lundi 7 juin 2021

La fin d'un mystère autour d'un résistant arrêté près de Montier-en-Der

Entre 1986 et 1995, Jean-Marie Chirol, fondateur du club Mémoires 52, a mené une enquête très fouillée sur l'évasion de 45 internés du camp de Compiègne déportés en direction de Neuengamme, dans la nuit du 4 au 5 juin 1944, dans la Marne. Elle est parue sous le titre «Sur les chemins de l'enfer» (club Mémoires 52, 1996).


Quatre de ces évadés ont été recueillis à Couvrot, dont le lieutenant Raymond Krugell et le sergent Maurice Cousteau. Né le 8 novembre 1923 à Montesquieu (Tarn-et-Garonne), le sous-officier « appartient à un maquis de Corrèze. Il est arrêté par la Gestapo, pour faits de résistance fin mars, et incarcéré à la prison Saint-Michel de Toulouse. Le 27 avril, il fait la connaissance de Raymond Krugell (alias Jean Rehm) lorsque celui-ci arrive dans cette prison. Le 12 mai, ils partent ensemble, en convoi, au camp de Royallieu. » Le 30 juin, après leur évasion, Krugell et Cousteau sont contactés par les responsables du Front national de Saint-Dizier et prennent le commandement de deux groupes dans la région dervoise. Krugell les quittera le 22 juillet. Auparavant, Cousteau a été arrêté « le 20 juillet 1944, lors d'un contrôle de feldgendarmes, entre Giffaumont et Montier-en-Der », écrit l'historien. Qu'est-il devenu ? Dans un article du journal L'Union, paru le 12 juin 1974, il est écrit : "Après un séjour à la prison de Châlons, il fut porté disparu. Sa famille ignore ce qu'il est devenu." Jean-Marie Chirol va donc chercher à le savoir.


L'on sait que grâce à des fonctionnaires de la préfecture de Châlons, Marcel Reiss, de Couvrot, a pu obtenir des cartes d'identité pour Krugell, qui devient « Raymond Fontaine », et Maurice Cousteau, « Maurice Delmas ».

« Ces précisions vont être utiles, très utiles même, pour la suite de ma nouvelle enquête commencée le 22 août 1996, raconte Jean-Marie Chirol. Jusqu'en juillet 1996 – parution de l'ouvrage « Sur les chemins de l'enfer » - à défaut d'autres informations, j'en reste au fait que Maurice Cousteau : arrêté en Haute-Marne, le 20 juillet 1944, conduit à la prison de Chaumont, puis transféré à celle de Châlons, a quitté cette dernière pour être emmené vers l'Allemagne probablement et porté disparu après Nancy.

Le 22 septembre 1990, je fais connaissance de Raymond Gourlin à l'occasion d'une manifestation à Coole (Marne). (Une) lettre m'est adressée suite à cette rencontre (…) » Or, parmi les noms, cités par M. Gourlin, des détenus de la prison de Langres dirigés le 27 août 1944 sur Belfort puis déportés le 29 de Belfort pour Neuengamme, figure le nom de Maurice Delmas.

Quelques semaines plus tard, M. Chirol découvre en effet, dans le Mémorial des Français et Françaises déportés à Neuengamme, paru en 1994, le nom de Maurice Delmas, né à Châlons-sur-Marne le 2 février 1925, convoi arrivé le 1er septembre 1944 à Neuengamme, matricule 43 963, décédé le 9 janvier 1945 au kommando de Wilhelmshaven.


Maurice Delmas étant la fausse identité de Maurice Cousteau, l'historien va donc chercher confirmation de son hypothèse. Toujours en août 1996, Jean-Marie Chirol obtient une réponse écrite de l'état civil de Châlons précisant « qu'il n'y a pas d'acte applicable » d'une naissance d'un nommé Maurice Delmas dans la cité à la date du 2 février 1925.

« Le 25 août 1996, ajoute-t-il, j'écris au maire de Montesquieu (82200) pour obtenir la photocopie de l'acte de naissance de Maurice Cousteau. Réponses reçues le 23 septembre 1996 : confirmation du lieu et de la date de naissance de M. Cousteau », fils de Jean Cousteau, propriétaire cultivateur, et de Léonie Berthe Vidal, mention marginale : décédé au cours du mois de juillet 1944 (jugement du tribunal civil de Moissac du 1er avril 1952, « mort pour la France », mention faite le 12 mai 1952) ».

Enfin, Jean-Marie Chirol apprendra de Raymond Gourlin que Maurice Delmas est inhumé au Struthof, section K, deuxième rangée, tombe n°38. Pour lui, il s'agit bien du lieu d'inhumation de Maurice Cousteau.


