vendredi 9 octobre 2015

Un ouvrage du Chaumontais d'origine Alphandéry, 93 ans

Petit-fils du député-maire de Chaumont (Georges Lévy-Alphandéry), fils d'un Chaumontais, Claude Alphandéry incarne toujours, à bientôt 93 ans, l'image de l'ancien résistant résolument engagé à gauche. Né le 27 novembre 1922 à Paris, c'est un authentique résistant. Investi dans les Mouvements unis de la Résistance (MUR), Alphandéry, alias «Cinq-Mars», nommé à moins de 22 ans lieutenant-colonel FFI, était, en 1944, le président du Comité départemental de la Libération (CDL) de la Drôme. Homologué sous-lieutenant après la capitulation nazie, élève à la toute jeune Ecole nationale de l'administration, militant communiste puis socialiste, Claude Alphandéry est le père de l'ancien ministre de l'Economie Edmond Alphandéry. Il fait paraître, en ce mois d'octobre 2015, un ouvrage sur son parcours, «Une famille engagée», aux éditions Odile Jacob. Un ouvrage dans lequel il rend notamment hommage à son ascendant Albert, avocat à Salon-de-Provence, nommé juge à Chaumont grâce à son beau-père Tréfousse. Claude Alphandéry, âme du Labo de l'Economie sociale et solidaire, racontera avoir caressé le projet, après-guerre, de se présenter aux municipales à Chaumont. Projet avorté en raison de l'opposition de la classe politique locale. Il est grand-croix de l'ordre national du Mérite.

