vendredi 10 mai 2019

Les victimes du bombardement du 11 mai 1944 à Chaumont



(Les obsèques des victimes du bombardement du 11 mai 1944, trois jours plus tard. Collection Michel Mouton/Club Mémoires 52).

Le jeudi 11 mai 1944, vers 16 h 10, des B-24 Liberator de la 8th USA Air Force bombardent la ville de Chaumont pour détruire les installations ferroviaires (gare, dépôt) de la cité. C'est un échec. La population paie un très lourd tribut : 27 habitants tués ou mortellement blessés, une centaine blessés.
Soixante-quinze ans après cette tragédie, le club Mémoires 52 publie ici la liste des malheureuses victimes, parmi lesquelles quatre enfants de moins de 7 ans. Elle nous a été communiquée par M. Robert Cherpitel, qui a laissé un témoignage sur ce tragique bombardement :

BACK (Nicole), 5 ans, avenue Forgeot, née à Vesoul (Haute-Saône) (décédée le 12 mai 1944)
BOUCHER (Paul), 62 ans, rue Pierre-Curie, né à Brethenay
CHEVALIER (Roland), 37 ans, Chamarandes, né à Troyes (Aube)
CHIPAUX (Thérèse), épouse LAMBOLEY, rue des Ecoliers, 45 ans, née à Plancher-les-Mines (Haute-Saône)
CORTADO (Paquita), 1 an, rue des Jardiniers, née à Chaumont
CORTADO (Yvan), 3 ans, rue des Jardiniers, né à Chaumont
CULTRU (Marcelle), 30 ans, rue d'Alsace, née à Briaucourt
FROMOLTZ (Daniel), 36 ans, avenue de la République, né à Montsaon
HUMBLOT (Jacques), 7 ans, rue des Jardiniers, né à Chaumont
LACROIX (Marie), 69 ans, rue d'Alsace, née à Colombey-les-Deux-Eglises
LADRANGE (Pierre), 20 ans, rue Pierre-Haesler, né à Chaumont
MARCHAL (Jules), 67 ans, rue Mareschal, né à Lafauche
MARLOT (André), 58 ans, rue d'Alsace, né à Gondrexon (Meurthe-et-Moselle)
MARTIN-CLAUDE (Louise), 29 ans, rue Carrière-Roullot (aujourd'hui rue Lévy-Alphandéry), née à Paris
MISMER (Emma), 45 ans, rue Carrière-Roullot, née à Chaumont
MOQUET (Maurice), 50 ans, rue Ferrer, né à Chaumont
NOBLET (Céline) épouse JOLIVET, 51 ans, rue AndréTheuriet, née à Raismes (Nord)
PARISEL (Aristide), 77 ans, Choignes, né à Richebourg (décédé le 13 mai 1944)
PARISOT (Jules), 71 ans, né à Esnouveaux
PELLERIN (Pierre), 70 ans, Choignes, né à Choignes
RIBET (Etienne), 56 ans, rue Château-Paillot, né à Annonay (Ardèche)
SALAS (Isidore), 42 ans, Choignes, né au Portugal
TESTEVUIDE (Léon), 31 ans, rue de la Maladière, né à Chaumont (décédé le 22 mai 1944)
THIVET (Louis), 66 ans, rue André-Theuriet, né à Biesles
THOMAS (Victor), 64 ans, rue des Tennis, né à Chaumont
TRETOU (Constance) épouse CORTADO, 44 ans, rue des Jardiniers, née à Spoy (Aube)
VINCENT (Jeanne) épouse BOUCHER, 53 ans, rue Pierre-Curie, née à Darmannes.

jeudi 11 avril 2019

Henri Lefort (1894-1966), manouvrier devenu général, déporté

(Collection familiale/club Mémoires 52) 