Respectant le vœu de la sœur du résistant, qu'il a contactée et qui ne souhaitait pas connaître les résultats de cette enquête, Jean-Marie Chirol, décédé en 2002, ne l'a pas publiée. Aujourd'hui, cette parente nous a quittés. Nous avons donc jugé utile, pour la parfaite connaissance du parcours de Maurice Cousteau, de la rendre publique, 76 ans après son décès.

Illustration collection Jean-Marie Chirol/Club Mémoires 52.


jeudi 3 juin 2021

Jeudi noir (3) : un chirurgien-dentiste, son épouse et leurs deux filles assassinés à Auschwitz



Illustrations : la famille Haguenauer-Blum à Strasbourg, en 1922. De gauche à droite : Jacques, Francis, Yvonne et Sylvie, sur les genoux de sa maman Renée. (Photo collection Jérôme Haguenauer, neveu de Jacques Haguenauer, que nous remercions bien sincèrement pour le prêt de documents).


Septembre 1939, boulevard Thiers à Chaumont : de gauche à droite, Sylvie, Nicole et Yvonne. (Collection J. Haguenauer).


C'est à Strasbourg que naissent Jacques Haguenauer, le 4 septembre 1884, et Renée Blum, le 4 avril 1893. Ils unissent leur destinées, pour le meilleur et le pire, à quelques mois de l'armistice de 1918 qui rendra à la France l'Alsace et le nord de la Lorraine. Les époux Haguenauer-Blum sont de ceux qui ont impatiemment attendu ce grand jour du 11 novembre 1918. Patriotes, ils le resteront jusqu'au bout. D'ailleurs, Renée Blum n'a pas attendu ce jour béni de l'armistice pour le démontrer En février 1917, n'a-t-elle pas été chargée d'une mission d'espionnage en faveur de la France ? En effet, cette mission concernait les mouvements de troupes allemandes. Pour cette courageuse activité, menée à bien, un « diplôme d'honneur » lui a été décerné par la suite ; il porterait même la signature du … maréchal Pétain, celui qui, 20 ans plus tard, promulguera la législation anti-juive, avec les conséquences funestes que l'on sait…


Ses études de chirurgien-dentiste terminées, Jacques Haguenauer ouvre un cabinet à Strasbourg. Trois enfants naissent dans cette ville : Yvonne, le 29 novembre 1919, Francis, le 14 février 1921, Sylvie, le 10 mars 1922.


En 1924, la famille Haguenauer change de lieu de résidence et s'établit à Bar-le-Duc. C'est là que naît Nicole, le 4 novembre 1925. Dans le courant de l'année 1928, Jacques, Renée et leurs quatre enfants s'installent à Neufchâteau. Les enfants sont scolarisés dans cette ville située aux confins des Vosges et de la Haute-Marne.


En 1937, de Neufchâteau, parents et enfants Haguenauer élisent domicile à Chaumont. Jacques Haguenauer exercera au 37, rue Toupot-de-Béveaux.

1939, une année marquée par plusieurs événements d'ordre familial et national : Francis Haguenauer, âgé de 19 ans, décède tragiquement à Chaumont. Sa mort plonge toute la famille dans la douleur ; à la rentrée scolaire de septembre, Yvonne est nommée institutrice en Côte-d'Or ; le 3 septembre, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne…


La famille Haguenauer rentre de l'exode le 19 août 1940. Le domicile étant occupé par les Allemands, ils logent alors 24, rue Jolibois.


Les épreuves vont succéder aux épreuves, après l'application des ordonnances dans le cadre des mesures contre le juif (recensement, port de l'étoile jaune…). Jacques Haguenauer, qui fait un remplacement de chirurgien-dentiste à Fontenay-le-Comte (Vendée), est arrêté par les Allemands, et interné à Poitiers. L'arrestation de leur père détermine Yvonne et Nicole, qui, élève au lycée de Chaumont, vient d'avoir son bac, à fuir la zone occupée. Le 5 juillet 1942, elles quittent Chaumont, tentent de franchir la ligne de démarcation et sont arrêtées le lendemain, 6 juillet, dans la région de Chalon-sur-Saône. Elles sont alors emprisonnées à Chalon, puis à Dijon. C'est de la prison de Dijon qu'Yvonne et Nicole écrivent une carte le 22 juillet à destination de leurs oncle et tante. « Je profite de mes vacances (sic) pour vous donner de nos nouvelles, écrit notamment Yvonne. Nous allons très bien, le moral est bon, mais nous nous faisons du souci pour cher papa, car l'incertitude est quelque chose de terrible… Nous allons sans doute aller à Pithiviers, ne connaissez-vous personne à Pithiviers qui pourrait un peu s'occuper de nous ? » « Nous ne pensons rester ici et irons d'un moment à l'autre dans un camp et même plus loin s'il plaît à Dieu, note sa sœur Nicole. Je pensais être libérée le 7 (Note : juillet) et maman surtout a été bien déçue. Elle est bien seule chez nous mais le plus terrible est le sort de cher papa que nous ignorons. Heureusement que le jour où toutes ces atroces situations finira n'est plus très loin. En tout on peut toujours espérer... »


