard et Marc Bongrain. Mais l’état civil d’Auberive est formel : c’est à 10 h 30, le 23 août 1944, qu’Ingret a été tué. 

Informés que « dans le courant de la matinée, un engagement a eu lieu entre les troupes d’occupation et des jeunes gens, au carrefour des routes n°20 et 129, Praslay-Vivey », les gendarmes se rendent, dans la soirée, sur les lieux, à 5 km au sud-est d’Auberive. Près du corps d’un homme qu’ils disent ne pas connaître, les militaires français retrouvent des lettres et documents au nom de Robert Ingret, inspecteur de police judiciaire à Nancy. L’identification de la victime est confirmée par téléphone par les policiers lorrains. Notons que la mort d’Ingret, tué à coups de crosse (et non par balle), est survenue au moment où étaient réalisées les constatations après la découverte des corps de Suzanne Lamy et Geneviève Aubertin. Mais dans leur rapport, les gendarmes n’ont pas fait mention d'une agitation particulière dans le même secteur au moment où ils y étaient présents. Ils ne mentionnent pas non plus la disparition des deux hommes qui accompagnaient l’inspecteur : André Guignard et Marc Bongrain. 

Guignard, alias lieutenant « Dédé », était le chef des FFI du secteur Est de Chaumont (Nogent, Andelot, Clefmont, Bourmont). Selon Maurice Noirot, dernier résistant du secteur à lui avoir serré la main - et qui, lui aussi, donne la date du 24 août 1944 -, André Guignard est parti d’un bar de la cité coutelière à 7 h. Il se rendait, avec Ingret et le chauffeur Marc Bongrain, d’Illoud, à une réunion régionale FFI en Côte-d’Or. 

Marc Bongrain (1923-1944 ou 1945), né à Illoud, porté disparu.
(Photo parue dans l'ouvrage Résistance, répression, libération en Haute-Marne,
Dominique-Guéniot éditions, 2007).


Si le colonel Emmanuel de Grouchy, chef départemental FFI de la Haute-Marne, évoque une réunion en un lieu qui paraît correspondre à Chatoillenot, entre Prauthoy et Auberive, l'historien Pierre Ruault, auteur d’une relation très fouillée sur le maquis de Pincourt, est affirmatif : Guignard s’est rendu à Aignay-le-Duc en Côte-d’Or – départ à 7 h 30 - pour représenter de Grouchy à une réunion précédant l’ordre de guérilla générale dans la Région D (déclenchée le 24 août 1944). Il devait ensuite aller faire son compte-rendu au colonel qui avait établi ses quartiers à la ferme de La Salle. C’est très plausible, car cette ferme se situe dans la direction du lieu de la mort d’Ingret. Si l’horaire donné par Maurice Noirot est exact, cela signifierait que l’équipe a pu, en trois heures 30, avec une Ford gazogène, réaliser le trajet de 80 km entre Nogent et Aignay-le-Duc, assister à la réunion, et parcourir 40 nouveaux kilomètres jusqu’à Auberive. 

C’est après ce village, en direction de Praslay, que le trio tombe sur un barrage de cosaques. Ingret est tué, Guignard et Bongrain sont faits prisonniers. Ils sont conduits à l’abbaye d’Auberive d’où, le 24 août 1944, ils auraient été conduits à la prison de Langres. Un détenu, Albin Jacot, affirme les y avoir croisés.

