mercredi 1 juillet 2026

La SS-Panzergrenadier-Brigade 51 en Haute-Marne (28-29 août 1944)

Des éléments de la SS-Pz.Gren.Brig. 51. Détail d'une photo de la collection des BundesArchiv.



Acheminée par voie ferrée jusque dans le département de l'Aube, la SS Panzergrenadier Brigade 51 du sturmbannfürher (major) Walter Jöckel tente de s'opposer à la prise de Troyes par la 4th Armoured Division. Son 1er bataillon, sous les ordres du hauptsturmführer (capitaine) Karl Reinel, quitte le chef-lieu aubois le 26 août 1944 et se porte sur la région de Brienne-le-Château. Les archives de cette unité forte d'environ 3 720 hommes, répartis en deux bataillons et un groupe d'artillerie, permettent de suivre son itinéraire de repli qui passe par la Haute-Marne. 

A la date du 27 août 1944, des éléments de la 2. Kompanie (obersturmführer Kittel) sont localisés à Giffaumont (Marne), aux confins de la Haute-Marne. Ils se portent ensuite sur Lassicourt (Aube), tandis que d'autres éléments de cette compagnie sont à Brienne-la-Vieille. Ce même jour, le I./SS-Pz.Gren.Brig. 51 réalise la liaisin avec le II/Pz.Gren.Brig 51 (hauptsturmführer Fritz Hillig) qui est à Bar-sur-Aube.

Le 28 août 1944, en fin de matinée, la brigade signale que les Américains sont au nord de Lassicourt. Ordre est alors donné au 1er bataillon de se rendre à Giffaumont. Le mouvement démarre à 11 h 40. Il concerne les 3e (obersturmführer Günther Guse) et 4e (hauptscharführer puis hauptsturmführer Hermann Römer) compagnies, ainsi qu'une section de la 2e. Cette dernière est rejointe depuis Brienne par une autre section de la compagnie. "Le bataillon se retira dans Giffaumont à 17 h 15 et assura sa propre sécurité tout autour", rend compte le Hstuf Reinel dans un rapport daté du 31 août 1944.

Ce rapport ne signale pas l'évènement, mais il ne fait aucun doute que c'est un élément du I./Pz.Gren.Brig 51, venu de la direction de Lentilles (Aube) et se dirigeant sur Droyes (Haute-Marne), qui abat en début d'après-midi un ouvrier de la scierie de Puellemontier, Eugène Cartier. C'est le seul exemple avéré d'un crime de guerre commis en Haute-Marne par cette brigade, qui a massacré 66 personnes - dont plusieurs bébés - dans le village de Buchères, près de Troyes, le 24 août 1944.

Le 29 août 1944, le I./Pz.Gren.Brig 51 (Reinel) quitte Giffaumont entre 3 h et 5 h 50 - dans l'ordre, les 4e, 3e et 2e compagnies - et se dirige sur Saint-Dizier. "A 7 h 30, rend compte Karl Reinel, le bataillon se retira dans les bois juste à l'est de Saint-Dizier. Le bataillon se sépara au même moment de la formation du Kampfgruppe Gelling et fut subordonné au chef des éléments restants de la SS-Pz.Gren.Brig. 51 – le SS-Sturmbannführer Beisel". Il est vraisemblable que le bataillon stationne alors aux abords de la RN 4, dans le secteur d'Ancerville et d'Aulnois-en-Perthois. C'est ce qui permet de supposer que c'est cette unité qui a accroché des FTP du maquis Mauguet (six morts).

Le même jour, à 17 h 30, le I./Pz.Gren.Brig 51 reçoit l'ordre de gagner, par Ligny-en-Barrois et Commercy, la région de Vadonville (Meuse). Il y arrive le 30 août 1944 vers minuit 30. Ce qui explique que ce bataillon, rejoint bientôt par la 1. Kompanie (Röhmer), n'a pas pu se battre à Saint-Dizier ce jour-là.

Concernant le II./Pz.Gren.Brig 51, il a quitté Bar-sur-Aube le 28 août 1944 pour Saint-Dizier, mais nous ignorons précisément son activité. Pour sa part, le Hstuf Kaiser, adjoint au Stubaf Jöckel, signale dans un rapport daté du 2 septembre 1944 qu'il a pu rencontrer le 26 août 1944 des éléments de la 3. Pz.Gren.Div. à Saint-Dizier, ville vers laquelle les rescapés du groupe d'artillerie de la brigade ont pu converger.

Sources : archives des SS-Panzer-Grenadier-Brigade 49 et 51, BundesArchiv, R5 3-17/35 ; Roger BRUGE, Le temps des massacres, Albin Michel, 1994.

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