dimanche 4 octobre 2015

Brave et modeste : le général Delalain

A l'armée des Pyrénées-Occidentales (collection Sehri) Il a fait son devoir, sans arrière pensée. Général à 45 ans, le Bragard Delalain, qui n'a pas démérité, aura vu sa carrière stoppée par une décision impitoyable des redoutables représentants du peuple. Portrait d'un officier distingué mais méconnu. Alexandre Delalain naît le 10 mai 1748 à Saint-Dizier (Haute-Marne), fils d'Alexandre, avocat, et d'Anne-Marguerite Augier. Il a pour parrain Claude Fromond, conseiller du roi, procureur en le bailliage de Saint-Dizier. En mai 1767 – il a tout juste 19 ans -, il rejoint, comme dragon, la Légion de Hainaut. Delalain opère, l'année suivante, en Corse. Maréchal des logis en 1770, il combat, en 1771, en Pologne. Début février 1772, la Légion de Lorraine – ex-Légion de Hainaut – s'empare, sous les ordres du lieutenant-colonel de Choisy, du château de Cracovie et le défend. Ses officiers sont capturés, et parmi eux, le lieutenant Delalain. En octobre de la même année, le Bragard, 24 ans, qui aurait été blessé d'un coup de feu au bras droit, fait partie des signataires d'un mémoire envoyé à M. d'Alembert. Moins de trois ans plus tard, Delalain, capitaine de dragons de la Légion de Lorrraine, se marie, le 30 janvier 1775, à Eclaron, dans son terroir natal, avec Marie-Marguerite Becquey de Beaupré, fille de Joseph, avocat en parlement, et de Marie-Claire Deponthon. Onze enfants naîtront dans le bourg, dont six décédés en bas âge : Marie-Alexandrine en 1775, Alexandre en 1776 (mort à 1 an), Mélanie en 1778, Stanislas en 1779, Alexandre en 1780, Augustin en 1780 (mort à 2 ans), Stéphanie-Clotilde en 1782, Augustin en 1783 (mort à un mois), Marie-Félicité en 1785 (morte à trois mois), Madeleine-Henriette en 1788 (morte à deux ans), Marie-Henriette en 1791 (morte à cinq mois). Passé au 14e régiment de chasseurs à cheval en 1779, chevalier de Saint-Louis deux ans plus tard, Delalain est lieutenant-colonel, commandant le 5e bataillon d'infanterie légère (où sert le futur maréchal Moncey) le 6 novembre 1791 – et où sera officier, en 1792, l'Eclaronnais Jean-Baptiste Pincemaille. Le 7 mai 1793 (à 45 ans), il est promu général de brigade par les représentants du peuple auprès de l'armée des Pyrénées-Occidentales (Moncey, dont un frère vit alors en Haute-Marne, à Longeville-sur-la-Laines, lui succède à la tête de ce bataillon issu des «chasseurs de Cantabre»). Delalain est, avec Duprat, brigadier au sein de la division dite de Saint-Jean-Pied-de-Port, commandée par le général Dubouquet. Le 21 juillet 1793, il participe à une cérémonie civique. Le 7 août, il conduit 1 800 hommes lors de l'expédition dite des Aldudes, commune française des Basses-Pyrénées. Dans son rapport, le Bragard précise qu'il a divisé ses troupes en trois colonnes, confiées au lieutenant-colonel Belet, commandant en second le 2e bataillon des Basses-Pyrénées, au capitaine Abadie, du 4e bataillon des Basses-Pyrénées, et au lieutenant-colonel Mauco, commandant du 4e bataillon des Basses-Pyrénées – et où l'on retrouve la compagnie basque Harispe. La consigne du Bragard est claire : durant cette expédition, destinée à chasser les Espagnols du sol de France, «les soldats de la République ne doivent pas être des brigands». Mauco souffrant d'une ancienne blessure, Delalain prend le commandement de sa colonne. Il raconte : «Nous nous sommes avancés, le sabre à la main, le représentant (Ndlr : Feraud) et moi, avec toute notre colonne, hors 50 hommes» vers le camp de Berdaries et les quatre redoutes... «La charge ayant battu, l'Espagnol, après une décharge de mousqueterie a abandonné le camp et les redoutes où nous sommes entrés tous ensemble, en criant : Vive la République une et indivisible. J'ai fait encore détruire une très grande quantité de leurs retranchements et leurs redoutes. L'Espagnol a gagné la cime des monts, où il s'est encore reformé pour la quatrième fois... Les Espagnols ont disparu enfin du territoire de la République, et ont été poussés à plus de deux lieues sur leur territoire». Citant dans son rapport Belet, Mauco, Harispe, Delalain conclut : «Je m'applaudis d'avoir commandé de si braves hommes, je m'applaudis surtout d'avoir chassé du sol de la liberté les esclaves qui la flétrissaient», précisant qu'ont été pris 200 fusils, 22 hommes, et qu'a été tué «beaucoup de monde». De son côté, le représentant du peuple, Féraud, se louera dans une lettre : «Je dois rendre public un fait que le général Delalain a tu par modestie, parce qu'il lui était trop personnel : nos troupes chargeant avec trop d'impétuosité l'ennemi qui fuyait vers des retranchements, où il était probable qu'il se rallierait, (Delalain) s'est mis à la tête avec moi et a poussé pendant plus d'une demi-heure, pieds nus, l'ennemi, à travers des précipices. Cette action n'est pas la seule qui honore ce général républicain». Général de division à titre provisoire le 20 octobre 1793, toujours par la grâce de ces représentants du peuple, Delalain est pourtant suspendu le 14 avril 1794, après avoir ordonné une reconnaissance générale aux abords d'Orbaiceta (le 5 avril) à la tête de la division de gauche. Il retourne en Haute-Marne et ne servira plus. Le général Delalain décède le 29 janvier 1814 à Eclaron, où il était conseiller municipal, deux jours après le passage de Napoléon dans la commune. Sa veuve lui survivra deux ans. Selon la Société des lettres de Saint-Dizier, un fils est tombé sous l'Empire. Qui était-ce ? Nous savons juste que Stanislas, né en 1779 à Eclaron, sera polytechnicien en 1796 puis ingénieur civil.