 Fils de Félix Lefort et de Marie-Eugène Converti, Henri-Joseph Lefort voit le jour le 22 juillet 1894 à Rosoy-sur-Amance, entre Hortes et Chalindrey, dans le sud-est de la Haute-Marne. En 1906, la famille (le père, âgé de 51 ans, garde particulier de M. Lamarche, de Paris, la mère, Eugénie, et trois enfants) réside au «château inhabité» au lieu-dit Bois de Rosoy, dans la commune. 
Henri exerce la profession de manouvrier lorsqu'à l'âge de 20 ans, il est mobilisé, le 1er septembre 1914, au 59e régiment d'artillerie de campagne (RAC). Le début d'une carrière insoupçonnée dans l'armée.... qui le conduira jusqu'aux étoiles. D'abord canonnier conducteur, Lefort passe rapidement brigadier le 20 novembre 1914, puis maréchal des logis le 2 juin 1916. Qualifié, selon l'une de ses citations, de sous-officier «modèle de bravoure», le Haut-Marnais est blessé le 30 mars 1917 puis promu, à titre temporaire, sous-lieutenant, le 1er décembre 1917. Il a 23 ans. Passé aussitôt au 1er RAC, puis au 246e RAC en janvier 1918, enfin au 178e RAC en avril, Lefort devient sous-lieutenant à titre définitif le 12 mai 1918, et rejoint en juillet le 37e RAC. C'est en cette qualité qu'il fait son entrée dans l'ordre de la Légion d'honneur, pour prendre rang du 16 juin 1920. 
 La nouvelle arme aérienne l'attire, et en 1927, le lieutenant Lefort suit les cours de l'école pratique d'Avord. Puis il acquiert une première renommée, dans la presse, en remportant, comme observateur de l'équipage d'un avion Farman-Salmson, l'épreuve Military Zénith de bombardement en 1928. Capitaine le 21 juin de la même année, chef de bataillon le 15 septembre 1934, Lefort, membre depuis l'année précédente de l'état-major de l'armée de l'air, est en charge, en 1936, de l'instruction du 3e bureau, lorsqu'il est fait officier de la Légion d'honneur. Entre-temps, le Haut-Marnais a participé, du 16 mai au 15 juin 1935, à un stage au centre d'instruction du parachute de Touchino, près de Moscou (URSS), avec quatre autres officiers français. Dans son édition du 25 septembre 1935, le journal L'Humanité, qui loue «les exploits inouïs des parachutistes soviétiques», rapporte que «les capitaines Geille et Durieux, et le commandant Lefort ont fait un stage au centre de parachutisme soviétique. Les capitaines Geille et Durieux ont effectué chacun dix sauts, dont neuf en utilisant la commande d'extraction à main». A la suite de ce stage, naîtront, en 1937, les 601e et 602e groupes d'infanterie de l'air, qui sont les premières unités parachutistes de l'armée française. C'est à ce titre que le commandant Lefort est considéré comme l'un des pères du parachutisme militaire français. 

Promu lieutenant-colonel le 25 septembre 1937, Lefort, qui a commandé, à titre provisoire, la 38e escadre aérienne (1936), devient chef de cabinet du général Vuillemin, en 1939, puis est promu colonel par décret du 8 avril 1940. Il a 46 ans, et il prend le commandement du groupement de bombardement 6 (12e escadre), équipé d'appareils LEO 45. Sous l'Occupation, le colonel Lefort reste au service de l'Etat français mais s'implique dans la Résistance contre l'occupant. Promu général de brigade aérienne le 1er août 1943, il est considéré, au sein du Secrétariat général de la défense aérienne (SGDA), comme le bras droit du général Carayon, lorsqu'il est arrêté le 12 avril 1944, à Vichy, par la Milice. Interné, comme deux autres généraux (Carayon et Gastin), trois colonels et une quinzaine d'officiers au château des Brosses, à Bellerive-sur-Allier (Allier), interrogé par la Milice, il est remis le 4 mai à la Gestapo. Interné à Compiègne (6-19 mai 1944), le général Lefort est déporté le 19 mai, de Compiègne, comme personnalité-otage, à destination de Bad Godesberg, Kommando de Buchenwald. Puis il est transféré, le 8 mars 1945, au château d'Eisenberg, d'où il est libéré par les Russes. Entre-temps, par arrêté du 25 août 1944, le général Lefort s'est vu concéder, à compter du 15 août 1944, la distinction de commandeur de la Légion d'honneur. 
Epoux de Claire-Madeleine Ledieu (avec laquelle il s'est marié à Paris en 1921), domicilié dans la capitale, en 1949, le général Lefort décède le 1er mai 1966 à Meaux (Seine-et-Marne). Il repose dans le cimetière de son village natal de Rosoy. Son fils sera membre bienfaiteur du club Mémoires 52.

  SOURCES : Déportés et internés de Haute-Marne, club Mémoires 52 – Archives départementales de la Haute-Marne (état civil, matricules militaires) – Base Léonore (Légion d'honneur) – Site AFMD Allier.

samedi 23 mars 2019

Sous-officiers FFI (3) : le maquis de La Salle


Les armées attribuent un effectif de onze officiers, 60 sous-officiers et 514 hommes de troupe au maquis de la Salle (ou maquis d'Auberive, ou maquis Max), pour la période du 28 août au 21 septembre 1944. Voici la liste des sous-officiers.