Quand Yvonne et Nicole rédigent cette carte, elles ignorent que leur père, qui a été transféré de Poitiers à Drancy, est parti pour Auschwitz l'avant-veille, le 20 juillet, par le convoi n°8…

Trois mois après l'envoi de cette carte, elles sont dirigées, non sur le camp de Pithiviers, mais sur celui de Drancy. Elles arrivent le 26 octobre. Yvonne et Nicole sont désignées pour le convoi n°48 qui part de Drancy, avec pour destination Auschwitz, le13 février 1943…


Pour comble de malheur, Sylvie, la seule fille qui reste à Mme Haguenauer, décède le 27 mai 1943, à l'hôpital de Saint-Dizier. Renée Haguenauer est désormais plongée dans une totale solitude. Elle ignore tout du sort de son époux et de ses deux filles. Mais elle sait qu'ils ont quitté le territoire français pour une destination inconnue… Et le 27 janvier 1944, c'est à son tour d'être arrêtée, à Chaumont. Mme Haguenauer est parmi les 96 juifs « raflés », et meurt gazée, le 13 février 1944.

jeudi 27 mai 2021

Jeudi noir (2) : une famille de commerçants chaumontais décimée

Les époux Hermann arrivent à Chaumont au début de l'année 1918. Ils ouvrent un magasin de chaussures et sont domiciliés 6 bis, rue Henri-Brûlé. Le couple Hermann a quatre enfants : Roger, né le 27 mai 1917 à Lyon, Pierre, né le 14 juillet 1918 à Chaumont, Jeanine, née le 19 août 1924 à Chaumont, Simone, née le 29 avril 1927 à Chaumont.

Ancien combattant de 14-18 (il servait au 109e régiment d'infanterie de Chaumont), Gaston Hermann est né le 30 juin 1885 à Epinal ; son épouse, Germaine, née Lieber, est Lyonnaise, 28 novembre 1896.

Au moment du recensement effectué en septembre-octobre 1940 par la mairie de Chaumont, la «liste des juifs » comporte les mentions suivantes :

. « prisonnier absent », pour Roger,

. « maintenu classe 38/1 », pour Pierre, alors en zone libre.

Les époux Hermann sont arrêtés à leur magasin, le 30 juillet 1942, pour « infraction à la réglementation relative au port de l'étoile jaune » et incarcérés au Val-Barizien.

Mme Hermann est libérée pour raison de santé, le 20 août 1942.

Son mari quitte la prison de Chaumont le 21 septembre 1942, escorté par des gendarmes français, et est transféré au camp d'internement de Drancy, antichambre de la déportation. Gaston Hermann est déporté à Auschwitz par le convoi n°58, le 31 juillet 1943, et porté décédé le 5 août 1943.

Le 27 janvier 1944, Germaine Hermann et ses deux filles : Jeanine, 19 ans, et Simone, 17 ans, sont arrêtées et partent en convoi (n°68) de Drancy pour Auschwitz, le 10 février. Elles sont toutes trois gazées, le 13 février 1944...


Illustrations : Simone Hermann (x), en classe de 3e du lycée de Chaumont, photo faite le 26 novembre 1941. (Photo transmise par le proviseur du lycée Bouchardon, en 1998).

Jeanine, aux côtés de sa collègue et amie aux Groupements interprofessionnels laitiers, Marguerite Perrot (qui porte l'étoile jaune par défi, quoique non juive). (Collection M. Perrot/club Mémoires 52).

mardi 25 mai 2021

Jeudi noir (1) : les huit membres d'une famille chaumontaise exterminés à Auschwitz

En décembre 1998, sous la plume de Jean-Marie Chirol, le club Mémoires 52 faisait paraître une brochure de 38 pages, «27 janvier 1944... «Jeudi noir» pour les juifs en Haute-Marne». Il s'agissait d'un supplément au «Mémorial des juifs de Haute-Marne. 1941-1944», publié l'année précédente. Cette brochure étant épuisée, nous avons souhaité en diffuser le contenu sur ce blog. Le premier chapitre est consacré à la famille du pharmacien chaumontais André Baer.


«Le 27 janvier 1944, 96* juifs (hommes, femmes et enfants) sont arrêtés en Haute-Marne au cours d'une rafle : 29 dans l'arrondissement de Chaumont, 39 dans l'arrondissement de Langres, 28 dans l'arrondissement de Saint-Dizier. Sur ces 96 juifs, quinze sont âgés de moins de 18 ans.

Les arrestations se déroulent en début de matinée et sont méthodiquement effectuées par les feldgendarmes. Un court délai est laissé aux intéressés pour rassembler dans une valise quelques habits...


