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| Jacques Florentin (1911-1992). Source : Ordre de la Libération. |
Comme son père, né et décédé à Osne-le-Val, Jacques Florentin s'est engagé dans l'armée à Chaumont. Saint-Cyrien, il s'est hissé jusqu'au grade de colonel. C'est aux origines haut-marnaises de ce Compagnon de la Libération, un des premiers officiers ralliés à la France libre, que nous nous intéressons ici.
"Et toi, mon cher Jacques, si tu veux réussir dans la vie, tu n'as qu'à suivre le chemin que t'a tracé ton père ; c'est celui du travail, du devoir et de l'honneur." Ces mots sont d'Octave Millot, de la section locale des anciens combattants. Ils ont été prononcés le 6 août 1930, dans le village d'Osne-le-Val, et ils s'adressent au fils du lieutenant-colonel Paul Florentin, à l'occasion des obsèques en Haute-Marne de l'officier. Message bien reçu par le jeune Jacques Florentin, 18 ans et demi. Dans un peu plus d'un mois, le 30 septembre 1930, il contractera un engagement volontaire dans l'armée dans les locaux de l'Intendance militaire de Chaumont. Comme l'a fait, 38 ans plus tôt, dans la même ville, son père Paul.
Paul, Auguste Florentin est né à Osne-le-Val le 21 avril 1872. C'est le fils d'un charpentier natif de la Meuse. Enrôlé au titre du 10e régiment d'infanterie, Florentin passe sergent en 1893 puis, après son incorporation dans l'école militaire d'infanterie, le Haut-Marnais est nommé sous-lieutenant en 1899. Il est alors affecté au 94e RI à Bar-le-Duc. Lieutenant en 1901, Paul Florentin reçoit une fonction et une affectation prestigieuses : instructeur à Saint-Cyr. Capitaine en 1910, il est blessé le 28 août 1914 à Guise et retrouve le 9-4 l'année suivante. Chevalier de la Légion d'honneur en 1915, il se distingue notamment à Bezonvaux, au Chemin des Dames. La paix revenue, il est chef de bataillon - depuis février 1918 - au 46e RI lorsqu'il est fait officier de la Légion d'honneur en 1920. En poste à Neuf-Brisach, lieutenant-colonel en 1926, Paul Florentin fait valoir ses droits à la retraite trois ans plus tard et se retire dans son village natal d'Osne-le-Val avec son épouse Lucie, sa fille Paulette et son fils Jacques. L'officier n'a pas le temps de jouir longtemps de sa retraite puisqu'il décède à Osne, où il réside au 101, Grande-Rue, le 4 août 1930.
"Dissident" en août 1940
Né à Paris (9e arrondissement) le 8 juillet 1911, Jacques Florentin est établi de fraîche date dans la commune haut-marnaise lorsqu'il est admis à suivre les cours de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr. Ce qui explique son engagement à Chaumont. Elève de la promotion Maréchal-Joffre, ce Haut-Marnais d'origine et d'adoption est nommé sous-lieutenant en 1932. Officier d'infanterie coloniale, il sert en Afrique. Lieutenant en 1934, capitaine en 1940, il commande la 7e compagnie du Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), corps qui a d'ailleurs pour chef un autre Haut-Marnais, Pierre Marchand (né à Laneuville-à-Bayard). Tous deux passent à la "dissidence" - la France libre - le 28 août 1940.
La suite de la carrière de Jacques Florentin, sa notice publiée par l'Ordre de la Libération la résume : l'officier se bat en Libye, à Koufra, au Fezzan, puis passe comme commandant de compagnie au bataillon de marche n°8 en 1942. Le capitaine Florentin, fidèle compagnon d'armes du colonel Leclerc, opère au Cameroun, se bat en Tunisie, et à la création du Régiment de marche du Tchad en 1943, il devient adjoint au chef de bataillon Joseph Putz. Avec le 3e RMT, Jacques Florentin débarque en Normandie, se distingue à Paris, sur le canal de la Moselle (il fait 47 prisonniers le 16 septembre 1944), à Grussenheim où son chef, Putz, est tué. Comme son père avant lui à la fin de la Première Guerre mondiale, le jeune officier - il a 33 ans - accède le 25 janvier 1945 au grade de chef de bataillon et termine la guerre avec une nouvelle action d'éclat en Bavière (mai 1945).
Breveté de l'Ecole supérieure de guerre (1954), colonel (1960), Jacques Florentin quitte l'uniforme pour se lancer dans une nouvelle carrière : celle d'agent d'assurances. Décédé le 21 juin 1992, il est inhumé à Buzançais (Indre). Sa mère est décédée en 1944, tandis que sa soeur a épousé en 1933, à Osne-le-Val, un jeune homme né dans le village, Marcelin Saleur. Jacques Florentin est Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945.
Sources principales : ADHM, R 1720, fiche matricule de Jacques Florentin ; ADHM, recensement de la commune d'Osne-le-Val, 1931 ; Ordre de la Libération ; base Léonore, dossier de Paul Florentin ; Le Petit Champenois, 10 août 1930.

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