AUBERTIN (Louis), sergent (Rambucourt, Meuse, 1923). Brigadier de cuirassiers dans l'armée d'armistice. Fils du chef de gare d'Aprey-Flagey. Sert du 6 juin au 30 septembre 1944. Engagé. Sa sœur Geneviève a été exécutée le 22 août 1944.
BAILLET (Albert), adjudant. Sert du 15 août au 19 septembre 1944.
BERNARDIN (André), sergent (1903).
BESANCON (Marcel), sergent. Domicilié à Hûmes.
BLAISE (Jean), adjudant (sergent-chef). Domicilié à Champigny-lès-Langres. Sert du 19 août au 30 septembre 1944.
BORDIER (Roger), sergent (Paris 1922). Domicilié à Villars-Montroyer. Engagé (mort pour la France).
BOURCEY (Jean), sergent (caporal) (Langres 1920). Blessé le 13 septembre 1944 à Langres.
BOURGEOIS (Charles), adjudant (sergent-chef). Domicilié à Torcenay. Engagé.
BOURNOT (Louis), sergent. Sert du 8 au 17 septembre 1944.
CARNIEL (Gustave), sergent (Villiers-le-Sec 1918). Domicilié à Perrogney. Sert du 15 août au 18 septembre 1944.
CHARRIER (Roger), sergent. Domicilié à Aprey. Sert du 15 août au 18 septembre 1944.
CHENAL (René), sergent. Sert du 23 août au 30 septembre 1944.
CHODOT (Henri), adjudant (sergent-chef) (Rocourt, Vosges, 1915). Domicilié à Langres. Engagé.
CROUVOISIER (Eugène, adjudant (Juvélize, Moselle, 1911). Sert du 28 août au 30 septembre 1944.
DULION (Gabriel), maréchal des logis. Sert du 30 août au 21 septembre 1944.
DUNIAU (Pierre), sergent (caporal-chef). Domicilié à Langres.
FERMINE (Marcel), adjudant (Givet, Ardennes, 1905).
FRISCH (Albert), adjudant. Sert du 10 août au 18 septembre 1944.
GAGNOT (Bernard), sergent.
GAILLARD (Gabriel), sergent (Perrogney 1899). Engagé.
GODEL (Pierre), adjudant (sergent-chef) (Bussang, Vosges, 1911). Sert du 30 août au 30 septembre 1944. Blessé le 4 septembre 1944 à Foulain.
GREPIN (André), sergent. Sert du 24 août au 18 septembre 1944.
GREPIN (Robert), sergent (Langres 1917). Membre du groupe-franc de sabotage.
GROSJEAN (Emile), adjudant-chef. Sert du 25 août au 18 septembre 1944.
GUILLAUME (Pierre), sergent (Chassigny 1914). Sergent au 21e RI. Domicilié à Vivey. Chef du 7e groupe, blessé le 2 septembre 1944 à Auberive.
HUDELOT (René), sergent (Santenoge 1899). Incorporé au 170e RI (avril 1918). Sergent (1920). Domicilié à Villars-Montroyer.
HUTINET (Alphonse), sergent (Bannes 1898). Incorporé au 149e RI (mai 1917). Père de quatre enfants, en 1939. Arrêté en août 1944, relâché le lendemain. Cité à l'ordre de la brigade par le général Puccinelli. Auteur d'une histoire du maquis d'Auberive.
JACQUET (Albert), sergent. Sert du 15 août au 18 septembre 1944.
JORAND (Hubert), sergent (Parnoy 1922). Sert du 12 au 30 septembre 1944.
KLEIN (Charles), sergent. Sert du 29 août au 30 septembre 1944.
LAMY (Emile), sergent. Sert du 25 août au 19 septembre 1944.
LARDENOIS (Marcel), sergent.
LECHENET (Alexandre), sergent (Vernois, Côte-d'Or, 1885). Domicilié à Villars-Montroyer.
LEFIEF (Julien), adjudant. Sert du 25 août au 19 septembre 1944.
LIEGE (Louis), sergent. Sert du 28 août au 13 septembre 1944.
MAITROT (Camille), adjudant.
MANGIN (Ernest), sergent. Sert du 25 août au 13 septembre 1944.
MAROT (Albert), sergent. Domicilié à Chameroy.
MASSON (Victor), sergent.
MICHEL (Raoul), sergent-chef. Sert du 6 août au 30 septembre 1944.
MITON (Alexandre), adjudant (sergent-chef). Garde forestier à Auberive. Sert du 24 août au 30 septembre 1944. Blessé le 31 août 1944 à Coublanc.
MONGIN (Marcel), sergent (Arbot 1899). Domicilié à Vivey. Mobilisé à l'hôpital complémentaire de Saint-Dizier (1939-1940). Blessé le 2 septembre 1944 au combat d'Auberive, décédé le 5 septembre à Auberive.
MONTLAUR (Julien), sergent (caporal) (dans l'Aude 1924). Issu du 1er régiment de France ; rejoint le maquis de Vivey ; blessé le 28 août 1944 lors du transfert du maquis de Vivey vers la ferme de La Salle.
MOREL (Jean), sergent-chef. Sert du 30 août au 30 septembre 1944.
NOIROT (Jules), sergent. Domicilié à Torcenay. Sert du 25 août au 18 septembre 1944. Homologué sergent-chef, engagé.
Noël (Louis), sergent (caporal). Sert du 26 août au 18 septembre 1944.
POURCHET (Urbain), adjudant-chef (Bonnétage, Doubs, 1893). Est adjudant au parc d'artillerie de Besançon, en 1929. Sert du 27 août au 18 septembre 1944.
RIGAZIO (Henri), sergent. Sert du 14 au 30 septembre 1944. Engagé.
ROCHE (Félix), sergent-chef. Domicilié à Auberive. Sert du 6 juin au 30 septembre 1944.
ROCROUGE (Henri), sergent-chef. Sert du 28 août au 30 septembre 1944.
ROUSSEL (André), maréchal des logis-chef (maréchal des logis). Sert du 30 août au 30 septembre 1944.
ROYER (Jean), adjudant (sergent-major). Sert du 25 août au 22 septembre 1944.
SICLIER (Robert), adjudant (Rachecourt-sur-Marne 1914). Domicilié à Auberive. Engagé (mort pour la France).
SIMON (Gabriel), sergent. Sert du 31 août au 30 septembre 1944.
SOUCHON (Marcel), adjudant-chef. Sert du 25 août au 19 septembre 1944.
SOUZY (Jean du), maréchal des logis. Sert du 30 août au 30 septembre 1944.
THOMAS (Gilbert), sergent. Domicilié à Langres. Sert du 25 août au 30 septembre 1944. Engagé.
TISSE (Lucien), sergent (Lay-Saint-Christophe 1899). Domicilié à Langres. Blessé le 12 septembre 1944. Engagé.
VIGNARDET (Marcel), sergent. Sert du 30 août au 18 septembre 1944.