Chaumont, vers 18 h 30

Trois militants du groupe PPF de Saint-Malo se présentent chez Léon Viardot, cafetier au 35, avenue des Etats-Unis. Ils ont soif. Parce qu'il a déclaré posséder un pistolet en tant que garde civil, le commerçant est frappé, conduit dans les locaux du boulevard Gambetta : « A partir de ce moment, je n'ai cessé d'être frappé à coups de poing, de pied et de crosse de revolver. » 

De son côté, Gaston Vitoux, le directeur du centre de formation, a fort à faire pour que ses locaux soient respectés par les familles des PPF : « Je constate une nouvelle effraction à l'intérieur, 25 hommes et femmes se trouvent là. Certaines femmes nues jusqu'à la ceinture essayent des corsages, retournant des malles, emportant du linge, des couverts d'élèves ; j'essaie d'intervenir, mais je suis mis à la porte. » 

Ce 23 août 1944 est aussi le jour de l’arrivée, à 5 h à Chaumont, de services administratifs de la Feldkommandantur de Troyes, comme le Rüstungkommando ou "commandement de l'armement" (capitaines Iven, Esser, Müller). Mais ces hommes se portent immédiatement sur Neufchâteau via Saint-Blin. 

    Dans le département, l’ordre de guérilla générale est immédiatement suivi d’effets puisque ce jour-là, se constituent des maquis en forêt à Bussières-lès-Belmont, Courcelles-sur-Aujon, Giey-sur-Aujon, Orbigny-au-Mont. Ce même 23 août, des Allemands tirent sur des jeunes gens de Chalancey, dont un est blessé (Georges Pinel). Enfin, dans la nuit du 23 au 24, un habitant de Vauxbons est abattu par la Résistance.

Sources : Archives départementales de la Marne, série 163 W - Nara - état civil d'Auberive - Pierre Ruault, Un maquis en Haute-Marne. Pincourt-le-Haut, 2014 - Maurice Noirot et Jean Maire, Nos vertes années, s. d.

lundi 22 juin 2026

Une semaine de terreur en Haute-Marne (1) : 22 août 1944

Auberive, septembre 1944. L'état-major départemental FFI et des hommes du maquis Max.
(Photo Jean Maire).


15 août 1944. Les armées allemandes battent en retraite. Les éléments de la police allemande (Sipo-SD) qui s’installent ce jour-là à Chaumont sous les ordres de Fritz Barnekow viennent de Bretagne. Ils y seront rejoints dès le 19 août 1944 par un groupe d’action du Parti populaire français (GA PPF) mis sur pied à Saint-Malo. Tous s’installent dans différents immeubles du boulevard Gambetta, où ils voisinent avec une poignée de miliciens. Depuis Chaumont, l’oberst Werner Kleffel, feldkommandant depuis quelques mois (il a quitté Nevers le 12 juin 1944), entend également faire régner l’ordre dans le département. Il dispose notamment, pour cela, du Kosaken-Ausbildungs-Regiment (Freiwilligen-Stamm-Regiment 5), caserné à Chaumont et Langres. Ses escadrons permettent de sécuriser les travaux d’aménagement d’une ligne de défense sur la Marne, mission confiée le 9 août 1944 au general Kurt Feldt dont l’état-major est à Vittel (Vosges). Feldt est assisté de plusieurs officiers supérieurs qui vont commander des kampfgruppen s'appuyant sur des unités de pionniers de forteresse. Parmi ces officiers, citons l’oberst Hans-Joachim Kutzen, feldkommandant de Laval, l’oberstleutnant von Gebsattel, feldkommandant de Rennes, l’oberst Josef Gollé, affecté à la défense de la région de Langres, l’oberst Hans Grunert, en poste à Chaumont, ainsi que l’oberst Radeke (Joinville), l’oberst Lipken (Chaumont), l’oberst Brandt (Wassy), ces derniers officiers de pionniers... 

C’est dans ce contexte que les Allemands et leurs auxiliaires français vont faire régner la terreur en Haute-Marne à partir du 22 août 1944, c’est-à-dire à la veille de l’ordre de guérilla générale donné aux maquisards, et à huit jours de l’arrivée des Américains. La prise d’otages de 22 habitants de Colombey-les-Deux-Eglises (19-22 août 1944), les premières arrestations opérées à Chaumont et à Orges par des miliciens et des militants du GAPPF (21 août 1944), l’installation de cosaques et d’aviateurs – possiblement du Luftnachrichten-Ausbildungs-Regiment 302 – à Châteauvillain (20-21 août 1944) sont les prémices de cette semaine de douleurs. 