jeudi 27 août 2015

27 août 1944 : deux hommes abattus à l'entrée de Chaumont

Le 27 août 1944 est l'une des journées les plus tragiques de la Haute-Marne occupée. Huit personnes ont trouvé la mort ce jour-là. Dont deux à l'entrée de Chaumont. Eugène Guiffaut est un Breton, né en 1917 en Ille-et-Vilaine. Il s'est battu en 1940 dans les rangs du 4e régiment de hussards de Rambouillet, a été fait prisonnier, avant de s'évader dans l'Orne. C'est par voie de presse qu'il a appris qu'une entreprise recherchait des bûcherons. Le voilà débarqué en Haute-Marne, département qu'il ne quittera plus (aujourd'hui disparu, il est connu pour être le créateur du musée du bois de Juzennecourt). En Haute-Marne, Eugène Guifaut a travaillé près de Colombey, puis à Praslay, puis à nouveau à Juzennecourt. Il nous a raconté ce qu'il a vécu ce 27 août 1944. «Je travaillais pour l'entreprise Hernandez, témoigne-t-il. Tôt, un matin, les Allemands sont venus au château de Juzennecourt, pour demander des outils – ils minaient le petit pont à la sortie du village. Mme Burel est alors allée avertir deux hommes du chantier de la présence des Allemands. Ils ont pris peur, ont foncé à travers bois, mais ont été abattus par un poste de garde, à l'entrée de Chaumont». C'est aux environs de 21 h, le 27 août, au lieu-dit Croix-Coquillon, que les deux manœuvres ont en effet trouvé la mort : Robert Mutin était né à Manois en 1923, Auguste Souffez, en 1923 à Concarneau, en Bretagne.

samedi 8 août 2015

Charles Perrin, un colonel de 26 ans

Marie-Charles-Henry Perrin naît le 7 mars 1769 à Poinson-lès-Grancey (aujourd’hui canton d’Auberive, arrondissement de Langres), fils de Jean-Baptiste Perrin et de Marie-Reine Henry. Il a pour parrain son oncle, l’abbé Perrin. Selon le futur académicien bisontin Charles Nodier, qui l’admirait, Perrin était originellement « destiné aux missions étrangères » et aurait « visité une partie de l’Orient ». Il s'enrôle le 30 avril 1789 comme soldat au régiment d'artillerie de Metz (futur 2e RA). Canonnier à la 7e compagnie d'artillerie à cheval (1er mai 1792), Perrin rejoint le 6e bataillon de volontaires du Bas-Rhin, où il est nommé adjudant-major le 28 septembre 1792. « Frère de cœur et d’armes de Pichegru, tous deux les meilleurs amis » du père de Charles Nodier, ce « beau et doux jeune homme », selon l'homme de lettres, est confirmé adjudant-général chef de bataillon à l'état-major de l’armée du Rhin, le 13 octobre 1793. Perrin prend part au siège de Mayence : c’est notamment Mainoni, du 6e bataillon du Bas-Rhin (futur général), qui l’accuse, avec un certain Vilvotte, d’avoir provoqué les assiégés et déployé le drapeau blanc. Arrêté, emprisonné à Strasbourg, promis à la mort, Perrin, qui a produit un mémoire en défense, est finalement acquitté le 19 ventôse an III (8 mars 1795) et mis en liberté, ainsi que « Le Moniteur » en fait état. Il reprend du service le 6 décembre 1795 en qualité d'adjudant-général chef de brigade (colonel) à l'armée de Rhin-et-Moselle. Réformé le 13 avril 1796, le Haut-Marnais est remis en activité le 5 juillet suivant, toujours à Rhin-et-Moselle. Le 17 juillet, il occupe Rheinfelden, Seckingen et Frickthal. Puis Laufenburg le lendemain. Le 10 août, il opère avec le général Paillard vers Bregenz. Accusé de détournement de fonds commis l’année précédente à Rheinfelden, hors d'état de servir (il aurait été blessé), Perrin est admis au traitement de réforme le 14 août 1797, à 28 ans. Epoux de Jeanne-Charlotte Perrot, avec laquelle il s'est marié à Besançon en 1793, le colonel en retraite Perrin décède à Metz, des suites de ses blessures, rue des Trinitaires, le 17 octobre 1804, à l'âge de 35 ans. Merci à Bernard et Danielle Quintin, auteurs du Dictionnaire des chefs de brigade du Consulat (SPM, 2012), d'avoir complété nos informations relatives à cet officier méconnu.

