samedi 23 mars 2019

Sous-officiers FFI (3) : le maquis de La Salle


Les armées attribuent un effectif de onze officiers, 60 sous-officiers et 514 hommes de troupe au maquis de la Salle (ou maquis d'Auberive, ou maquis Max), pour la période du 28 août au 21 septembre 1944. Voici la liste des sous-officiers.

AUBERTIN (Louis), sergent (Rambucourt, Meuse, 1923). Brigadier de cuirassiers dans l'armée d'armistice. Fils du chef de gare d'Aprey-Flagey. Sert du 6 juin au 30 septembre 1944. Engagé. Sa sœur Geneviève a été exécutée le 22 août 1944.
BAILLET (Albert), adjudant. Sert du 15 août au 19 septembre 1944.
BERNARDIN (André), sergent (1903).
BESANCON (Marcel), sergent. Domicilié à Hûmes.
BLAISE (Jean), adjudant (sergent-chef). Domicilié à Champigny-lès-Langres. Sert du 19 août au 30 septembre 1944.
BORDIER (Roger), sergent (Paris 1922). Domicilié à Villars-Montroyer. Engagé (mort pour la France).
BOURCEY (Jean), sergent (caporal) (Langres 1920). Blessé le 13 septembre 1944 à Langres.
BOURGEOIS (Charles), adjudant (sergent-chef). Domicilié à Torcenay. Engagé.
BOURNOT (Louis), sergent. Sert du 8 au 17 septembre 1944.
CARNIEL (Gustave), sergent (Villiers-le-Sec 1918). Domicilié à Perrogney. Sert du 15 août au 18 septembre 1944.
CHARRIER (Roger), sergent. Domicilié à Aprey. Sert du 15 août au 18 septembre 1944.
CHENAL (René), sergent. Sert du 23 août au 30 septembre 1944.
CHODOT (Henri), adjudant (sergent-chef) (Rocourt, Vosges, 1915). Domicilié à Langres. Engagé.
CROUVOISIER (Eugène, adjudant (Juvélize, Moselle, 1911). Sert du 28 août au 30 septembre 1944.
DULION (Gabriel), maréchal des logis. Sert du 30 août au 21 septembre 1944.
DUNIAU (Pierre), sergent (caporal-chef). Domicilié à Langres.
FERMINE (Marcel), adjudant (Givet, Ardennes, 1905).
FRISCH (Albert), adjudant. Sert du 10 août au 18 septembre 1944.
GAGNOT (Bernard), sergent.
GAILLARD (Gabriel), sergent (Perrogney 1899). Engagé.
GODEL (Pierre), adjudant (sergent-chef) (Bussang, Vosges, 1911). Sert du 30 août au 30 septembre 1944. Blessé le 4 septembre 1944 à Foulain.
GREPIN (André), sergent. Sert du 24 août au 18 septembre 1944.
GREPIN (Robert), sergent (Langres 1917). Membre du groupe-franc de sabotage.
GROSJEAN (Emile), adjudant-chef. Sert du 25 août au 18 septembre 1944.
GUILLAUME (Pierre), sergent (Chassigny 1914). Sergent au 21e RI. Domicilié à Vivey. Chef du 7e groupe, blessé le 2 septembre 1944 à Auberive.
HUDELOT (René), sergent (Santenoge 1899). Incorporé au 170e RI (avril 1918). Sergent (1920). Domicilié à Villars-Montroyer.
HUTINET (Alphonse), sergent (Bannes 1898). Incorporé au 149e RI (mai 1917). Père de quatre enfants, en 1939. Arrêté en août 1944, relâché le lendemain. Cité à l'ordre de la brigade par le général Puccinelli. Auteur d'une histoire du maquis d'Auberive.
JACQUET (Albert), sergent. Sert du 15 août au 18 septembre 1944.
JORAND (Hubert), sergent (Parnoy 1922). Sert du 12 au 30 septembre 1944.
KLEIN (Charles), sergent. Sert du 29 août au 30 septembre 1944.
LAMY (Emile), sergent. Sert du 25 août au 19 septembre 1944.
LARDENOIS (Marcel), sergent.
LECHENET (Alexandre), sergent (Vernois, Côte-d'Or, 1885). Domicilié à Villars-Montroyer.
LEFIEF (Julien), adjudant. Sert du 25 août au 19 septembre 1944.
LIEGE (Louis), sergent. Sert du 28 août au 13 septembre 1944.
MAITROT (Camille), adjudant.
MANGIN (Ernest), sergent. Sert du 25 août au 13 septembre 1944.
MAROT (Albert), sergent. Domicilié à Chameroy.
MASSON (Victor), sergent.
MICHEL (Raoul), sergent-chef. Sert du 6 août au 30 septembre 1944.
MITON (Alexandre), adjudant (sergent-chef). Garde forestier à Auberive. Sert du 24 août au 30 septembre 1944. Blessé le 31 août 1944 à Coublanc.
MONGIN (Marcel), sergent (Arbot 1899). Domicilié à Vivey. Mobilisé à l'hôpital complémentaire de Saint-Dizier (1939-1940). Blessé le 2 septembre 1944 au combat d'Auberive, décédé le 5 septembre à Auberive.
MONTLAUR (Julien), sergent (caporal) (dans l'Aude 1924). Issu du 1er régiment de France ; rejoint le maquis de Vivey ; blessé le 28 août 1944 lors du transfert du maquis de Vivey vers la ferme de La Salle.
MOREL (Jean), sergent-chef. Sert du 30 août au 30 septembre 1944.
NOIROT (Jules), sergent. Domicilié à Torcenay. Sert du 25 août au 18 septembre 1944. Homologué sergent-chef, engagé.
Noël (Louis), sergent (caporal). Sert du 26 août au 18 septembre 1944.
POURCHET (Urbain), adjudant-chef (Bonnétage, Doubs, 1893). Est adjudant au parc d'artillerie de Besançon, en 1929. Sert du 27 août au 18 septembre 1944.
RIGAZIO (Henri), sergent. Sert du 14 au 30 septembre 1944. Engagé.
ROCHE (Félix), sergent-chef. Domicilié à Auberive. Sert du 6 juin au 30 septembre 1944.
ROCROUGE (Henri), sergent-chef. Sert du 28 août au 30 septembre 1944.
ROUSSEL (André), maréchal des logis-chef (maréchal des logis). Sert du 30 août au 30 septembre 1944.
ROYER (Jean), adjudant (sergent-major). Sert du 25 août au 22 septembre 1944.
SICLIER (Robert), adjudant (Rachecourt-sur-Marne 1914). Domicilié à Auberive. Engagé (mort pour la France).
SIMON (Gabriel), sergent. Sert du 31 août au 30 septembre 1944.
SOUCHON (Marcel), adjudant-chef. Sert du 25 août au 19 septembre 1944.
SOUZY (Jean du), maréchal des logis. Sert du 30 août au 30 septembre 1944.
THOMAS (Gilbert), sergent. Domicilié à Langres. Sert du 25 août au 30 septembre 1944. Engagé.
TISSE (Lucien), sergent (Lay-Saint-Christophe 1899). Domicilié à Langres. Blessé le 12 septembre 1944. Engagé.
VIGNARDET (Marcel), sergent. Sert du 30 août au 18 septembre 1944.