André Baer, pharmacien à Chaumont, né à Metz le 14 mai 1903, sa femme Marcelle Baer, née Epstein à Metz le 18 septembre 1904, ses filles Eliane Baer, née à Chaumont le 29 juin 1931, Jacqueline Baer, née à Chaumont le 25 décembre 1934, Nicole Baer, née à Chaumont le 22 novembre 1937, Marie Baer, née à Chaumont le 12 décembre 1941, ses parents Moïse Baer, né à Ingwiller (Bas-Rhin) le 16 août 1866, Alice Baer née Schwab à Saverne le 20 novembre 1877... Tous les huit sont arrêtés : les grands-parents, 24, avenue des Etats-Unis, André Baer et sa famille, 9, rue Pasteur, en début de matinée, par les feldgendarmes, et conduits à la caserne, route de Langres. C'est en ce lieu que sont réunis les juifs raflés à Chaumont et dans d'autres localités des arrondissements de Chaumont et Langres, jeudi 27 janvier 1944...

Le regroupement des 96 juifs arrêtés en Haute-Marne ce jour-là s'effectue à Saint-Dizier, dans une grande salle de l'Hôtel Rigolle, situé à proximité de la gare. Les personnes ainsi arrêtées à Joinville, Chevillon, Wassy, Bienville et Saint-Dizier sont là depuis le début ou la fin de matinée. Elles attendent, angoissées, se posant des questions quant à leur destination et le sort qui est réservé à chacune...

En fin d'après-midi arrivent des compagnons d'infortune domiciliés à Bourbonne, Laferté-sur-Amance, Montigny-le-Roi, Chaumont, etc. Dans la soirée, c'est le départ de Saint-Dizier pour Châlons-sur-Marne et sa prison. Ils y parviennent vers 23 h 30, par une nuit glaciale.

Le 29 janvier, ils sont dirigés sur le camp d'internement de Drancy, via Paris. Le 10 février, un convoi est constitué à destination d'Auschwitz... C'est le convoi n°68. Il comprend 1 500 internés juifs : 680 hommes et 820 femmes. Ces chiffres comprennent 279 enfants et adolescents de moins de 18 ans...

Dans ce convoi sont embarqués 84** des 96 juifs haut-marnais arrêtés le 27 janvier. Marie Baer est la plus jeune, elle est âgée de 2 ans un mois.

A leur arrivée à Auschwitz, le 13 février 1944, 1 229 sont immédiatement dirigés vers les chambres à gaz... et, parmi eux, 83 juifs haut-marnais, dont les huit membres de la famille Baer. Quelle monstruosité !

Sur les 96 personnes « raflées » le 27 janvier 1944, 90 sont déportées : 84** par le convoi du 10 février (une seule reviendra d'Auschwitz), une par le convoi n°70 du 27 mars, cinq par le convoi n°71 du 13 avril***. Trois habitants ont été libérés pour raison de santé, un est décédé au camp de Drancy, deux internés à Drancy ne seront pas déportés».

Sur ces deux photos communiquées en 1998 par le proviseur du lycée Bouchardon, apparaissent Eliane Baer, classe de 6e du lycée de Chaumont (le 26 novembre 1941), et Jacqueline Baer, classe de 7e et 8e du lycée de Chaumont (le 6 novembre 1943).

* Des recherches complémentaires à celles-ci (qui datent de 1998) permettent de donner le bilan suivant : 93 personnes arrêtées (dont une décédée à Drancy, une libérée, deux non déportées), 88 déportées (dont une rescapée), une dont le destin est inconnu (Aron Weil, de Langres). 

** En réalité, 86.

*** En réalité, ces cinq personnes n'habitaient plus à Joinville et ont été arrêtées dans les Alpes-de-Haute-Provence.


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mardi 11 mai 2021

1940 : les tirailleurs sénégalais accrochés dans la vallée de la Saulx

16 juin 1940. La 9e compagnie (capitaine Marie Jarty), 3e bataillon (commandant Pierre Chalmel) du 14e régiment de tirailleurs sénégalais se replie de la région de Bar-le-Duc en direction de la Meuse. Venue d'Ecurey, elle arrive à Montiers-sur-Saulx à 8 h. C'est alors, précise le journal de marche de la compagnie, que les deux sections de tête sont « arrêtées sur la route de Paroy à l'extérieur du village (…) Nous sommes pris à partie par un feu violent d'armes automatiques et quelques coups de 37 ». A 9 h, les tirailleurs entendent un « bruit de moteurs sur l'autre rive [de la Saulx] et nous voyons passer sur le plateau Ouest de la Saulx une vingtaine de camions avec voitures légères et motos. L'ennemi s'infiltre dans le bois en avant de nous ». A 9 h 45, après que les tirailleurs ont chassé les Allemands de Montiers et organisé sa défense, voilà que des blindés ennemis « viennent de franchir la Saulx et s'avancent vers nous. Le canon de 25 entre immédiatement en action ; deux engins ennemis sont immobilisés en peu de temps et deux autres se replient. Nous apercevons une nouvelle colonne motorisée ennemie, comprenant entre 40 et 50 camions. Le tir de l'ennemi qui ne cesse de croître en intensité est toujours mal ajusté. Quatre à cinq canons de 37 sont repérés chez l'ennemi et les tirailleurs sont assez fortement impressionnés par son obus.