jeudi 21 mars 2019

25 mai 1944 : un combat aérien au nord-est de Chaumont




Le mois de mai 1944 a été particulièrement intense dans le domaine de la guerre aérienne en Haute-Marne. Il a été marqué par les tragiques bombardements de Chaumont, les 11 et 23 mai, qui ont occasionné la mort de 30 civils, tandis qu'une centaine ont été blessés. Le terrain de la Luftwaffe de Saint-Dizier a pour sa part été attaqué le 5 mai, le 13 mai, le 25 mai, et des trains ont été mitraillés près de Chalindrey (10 mai), en gare de Maranville (25 mai). Par ailleurs, deux appareils alliés ont été abattus: un P-47 américain à Vignory (21 mai) et un Mosquito britannique à Saint-Dizier (28 mai).

L'événement qui nous intéresse est survenu à la date du 25 mai 1944. Dans « 1944 en Haute-Marne » (club Mémoires 52, 1994), Jean-Marie Chirol écrit : « Cinq avions de chasse allemands sont abattus : à Chalvraines (pilote tué), entre Goncourt et Sommerécourt, au bois Chézeaux à Saint-Blin, à Colombey-lès-Choiseul, à Rimaucourt (pilote tué) ».
C'est l'auteur Donald Caldwell qui apporte des précisions au sujet de ces pilotes. Ils appartiennent à la Jagdgeschwader 26 (JG 26) – 26e escadre de chasse. Son III.gruppe (3e groupe), commandé par le major Klaus Mietusch, était alors basé à Nancy. Or, ce 25 mai 1944, le terrain de Nancy-Essey était l'objectif de 65 bombardiers B17 de la 8th Air Force (USAAF). Les Messerschmitt Bf 109 de la JG 26, alertés à 8 h, s'envolent pour les intercepter. Ils vont affronter des P-47 du 356th Fighter Group. Un combat aérien s'engage, entre Chaumont et Neufchâteau.
Selon Donald Caldwell, un chasseur américain abat les Bf 109 des sous-officiers (unteroffizier) Kurt Beck (11e escadrille), signalé comme tombé au « nord-est de Chaumont », et Egon Rummler (10e escadrille), « à 30 km au nord-est de Chaumont ». Tous deux sont tués. Il semble donc s'agir des pilotes des appareils allemands tombés à Chalvraines et à Rimaucourt. De son côté, l'unteroffizier Albert Boeckl (12e escadrille), dont le Bf 109 a été touché par le lieutenant David Franklin Thwaites, a dû s'éjecter.
Donald Caldwell signale un quatrième appareil allemand abattu, le FW 190 du feldwebel Hans Ruppert, tombé non pas en Haute-Marne mais à Metz-Frescaty (l'aviateur a été tué).
Selon le site « Ciel de gloire », les pilotes américains qui ont remporté des victoires ce jour-là dans ce secteur sont le 2nd lieutnant Robert M. Leidy (360th fighter squadron) et le lieutnant Thwaites (361th fighter squadron), 23 ans, qui au total remportera, en Europe, sept victoires aériennes dont deux en collaboration.
A noter que le 2 mai 1944, toujours selon Donald Caldwell, l'élève sous-officier Konrad Benk, de la 11e escadrille du III/JG 26, est mort lors d'un vol entraînement sur Bf 109, à « Rouvres-Chaumont » (sic). Jean-Marie Chirol ne signale pas cet événement.

Illustration : un Messerschmitt de la JG 26 tombé près de Saint-Dizier, le 16 mars 1944. (Collection Charles Royer/Club Mémoires 52).

lundi 4 mars 2019

Sous-officiers FFI : le maquis Charles


Le maquis Charles (maquis de Varennes) est la principale unité du secteur nord-est de Langres. Il regroupe neuf officiers, 39 sous-officiers, 359 hommes de troupe. L'étude de la liste de ses sous-officiers montre, ici encore, qu'il n'y a pas eu d'avancements scandaleux. Généralement, ils n'ont gagné qu'un galon dans les FFI, voire pas du tout. Par ailleurs, certains groupes étaient commandés par des caporaux ou caporaux-chefs. A noter, parmi ces cadres, la présence de deux Algérois ayant servi dans la même unité en 1940, et dont on ignore les raisons de la présence en Haute-Marne.