Clairvaux (Ville-sous-La-Ferté, Aube), 11 h. 

Un convoi composé de camions et d’un autocar s’arrête devant l’Hôtel Saint-Bernard, établissement exploité par Martial et Madeleine Champied, à Clairvaux, commune de Ville-sous-La-Ferté, première localité auboise après la Haute-Marne. Madeleine Champied évalue l’importance de la troupe à environ 60 soldats allemands « et une trentaine de policiers de la Gestapo ». Secrétaire de mairie, Léonce Seuret note la présence de Miliciens. En réalité, il s’agit de militants du Parti populaire français (PPF) venus de Saint-Malo et qui accompagnent des agents du Kommando Sipo SD de Rennes. L’enquête de la justice française mentionne notamment la présence, ce jour-là à Clairvaux, de Pierre Brossard, Gérald Gallais, Armand Lussiez, Georges Tilly, Daniel Travert, tous membres du Groupe d’action PPF commandé par Lucien Imbert et arrivé à Chaumont le 19 août 1944. A l’hôtel, ces éléments germano-français commencent à consommer puis se livrent au pillage de l’établissement. Ils arrêtent Martial Champied puis, avant leur départ, disposent des explosifs dans la demeure. « Les portes, les fenêtres, plafonds et planchers ont cédé sous la violence des explosions et ont été déchiquetés, témoigne Léonce Seuret. M. Champied Martial a été martyrisé à coups de poing et avec un jet d’eau fonctionnant au robinet de la concession » Madeleine Champied précise que la troupe est repartie avec 71 000 F d’argent liquide, du tabac, 200 bouteilles de vin, des pommes de terre, de la farine, du lard salé, du jambon, du linge, etc. L’expédition se porte ensuite jusqu’au domicile du maire de Ville-sous-La-Ferté, Jean Millerat, qui est arrêté, tout comme Léonce Seuret, secrétaire de mairie, André Courtalon, garde forestier, Paul Vittoni, bûcheron, et Guireau, commis de bois à Bar-sur-Aube . […] « [Le] camion stationnait non loin de l’entrée de la maison centrale de Clairvaux. […] Nous avons été relâchés environ trois heures après notre arrestation. » (Léonce Seuret). Puis l’expédition gagne Chaumont, où Champied et Millerat sont incarcérés au Val-Barizien. D’après un témoin, le garde forestier André Courtalon, « qui n’avait sur lui aucune pièce d’identité », a également été emmené à Chaumont mais aurait été rapidement libéré. Le nom de Pierre Pillemont n’apparaît pas dans ces témoignages. Pourtant, ce jeune Havrais de 15 ans a été ce jour-là capturé à Clairvaux et conduit lui aussi à Chaumont. 

Dancevoir, vers 11 h 45. 

Le maréchal ferrant Marcel Briot, 52 ans, constate l’arrivée devant le village de trois autos mitrailleuses allemandes et d’un camion de troupes. Une des blindées s’arrête devant le domicile de Charles Gelin. Ce dernier dénombre une quinzaine d’Allemands. Une fusillade est alors entendue. Père de Marcel Briot, François Briot, 79 ans, est abattu à l’entrée nord de Dancevoir. Le neveu de Charles Gelin, Raymond Didon, 13 ans, est blessé par une balle dans le dos. Le détachement ennemi quitte Dancevoir vers 15 h 15, emmenant avec lui Hubert Briot, 19 ans, petit-fils de la victime, et Paul Royer. Tous sont deux dirigés sur la caserne de la route de Langres à Chaumont où ils sont libérés le lendemain. Selon Hubert Briot, le détachement s’est d’abord rendu vers un petit bois, en face de la caserne Damrémont. Il pense qu’il s’agit du lieu-dit Chaumont-le-Bois, où il y avait « beaucoup d’autos mitrailleuses ». D’après l’interprète Aloïs Kesler, la troupe cantonnée à Chaumont-le-Bois était SS, venait « de l’Ouest de la France » et assurait le ravitaillement des troupes en repli. Elle aurait ensuite séjourné au Val des Echoliers. Une résidente de Chaumont-le-Bois, Marie Vindiminan, parle d’un détachement du bataillon (sic) Adolf-Hitler, composé de 64 hommes commandé par un feldwebel. Elle indique qu’ils viennent de Caen. C’est effectivement là que s’est battue la SS division Adolf-Hitler. 