L'ennemi tente à plusieurs reprises de sortir du bois, chaque essai est stoppé par le feu violent de nos armes automatiques.

Je me rends compte que le passage par cette route me sera impossible. Même, si, comme la chose me paraît possible, étant donné la forte dotation en armes automatiques, j'arrive à franchir ce barrage, je serais continuellement harcelé par un ennemi motorisé et ayant un effectif bien supérieur au mien (je l'estime à environ un bataillon). En colonne sur route, avec un échelon très vulnérable, nous risquons d'être entièrement anéantis.

Deux solutions me semblent possibles : organiser un PA dans le village, mais sans espoir de rejoindre le régiment ; essayer de passer par les bois Est de Montiers et de rejoindre Bure où devaient passer les éléments de la division.

J'adopte la seconde solution. Une moto légère trouvée à Montiers me permet d'envoyer une reconnaissance par cette route. Elle et libre : la vigoureuse attaque de la 4e section a empêché l'ennemi de l'occuper.

10 h 45. Ordre à ma 4e section de se replier sur cette route. Deux sections de FV ne quitteront le village qu'après décrochage de la compagnie d'accompagnement ; ce décrochage se fait en deux échelons. »

Vers 11 h, sur la route de Bure et à l'entrée de Montier arrive un détachement du 22e groupe de reconnaissance de corps d'armée, présent également à Pansey et à Saudron. Les cavaliers sont venus protéger le décrochage des tirailleurs, qui peuvent ainsi continuer leur route par Bure, au prix d'un tué, deux disparus, neuf blessés. Les archives départementales de la Meuse conservent la trace de trois hommes du 14e RTS morts à Montiers-sur-Saux : les tirailleurs correspondant aux matricules 16 284 et 16 350, originaires de Côte-d'Ivoire, et Jean-Marie Dossa (matricule 41 429), né en 1918 dans le Dahomey. Le lieutenant Paysan, le sergent-chef Banos se sont distingués lors de cet engagement. Par la suite, le bataillon se battra à Germay, puis près de Bourmont à Graffigny-Chemin.


Sources : dossier du 14e RTS, GR 34 N 1093, Service historique de la Défense ; état général des sépultures des morts de 1940 dans la Meuse, 1 969 W 97, AD de la Meuse.

samedi 30 janvier 2021

29 août 1944 : accrochage tragique à Aulnois-en-Perthois

Illustration : Georges Masselot, de Saint-Dizier, tué au combat d'Aulnois. (Collection J.-M. Chirol).


Vers le 26 août 1944, ordre est donné au maquis Mauguet qui, fort d'environ 80 hommes, est stationné dans le bois de Maizières-lès-Joinville depuis le 12 août, de faire mouvement entre Sommelonne et Chancenay pour surveiller la RN 35 (Saint-Dizier/Bar), sur laquelle circulent d'incessants convois ennemis. Ainsi, séparément, les quatre sections se mettent en branle pour atteindre le point de regroupement convenu. Lors du passage à Cousances, Savonnières et Aulnois, plusieurs Polonais, Russes et Français s'intègrent à la 4e section. C'est le cas de deux Polonais, prisonniers évadés, de Félicien Ménaille, carrier à Savonnières...

Le maquis se compose alors de quatre sections :

. 1ère section, dites des anciens (Edmond Thouvenot et Henri Meunier)

. 2e section (Roger Chassard et André Sorg)

. 3e section (Georges Chapron et Gilbert Lefèbre)

. 4e section (Léonid Lachkov).


Léonid Lachkov est né en 1922 à Siebege (Russie)1. Elève de l'Ecole aérotechnique militaire de Leningrad, il fut mobilisé et capturé sur le front russe. Envoyé en Lorraine au printemps 1943, puis à Saint-Dizier puis la Meuse puis Reims, il s'évade le 11 décembre 1943. Aidé par un Russe domicilié à Cousances-aux-Forges, Alexandre Pétrov, il est incorporé avec quatre compatriotes au maquis Mauguet – le 7 juillet 1944, selon l'article. Bientôt, son détachement s'élève à treize puis 17 Russes, la plupart évadés de Saint-Dizier. Parmi eux : Mikhail Stépanov, Ivan Sémentsov, Nikolai Vassiliev, Sémion Salamatov, Pavel Matveev, Nikolai Sazonov, Ivan Kostenko, Edouard Koritko... Sa section s'augmenta également de Polonais et de Français (dont Robert Buche).