BANOS (Lucien). Adjudant (sergent). Né à Thiersville (Oran) en 1917. Maréchal des logis au 6e GRDI, prisonnier en 1940. Domicilié à Alger. Adjoint au chef de la 1ère section de la 3e compagnie. Engagé. Tué en Indochine.
BELLOUARD (Henri). Adjudant (sergent-chef). Né à Laneuvelle en 1910. Domicilié à Coiffy-le-Bas. Chef de la 1ère section de la 1ère compagnie.
BONTEMPS (Lucien). Adjudant (sergent-chef). Né à Lecey en 1909. Domicilié à Langres. Chef de la 2e section de la 2e compagnie. Engagé.
BONVALOT (Henri). Sergent (2e classe). Né à Guyonvelle en 1916. Mortellement blessé le 27 août 1944 à Lavernoy, décédé à Langres le 1er septembre 1944.
BRESIL (Eugène). Adjudant (sergent). Né en 1903. Domicilié à Colombes. Dans la section de commandement du maquis. Engagé.
BRETON (Georges). Sergent (sergent). Né à Rosières-aux-Salines (Meurthe-et-Moselle) en 1906. Tué au combat d'Andilly le 1er septembre 1944.
BRETON (Jean). Sergent (sergent). Né à Hortes en 1916. Domicilié à Hortes. Chef de groupe dans la 2e section de la 1ère compagnie.
BRISSARD ou BUSSARD (Henri). Sergent (sergent). Dans la 3e section de la 2e compagnie.
CHARBONNET (Henri). Sergent (sergent). Né en 1911. Domicilié à Varennes. Chef de groupe dans la 3e section de la 1ère compagnie.
CHARNOT (René). Adjudant (sergent-chef). Né à Is-en-Bassigny en 1914. Chef de groupe.
CHEVILLOT (Marius). Adjudant-chef (adjudant-chef). Né en 1895 à Frettes. Domicilié à Langres. Engagé au 26e dragons (septembre 1914). Passé dans l'infanterie. Sergent (1915). Passé dans le train des équipages puis l'artillerie. Domicilié à Rosoy-sur-Amance. Dans la section de commandement du maquis.
CHOPITEL (Roger). Sergent (sergent). Né à Paris en 1908. Domicilié à Vicq. Chef de groupe dans la 1ère section de la 3e compagnie.
COLLIN (Marcel). Sergent (sergent).
DROUOT (Jean). Sergent-chef (sergent). Né à Laferté-sur-Amance en 1915. Domicilié à Laferté-sur-Amance. Chef de la 3e section de la 2e compagnie.
DUVOY (Henri). Sergent (sergent). Né à Anchenoncourt (Haute-Saône) en 1895. Ouvrier faïencier. Incorporé en décembre 1914. Sert au 42e RI, au 407e RI, au 1er régiment du génie, au 4e RG. Employé à la compagnie des chemins de fer de l'Est. Domicilié à Langres, en 1927. Domicilié à Jorquenay. Chef de groupe dans la 1ère section de la 2e compagnie.
FRANCOVILLE (Pierre). Aspirant. Né à Nancy en 1925. Domicilié à Bourbonne-les-Bains. Dans la 1ère section de la 3e compagnie. Engagé. Fera une carrière d'officier.
FUSTER (Aimé). Sergent (sergent). Né à Blida en 1917. Domicilié à Blida. Sergent au 6e GRDI, prisonnier en 1940. Chef de groupe dans la 1ère section de la 1ère compagnie.
GASCARD (Charles). Sergent-chef (caporal-chef). Né à Neuilly-l'Evêque en 1915. Domicilié à Neuilly-l'Evêque. Adjoint au chef de la 2e section de la 2e compagnie.
GEORGIN (Armand). Sergent-chef (sergent-chef). Né à Marcilly-en-Bassigny en 1912. Domicilié à Marcilly-en-Bassigny. Chef de groupe dans la 2e section de la 3e compagnie.
GERARD (Serge). Sergent (sergent). Né en 1910. Domicilié à Balesmes-sur-Marne. Chef de groupe dans la 1ère section de la 3e compagnie.
HEYMONET (Léon). Adjudant (maréchal des logis chef). Né à Villers-sous-Prény (Meurthe-et-Moselle) en 1913. Gendarme. Mortellement blessé le 1er septembre 1944 à Andilly. Cité à l'ordre de l'armée à titre posthume.
JEANNESSON (Léon). Adjudant-chef (adjudant). Né aux Islettes (Meuse) en 1906. Boulanger à Vicq. Chef de la 3e section de la 1ère compagnie.
KAMMERER (Henri). Adjudant (sergent). Né en 1914 dans le Haut-Rhin. Domicilié à Hortes. Chef comptable du maquis.
LARDIER (Jean). Sergent (2e classe). Né en 1920. Domicilié à Anrosey. Dans la section de commandement du maquis.
MACABEY (Charles). Sergent (sergent). Né à Renève (Côte-d'Or) en 1896. Incorporé dans les chasseurs à pied en avril 1915. Caporal (1917), sergent (1918). Intoxiqué le 21 octobre 1918 dans les Ardennes. Employé à la compagnie des chemins de fer de l'Est. Domicilié à Corlée. Domicilié à Jorquenay. Chef de groupe dans la 2e section de la 2e compagnie.
MARTIN (Jean). Adjudant (2e classe). Né en 1912. Domicilié à Neuilly-l'Evêque. Chef de la 1ère section de la 3e compagnie. Engagé.
MAZELIN (Gustave). Sergent (sergent). Né à Saulxures en 1899. Domicilié à Celles-en-Bassigny, cantonnier. Mobilisé au dépôt de la 7e section de commis d'ouvriers d'artillerie (août 1939). Démobilisé à Montluçon en 1940. Domicilié à Celles-en-Bassigny. Chef de groupe dans la 2e section de la 3e compagnie.
MOUILLET (Daniel). Sergent (caporal-chef). Né à Millières en 1918. Domicilié à Hortes. Dans la 1ère section de la 1ère compagnie.
MOUILLET (Marcel). Sergent-chef (sergent). Né à Villiers-le-Sec en 1921. Domicilié à Neuilly-l'Evêque. Adjoint au chef de la 1ère section de la 2e compagnie. Engagé.
MUGNIER (Henri). Sergent (sergent). Né en 1916. Domicilié à Hortes. Chef de groupe dans la 2e section de la 1ère compagnie.
PEIFFERT (René). Adjudant (maréchal des logis-chef). Né en 1912. Domicilié à Vicq. Chef de groupe dans la 1ère section de la 1ère compagnie.
PEUTET (Antonin). Sergent (1ère classe marine). Né en 1909. Domicilié à Chaudenay. Chef de groupe dans la 1ère section de la 1ère compagnie.
RAYMOND (Charles). Adjudant (sergent-chef). Domicilié à Rosoy-sur-Amance. Chef de la 2e section de la 1ère compagnie.
SEUROT (Pierre). Sergent. Né en 1922. Domicilié à Neuilly-l'Evêque. Chef de groupe dans la 1ère section de la 3e compagnie. Engagé.
SIRI (Laurent). Sergent (sergent). Né en 1917. Domicilié à Anrosey. Chef de groupe dans la 3e section de la 2e compagnie.
TAMISIER (Julien). Sergent (sergent). Né à Langres en 1919. Domicilié à Langres. Dans la 2e section de la 2e compagnie. Blessé le 1er septembre 1944 à Andilly.
VOLPOET (Henri). Sergent (sergent). Né en 1921. Domicilié à Langres. Chef de groupe dans la 2e section de la 1ère compagnie.