jeudi 21 mars 2019

25 mai 1944 : un combat aérien au nord-est de Chaumont




Le mois de mai 1944 a été particulièrement intense dans le domaine de la guerre aérienne en Haute-Marne. Il a été marqué par les tragiques bombardements de Chaumont, les 11 et 23 mai, qui ont occasionné la mort de 30 civils, tandis qu'une centaine ont été blessés. Le terrain de la Luftwaffe de Saint-Dizier a pour sa part été attaqué le 5 mai, le 13 mai, le 25 mai, et des trains ont été mitraillés près de Chalindrey (10 mai), en gare de Maranville (25 mai). Par ailleurs, deux appareils alliés ont été abattus: un P-47 américain à Vignory (21 mai) et un Mosquito britannique à Saint-Dizier (28 mai).

L'événement qui nous intéresse est survenu à la date du 25 mai 1944. Dans « 1944 en Haute-Marne » (club Mémoires 52, 1994), Jean-Marie Chirol écrit : « Cinq avions de chasse allemands sont abattus : à Chalvraines (pilote tué), entre Goncourt et Sommerécourt, au bois Chézeaux à Saint-Blin, à Colombey-lès-Choiseul, à Rimaucourt (pilote tué) ».
C'est l'auteur Donald Caldwell qui apporte des précisions au sujet de ces pilotes. Ils appartiennent à la Jagdgeschwader 26 (JG 26) – 26e escadre de chasse. Son III.gruppe (3e groupe), commandé par le major Klaus Mietusch, était alors basé à Nancy. Or, ce 25 mai 1944, le terrain de Nancy-Essey était l'objectif de 65 bombardiers B17 de la 8th Air Force (USAAF). Les Messerschmitt Bf 109 de la JG 26, alertés à 8 h, s'envolent pour les intercepter. Ils vont affronter des P-47 du 356th Fighter Group. Un combat aérien s'engage, entre Chaumont et Neufchâteau.
Selon Donald Caldwell, un chasseur américain abat les Bf 109 des sous-officiers (unteroffizier) Kurt Beck (11e escadrille), signalé comme tombé au « nord-est de Chaumont », et Egon Rummler (10e escadrille), « à 30 km au nord-est de Chaumont ». Tous deux sont tués. Il semble donc s'agir des pilotes des appareils allemands tombés à Chalvraines et à Rimaucourt. De son côté, l'unteroffizier Albert Boeckl (12e escadrille), dont le Bf 109 a été touché par le lieutenant David Franklin Thwaites, a dû s'éjecter.
Donald Caldwell signale un quatrième appareil allemand abattu, le FW 190 du feldwebel Hans Ruppert, tombé non pas en Haute-Marne mais à Metz-Frescaty (l'aviateur a été tué).
Selon le site « Ciel de gloire », les pilotes américains qui ont remporté des victoires ce jour-là dans ce secteur sont le 2nd lieutnant Robert M. Leidy (360th fighter squadron) et le lieutnant Thwaites (361th fighter squadron), 23 ans, qui au total remportera, en Europe, sept victoires aériennes dont deux en collaboration.
A noter que le 2 mai 1944, toujours selon Donald Caldwell, l'élève sous-officier Konrad Benk, de la 11e escadrille du III/JG 26, est mort lors d'un vol entraînement sur Bf 109, à « Rouvres-Chaumont » (sic). Jean-Marie Chirol ne signale pas cet événement.