29 août 1944*

La 4e section atteint Aulnois-en-Perthois vers 9 h 30. C'est l'arrêt pour la pause dans un verger situé à 300/400 m de la RN 4. Les habitants d'Aulnois viennent ravitailler les maquisards. Pendant cette pause, Robert Pierron, d'Aulnois, est posté en guetteur dans un pylône électrique qui domine la RN 4.

La section, composée de 25 hommes, après renfort, est commandée par un prisonnier russe évadé, Léonid Lachkov (« Léon »). Vers 11 h, la pause terminée, les maquisards se répartissent en trois groupes pourvus chacun d'un FM. Léon prend la tête du premier groupe. L'un après l'autre, avec un intervalle de sécurité, chaque groupe doit progresser vers le talus de la RN 4, franchir celle-ci, courir à découvert quelques centaines de mètres avant d'atteindre l'orée d'un bois.

Lachkov, avec son groupe, suit normalement l'itinéraire tracé. Il arrive à peu de distance du bois lorsque s'arrête, sur la RN 4, une voiture allemande dont les occupants ont aperçu les maquisards du 1er groupe qui vont entrer dans le bois. Un soldat allemand sort promptement du véhicule et tire sur les hommes de Léon, sans les atteindre. En l'espace d'un instant, le 2e groupe prend position sur le haut du talus qui surplombe la RN 4. Les balles du FM atteignent le soldat et la voiture qui s'enflamme. Les cinq occupants, dont une femme, sont tués. Le 2e groupe passe la nationale, parcourt le terrain situé entre la route et le bois. Ce groupe comprend notamment Jean Noël, Jean Dorckel, Raymond Fèvre, Pierre Labaye, Marcel Pourchasse, Henri Barrois... Au moment où le second groupe atteint la lisière du bois, une pluie de projectiles s'abat sur le dernier groupe qui vient de franchir la RN 4. Le tir provient d'un chemin forestier qui débouche du bois où stationnent, sous les feuillages par crainte de l'aviation alliée, plusieurs camions ennemis**. C'est le guet-apens. Au lieu-dit le Coulon, six maquisards sont mortellement atteints : deux Russes, Edouard Roboskomo (né le 19 février 1922), Yvan Kostenko, deux Polonais, Edouard Gycanek, Casimir Gruchalski, deux jeunes Bragards, Georges Masselot, Maurice Loppin. Félicien Ménaille, d'Aulnois, est blessé à une jambe. Il parvient, en rampant, à atteindre la ferme de Sainte-Louvent, distante d'environ 800 m. Les quelques rescapés progressent, en rampant eux aussi, et sont sauvés par leur entrée dans le bois. Le FM de ce groupe est abandonné sur le terrain...

C'est vers 18 h que Pierre Leclerc, agriculteur, Marc Charoy et un autre habitant d'Aulnois prennent le risque de se rendre au Coulon avec un tombereau... muni d'un drapeau à croix rouge. Après un incident avec des troupes de passage, ils constatent le drame. Ils ramènent les six corps des maquisards. L'inhumation a lieu le soir même au cimetière d'Aulnois.

Maurice Loppin était né à Revigny-sur-Ornain le 9 décembre 1926. Sa famille s'installe à Saint-Dizier peu après sa naissance . Au sortir de l'école primaire, Maurice travaille chez un marchand de primeurs puis entre comme pompier à la ville.

Son meilleur copain, Georges Masselot, habitait chez ses parents, rue A. Thomas, dans le quartier des Ajots. C'est là qu'il naît, le 2 avril 1925. Quelques semaines avant d'entrer dans la Résistance, il est affilié à la JOC bragarde (mouvement illégal) le 25 mai 1944, en même temps qu'André Chemin.

(Source : étude inédite de Jean-Marie Chirol sur le maquis Mauguet). 

1D'après un article de Guennadi Netchaev paru dans «Etudes soviétiques» (1968).

* D'autres sources donnent la date du 28 août 1944.

** Il s'agit vraisemblablement d'éléments de la SS-Panzer-Brigade 51, qui, le 29 août 1944, se porte des bois à l'est de Saint-Dizier jusqu'à Ligny-en-Barrois puis Vadonville (Meuse).

mardi 1 décembre 2020

Le combat de Maranville, 15 juin 1940

12 juin 1940. Une partie du dépôt de cavalerie n°26, initialement commandé par le colonel Perrey, mais confié au chef d'escadrons Duvot1, s'embarque en train à Avize, dans la Marne. Il a reçu l'ordre de quitter le quartier Margueritte d'Epernay pour Dinan, partie sur les routes, partie sur les rails. De l'aveu du commandant du «train de repliement», le capitaine Germain Raguin2, «le train marche à une lenteur désespérée (sic)». Le 13 dans l'après-midi, il est à Romilly-sur-Seine, «où nous fûmes obligés de prendre environ 2 000 réfugiés» ; le lendemain matin, il fait halte à Troyes où les passagers sont débarqués ; dans l'après-midi, après avoir été mitraillé3 par un avion allemand et un appareil «italien» (sic), il arrive à Bar-sur-Aube. Direction Chaumont...

