mardi 5 mai 2026

L'été 1944 dans la région de Saint-Dizier d'après les archives



7 juin 1944 : plusieurs bombes tombent sur l'aérodrome de Robinson ; à cette date, 30 détenus de Clairvaux employés dans les carrières de Savonnières-en-Perthois se sont évadés lors du transport entre Ancerville et Saint-Dizier. Ils faisaient partie des 400 prisonniers arrivés le 24 mars 1944 à Saint-Dizier et logés à l'école Michelet.

8 juin 1944 : 5 gardiens de la paix de Saint-Dizier abandonnent leur poste ; trois habitants d'Andernay (Meuse) sont arrêtés par des feldgendarmes de Saint-Dizier. Ils envisageaient de se rendre dans un maquis de l'Aube (l'un d'eux, Maurice Aubry, 18 ans, meurt à Neuengamme).

12 juin 1944 : arrestation par les Allemands d'Henri Ragot, secrétaire de général de la mairie, et de Lucien Remy, directeur des Etablissements Remy-Mallet.

13 juin 1944 : départ des détenus de Clairvaux. A la date du 29 juin 1944, 178 de leurs camarades se sont évadés.

15 juin 1944 : distribution de tracts du FN en ville ; arrestation de René Rollin, maire de Saint-Dizier. Avec Henri Ragot et Lucien Remy, il est interné à Compiègne puis déporté le 15 juillet 1944 comme "personnalité otage".

23 juin 1944 : transfert à Drancy depuis la prison militaire allemande de Châlons du juif allemand Kurt Hecht, 20 ans, domicilié à Saint-Dizier.

Nuit du 9 au 10 juillet 1944 : évasion de deux détenus qui étaient gardés, sur ordre des autorités allemandes, dans les locaux du commissariat, "après avoir démonté les barres de fer des cellules".

11 juillet 1944 : annonce de la mort, par des résistants, d'Albert Merle, président du Cosi, et de son fils. Tués près d'Eclaron, tous deux sont membres du RNP.

Nuit du 12 au 13 juillet 1944 : les glaces du Centre de renseignements et d'information (CRI), rue Gambetta, sont brisés à l'aide de pavés.

13 juillet 1944 : chute de bombes à Bettancourt-la-Ferrée ; vol d'un véhicule militaire allemand dans le centre-ville de Saint-Dizier, pendant que le chauffeur consommait à une terrasse de café (le véhicule aurait servi à des opérations dans les régions de Champaubert et d'Eclaron). Les FTP Pierre Thiel, Georges Masselot et Maurice Loppin ont participé à ce vol.

14 juillet 1944 : des oriflammes sont disposés sur le monument aux morts et sur une maison particulière, une cocarde tricolore est visible sur les poitrines de "nombreux Français".

15 juillet 1944 : chute de bombes à Chancenay ; un avion anglais s'écrase à Ancerville ; une "grenade" anti-aérienne allemande tombe dans le quartier des Ajots et blesse un jeune homme se trouvant dans une cave-abri.

16 juillet 1944 : nouveau sabotage au local du CRI. "Les auteurs du méfait furent poursuivis par des militaires armés de mitraillettes." Des balles perdues s'écrasent contre la vitrine du centre et sur des commerces environnants ; deux bombes tombent sur la route de Wassy à la sortie de Saint-Dizier.

17 juillet 1944 : bombardement du terrain de Robinson. Une centaine de bombes "atteignent toutes le terrain et ses approches". L'opération a été réalisée par les 2nd et 3th Bomber Divisions de l'USAAF.

Nuit du 19-20 juillet 1944 : deux gardes civils de la Société métallurgique de Champagne à Marnaval sont attaqués, frappés et délestés d'un revolver. Des Marnavalais seraient les auteurs de l'agression.

20 juillet 1944 : l'annonce de l'attentat - manqué - contre Hitler est "commentée favorablement" à Saint-Dizier.

25 juillet 1944 : la police signale la chute d'un appareil allemand.