Illustration : un Messerschmitt de la JG 26 tombé près de Saint-Dizier, le 16 mars 1944. (Collection Charles Royer/Club Mémoires 52).

lundi 4 mars 2019

Sous-officiers FFI : le maquis Charles


Le maquis Charles (maquis de Varennes) est la principale unité du secteur nord-est de Langres. Il regroupe neuf officiers, 39 sous-officiers, 359 hommes de troupe. L'étude de la liste de ses sous-officiers montre, ici encore, qu'il n'y a pas eu d'avancements scandaleux. Généralement, ils n'ont gagné qu'un galon dans les FFI, voire pas du tout. Par ailleurs, certains groupes étaient commandés par des caporaux ou caporaux-chefs. A noter, parmi ces cadres, la présence de deux Algérois ayant servi dans la même unité en 1940, et dont on ignore les raisons de la présence en Haute-Marne.

BANOS (Lucien). Adjudant (sergent). Né à Thiersville (Oran) en 1917. Maréchal des logis au 6e GRDI, prisonnier en 1940. Domicilié à Alger. Adjoint au chef de la 1ère section de la 3e compagnie. Engagé. Tué en Indochine.
BELLOUARD (Henri). Adjudant (sergent-chef). Né à Laneuvelle en 1910. Domicilié à Coiffy-le-Bas. Chef de la 1ère section de la 1ère compagnie.
BONTEMPS (Lucien). Adjudant (sergent-chef). Né à Lecey en 1909. Domicilié à Langres. Chef de la 2e section de la 2e compagnie. Engagé.
BONVALOT (Henri). Sergent (2e classe). Né à Guyonvelle en 1916. Mortellement blessé le 27 août 1944 à Lavernoy, décédé à Langres le 1er septembre 1944.
BRESIL (Eugène). Adjudant (sergent). Né en 1903. Domicilié à Colombes. Dans la section de commandement du maquis. Engagé.
BRETON (Georges). Sergent (sergent). Né à Rosières-aux-Salines (Meurthe-et-Moselle) en 1906. Tué au combat d'Andilly le 1er septembre 1944.
BRETON (Jean). Sergent (sergent). Né à Hortes en 1916. Domicilié à Hortes. Chef de groupe dans la 2e section de la 1ère compagnie.
BRISSARD ou BUSSARD (Henri). Sergent (sergent). Dans la 3e section de la 2e compagnie.
CHARBONNET (Henri). Sergent (sergent). Né en 1911. Domicilié à Varennes. Chef de groupe dans la 3e section de la 1ère compagnie.
CHARNOT (René). Adjudant (sergent-chef). Né à Is-en-Bassigny en 1914. Chef de groupe.
CHEVILLOT (Marius). Adjudant-chef (adjudant-chef). Né en 1895 à Frettes. Domicilié à Langres. Engagé au 26e dragons (septembre 1914). Passé dans l'infanterie. Sergent (1915). Passé dans le train des équipages puis l'artillerie. Domicilié à Rosoy-sur-Amance. Dans la section de commandement du maquis.
CHOPITEL (Roger). Sergent (sergent). Né à Paris en 1908. Domicilié à Vicq. Chef de groupe dans la 1ère section de la 3e compagnie.
COLLIN (Marcel). Sergent (sergent).
DROUOT (Jean). Sergent-chef (sergent). Né à Laferté-sur-Amance en 1915. Domicilié à Laferté-sur-Amance. Chef de la 3e section de la 2e compagnie.
DUVOY (Henri). Sergent (sergent). Né à Anchenoncourt (Haute-Saône) en 1895. Ouvrier faïencier. Incorporé en décembre 1914. Sert au 42e RI, au 407e RI, au 1er régiment du génie, au 4e RG. Employé à la compagnie des chemins de fer de l'Est. Domicilié à Langres, en 1927. Domicilié à Jorquenay. Chef de groupe dans la 1ère section de la 2e compagnie.
FRANCOVILLE (Pierre). Aspirant. Né à Nancy en 1925. Domicilié à Bourbonne-les-Bains. Dans la 1ère section de la 3e compagnie. Engagé. Fera une carrière d'officier.
FUSTER (Aimé). Sergent (sergent). Né à Blida en 1917. Domicilié à Blida. Sergent au 6e GRDI, prisonnier en 1940. Chef de groupe dans la 1ère section de la 1ère compagnie.
GASCARD (Charles). Sergent-chef (caporal-chef). Né à Neuilly-l'Evêque en 1915. Domicilié à Neuilly-l'Evêque. Adjoint au chef de la 2e section de la 2e compagnie.
GEORGIN (Armand). Sergent-chef (sergent-chef). Né à Marcilly-en-Bassigny en 1912. Domicilié à Marcilly-en-Bassigny. Chef de groupe dans la 2e section de la 3e compagnie.
GERARD (Serge). Sergent (sergent). Né en 1910. Domicilié à Balesmes-sur-Marne. Chef de groupe dans la 1ère section de la 3e compagnie.
HEYMONET (Léon). Adjudant (maréchal des logis chef). Né à Villers-sous-Prény (Meurthe-et-Moselle) en 1913. Gendarme. Mortellement blessé le 1er septembre 1944 à Andilly. Cité à l'ordre de l'armée à titre posthume.
JEANNESSON (Léon). Adjudant-chef (adjudant). Né aux Islettes (Meuse) en 1906. Boulanger à Vicq. Chef de la 3e section de la 1ère compagnie.
KAMMERER (Henri). Adjudant (sergent). Né en 1914 dans le Haut-Rhin. Domicilié à Hortes. Chef comptable du maquis.
LARDIER (Jean). Sergent (2e classe). Né en 1920. Domicilié à Anrosey. Dans la section de commandement du maquis.
MACABEY (Charles). Sergent (sergent). Né à Renève (Côte-d'Or) en 1896. Incorporé dans les chasseurs à pied en avril 1915. Caporal (1917), sergent (1918). Intoxiqué le 21 octobre 1918 dans les Ardennes. Employé à la compagnie des chemins de fer de l'Est. Domicilié à Corlée. Domicilié à Jorquenay. Chef de groupe dans la 2e section de la 2e compagnie.
MARTIN (Jean). Adjudant (2e classe). Né en 1912. Domicilié à Neuilly-l'Evêque. Chef de la 1ère section de la 3e compagnie. Engagé.
MAZELIN (Gustave). Sergent (sergent). Né à Saulxures en 1899. Domicilié à Celles-en-Bassigny, cantonnier. Mobilisé au dépôt de la 7e section de commis d'ouvriers d'artillerie (août 1939). Démobilisé à Montluçon en 1940. Domicilié à Celles-en-Bassigny. Chef de groupe dans la 2e section de la 3e compagnie.
MOUILLET (Daniel). Sergent (caporal-chef). Né à Millières en 1918. Domicilié à Hortes. Dans la 1ère section de la 1ère compagnie.
MOUILLET (Marcel). Sergent-chef (sergent). Né à Villiers-le-Sec en 1921. Domicilié à Neuilly-l'Evêque. Adjoint au chef de la 1ère section de la 2e compagnie. Engagé.
MUGNIER (Henri). Sergent (sergent). Né en 1916. Domicilié à Hortes. Chef de groupe dans la 2e section de la 1ère compagnie.
PEIFFERT (René). Adjudant (maréchal des logis-chef). Né en 1912. Domicilié à Vicq. Chef de groupe dans la 1ère section de la 1ère compagnie.
PEUTET (Antonin). Sergent (1ère classe marine). Né en 1909. Domicilié à Chaudenay. Chef de groupe dans la 1ère section de la 1ère compagnie.
RAYMOND (Charles). Adjudant (sergent-chef). Domicilié à Rosoy-sur-Amance. Chef de la 2e section de la 1ère compagnie.
SEUROT (Pierre). Sergent. Né en 1922. Domicilié à Neuilly-l'Evêque. Chef de groupe dans la 1ère section de la 3e compagnie. Engagé.
SIRI (Laurent). Sergent (sergent). Né en 1917. Domicilié à Anrosey. Chef de groupe dans la 3e section de la 2e compagnie.
TAMISIER (Julien). Sergent (sergent). Né à Langres en 1919. Domicilié à Langres. Dans la 2e section de la 2e compagnie. Blessé le 1er septembre 1944 à Andilly.
VOLPOET (Henri). Sergent (sergent). Né en 1921. Domicilié à Langres. Chef de groupe dans la 2e section de la 1ère compagnie.