Dans le tableau d'effectifs du maquis, on trouve également les noms des sous-officiers suivants :
GUILLOT (Raymond). Sergent. Né en 1915. Domicilié à Varennes. Dans la section de commandement.
JEANNERET (Maurice). Domicilié à Champigny-sous-Varennes. Sous-officier en charge des transports dans la section de commandement.
LAVEY (Jean). Sergent. Né en 1927 (sic). Domicilié à Varennes. Chef de groupe dans la 2e section de la 3e compagnie.
SOEURE (Paul). Maître ouvrier. Né en 1913. Domicilié à Laferté-sur-Amance. Chef de groupe dans la 3e section de la 2e compagnie.

samedi 2 mars 2019

Sous-officiers FFI : le maquis Henry


Selon les documents officiels, le maquis Henry, ou maquis de Bussières (Bussières-lès-Belmont), réunissait seize officiers, 57 sous-officiers et 457 hommes de troupe. Parmi eux, 25 gendarmes de la section de Langres. Qui étaient ces sous-officiers ? Deux pièces inédites nous ont permis d'en identifier 48. Il s'agit, d'une part d'une liste de cadres FFI dont les grades ont été homologués à la libération (entre parenthèses, le grade précédent), d'autre part du tableau d'effectifs du maquis à la date du 15 septembre 1944. Nous avons complété ces informations avec des renseignements recueillis par ailleurs, notamment issus du livre « La bergère a perdu ses moutons » écrit par Jean Spiro (« Clovis »).