2 août 1944 : à 18 h 30, bombardement de Robinson par douze avions alliés (ils appartiennent à la 2nd Bomber Division de l'USAAF).

5 août 1944 : au stade municipal, Raymond Debierre est blessé légèrement par l'explosion d'un détonateur qui proviendrait d'un avion allié. 

8 août 1944 : le lieutenant pilote américain Charles M. Lee, en mission dans la région, trouve la mort à Etrepy (Marne). 

10 août 1944 : la police situe à tort la mort de Marcel Labaye, 23 ans, et la blessure (et la capture) de Roland Bourdaraud, 22 ans, lors de l'attaque du maquis de Mathons. En réalité, ces hommes avaient été admis à l'hôpital civil de Wassy - l'un dans le coma, l'autre blessé au col du fémur - à la suite d'un accident de leur camionnette. Ils appartiennent à un groupe ayant commis des cambriolages à Attancourt, Champ-Gerbault, Voillecomte (un de ses membres est arrêté le 14 août 1944 à Chevillon par les gendarmes). 

11 ou 12 août 1944 : bombardement de Saint-Eulien (Marne).

14 août 1944 : mitraillage de jour du terrain de Robinson.

15 août 1944 : passage, ce jour-là et les jours avoisinants, de milliers de camions allemands se repliant sur Nancy ; un Bragard, Alex Gairaut, sauve Raymonde Lombard, 27 ans, d'une noyade dans la Marne (lui-même, engagé dans la 2e DB, se noiera en Allemagne en 1945).

17 août 1944 : les gendarmes de Saint-Dizier sont arrêtés - "par erreur, semble-t-il", précisent les policiers - puis relâchés ; sabotage partiel de la voie ferrée à Villiers-en-Lieu, la circulation est rétablie deux jours plus tard.

18 août 1944 : à 14 h 49, bombardement de Robinson par sept vagues d'avions qui "labourèrent l'aérodrome, y causant de gros dégâts ; une seule piste serait encore utilisable". Un sapeur-pompier français est tué sur le terrain, deux autres sont blessés. A Eclaron, il y a trois tués et un blessé parmi les civils. Le lieutenant pilote Donald L. Melrose est tué sur le territoire d'Hallignicourt ; le passage d'Edouard Herriot est signalé à Ancerville ; le jeune André Grépin, 16 ans, qui circulait à bicyclette, est heurté par un camion allemand (il souffre d'une fracture du crâne).

19 août 1944 : M. Fournier, épicier à Saint-Dizier, est grièvement blessé aux mains à coups de mitraillette par un militaire allemand qui voulait réquisitionner sa voiture.

20 août 1944 : deux Bragards, employés SNCF, sont également victimes d'accidents avec des camions allemands.

25 août 1944 : sabotage à 6 h 40 de la voie ferrée entre Chancenay et Sommelonne, un fourgon déraille ; départ du I/NJG 5 du terrain Robinson de Saint-Dizier.

27 août 1944 : sabotage, vers 14 h 40, vers le tunnel de la Belle-Epine, près de Baudonvilliers. Le train de troupes, qui se dirige en direction de Saint-Dizier, parvient à passer.

Nuit du 27 au 28 août 1944 : sabotage, à 2 h, de la voie ferrée Saint-Dizier - Revigny, au lieu-dit Saissé, commune de Sommelonne. Le chauffeur allemand est légèrement blessé. A 9 h, selon les gendarmes d'Ancerville, deux avions américains mitraillent le convoi (32 wagons sont incendiés, des soldats allemands blessés sont transportés à Saint-Dizier). L'opération a été réalisée par une équipe de la Compagnie du Val.

30 août 1944 : libération de Saint-Dizier.

Sources : Archives départementales de la Marne, 161 W 87, rapports du commissaire de police ; 162 W 136, correspondance sur les transferts de prisonniers - Archives départementales de la Meuse, 1251 W 1279, sabotages ; La Haute-Marne et les Haut-Marnais durant la Seconde Guerre mondiale, club Mémoires 52, 2023.