Dans le tableau d'effectifs du maquis, on trouve également les noms des sous-officiers suivants :
GUILLOT (Raymond). Sergent. Né en 1915. Domicilié à Varennes. Dans la section de commandement.
JEANNERET (Maurice). Domicilié à Champigny-sous-Varennes. Sous-officier en charge des transports dans la section de commandement.
LAVEY (Jean). Sergent. Né en 1927 (sic). Domicilié à Varennes. Chef de groupe dans la 2e section de la 3e compagnie.
SOEURE (Paul). Maître ouvrier. Né en 1913. Domicilié à Laferté-sur-Amance. Chef de groupe dans la 3e section de la 2e compagnie.

samedi 2 mars 2019

Sous-officiers FFI : le maquis Henry


Selon les documents officiels, le maquis Henry, ou maquis de Bussières (Bussières-lès-Belmont), réunissait seize officiers, 57 sous-officiers et 457 hommes de troupe. Parmi eux, 25 gendarmes de la section de Langres. Qui étaient ces sous-officiers ? Deux pièces inédites nous ont permis d'en identifier 48. Il s'agit, d'une part d'une liste de cadres FFI dont les grades ont été homologués à la libération (entre parenthèses, le grade précédent), d'autre part du tableau d'effectifs du maquis à la date du 15 septembre 1944. Nous avons complété ces informations avec des renseignements recueillis par ailleurs, notamment issus du livre « La bergère a perdu ses moutons » écrit par Jean Spiro (« Clovis »).