Trémilly, vers 19 h 30. 

Thérèse Peguet, une habitante de Trémilly, rentre de Soulaines à pied. Elle est alors doublée par deux cyclistes, Louis Michel, de Nully, et un autre « jeune homme », qu’elle ne connaît pas. Les deux hommes croisent des soldats allemands près d’un camion, à environ 600 m de Soulaines. Ils s’arrêtent, sortent leur papier. « J’ai entendu un coup de feu, puis j’ai vu Michel se replier sur lui même et se tenir le ventre » (Thérèse Peguet). L’identité de l’unité qui a tué Louis Michel n’est pas connue. 

Auberive, vers 20 h 30 – 21 h. 

Un enfant de 11 ans, Pierre Goette (Gotte), fils des fermiers d’Allofroy, entend un coup de feu provenant de la direction de la chapelle Saint-Rémy, à 350 m de la départementale 20 Praslay-Auberive. Dans ce village, depuis plusieurs jours, environ 300 soldats russo-allemands sont présents, et ils tiennent notamment un barrage à ce carrefour. Un quart d’heure après avoir entendu le coup de feu, « j’ai vu un cosaque armé d’un fusil et à bicyclette qui descendait le coteau pour regagner le chemin qui traverse notre ferme », déclare l’enfant. Le lendemain, vers midi, Pierre Goette informe son père Joseph qu’il a découvert « une femme mannequin, en bordure du bosquet de la chapelle ». En début d’après-midi, le cultivateur accompagne le gendarme Dubois jusqu’au bosquet. Là, ils découvrent deux corps de femmes. L’une porte « une blessure au sein droit […], la robe maculée de sang est à demi-relevée, les sous-vêtements à demi-défaits ». La seconde présente la même blessure. Aucun papier d’identité n’est retrouvé. En revanche, le gendarme découvre un médaillon qui permet d’identifier Geneviève Aubertin, d’Aprey. La famille, contactée, déclare que la jeune femme est partie de la gare d’Aprey le 21 août 1944 pour se rendre à celle de Vivey, chez Suzanne Lamy. Selon un témoin, Suzanne Lamy, « cheffe de gare » de Vivey depuis février 1943, devait se rendre à la ferme de La Salle avec Geneviève Aubertin, agent de liaison comme elle. Suzanne Bret est née à Dijon le 19 octobre 1918. Elle a épousé en 1938 Lucien Lamy, lieutenant au maquis de Vivey puis au maquis Max. Geneviève Aubertin a vu le jour le 3 janvier 1921 à Rambucourt (Meuse). Son père est chef de gare à Aprey-Flagey. Elle est employée auxiliaire de la SNCF. Son frère Louis sert au sein du maquis.

Sources principales : Archives départementales de la Marne, série 163 W - Archives nationales américaines - La Haute-Marne et les Haut-Marnais durant la Seconde Guerre mondiale, club Mémoires 52, 2022.

mardi 14 janvier 2025

Les volontaires de Haute-Marne du I/21e RIC : 1ère compagnie (1944-1945)

Le 5e groupe, 2e section, 1ère compagnie du I/21e RIC. (Photo Jean Maire).



 Essai de recensement des volontaires de Haute-Marne incorporés en octobre 1944 dans la 1ère compagnie du 1er bataillon du 21e régiment d'infanterie coloniale. La majorité sont issus de la Compagnie Max (maquis Max ou maquis d'Auberive) qui fournit à elle seule 104 volontaires. Nous avons identifié 100 engagés de Haute-Marne dans cette unité (plus 11 probables).