samedi 4 juillet 2015

Vétérans des combats de Catalogne, morts aux Etats-Unis

Parmi les Haut-Marnais qui débarquent dans les années 1830 aux Etats-Unis pour se fixer à Frenchville, en Pennsylvanie, figurent deux pères de famille qui sont, tous deux, des vétérans de la Grande Armée. Et plus particulièrement du 14e régiment d'infanterie de ligne : Pierre Bronoël, originaire de Pierrefaite, et Etienne Grossain, natif de Pressigny. Fils d'un tisserand, Pierre Bronoël est né le 29 juin 1785 à Pierrefaite, dans le canton de Laferté-sur-Amance. Manouvrier mesurant 1,64 m, le jeune homme est incorporé le 30 novembre 1805 dans le 14e de ligne, essentiellement recruté en Haute-Marne, et dont le dépôt se trouve dans les Ardennes. Nous sommes deux jours avant Austerlitz ! Enregistré avec le matricule 2 660, Bronoël prend part aux campagnes de Prusse, de Pologne (son régiment est décimé à Eylau), avant de servir continuellement, de 1808 à 1814, en Espagne. Caporal le 1er août 1809, le Haut-Marnais est blessé d'un coup de feu au bras gauche le 13 mai 1810, en Catalogne. Rétrogradé fusilier le 16 février 1812, contusionné à la jambe gauche au combat de Villena le 13 avril 1813, redevenu caporal le 2 décembre 1813, il est nommé fourrier le 16 janvier 1814, puis sergent le 12 avril 1814 (après la chute de l'Empire). Bronoël semble revenir en Haute-Marne, puisqu'il figure parmi les militaires haut-marnais rappelés au service par le décret du 28 mars 1815, durant les Cent-Jours. Il retrouve son régiment, avant d'être rayé des contrôles le 30 juin 1815. Redevenu manouvrier à Pierrefaite, Pierre Bronoël se marie en janvier 1816 et part, à 47 ans, avec épouse et ses sept enfants sur le bateau «Edward», qui accoste à New York le 30 juin 1832. Citoyen du comté de Clearfield, Pierre Bronoël, devenu Peter Bronwell, décède en 1880, à l'âge de 95 ans. Resté en Haute-Marne, il aurait reçu la médaille de Sainte-Hélène. Etienne Grossain (ou Grossaint) est lui aussi un vétéran des combats de Catalogne. Né le 6 mars 1789 à Pressigny, près de Fayl-Billot, ce tisserand, mesurant 1,61 m, rejoint le 14e de ligne le 4 mai 1808, avec le matricule 6 147. Voltigeur le 21 juin 1810, Grossain est capturé le 5 novembre de la même année, lors du combat de Jana, au cours duquel Maurice Blanchard, de Bussières-lès-Belmont, trouve la mort, et le Langrois Jean-Claude Ignard est blessé. Libéré de nombreux mois plus tard, fusilier, l'enfant de Pressigny est nommé caporal le 1er avril 1814, et congédié le 3 novembre. Marié en octobre 1815 à Broncourt, où il s'installe comme cultivateur, il fait une demande de passeport en 1834, à 45 ans, pour sa femme et ses trois enfants. D'abord fixé à Frenchvile, Etienne Grossain décède le 23 mai 1864 dans le comté d'Iroquois, dans l'Illinois. Lui aussi aurait pu prétendre à la médaille de Sainte-Hélène. Plus de précisions sur la destinée de ces deux grognards dans l'ouvrage "Keskidees" co-écrit par Didier Desnouvaux et Lionel Fontaine.