AGNEAU (Henri), sergent-chef (sergent).
ARGENTON (Jean), adjudant (2e classe). Chef de groupe dans la 2e compagnie.
BARDON (André), sergent (2e classe). Né à Chalindrey en 1917 ; domicilié à Heuilley-Cotton ; dans la 2e compagnie ; engagé dans la 9e DIC, tué en Alsace.
BAUDEMENT (Henri), sergent (2e classe).
BOISSELIER (André), sergent (2e classe).
BORDNER (Raymond), sergent-chef (caporal-chef).
BOURNIQUEZ (Gérard), sergent (caporal-chef).
BOURNIQUEZ (Louis), adjudant-chef (sergent). Né en 1917 ; sous-officier de carrière ; sous-brigadier de police à Chalindrey ; arrêté le 22 mars 1943 avec son épouse (déportée), évadé ; au corps-franc ; blessé le 11 septembre 1944 à Belmont.
CHEVILLARD (Alexandre), sergent (caporal-chef). Dit « Le Savoyard ». Bûcheron à Bussières-lès-Belmont. Au corps-franc. Engagé.
CLAVELIER (Lucien), sergent-chef (caporal-chef). Dans la 1ère compagnie.
DELEPINE (Raymond), sergent (caporal). Domicilié à Champlitte ; dans la 1ère compagnie. Engagé.
DENIS (Maurice), sergent-chef (sergent). Au corps-franc.
DUPRE (René), adjudant (gendarme). Chef de section dans la 2e compagnie.
FAUCHER (Gilbert), adjudant (gendarme).
FOSTINELLI (Joseph), sergent (caporal-chef). Né à Masevaux (Haut-Rhin) en 1909 ; quartier-maître-chef ; au corps-franc ; blessé le 11 septembre 1944. Engagé.
GEROUVILLE (Roger), adjudant (sergent-chef).
GOSSET (Gabriel), sergent (2e classe).
LAMY (Roger), adjudant-chef (maréchal des logis). Domicilié à Occey ; chef de section dans la 1ère compagnie.
LARQUIER (Jean), sergent (caporal).
LAURENT (Jean), sergent-chef (caporal-chef). Domicilié à Champlitte ; dans la 1ère compagnie.
LECLERC (Lucien), adjudant (1ère classe). Domicilié à Vaux-sous-Aubigny.
LECLERCQ (Charles), sergent (1ère classe).
LEGENDRE (Pierre), sergent-chef (caporal-chef). Dans la 1ère compagnie.
LEMAIRE (Louis), sergent (2e classe).
MANGIN (André), sergent-chef (sergent ou 2e maître). Domicilié à Langres ; au PHR.
MASSOTTE (René), sergent (caporal-chef). Dans la 1ère compagnie.
MEYER (Alphonse), sergent-chef (sergent). Dans la 1ère compagnie.
PARIS (Louis), sergent (2e classe).
RIGONNEAUX (Alexandre), adjudant (gendarme). Chef de section dans la 1ère compagnie.
ROBINET (Jeany), sergent (caporal).
SIMONET (Georges), adjudant-chef (sergent). Dit « Daniel ». Au PHR.
SPIRO (Jean), sergent-chef (2e classe). Né en 1907 en Pologne ; campagne de France avec le 11e régiment étranger d'infanterie ; Résistance en Savoie ; réfugié à Longeau, village de son épouse ; chef du corps-franc.
VILLEMOT (James), sergent-chef (2e classe). Né à Saint-Broingt-les-Fosses en 1903.

Selon d'autres sources (tableau d'effectifs, "La bergère a perdu ses moutons", etc.) :
AUBERT (André), sergent. Corps-franc.
BARTHOT (Roger), adjudant. Au PC.
DIDIER (Robert), sergent. 2e compagnie.
FRIONNET (Louis), maître ouvrier. Au Peloton hors rang.
GEORGES (Jean), maréchal des logis. 2e compagnie.
GRENIER (Adolphe), sergent (2e classe). 1ère compagnie. Engagé.
MICALEFF (Désiré), sergent. Au corps-franc.
MILHER (Lucien), sergent. 1ère compagnie.
PAQUIER (Emile), sergent. Né à Coublanc en 1920 ; au corps-franc.
PIQUEE (René), sergent. Domicilié à Bussières-lès-Belmont ; au corps-franc.
PONT, maréchal des logis-chef de gendarmerie.
RUINET (Paul), sergent. PHR.
SEBILLE (Jean), sergent. Né en 1912, domicilié à Maatz ; au corps-franc. Engagé.
TONNOT (Marc), adjudant-chef. Né à Rahon (Jura) en 1897 ; adjudant-chef de gendarmerie à Langres ; adjoint au chef du maquis.
VIGNETEY (Louis), adjudant. Né à Montsaugeon en 1886.

dimanche 10 février 2019

Résistance communiste en Haute-Marne (1) : Jules Didier



Jules Didier, alias "Mercier". (Collection club Mémoires 52).


L'histoire du mouvement de résistance "Front national de lutte pour l'indépendance de la France" (FN) en Haute-Marne a fait l'objet d'un travail inédit réalisé par Jean-Marie Chirol, président-fondateur du club Mémoires 52. En voici plusieurs extraits avec d'abord un chapitre consacré à Jules Didier, responsable du Parti communiste français et du FN dans le département entre septembre 1943 et janvier 1944.