Compagnie Max : 77

LAMY Lucien, lieutenant, de Vivey (tué comme capitaine en Indochine)

BOURGEOIS Charles, adjudant, de Torcenay (section de commandement)

CHODOT Henri, adjudant, de Langres (1ère section)

AUBERTIN Louis, sergent, d'Aprey-Flagey (1ère section)

BORDIER Roger, sergent, de Villars-Montroyer (3e section), tué 15/11/44

GAILLARD Gabriel, sergent (présence au 21e RIC attestée)

NOIROT Jules, sergent (puis sergent-chef), de Torcenay (section de commandement)

RIGAZIO Henri, sergent (de Chalindrey ?)

THOMAS Gilbert, sergent, de Langres (3e section), blessé 2/2/45

TISSE Lucien, sergent, de Langres (présence au 21e RIC attestée)


ARNOUX Charles, caporal, de Praslay (2e section), tué 19/4/45

CLEMENT Roger, caporal, de Troyes (3e section), tué 2/2/45

MAIRE Jean, caporal, de Poulangy (2e section)

MAROTEL Georges, caporal, de Villars-Montroyer (3e section), tué 26/11/44

MEUNIER Pierre, caporal (puis sergent) (2e section)

PRIEM Gratien, caporal, de Vivey (3e section ?)

VIENET Charles, caporal, de Vesvres-sous-Chalancey (2e section), blessé 26/11/44

BITOUZET Gabriel, d'Auberive (1ère section)

BLANCHARD Pierre (puis caporal), de Langres (2e section)

BONTEMPS Maurice, de Noidant-le-Rocheux (2e section)

BOURQUIN Joseph, de Dijon (2e section), blessé 26/11/44

BOUVIER Marcel, de Langres (2e section)

CAMUS Denis, de Villiers-lès-Aprey

CARDIN Gabriel, de Langres (section de commandement), tué 15/11/44

CARNIEL Lucien, de Perrogney (section de commandement)

CHABAS Robert, de Poinson-lès-Grancey (1ère section)

CHAGNET Georges, de Recey-sur-Ource (2e section), tué en Indochine

DAPPE Georges, de Poinson-lès-Grancey, blessé 2/2/45

DUFRESNE Félix, caporal, de Saint-Malo (2e section)

FEYL Georges, de Langres (1ère section)

FRANCOIS René, de Villars-Montroyer (3e section), tué 26/11/44

GAGNOT Michel, de Praslay (1ère section)

GAUVAIN Fernand, d'Auberive (section de commandement)

GIGANTE Lucien, de Langres

"GIRARD" (GANGLOFF) Marcel (puis caporal), de Belfort (2e section), tué 21/3/45

GOUSTIAUX Emile, de Neuvelle-lès-Voisey (3e section), tué 26/11/44

GUENOT Albert, de Fayl-Billot (2e section), blessé 15/11/44

GUENOT André, de Fayl-Billot (2e section), blessé 2/2/45

HENRI Marcel, de Germaines, mort 16/11/44

HENRI Paul (puis caporal), de Germaines

IBANEZ Robert (puis caporal), de Rouvres-sur-Aube (3e section)

JONIAU René, décédé 26/11/44

JORON Jean, de Villars-Montroyer (1ère section)

JOURD'HEUIL Maurice, de Vesvres-sous-Chalancey

LAMBELIN André, de Langres (1ère section)

LAMOTTE Lucien, de Chalindrey (section de commandement)

LECOMTE Gilbert, d'Aujeurres (1ère section), tué 2/2/45

LE DEVEDEC Guy, de Chaumont (section de commandement)

LEPOAN Emile, de Damrémont (section de commandement)

MAROT Jean, de Chameroy, tué 19/4/45

MAUPIN Jean, de Langres (section de commandement) 

MENIERE Jean (puis caporal), de Langres

MICHEL Charles, de Langres (2e section)