AGNEAU (Henri), sergent-chef (sergent).
ARGENTON (Jean), adjudant (2e classe). Chef de groupe dans la 2e compagnie.
BARDON (André), sergent (2e classe). Né à Chalindrey en 1917 ; domicilié à Heuilley-Cotton ; dans la 2e compagnie ; engagé dans la 9e DIC, tué en Alsace.
BAUDEMENT (Henri), sergent (2e classe).
BOISSELIER (André), sergent (2e classe).
BORDNER (Raymond), sergent-chef (caporal-chef).
BOURNIQUEZ (Gérard), sergent (caporal-chef).
BOURNIQUEZ (Louis), adjudant-chef (sergent). Né en 1917 ; sous-officier de carrière ; sous-brigadier de police à Chalindrey ; arrêté le 22 mars 1943 avec son épouse (déportée), évadé ; au corps-franc ; blessé le 11 septembre 1944 à Belmont.
CHEVILLARD (Alexandre), sergent (caporal-chef). Dit « Le Savoyard ». Bûcheron à Bussières-lès-Belmont. Au corps-franc. Engagé.
CLAVELIER (Lucien), sergent-chef (caporal-chef). Dans la 1ère compagnie.
DELEPINE (Raymond), sergent (caporal). Domicilié à Champlitte ; dans la 1ère compagnie. Engagé.
DENIS (Maurice), sergent-chef (sergent). Au corps-franc.
DUPRE (René), adjudant (gendarme). Chef de section dans la 2e compagnie.
FAUCHER (Gilbert), adjudant (gendarme).
FOSTINELLI (Joseph), sergent (caporal-chef). Né à Masevaux (Haut-Rhin) en 1909 ; quartier-maître-chef ; au corps-franc ; blessé le 11 septembre 1944. Engagé.
GEROUVILLE (Roger), adjudant (sergent-chef).
GOSSET (Gabriel), sergent (2e classe).
LAMY (Roger), adjudant-chef (maréchal des logis). Domicilié à Occey ; chef de section dans la 1ère compagnie.
LARQUIER (Jean), sergent (caporal).
LAURENT (Jean), sergent-chef (caporal-chef). Domicilié à Champlitte ; dans la 1ère compagnie.
LECLERC (Lucien), adjudant (1ère classe). Domicilié à Vaux-sous-Aubigny.
LECLERCQ (Charles), sergent (1ère classe).
LEGENDRE (Pierre), sergent-chef (caporal-chef). Dans la 1ère compagnie.
LEMAIRE (Louis), sergent (2e classe).
MANGIN (André), sergent-chef (sergent ou 2e maître). Domicilié à Langres ; au PHR.
MASSOTTE (René), sergent (caporal-chef). Dans la 1ère compagnie.
MEYER (Alphonse), sergent-chef (sergent). Dans la 1ère compagnie.
PARIS (Louis), sergent (2e classe).
RIGONNEAUX (Alexandre), adjudant (gendarme). Chef de section dans la 1ère compagnie.
ROBINET (Jeany), sergent (caporal).
SIMONET (Georges), adjudant-chef (sergent). Dit « Daniel ». Au PHR.
SPIRO (Jean), sergent-chef (2e classe). Né en 1907 en Pologne ; campagne de France avec le 11e régiment étranger d'infanterie ; Résistance en Savoie ; réfugié à Longeau, village de son épouse ; chef du corps-franc.
VILLEMOT (James), sergent-chef (2e classe). Né à Saint-Broingt-les-Fosses en 1903.

Selon d'autres sources (tableau d'effectifs, "La bergère a perdu ses moutons", etc.) :
AUBERT (André), sergent. Corps-franc.
BARTHOT (Roger), adjudant. Au PC.
DIDIER (Robert), sergent. 2e compagnie.
FRIONNET (Louis), maître ouvrier. Au Peloton hors rang.
GEORGES (Jean), maréchal des logis. 2e compagnie.
GRENIER (Adolphe), sergent (2e classe). 1ère compagnie. Engagé.
MICALEFF (Désiré), sergent. Au corps-franc.
MILHER (Lucien), sergent. 1ère compagnie.
PAQUIER (Emile), sergent. Né à Coublanc en 1920 ; au corps-franc.
PIQUEE (René), sergent. Domicilié à Bussières-lès-Belmont ; au corps-franc.
PONT, maréchal des logis-chef de gendarmerie.
RUINET (Paul), sergent. PHR.
SEBILLE (Jean), sergent. Né en 1912, domicilié à Maatz ; au corps-franc. Engagé.
TONNOT (Marc), adjudant-chef. Né à Rahon (Jura) en 1897 ; adjudant-chef de gendarmerie à Langres ; adjoint au chef du maquis.
VIGNETEY (Louis), adjudant. Né à Montsaugeon en 1886.

dimanche 10 février 2019

Résistance communiste en Haute-Marne (1) : Jules Didier



Jules Didier, alias "Mercier". (Collection club Mémoires 52).


L'histoire du mouvement de résistance "Front national de lutte pour l'indépendance de la France" (FN) en Haute-Marne a fait l'objet d'un travail inédit réalisé par Jean-Marie Chirol, président-fondateur du club Mémoires 52. En voici plusieurs extraits avec d'abord un chapitre consacré à Jules Didier, responsable du Parti communiste français et du FN dans le département entre septembre 1943 et janvier 1944.