"Jules Didier, artisan ébéniste d'art, né à Dannemarie (Doubs) le 5 septembre 1903, adhère au Parti communiste dès 1927. Toute sa vie est un combat au service de son idéal, de la justice, de la solidarité et de son pays. Sa vie militante n'est pas exempte de tracasseries. La ligne définie par son parti le fait désigner à la vindicte de ses chefs lorsqu'il est mobilisé pendant la Drôle de guerre, mais il sait éviter les pièges qui lui sont tendus.
La défaite n'affaiblit pas sa détermination. Un an plus tard, le 22 juin 1941, les nazis viennent l'arrêter à Vesoul, à son domicile, 51, boulevard des Alliés. Emprisonné au camp de Compiègne, il y côtoie de nombreux dirigeants et militants de son parti, reconnaît parmi eux des amis des départements voisins du sien, notamment Emile Mauguet, de Saint-Dizier, arrêté le même jour que lui, et qui décédera le 2 juillet... Le frère de Maurice Thorez qui est également là parviendra à s'évader mais sera plus tard à nouveau arrêté et fusillé par les nazis.
Jules Didier participe activement au creusement d'un tunnel de 60 m de longueur qui, une fois terminé, permet l'évasion, d'un seul coup, de 19 détenus. L'évasion de Jules Didier est fixée au lendemain mais, hélas, la fuite de la veille a été vite découverte... Elle engendre de dures représailles. Il reste par conséquent dans ce camp maudit... La chance vient non pas en dormant, mais en agissant. Elle lui sourit le 13 février 1943. Jules Didier parvient cette fois à s'évader au terme d'un internement qui aura duré 19 mois et 20 jours... A priori, il pense pouvoir se rendre dans le Pas-de-Calais pour reprendre le combat clandestin et se met en route. Peu après, épuisé, il renonce à son projet initial et s'arrête à Belleu, près de Soissons, où il est recueilli par le cantonnier du village. Ce dernier l'héberge durant sept semaines, après quoi Jules Didier rejoint son domicile de Vesoul où la Gestapo est déjà venue à plusieurs reprises perquisitionner...
Pendant la captivité de son mari, Renée Marcelle Didier, alias «Hélène», n'a pas attendu l'hypothétique retour de l'absent en se lamentant, bien au contraire. Egalement militante active de longue date, elle a, au mépris du danger, transformé son pavillon vésulien (à peine terminé) en relais et planque pour les clandestins de passage. Deux semaines environ après son retour à Vesoul, Jules Didier, alias «Mercier», est nommé responsable régional (RR) du Front national pour le Doubs ainsi que pour le Territoire de Belfort. Il reste dans cette région environ deux mois, puis est envoyé en Meurthe-et-Moselle en qualité de RR du Parti communiste clandestin. Dans ce département, le PC a besoin d'un cadre sûr et efficace en raison, essentiellement du secteur minier, le fer étant une matière première indispensable aux besoins de l'ennemi.
Jules Didier réside alors, avec son épouse, dans un petit appartement nancéien. Renée Didier, pour ce qui la concerne, est responsable du secteur «femmes», mission à laquelle elle se voue totalement au mépris des risques énormes car l'ennemi et ses agents traquent sans répit les patriotes...

«Lionel» (ou «Robert»), un cheminot de Besançon, qui jusqu'alors était RR du PC/FN de Meurthe-et-Moselle part pour la Haute-Marne assumer des fonctions identiques lors de l'arrivée à Nancy de Jules Didier.
A la mi-septembre 1943, ils permutent.
C'est alors que «Mercier» prend en charge le département de la Haute-Marne à la fois comme RR politique et FN, en attendant de recruter un militant qui sera susceptible de le décharger de cette seconde responsabilité. Quand Lucien Pinet (alias «Lejeune») arrive en Haute-Marne, c'est à lui que «Mercie » confie le FN dont il devient ainsi le RR.
Notons au passage que le colonel Fabien vient à cette époque plusieurs fois en Haute-Marne, et spécialement au mois de novembre 1943 pour y rencontrer «Mercier». Le contact se fait dans l'arrière-salle d'un café de Marnaval." Selon les indications rapportées à Jean-Marie Chirol en 1983, "Fabien aurait logé au domicile de M. Bosquet père, contremaître à Marnaval...

… L'ennemi ne reste pas inactif. Aussi, Jules Didier, en ces derniers jours de décembre 1943, doit-il se mettre au vert chez son ami Paul Foubet, à Noidant-le-Rocheux. Le 5 janvier 1944, «Mercier» part pour le Jura afin d'y assumer des responsabilités similaires mais dans une région stratégiquement plus importante...
Les activités du responsable régional sont connues de la Gestapo, en témoigne l'acte d'accusation des patriotes de Chaumont, traduits devant la justice militaire allemande le 8 mars 1944. «Un certain René (Ndlr : René Pajot, chargé de mission du Bureau des opérations aériennes) et un certain Mercier, dont l'identité n'a pu jusqu'ici être établie d'une façon plus précise, mais qui, semble-t-il, ont leur domicile à Paris, avaient entrepris de former dans le département des groupes de résistance, qui sont en général désignés sous le nom de FTPF... » Dix jours plus tard, onze patriotes seront fusillés à Chaumont, dont plusieurs membres du groupe Corse des FTPF...

"Renée Didier travaille sans relâche dans le secteur Femmes, jusqu'à la mi-janvier 1944 et rejoint son mari dans le Jura. Elle poursuit, là-bas, la même activité.
Après le départ de l'occupant, le capitaine Mercier réintègre, avec son épouse, son département et sa ville de Vesoul. Jules Didier siège alors au Comité départemental de Libération, au grand jour et y représente le PCF..."

mardi 15 janvier 2019

Il y a 125 ans, la mort du commandant Hugueny et du capitaine Tassard




Il y a 125 ans, le 15 janvier 1894, 83 soldats de l'armée française, dont onze officiers, perdaient la vie lors du désastre de Dongoï (ou Tacoubao), au Soudan. Deux Haut-Marnais figurent parmi les victimes de la colonne Bonnier : le commandant Paul Hugueny, commandant d'un bataillon de tirailleurs soudanais, et le capitaine Jean-Baptiste Tassard, chef de sa 5e compagnie. Tous s'étaient portés au secours d'un autre Haut-Marnais, le lieutenant de vaisseau Pierre Boiteux, dont la mère résidait alors à Meures où elle est née et où elle s'est mariée.

