vendredi 2 juillet 2010

La photo du capitaine Pradelle, de Coublanc



En complément de notre article sur deux martyrs sud-haut-marnais du réseau Alliance, voici le portrait du capitaine Pradelle,de Coublanc, également issu du "Mémorial du réseau Alliance" (consultable sur le site Internet "André Girard & SR Alliance").

Un ouvrage sur les spahis de Germisay




En complément de notre article sur le combat de Germisay, le colonel (ER) Thierry Moné nous a fait parvenir d’utiles précisions sur les hommes du 2e régiment de spahis marocains qui sont morts en juin 1940 sur le territoire haut-marnais.

Signalons que M. Moné s’apprête à faire paraître un ouvrage fort documenté sur la Campagne de France de la 3e brigade de spahis, étrillée lors du combat de La Horgne (Ardennes) le 15 mai 1940, et qui s’est donc battue ensuite à Germisay.

Parution : début octobre 2010. Cet ouvrage, riche de 208 pages, est le fruit de 18 mois de recherches aux Archives nationales, à Paris, et au Bureau des archives des victimes des conflits contemporains, à Caen. Il est publié par la maison d’édition La Gandoura & CRCL.

jeudi 1 juillet 2010

Deux martyrs haut-marnais du réseau Alliance



André Chanson (1918-1944). Photo issue du "Mémorial du réseau Alliance".





Le réseau Alliance est l’une des plus fameuses organisations de la Résistance, spécialisée dans le renseignement. Oeuvrant au profit des services spéciaux britanniques, il a perdu plus de 430 des siens sous l’Occupation.
Alliance a notamment recruté parmi des membres de l’armée de l’air, au premier rang desquels figurait le commandant Léon Faye, qui a commandé le groupe de reconnaissance I/52 à Saint-Dizier durant la Drôle de Guerre et qui sera exécuté début 1945 en déportation.
Il semble, selon Marie-Madeleine Fourcade, l’une de ses responsables (et historiographe), que le réseau ait compté un correspondant en Haute-Marne, que nous n’avons malheureusement pu identifier. Toutefois, au moins deux de ses membres n’ayant pas vu la Libération sont originaires du département, et tous deux du Sud.

Emile-Maurice Pradelle est né le 5 septembre 1901 à Coublanc, d’un père maçon. Capitaine de l’armée de l’air, il est, selon le mémorial du réseau, deuxième chef du secteur de Vichy (Allier), et l’adjoint du colonel Edouard Kauffmann, responsable de la région Centre pour le réseau. Pradelle est donc un des principaux cadres d’Alliance, sous le pseudonyme de « Corsaire ». Il est arrêté le 22 septembre 1943 à Vichy (au lendemain de son chef, à Volvic), emprisonné à Fribourg, en Allemagne, où il est exécuté d’une balle dans la nuque, avec Kauffmann, le 28 novembre 1944.

André Chanson voit le jour le 29 août 1918 à Saint-Broingt-le-Bois. Electricien, celui que le réseau connaît sous le pseudonyme de « Perdrix » est lui aussi un proche collaborateur du colonel Kauffmann : il est son opérateur radio. Chanson est arrêté le même jour que son compatriote Pradelle, et déporté le 16 décembre 1943 vers l’Allemagne. C’est là, quatre jours avant Pradelle, qu’il est abattu à Rastatt avec onze de ses camarades. Son nom figure également sur le monument aux morts de Champlitte, où résidait sa famille.

dimanche 27 juin 2010

Haut-Marnais en Roumanie

Durant la Première Guerre mondiale, la France a dirigé sur la Roumanie une mission militaire chargée de réorganiser l’armée de ce royaume. Confiée au général Berthelot, la délégation était composée de militaires représentant diverses spécialités. La presse de l’époque a donné les noms de 25 officiers. Curieusement, cinq d’entre eux, et non des moindres, étaient natifs de la Haute-Marne ou y vivaient à la mobilisation.