Raguin a avec lui huit officiers, 39 sous-officiers, 192 gradés et cavaliers, 65 chevaux. Il rapporte : «Le 15 juin au matin nous sommes à Maranville. Un motocycliste arrêté au passage à niveau donne des nouvelles alarmantes. Le chef de gare n'est plus en relations téléphoniques avec Bricon ni avec Clervaux4. Il envoie à 7 h son facteur avec une motocyclette en reconnaissance sur Bricon. Un train de munitions brûle encore sur la voie à environ 4 km de Maranville. Il paraît que la voie de Bricon est coupée en plusieurs endroits, qu'un certain nombre de trains devant nous ne peuvent plus avancer, les uns par manque d'eau, les autres par manque d'eau et de charbon...» Envoyé en mission sur Bricon, le lieutenant Grandjean, du 1er escadron, informe le capitaine Raguin que «le chef de gare de Bricon m'a dit s'attendre d'un moment à l'autre à recevoir l'ordre de partir et que dans ces conditions tout trafic serait arrêté. Les trains se suivent à 100 (sic) de distance depuis Châteauvillain et n'avancent plus pour les raisons indiquées plus haut – voie coupée, manque d'alimentation pour les machines.»

Alors le capitaine Raguin, «dans ces conditions, (prit) immédiatement la décision de faire débarquer chevaux et voitures afin de sauver les archives et pièces comptables et de partir par la route. Les ordres donnés furent exécutés immédiatement. Le débarquement fut commencé en pleine voie par des moyens de fortune». Le commandant du «train de repliement» rend notamment hommage à l'adjudant-chef Couchard et au maréchal des logis Rouyer «qui firent débarquer les voitures en un minimum de temps. Une partie des chevaux étaient descendus lorsque nous fûmes attaqués par l'avant-garde d'une division motorisée ennemie». Combien d'engins blindés ? Ni le capitaine Raguin, ni le capitaine Georges Mathon (un Vosgien, trésorier du dépôt) ne le précisent.

«Un fusil-mitrailleur placé en surveillance à l'arrière du train fut immédiatement réduit au silence, les trois hommes étant tués», note le capitaine Raguin. Il s'agit notamment de Paul-Justin Richit et d'Eugène-Léon Degremont. «Je pris immédiatement le commandement d'une des deux mitrailleuses placées également en surveillance, et le combat s'engage». Officier des effectifs, qui aura bientôt la manche de tunique traversée par une balle, «le capitaine Lamy, désigné pour prendre le commandement de 20 hommes en cas d'attaque de parachutistes, ne put réunir ces hommes dans le désarroi de la surprise, ces hommes étant employés au déchargement et au transport des archives, caisses très lourdes qu'il fallait porter le long de la voie pour aller aux voitures. Le sous-officier mitrailleur blessé légèrement et déjà mutilé d'un bras au front, lâchant sa mitrailleuse, fut remplacé par le cavalier du service auxiliaire Scholtes qui me disait «je n'ai pas peur moi, je vais remplacer le sous-officier», peu de temps après le cavalier était tué d'une balle au front. Les munitions étant épuisées, et cernés par l'ennemi, nous fûmes faits prisonniers».

C'est la fin du combat. Le détachement du DC n°26 déplore neuf tués, neuf blessés (dont un mortellement), 66 disparus. Informé seulement le 15 juillet 1940 du destin du train, le commandant Duvot parlera, dans un premier rapport, de 21 tués (dont le lieutenant Grandjean) et 37 blessés.

Certaines des victimes sont tombées sur le territoire de Rennepont, ainsi que l'écrit Jean-Marie Chirol : «Une patrouille de volontaires est constituée pour reconnaître le secteur et assurer une protection pendant la destruction des documents. La patrouille comprend : René Michel, armé d'un FM avec deux chargeurs, Henri Morel et André Deschamps, armés chacun d'un mousqueton et de quelques grenades. Ils se posent à un carrefour, voient arriver devant eux une colonne de réfugiés. A une centaine de mètres du poste, débouchent de la colonne deux engins blindés allemands. Les trois soldats engagent le tir mais la riposte est instantanée. Les patrouilleurs sont touchés par les projectiles ennemis au lieu-dit Jurville, à 11 h 30 : André Deschamps, du 9e dragons, né le 25 août 1906 à Alfortville, domicilié à Charenton, est tué ; Henri Morel, du 9e dragons, né le 4 août 1915 à Plaisir (Seine-et-Oise), jardinier à Combles-en-Barrois (Meuse), est tué ; René Michel, du 9e dragons, de Montmirail, est atteint par cinq balles. Il est transporté dans une maison de Rennepont, opéré par un médecin de la colonne de réfugiés, dirigé ensuite sur l'hôpital de Châteauvillain et enfin à la caserne Damrémont, à Chaumont, le 18 juin. En octobre, il est envoyé dans sa famille en convalescence.»