François-Joseph-Edme-Paul Hugueny est né à Châteauvillain le 4 octobre 1847. Il est le fils de François Hugueny et de Marie-Ambroisine Ramelet, qui résideront ensuite à Dammartin-sur-Meuse, dans le canton de Montigny-le-Roi.
Paul Hugueny s'engage à l'âge de 18 ans au 2e régiment de zouaves. Il participe à la guerre de 1870 au cours de laquelle il est promu sous-lieutenant. Puis il passe lieutenant le 22 mai 1873, servant au 13e bataillon de chasseurs à pied. Capitaine le 2 mai 1881, Hugueny est affecté dans l'infanterie de marine le 7 juillet 1882, servant dans les tirailleurs tonkinois, puis au 3e régiment d'infanterie de marine. En non activité en 1887, puis rappelé au service deux ans plus tard, il prend part à la campagne de 1891 contre le chef Samory. Commandant la 7e compagnie, le capitaine Hugueny se distingue lors du raid de Bissandougou, capitale de Samory, où il entre le 9 avril 1891 (la cité a été incendiée, avec son palais).
Il est promu chef de bataillon le 11 février 1892 et affecté au 2e régiment d'infanterie de marine de Brest.

L'Univers illustré a publié des extraits de lettres du commandant Hugueny, racontant à sa famille la prise du village de Diéna (24 février 1891), puis confiant ces ultimes impressions de campagne : «Le colonel m'a fait appeler et m'a dit ceci : «Après la campagne contre Samory, je suis obligé, pour garder le pays, de laisser une compagnie à Kankan (120 km au sud de Siguri) et j'ai pensé à vous. Je sais que vous avez fini vos deux ans et que vous pouvez rentrer en France. Je vous demande si vous voulez rester. Après mon départ, il y aura peut-être des révoltes, que vous devrez apaiser à coups de fusil ; mais je vous connais et je serai tranquille si vous acceptez ce poste.» Comme bien vous pensez, je n'ai pas dit non.» Et le journaliste de conclure ainsi son article : «Le brave commandant Hugueny ne reverra jamais la France !». Commandant du bataillon de tirailleurs sénégalais, il devait prendre le commandement de la place de Tombouctou si sa mort affreuse n'était pas survenue.

L'historique du 2e régiment de tirailleurs sénégalais raconte les circonstances de la tragédie, au retour de Tombouctou : «Le 15 janvier, à 5 h 30, deux coups de feu suivis du cri de : «Aux armes» retentissent ; en un clin d'oeil tout le monde est debout, mais trop tard : 250 fantassins et 150 cavaliers Touaregs se sont glissés jusqu'aux abords du bivouac et surgissent de toutes parts, renversent les faisceaux, chassent les bœufs et les tirailleurs affolés devant eux. L'attaque est si rapide, le désordre est tel que toute résistance est impossible ; un quart d'heure après, le détachement presque en entier est exterminé. Le capitaine Nigotte, le sergent-major Béretti, le sergent Labire et huit tirailleurs, réussissent à se faufiler de buissons en buissons et aboutissent à un marigot qu'ils franchissent avec beaucoup de difficulté. Deux heures et demie après, ils rejoignent le sous-lieutenant Sarda.»

Le nom du commandant Hugueny, comme celui du lieutenant-colonel Bonnier, a été donné à un fort de Tombouctou, ainsi qu'à une rue de Chaumont. Elle voisine avec la rue du Capitaine-Tassard, son compagnon d'infortune.
Né à Andelot le 25 janvier 1857, Marie-Jean-Baptiste-Arthur Tassard, sorti du rang, avait été promu sous-lieutenant en 1883. Lieutenant au 3e régiment d'infanterie de marine, porte-drapeau, il était passé capitaine le 17 mars 1893.

(Source de l'illustration : La Presse)

lundi 26 novembre 2018

Charles Beaudouin (1812-1871), militaire et conseiller général



La bataille de Rézonville, à laquelle participa le colonel Beaudouin. (D'après Edouard Detaille). Illustration parue dans "La guerre de 1870-1871 illustrée".


Charles-Gustave Beaudouin est né à Bourmont le 11 mai 1812. Il est le fils de Claude-Charles Beaudouin, marchand, et de Jeanne-Françoise-Marguerite Bailly. Avant lui, le couple, uni en 1797, a donné naissance à Charles (en 1798), Jean-Charles (1799), Nicolas-François (1802) et Charles-Joseph (1804).