vendredi 5 juin 2015

"Morlanne", pionnier des services spéciaux, Béarnais de Haute-Marne

C'est par le hasard des affectations paternelles qu'Henri, Jean Fille-Lambie voit le jour le 2 mai 1909 à Vaillant. Ancien sergent du génie ayant servi notamment à Madagascar, à Bordeaux, médaillé militaire en 1896, Jean Fille-Lambie, né vers 1872, était arrivé dans ce village du canton de Prauthoy en 1906, comme receveur des postes et communications, remplaçant dans cette fonction Céline Lirot, originaire de Montier-en-Der, domiciliée au 9, rue du Moulinet. Sa naissance en Haute-Marne n'empêchera pas Henri Fille-Lambie, dont le père sera ensuite en poste en Gironde, d'avoir l'accent de son pays d'origine : le Béarn (sa mère, Clémence, Marie, Jeanne Haudeville était originaire de Morlanne, alors dans les Basses-Pyrénées). Henri fera carrière dans l'armée de l'air. Le 1er septembre 1936, il est promus sous-lieutenant d'active, en provenance du corps des sous-officiers administratifs. Deux ans plus tard, il est en poste au centre d'aviation de Nancy. Sous l'Occupation, Fille-Lambie semble occuper un poste ministériel au sein du gouvernement de Vichy. C'est là qu'il aurait eu l'occasion de croiser un certain François Mitterrand. Les deux hommes se verront à nouveau en novembre 1943, sur un terrain du Loiret... Affecté au 1er régiment de chasseurs-parachutistes, mis sur pied en Afrique du nord, le capitaine Fille-Lambie rejoint en effet Londres le 21 octobre 1943. Le 15 novembre, l'officier est déposé en avion Hudson, près de Sourcelles, afin de seconder le colonel Coste à la tête du réseau «Jean-Michel». Ayant pour nom de guerre «Jacques Morlanne» - Morlanne étant le village d'origine de sa mère -, il gagnera ensuite, fin mars 1945, Calcutta, en Inde, afin de prendre en charge les guérillas du Laos en lutte contre les Japonais. Responsable du service Action de la DGER (futur Sdece), le commandant Fille-Lambie devient, après-guerre, un des acteurs principaux des services spéciaux français. Il est à l'origine de la création du 11e bataillon parachutiste de choc, qui enverra des éléments en Indochine puis opérera en Algérie. Lieutenant-colonel, "Morlanne", marié en 1931 à Thèze (aujourd'hui Pyrénées-Atlantique), décède à Toulon (Var) le 30 janvier 1978, dans sa 69e année. Il a été élève de l'Ecole des hautes études.

mardi 19 mai 2015

14-18 : trois frères d'Augeville tombés en moins d'un an

Les trois frères Mouillet, en compagnie de leurs parents. (Collection club Mémoires 52). Selon le journaliste chaumontais Robert Collin, le village d'Augeville, dans le canton de Poissons, est l'une des communes françaises les plus éprouvées par la Première Guerre mondiale, puisque ses quatre mobilisés auraient tous trouvé la mort durant le conflit. Outre le soldat René Belbézier, c'est le cas de trois frères : les Mouillet. Ils sont les fils de Camille-Ferdinand Mouillet, cultivateur, et de Marie-Claire-Joséphine Dedome. Né le 23 janvier 1893 à Augeville, Louis-Eugène est le premier à mourir au front. Deuxième classe au 4e régiment de zouaves (et non au 4e bataillon de chasseurs comme indiqué sur sa fiche de mort pour la France), il décède le 11 octobre 1914, à l'hôpital d'Amiens, des suites de blessures. Son cadet Remy-Célestin, né le 22 septembre 1894, soldat au 23e régiment d'infanterie coloniale, tombe le 25 septembre 1915 à Massiges, dans la Marne. Moins de quinze jours plus tard, l'aîné, Alphonse, lui aussi issu du 4e régiment de zouaves, soldat au 2e régiment mixte de zouaves et tirailleurs, est porté disparu le 6 octobre 1915 à Souain, également dans la Marne. En un an, trois frères auront donc perdu la vie au service de leur nation. Il est à noter que deux autres Mouillet de Haute-Marne sont décédés en 14-18 au sein du corps des zouaves : le caporal Louis Mouillet, de Lafauche, également du 4e régiment mixte de zouaves, décédé fin décembre 1918 à l'hôpital d'Avranches (Manche), et le caporal Louis-Victor Mouillet, du 3e régiment, natif de Nogent, tombé le 17 août 1915 dans le Pas-de-Calais.