MICHEL Georges, de Champigny-lès-Langres (2e section), blessé 15/11/44

MIELLE Henri, de Vivey (3e section), tué 2/2/45

MIOT Henri, de Pierrefontaines (2e section), tué 12/4/45

MOGNOT Jean, d'Aujeurres (2e section)

MOGNOT Maurice, d'Aujeurres (2e section)

MORAIN Henri, de Champigny-lès-Langres (2e section)

MORAS André, de Perrogney (2e section), blessé 18/4/45

MULLER Daniel, de Prangey (2e section), tué 15/11/44

MUSSY Jean, de Perrancey (3e section)

PAWLAK Stephan (puis caporal)

PERDEREAU James, de Fayl-Billot (section de commandement)

PINEL Georges, de Chalancey, blessé 25/11/44

PITOLLET René (puis caporal), de Rivières-les-Fosses (1ère section)

REGNIER Maurice (de Nogent) (section de commandement)

RENARD Marcel (puis caporal), de Talant (1ère section), blessé 5/4/45

RIGOLLOT André, de Courcelles-en-Montagne

ROCHE François (2e section), d'Aujeurres, tué 31/10/44

SCHUTZ Remy, de Santenoge (3e section ?), blessé 15/11/44, tué en Indochine

SIBILLE Raymond, d'Auberive, décédé le 16/5/45

SIMONET Jean, de Langres, tué 27/2/45

TISSERAND René, de Musseau (3e section ?), blessé 12/12/44

VARENNE André (de Chalindrey) (2e section)

VILLETET Paul (puis caporal), de Langres (1ère section)

VOIRIN Jean, de Langres (3e section ?), tué en Indochine


Volontaires issus d'autres maquis et secteurs de la Haute-Marne : 23

BAUER Louis (maquis Duguesclin ?), de Chaumont (2e section), tué 11/4/45

CARTERON Marcel, de Damrémont (section de commandement)

CLAUDE Denis, de Larivière-sur-Apance (1ère section)

CLAUDE Marcel, de Larivière-sur-Apance (1ère section), tué 18/1/45

CONSIGNY Pierre, de Braux-le-Chatel 

COUSIN Georges, de Larivière-sur-Apance (3e section ?)

DESCOMBAZ Roland (maquis Henry) (SME)

DUPONT René (1ère section), de Langres

FORT Jean, de Joinville (1ère section)

GADAUT Charles, de Martigny-les-Bains (3e section ?), tué 15/11/44

GAUDIOT Maurice (maquis Henry), de Savigny (1ère section), tué 11/4/45

GENTILHOMME André, de Blancheville (SME) (information apportée par son fils)

HYPOLITTE Henri (compagnie Châtel), de Forcey (SME)

JOURDHEUIL Raoul, de Saulxures

LACROIX Georges, de Langres (1ère section)

LEPAUX Pierre (puis caporal), de Chalindrey (1ère section)

MARTIN Maurice, de Chalvraines (2e section), blessé 3/2/45

PHILIPPE Paul (maquis Charles), de Coiffy-le-Haut

RASPES Jean-Baptiste, d'Andelot (1ère section), tué 2/2/45

REMY Marcel (de Nogent) (SME), blessé

ROYER Jacques, de Courcelles-en-Montagne

THOURAULT Bernard, de Fayl-Billot (maquis Henry) (1ère section)

VENDEUR Laurent (maquis Henry), de Chalindrey


Haut-Marnais possiblement incorporés dans la compagnie : 11

CARDEUR Robert, d'Aubigny-sur-Badin (d'après l'annuaire Rhin et Danube 1974)

CHAPOTOT, prisonnier 2/2/45

CHOUPIN (de Savigny ?)