Fils d’un pharmacien de Bourmont, le lieutenant-colonel Charles-Ernest Vouillemin est né le 31 juillet 1865 dans ce chef-lieu de canton. Polytechnicien, il servait, durant le conflit, dans le 39e régiment d’artillerie. C’est en octobre 1916 qu’il a quitté ce corps pour rejoindre la mission Berthelot, en qualité d’instructeur de l’artillerie. Promu général de brigade à titre temporaire, Vouillemin sera proposé par le général Berthelot, qui l’estimait, pour lui succéder à la tête de la mission, en 1918. Mort à Toulon en 1954, le Haut-Marnais s’est également fait connaître par ses écrits consacrés au Cercle de Vienne, un club philosophique existant en Autriche dans les années 1930.

Né le 16 décembre 1873 à Nogent, fils de Célestin Caput, brigadier de gendarmerie, Théodore-Gaston Caput était un Saint-Cyrien. Il a 43 ans lorsqu’il commande, en 1916, le 1er bataillon du 109e RI, régiment de Chaumont, chef-lieu de son département natal. Quittant ce corps le 23 septembre 1916, promu lieutenant-colonel à titre temporaire, il fait partie de l’état-major de la mission Berthelot. Marié en 1905 à Lille (Nord), le général Caput meurt à Nice le 21 avril 1961.

Né à Wassy en 1870, marié à une Haut-Marnaise (à Perthes), le lieutenant-colonel Georges Dubois était chef de corps, à 46 ans, du 174e RI, avec lequel il s’est battu à Verdun, lorsqu’il rejoint la mission. C’est le 20 septembre 1916 qu’appelé par un télégramme du grand quartier-général, Dubois quitte son régiment, suivi deux mois plus tard par deux de ses officiers, les sous-lieutenants Caubet et Berthelot. Le Wasseyen opérait avec le 85e régiment d’infanterie roumaine lorsqu’il a été grièvement blessé lors du combat de l’Argesh, vers Badulesti, le 19 novembre 1916. L’enfant de Wassy succombe… à Jassy, en Roumanie, le 4 avril 1917, et ses obsèques ont lieu le 9 avril. Son compatriote Jean-Marie Chirol lui consacrera une biographie fort détaillée dans son ouvrage « 251 personnages du pays haut-marnais ». A noter que le lieutenant Charles Caubet, du 174e, meurt à son tour, de maladie, le 16 avril 1917 en Roumanie.

Poitevin de naissance, Jacques-Marie-Gabriel Boreau de Roincé, né en 1869, Saint-Cyrien, était chef de bataillon du II/109e RI, le régiment de Chaumont, à la mobilisation de 1914. Il a pris le commandement du corps avant la fin de l’année, après la mort du colonel Aubry. Promu lieutenant-colonel, il quitte le 109e avec le chef de bataillon Caput le 23 septembre 1916. Il meurt en 1920.

Enfin, affecté à la mission Berthelot afin d’instruire des mitrailleurs roumains, le capitaine Georges-Henri Vitrey est né en 1879 à Chaumont, lui-même fils d’un officier d’origine brottaise. Ce capitaine d'infanterie, retraité chef de bataillon, membre de la Légion d'honneur en 1916, blessé de guerre, décédera dans sa ville natale en 1961.

Concluons cette courte évocation en précisant qu’une bande dessinée a été consacrée à cette mission et qu’une commune de Roumanie porte le nom du général Berthelot.

vendredi 25 juin 2010

L'arbre du tirailleur à Nijon


C'est au cours d'une escapade dans le Pays bourmontais, il y a plusieurs mois, que nous avons découvert ce monument sobre et poignant, qui perpétue le souvenir d'un tirailleur africain (désigné sous le nom de Kampti sur le panneau) mort en juin 1940 dans le village de Nijon. Signalons à ce sujet la louable initiative de l'Union nationale des combattants (UNC) de Haute-Marne, présidée par le colonel Henry Dutailly, qui, avec la commune de Bourmont et les services de l'Etat, a rendu hommage, le 19 juin dernier, aux tirailleurs de la 1ère division d'infanterie coloniale qui ont chèrement payé leur abnégation à défendre la région de Bourmont.
Plus de détails sur ces combats dans notre premier numéro de "Mémoires de Haute-Marne" qui vient de paraître.

vendredi 18 juin 2010

"Mémoires de Haute-Marne" n°1 est sorti


La nouvelle publication du club Mémoires 52, "Mémoires de Haute-Marne", vient de sortir. Ce nouveau rendez-vous semestriel de notre association consacre une large partie de ses 50 pages aux combats de juin 1940 en Haute-Marne.