Les tués de ce combat :

- adjudant-chef Emile-Lucien Collignon (dépôt de cavalerie n°26), tué à Maranville ; selon le ministère des Armées, il appartenait au 3e GRDI et était âgé de 34 ans.

- maréchal des logis-chef Georges Metzger dit May (dépôt de cavalerie n°26) : «Grièvement blessé le 15 juin, pendant l'attaque de son convoi au cours de débarquement à Maranville, est mort des suites de ses blessures. A été cité». Metzger est décédé à Colombey-les-Deux-Eglises.

- cavalier de 1ère classe Paul-Justin Richit (dépôt de cavalerie n°26), classe 1923, recrutement de Metz : «Placé avec son FM pour protéger le débarquement d'un convoi à Maranville, le 15 juin 1940, n'a pas hésité à ouvrir le feu sur des éléments blindés ennemis. A été tué glorieusement à son poste au cours de l'action. A été cité».

- André-Louis-Charles Morel (dépôt de cavalerie n°26), cité en 1942.

-  Eugène-Léon Degrémont (dépôt de cavalerie n°26) : «Placé avec son FM pour protéger le débarquement d'un convoi à Maranville, le 15 juin 1940, n'a pas hésité à ouvrir le feu sur des éléments blindés. A été tué en faisant front à l'ennemi. A été cité.» Il avait 25 ans.

- Fernand Lefevre, 38 ans, du 4e escadron, tué à Maranville.

- André Deschamps (153e RI), 34 ans, tué à Rennepont (ou selon, le Journal officiel de 1942, à Maranville, avec le DC n°26).

- cavalier Pierre Scholtes (dépôt de cavalerie n°26) : «N'a pas hésité, le 15 juin 1940, à Marnaville (sic), à prendre la place d'un tireur à la mitrailleuse mis hors de combat. A été tué glorieusement à ce poste d'une balle au front. A été cité» ; il avait 27 ans.

- Marcel Alexandre (selon le rapport du capitaine Raguin), non confirmé par le ministère.


Autres victimes de ce combat (non citées par le rapport Raguin) :

- Edmond Moreaux (dépôt de cavalerie n°26), 27 ans, à Maranville (il était employé civil selon Jean-Marie Chirol) ;

- Raoul Leloup (26e RD - sic), 46 ans, à Maranville ;

- Henri Lefèbvre (5e génie), à Rennepont.

- Sadi (ou Safi) Kouider, 39 ans, à Rennepont. Selon une enquête de gendarmerie, Safi Kouider était manœuvre à la SNCF à Troyes. Il aurait été «fusillé, motif inconnu».


Les blessés :

. maréchal des logis Louis Baudouin, du recrutement de Cambrai,

. maréchal des logis Marcel Paillard, du recrutement de Châlons-sur-Marne,

. Jules Leturcq, du recrutement de Bar-le-Duc,

. Hugues Michel, du recrutement de Châlons-sur-Marne (il s'agit de René Michel),

. Joseph Webanck, du recrutement de Thionville, décédé le 16 juin à l'hôpital de Châteauvillain. Né en 1901 en Moselle, il est porté décédé des suites de blessures le 10 juin 1940 par le ministère des Armées.

. Didelon, du recrutement de Metz,

. Fernand Godin, du recrutement de Châlons-sur-Marne,

. Lequeu

. brigadier-chef Jean Demottier (dépôt de cavalerie n°26), grièvement blessé le 15 juin 1940 «à son poste de combat à Maranville. Amputé de la cuisse droite». Appelé Dumontier dans le rapport Raguin.

. maréchal des logis Charles Reinert (dépôt de cavalerie n°26), ancien de 14-18 : «Le 15 juin 1940, à Mainneville (sic), a contre-attaqué avec son groupe malgré les assauts répétés de l'ennemi et de violents bombardements. A été très grièvement blessé au cours de l'action».

Ce récit est extrait du livre "10 jours de juin", publié par le club Mémoires 52 en février 2020.

1Certainement René Duvot, né dans l'Ille-et-Vilaine en 1885, chef d'escadrons de cavalerie domicilié à Nancy. Ce dépôt est alimenté par des cadres du 9e régiment de dragons, qui a été dissous à la mobilisation pour donner naissance à des groupes de reconnaissance.

2Dossier 34 N 542, SHD.

3Chef de brigade d'ouvriers au dépôt SNCF de Troyes, Jean-Baptiste Poirot a vraisemblablement été victime de ce mitraillage. Il est décédé des suites de ses blessures le 18 juin 1940 à Chaumont (sources : MémorialGenweb). Plusieurs cheminots troyens sont morts à l'occasion d'attaques visant des trains «de repliement».

4Clairvaux.