D'HARREVILLE André, de Chalvraines (d'après l'annuaire Rhin et Danube 1974)

HENRY Maurice, de Merrey (d'après l'annuaire Rhin et Danube 1974)

HUEBRA Candide (maquis de Pincourt), de Nogent (d'après l'annuaire Rhin et Danube 1974)

MAROUCHE Bouzid, caporal, d'Algérie, maquis Max

POINSOT (Henri ?), blessé 26/11/44

RANTSWILER Georges, de Chassigny (d'après l'annuaire Rhin et Danube 1974)

REINERT Philippe, de Moselle (d'après l'annuaire Rhin et Danube 1974)

SIMONET Gaston, sergent (maquis Henry), de Langres (d'après l'annuaire Rhin et Danube 1974)














samedi 23 mars 2019

Sous-officiers FFI (3) : le maquis de La Salle


Les armées attribuent un effectif de onze officiers, 60 sous-officiers et 514 hommes de troupe au maquis de la Salle (ou maquis d'Auberive, ou maquis Max), pour la période du 28 août au 21 septembre 1944. Voici la liste des sous-officiers.

AUBERTIN (Louis), sergent (Rambucourt, Meuse, 1923). Brigadier de cuirassiers dans l'armée d'armistice. Fils du chef de gare d'Aprey-Flagey. Sert du 6 juin au 30 septembre 1944. Engagé. Sa sœur Geneviève a été exécutée le 22 août 1944.
BAILLET (Albert), adjudant. Sert du 15 août au 19 septembre 1944.
BERNARDIN (André), sergent (1903).
BESANCON (Marcel), sergent. Domicilié à Hûmes.
BLAISE (Jean), adjudant (sergent-chef). Domicilié à Champigny-lès-Langres. Sert du 19 août au 30 septembre 1944.
BORDIER (Roger), sergent (Paris 1922). Domicilié à Villars-Montroyer. Engagé (mort pour la France).
BOURCEY (Jean), sergent (caporal) (Langres 1920). Blessé le 13 septembre 1944 à Langres.
BOURGEOIS (Charles), adjudant (sergent-chef). Domicilié à Torcenay. Engagé.
BOURNOT (Louis), sergent. Sert du 8 au 17 septembre 1944.
CARNIEL (Gustave), sergent (Villiers-le-Sec 1918). Domicilié à Perrogney. Sert du 15 août au 18 septembre 1944.
CHARRIER (Roger), sergent. Domicilié à Aprey. Sert du 15 août au 18 septembre 1944.
CHENAL (René), sergent. Sert du 23 août au 30 septembre 1944.
CHODOT (Henri), adjudant (sergent-chef) (Rocourt, Vosges, 1915). Domicilié à Langres. Engagé.
CROUVOISIER (Eugène, adjudant (Juvélize, Moselle, 1911). Sert du 28 août au 30 septembre 1944.
DULION (Gabriel), maréchal des logis. Sert du 30 août au 21 septembre 1944.
DUNIAU (Pierre), sergent (caporal-chef). Domicilié à Langres.
FERMINE (Marcel), adjudant (Givet, Ardennes, 1905).
FRISCH (Albert), adjudant. Sert du 10 août au 18 septembre 1944.
GAGNOT (Bernard), sergent.
GAILLARD (Gabriel), sergent (Perrogney 1899). Engagé.
GODEL (Pierre), adjudant (sergent-chef) (Bussang, Vosges, 1911). Sert du 30 août au 30 septembre 1944. Blessé le 4 septembre 1944 à Foulain.
GREPIN (André), sergent. Sert du 24 août au 18 septembre 1944.
GREPIN (Robert), sergent (Langres 1917). Membre du groupe-franc de sabotage.
GROSJEAN (Emile), adjudant-chef. Sert du 25 août au 18 septembre 1944.
GUILLAUME (Pierre), sergent (Chassigny 1914). Sergent au 21e RI. Domicilié à Vivey. Chef du 7e groupe, blessé le 2 septembre 1944 à Auberive.