Au programme, également :
- le capitaine Burgeat, de Chevillon, l'un des 50 premiers pilotes du monde ;
- Roger Duveau, de Hortes, le ministre oublié ;
- la carrière du général Dommartin, compagnon d'armes de Bonaparte ;
- Bernard Dimey vu par un de ses camarades de l'Ecole normale ;
- et bien d'autres articles.

Disponible au prix unitaire de 12 euros auprès du club Mémoires 52 (28, rue de Verdun, 52100 Bettancourt-la-Ferrée ou 1 bis, rue Dutailly, 52000 Chaumont), ou distribué gratuitement - contre cotisation - auprès des adhérents du club.

mardi 15 juin 2010

Il y a 70 ans : le combat de Germisay




Le combat de Germisay est moins connu que ceux du triangle Chaumont-Bologne-Andelot ou de Bourmont. Il a pourtant coûté 21 tués aux troupes françaises.

Les opérations commencent le 15 juin 1940, lorsque le chef de corps du 2e régiment de spahis marocains (qui a succédé au colonel Geoffroy, tué à La Horgne, dans les Ardennes), venant de la Meuse, reçoit l’ordre d’occuper les villages de Bressoncourt, Germay, Germisay et Epizon, dans le canton de Poissons, avec PC à Trampot (Vosges).
A Germisay, des éléments isolés du 412e régiment de pionniers et du 294e RI viennent renforcer le 4e escadron du capitaine Jean Giraud, sous les ordres du chef d’escadron Azémar.

Il est environ 12 h, le 16 juin 1940, lorsque l’arrivée imminente de blindés et de camions chargés de fantassins ennemis, appartenant à la 8e Panzerdivision, est signalée en provenance de Brouthières. Le peloton du 3/2e RSM qui défendait Bressoncourt se replie sur Trampot.

Le combat s’engage. Le capitaine Giraud est blessé, évacué sur Vittel et capturé par l’ennemi. Les lieutenants Jacques Labbé et Emile Chaume sont tués, ainsi que l’adjudant Auguste Ternin-Rozat et 18 gradés et hommes de troupe. Une grange et une habitation brûlent. Le 4/2e RSM doit décrocher sur Trampot pour éviter l’encerclement.

Au total, l’armée française déplore 21 tués. Quatre sont retrouvés allongés côte à côte, près d’un bosquet, une balle dans la nuque… Tous sont inhumés dans le cimetière communal. Une cérémonie aura lieu en mai 1941, en présence de drapeaux français et de la population.

Les victimes (dont quatre inconnus et quatre hommes du 412e pionniers) :
. lieutenant Labbé, né à Paris en 1910.
. soldat André Brodu, né en 1919 à Nantes, 2/2e RSM.
. brigadier Embar.
. soldat Robert Dupré, né en 1913 dans l’Oise, 412e régiment de pionniers.
. lieutenant Emile Chaume, né en 1905 en Algérie, 2e RSM.
. Jules Cazé, né en 1912, 412e régiment de pionniers.
. André Tatin, né en 1904 dans la Somme, 412e régiment de pionniers.
. soldat Jean Gilbert, né en 1921 à Tours, 2e RSM.
. adjudant Ternin-Rozat, né en 1910 à Lille, 2e RSM.
. soldat Gustave Bisson, né en 1916 à Evreux, 2e RSM.
. soldat Jean Colas, né en 1919 à Paris.
. Léon Persyn, né en 1906 dans l’Oise, 412e régiment de pionniers.
. brigadier André Danvin, né en 1920 dans la Creuse, 2e RSM.
. Marcel Hazé, né en 1910 à Paris, 2e RSM.
. maréchal des logis-chef Salah ben Ahmed.
. brigadier André Solignac, né en 1919 à Lyon, 2e RSM.
. Bouchaïb ben el Arbi.
. quatre inconnus.

Ces informations, recueillies par Jean-Marie Chirol, proviennent en partie de M. Fournier, ancien maire de Germisay. Elles sont parues dans le supplément de Dossier 52 n°25.