"Jules Didier, artisan ébéniste d'art, né à Dannemarie (Doubs) le 5 septembre 1903, adhère au Parti communiste dès 1927. Toute sa vie est un combat au service de son idéal, de la justice, de la solidarité et de son pays. Sa vie militante n'est pas exempte de tracasseries. La ligne définie par son parti le fait désigner à la vindicte de ses chefs lorsqu'il est mobilisé pendant la Drôle de guerre, mais il sait éviter les pièges qui lui sont tendus.
La défaite n'affaiblit pas sa détermination. Un an plus tard, le 22 juin 1941, les nazis viennent l'arrêter à Vesoul, à son domicile, 51, boulevard des Alliés. Emprisonné au camp de Compiègne, il y côtoie de nombreux dirigeants et militants de son parti, reconnaît parmi eux des amis des départements voisins du sien, notamment Emile Mauguet, de Saint-Dizier, arrêté le même jour que lui, et qui décédera le 2 juillet... Le frère de Maurice Thorez qui est également là parviendra à s'évader mais sera plus tard à nouveau arrêté et fusillé par les nazis.
Jules Didier participe activement au creusement d'un tunnel de 60 m de longueur qui, une fois terminé, permet l'évasion, d'un seul coup, de 19 détenus. L'évasion de Jules Didier est fixée au lendemain mais, hélas, la fuite de la veille a été vite découverte... Elle engendre de dures représailles. Il reste par conséquent dans ce camp maudit... La chance vient non pas en dormant, mais en agissant. Elle lui sourit le 13 février 1943. Jules Didier parvient cette fois à s'évader au terme d'un internement qui aura duré 19 mois et 20 jours... A priori, il pense pouvoir se rendre dans le Pas-de-Calais pour reprendre le combat clandestin et se met en route. Peu après, épuisé, il renonce à son projet initial et s'arrête à Belleu, près de Soissons, où il est recueilli par le cantonnier du village. Ce dernier l'héberge durant sept semaines, après quoi Jules Didier rejoint son domicile de Vesoul où la Gestapo est déjà venue à plusieurs reprises perquisitionner...
Pendant la captivité de son mari, Renée Marcelle Didier, alias «Hélène», n'a pas attendu l'hypothétique retour de l'absent en se lamentant, bien au contraire. Egalement militante active de longue date, elle a, au mépris du danger, transformé son pavillon vésulien (à peine terminé) en relais et planque pour les clandestins de passage. Deux semaines environ après son retour à Vesoul, Jules Didier, alias «Mercier», est nommé responsable régional (RR) du Front national pour le Doubs ainsi que pour le Territoire de Belfort. Il reste dans cette région environ deux mois, puis est envoyé en Meurthe-et-Moselle en qualité de RR du Parti communiste clandestin. Dans ce département, le PC a besoin d'un cadre sûr et efficace en raison, essentiellement du secteur minier, le fer étant une matière première indispensable aux besoins de l'ennemi.
Jules Didier réside alors, avec son épouse, dans un petit appartement nancéien. Renée Didier, pour ce qui la concerne, est responsable du secteur «femmes», mission à laquelle elle se voue totalement au mépris des risques énormes car l'ennemi et ses agents traquent sans répit les patriotes...

«Lionel» (ou «Robert»), un cheminot de Besançon, qui jusqu'alors était RR du PC/FN de Meurthe-et-Moselle part pour la Haute-Marne assumer des fonctions identiques lors de l'arrivée à Nancy de Jules Didier.
A la mi-septembre 1943, ils permutent.
C'est alors que «Mercier» prend en charge le département de la Haute-Marne à la fois comme RR politique et FN, en attendant de recruter un militant qui sera susceptible de le décharger de cette seconde responsabilité. Quand Lucien Pinet (alias «Lejeune») arrive en Haute-Marne, c'est à lui que «Mercie » confie le FN dont il devient ainsi le RR.
Notons au passage que le colonel Fabien vient à cette époque plusieurs fois en Haute-Marne, et spécialement au mois de novembre 1943 pour y rencontrer «Mercier». Le contact se fait dans l'arrière-salle d'un café de Marnaval." Selon les indications rapportées à Jean-Marie Chirol en 1983, "Fabien aurait logé au domicile de M. Bosquet père, contremaître à Marnaval...

… L'ennemi ne reste pas inactif. Aussi, Jules Didier, en ces derniers jours de décembre 1943, doit-il se mettre au vert chez son ami Paul Foubet, à Noidant-le-Rocheux. Le 5 janvier 1944, «Mercier» part pour le Jura afin d'y assumer des responsabilités similaires mais dans une région stratégiquement plus importante...
Les activités du responsable régional sont connues de la Gestapo, en témoigne l'acte d'accusation des patriotes de Chaumont, traduits devant la justice militaire allemande le 8 mars 1944. «Un certain René (Ndlr : René Pajot, chargé de mission du Bureau des opérations aériennes) et un certain Mercier, dont l'identité n'a pu jusqu'ici être établie d'une façon plus précise, mais qui, semble-t-il, ont leur domicile à Paris, avaient entrepris de former dans le département des groupes de résistance, qui sont en général désignés sous le nom de FTPF... » Dix jours plus tard, onze patriotes seront fusillés à Chaumont, dont plusieurs membres du groupe Corse des FTPF...

"Renée Didier travaille sans relâche dans le secteur Femmes, jusqu'à la mi-janvier 1944 et rejoint son mari dans le Jura. Elle poursuit, là-bas, la même activité.
Après le départ de l'occupant, le capitaine Mercier réintègre, avec son épouse, son département et sa ville de Vesoul. Jules Didier siège alors au Comité départemental de Libération, au grand jour et y représente le PCF..."