Selon M. Berthel, auteur en 1923 d'une notice biographique parue dans le Pays lorrain, Charles Beaudouin fait ses études au collège de sa ville natale, puis chez les jésuites à Dôle (Jura), enfin à l'école Sainte-Barbe. Incorporé dans l'école polytechnique, il fait partie du contingent des 80 jeunes élèves qui rejoignent l'armée de terre en 1833.
Elève ensuite à l'école d'application de l'artillerie de Metz, le Bourmontais est nommé lieutenant en second le 1er octobre 1835, à l'âge de 23 ans, et rejoint le 5e régiment d'artillerie à Rennes. C'est dans cette ville que, lieutenant en second dans la 7e batterie, il épouse, le 16 janvier 1839, Marie-Louise-Joséphine-Eulalie Raulin, 19 ans, fille d'un lieutenant-colonel d'artillerie ardennais. Le maréchal de camp Félix Lasnon, le capitaine François Dumarchais, et le chef d'escadron Adrien Dufrayer, tous artilleurs, figurent parmi les témoins de l'union. Le bonheur sera de courte durée. Un enfant naîtra en 1840, mais Mme Beaudouin décède le 6 mai de la même année. L'officier haut-marnais ne refera jamais sa vie.

Nommé capitaine en second le 18 février 1841, Beaudouin, qui a servi à la manufacture d'armes de Mutzig, puis à Lille, est détaché à la direction d'artillerie de Strasbourg, puis rejoint le 14e régiment d'artillerie à Douai. Plus ancien capitaine-commandant de batterie de cette unité, en 1852, il reçoit des éloges de son colonel, qui le considère comme «le meilleur capitaine du régiment». Aide de camp du général de brigade Born à Bourges (1852), Beaudouin est fait chevalier de la Légion d'honneur le 1er juillet 1853 comme capitaine du 4e RA. L'année suivante, il est toujours capitaine, au 12e RA «monté», lorsqu'il est enfin promu chef d'escadron, à 42 ans.

La Campagne de Crimée lui donne l'occasion de montrer ses compétences sur un champ de bataille. Embarqué à Marseille sur le bateau La France, le 11 janvier 1855, il débarque le 7 février et va se distinguer le 16 août 1855 à la bataille de Traktir. Il commande alors l'artillerie de la 3e division du 2e corps, composée de la 6e batterie du 7e RA et de la 6e batterie du 13e RA. L'attaque russe a lieu sur le plaine de la Tchernaïa, là où quelques semaines auparavant, son compatriote, le capitaine de Simony (6e dragons), s'illustrait en sabrant les avant-postes russes. L'«Historique du service de l'artillerie au siège de Sébastopol» précise que ce jour-là, «la 6e batterie du 13e régiment a été vivement engagée pendant toute l'action sous le commandement supérieur du chef d'escadron Beaudouin... Elle a beaucoup souffert du feu de l'ennemi... Elle n'avait que deux officiers, tous deux ont été grièvement blessés... Le dévouement du commandant Beaudouin a pu suppléer à l'absence de ces deux officiers ; treize canonniers ont été tués, 22 blessés et 30 chevaux ont été tués ou blessés». Peu après, le Haut-Marnais, cité également par le général Cler, de la garde impériale, pour sa conduite à Traktir, sera fait officier de la Légion d'honneur par le général Pélissier.

Après avoir été adjoint au commandant du grand parc du siège de Sebastopol (colonel Mazure), Beaudouin se bat ensuite en 1859 en Italie (à Magenta, où il met notamment en ligne douze pièces contre les Autrichiens, et à Solferino) et où, selon Berthel, Mac Mahon dira de lui qu'il était «un homme de guerre des plus remarquables sur le champ de bataille». Il est nommé colonel et reçoit, le 3 février 1864, le commandement du 15e régiment d'artillerie.

Nommé commandeur de la Légion d'honneur le 31 août 1867 (après 38 ans de services et quatre campagnes), toujours sur recommandation de Mac Mahon, il est encore à la tête de son régiment lorsque la guerre de 1870 éclate. Rapidement, le 16 juillet 1870, Beaudouin est nommé au commandement de la réserve du 2e corps de l'armée du Rhin, commandé par son compatriote le général Frossard. Il se bat à Forbach puis, à la journée du 16 août 1870 (bataille de Rézonville, Gravelotte, Mars-la-Tour), où le lieutenant-colonel de Maintenant est tué et Frossard blessé. Ce jour-là, Beaudouin se distingue à la tête des batteries de 12. 

Enfermé avec Bazaine à Metz, il est compris dans la capitulation. C'est le jour où, selon Berthel, il aurait dû être nommé général, grade qu'il aurait refusé. Emprisonné à Hambourg, épreuve douloureuse pour lui, Beaudouin rentre en France pour être promu général de brigade, par décret du 20 avril 1871 du Gouvernement provisoire qui «le pria d'aider à réorganiser l'armée». Il a 59 ans. Après la répression de la Commune à laquelle il ne semble pas participer directement, Beaudouin est nommé au commandement de l'artillerie en Algérie. Son temps de commandement est court car il décède à Alger le 13 octobre 1871, «après seulement trois jours de fièvre » (Berthel).

Membre du Conseil général de la Haute-Marne de 1867 à 1871 (représentant le canton de Bourmont, il siégeait notamment aux côtés du général Pélissier, frère du soldat de Sébastopol), il repose à Bourmont, près de la ferme des Noyers.

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Sources : Le Pays lorrain (1923) ; état civil des communes de Bourmont et de Rennes ; annuaires officiels des officiers d'active. A noter que la grande chancellerie de la Légion d'honneur ne conserve pas de dossier à son nom.