HUDELOT (René), sergent (Santenoge 1899). Incorporé au 170e RI (avril 1918). Sergent (1920). Domicilié à Villars-Montroyer.
HUTINET (Alphonse), sergent (Bannes 1898). Incorporé au 149e RI (mai 1917). Père de quatre enfants, en 1939. Arrêté en août 1944, relâché le lendemain. Cité à l'ordre de la brigade par le général Puccinelli. Auteur d'une histoire du maquis d'Auberive.
JACQUET (Albert), sergent. Sert du 15 août au 18 septembre 1944.
JORAND (Hubert), sergent (Parnoy 1922). Sert du 12 au 30 septembre 1944.
KLEIN (Charles), sergent. Sert du 29 août au 30 septembre 1944.
LAMY (Emile), sergent. Sert du 25 août au 19 septembre 1944.
LARDENOIS (Marcel), sergent.
LECHENET (Alexandre), sergent (Vernois, Côte-d'Or, 1885). Domicilié à Villars-Montroyer.
LEFIEF (Julien), adjudant. Sert du 25 août au 19 septembre 1944.
LIEGE (Louis), sergent. Sert du 28 août au 13 septembre 1944.
MAITROT (Camille), adjudant.
MANGIN (Ernest), sergent. Sert du 25 août au 13 septembre 1944.
MAROT (Albert), sergent. Domicilié à Chameroy.
MASSON (Victor), sergent.
MICHEL (Raoul), sergent-chef. Sert du 6 août au 30 septembre 1944.
MITON (Alexandre), adjudant (sergent-chef). Garde forestier à Auberive. Sert du 24 août au 30 septembre 1944. Blessé le 31 août 1944 à Coublanc.
MONGIN (Marcel), sergent (Arbot 1899). Domicilié à Vivey. Mobilisé à l'hôpital complémentaire de Saint-Dizier (1939-1940). Blessé le 2 septembre 1944 au combat d'Auberive, décédé le 5 septembre à Auberive.
MONTLAUR (Julien), sergent (caporal) (dans l'Aude 1924). Issu du 1er régiment de France ; rejoint le maquis de Vivey ; blessé le 28 août 1944 lors du transfert du maquis de Vivey vers la ferme de La Salle.
MOREL (Jean), sergent-chef. Sert du 30 août au 30 septembre 1944.
NOIROT (Jules), sergent. Domicilié à Torcenay. Sert du 25 août au 18 septembre 1944. Homologué sergent-chef, engagé.
Noël (Louis), sergent (caporal). Sert du 26 août au 18 septembre 1944.
POURCHET (Urbain), adjudant-chef (Bonnétage, Doubs, 1893). Est adjudant au parc d'artillerie de Besançon, en 1929. Sert du 27 août au 18 septembre 1944.
RIGAZIO (Henri), sergent. Sert du 14 au 30 septembre 1944. Engagé.
ROCHE (Félix), sergent-chef. Domicilié à Auberive. Sert du 6 juin au 30 septembre 1944.
ROCROUGE (Henri), sergent-chef. Sert du 28 août au 30 septembre 1944.
ROUSSEL (André), maréchal des logis-chef (maréchal des logis). Sert du 30 août au 30 septembre 1944.
ROYER (Jean), adjudant (sergent-major). Sert du 25 août au 22 septembre 1944.
SICLIER (Robert), adjudant (Rachecourt-sur-Marne 1914). Domicilié à Auberive. Engagé (mort pour la France).
SIMON (Gabriel), sergent. Sert du 31 août au 30 septembre 1944.
SOUCHON (Marcel), adjudant-chef. Sert du 25 août au 19 septembre 1944.
SOUZY (Jean du), maréchal des logis. Sert du 30 août au 30 septembre 1944.
THOMAS (Gilbert), sergent. Domicilié à Langres. Sert du 25 août au 30 septembre 1944. Engagé.
TISSE (Lucien), sergent (Lay-Saint-Christophe 1899). Domicilié à Langres. Blessé le 12 septembre 1944. Engagé.
VIGNARDET (Marcel), sergent. Sert du 30 août au 18 septembre 1944.