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| Une jeep du 25th Cavalry Reconnaissance Squadron à Doulaincourt, le 1er septembre 1944. (Cliché paru en 1994 dans Le Journal de la Haute-Marne). |
La 4th Armored Division poursuivant sa progression en Lorraine après avoir libéré Saint-Dizier, Wassy et Joinville (30-31 août 1944), il est nécessaire d'assurer la sécurité du flanc droit de la 3e armée du général Patton. Car les Alliés doivent tenir compte d'un autre flux de retraite menaçant leurs communications : celui des armées allemandes qui, après le débarquement de Provence (15 août 1944), abandonnent la moitié Sud de la France pour rejoindre le Nord-Est. Voici une chronologie des principaux évènements militaires (mouvements de retraite ennemis, mouvements défensifs et offensifs des unités américaines, etc.) qui vont marquer la période s'étendant entre le 1er et le 10 septembre 1944, c'est-à-dire jusqu'à l'action offensive du 15e corps américain*.
1er septembre 1944
. La Marne étant franchie, le général Kurt Feldt, commandant l'Abschnitt III, reçoit l'ordre de quitter Vittel pour déplacer son PC au-delà de la Moselle. Puis il rejoint très rapidement l'Allemagne.
. Le 182nd Field Artillery Group (12e corps américain) s'installe à Vecqueville et Joinville (le 216th FA A Bn prend ses quartiers à Joinville à partir du 3 septembre 1944). Le "Piper cub" L-4 43-30439, occupé par deux officiers du 752nd FA A Bn implanté à Guindrecourt-aux-Ormes, s'écrase entre Condes et Chaumont : le pilote, Rollin F. Wade, et l'observateur, James H. Munford (blessé), sont faits prisonniers.
. De sources allemande et américaine, une reconnaissance blindée US (du 121st Cav Rec Sqn du lieutenant-colonel J. F. Homefield), passée par Colombey-les-Deux-Eglises, pousse jusqu'à Jonchery, aux portes de Chaumont, avant de faire demi-tour**. La ville ne sera pas investie. La veille, sur ordre du Feldkommandant Werner Kleffel, le viaduc de Chaumont avait été partiellement détruit alors que les Américains étaient annoncés à 25 km de la cité (à Donjeux).
. Dans l'après-midi, une troop du 25th Cav Rec Sqn, qui était le 31 août à Donjeux, accroche à Rimaucourt des éléments du Reserve-Beobachtung-Abteilung 44. Trois Allemands sont tués, dont le colonel Kutzen, chef du kampfgruppe Joinville. Cette arrivée des Alliés fouette les énergies des hommes du capitaine Jean Châtel, d'Ecôt-la-Combe, qui attaquent la garnison allemande d'Andelot. C'est un échec, qui coûte un tué aux Français (un gendarme). Accourt alors, de Chaumont, le 3e bataillon du SS-Polizei-Regiment 19 qui vient d'Auvergne. Il s'agit d'une des premières unités arrivées en Haute-Marne du gruppe du général Otto-Ernst Ottenbacher se repliant du Centre de la France. Ce n'est pas la seule : un rapport du groupe d'armées G signale que l'Aufklärungs-Abteilung 1000 (détachement de reconnaissance) est, à cette même date, dans le secteur de Montigny-le-Roi.
. Le même rapport du groupe d'armées G indique que le II./Sicherungs-Regiment 199, qui était à Troyes un mois plus tôt, marche sur Chaumont, tandis que le III./Sich.Rgt. 199, venu de Joigny (Yonne), est à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or).
2 septembre 1944
. Ayant reçu pour mission de couvrir le flanc droit de son armée, le général Edmund B. Sebree, adjoint au commandant de la 35e division d'infanterie américaine, a pris le commandement d'une Task Force "S" - comme Sebree - chargée de tenir la ligne Blaise - Joinville. Relevant le CCB de la 4e DB, elle réunit des unités qui resteront en Haute-Marne jusqu'au 9 septembre 1944. On peut citer parmi elles : le 737th Tank Bn, qui se fixe le 2 septembre 1944 à 5 km au nord de Joinville ; le 320th Infantry Regiment, qui commence le 3 septembre 1944 à s'installer à Vecqueville et Joinville (le lendemain, d'autres unités du régiment s'établissent à Sommermont) ; le 654th Tank Destroyer Battalion du major John H. Minton, qui arrive le même jour à Nomécourt et La Folie, etc.
. Le QG du 66. Korps et celui du gruppe Ottenbacher, qui tient la ligne Châtillon-sur-Seine - Andelot pour couvrir la retraite allemande, est à Langres. Le II./SS-Polizei-Regiment 19 qui était arrivé à Langres se porte, avec l'Aufklärungs-Abteilung 1000, sur Neufchâteau (Vosges) menacé par les Américains.
. Départ le soir du convoi de véhicules stationnés au square du Boulingrin et à l'école normale à Chaumont : selon le journaliste Roger Prouhet, le Feldkommandant Kleffel est dans ce convoi (il sera tué le 7 septembre 1944 dans les Vosges). Ce témoin écrit : "La place est commandée par un Ortskommandant du grade de colonel, logé 2, rue Gambetta pour les bureaux et au bas de la vieille route de la Maladière pour son appartement". Il s'agit sans aucun doute du colonel Hans Grunert, chef du kampfgruppe Chaumont.
4 septembre 1944
. L'intention du commandement allemand est de continuer à renforcer la ligne Chaumont - Château-villain - Châtillon-sur-Seine par d'autres éléments du gruppe Ottenbacher arrivant dans la région. La tête de la 16. ID (division d'infanterie) a atteint la région de Langres. Les éléments motorisés du Sicherungs-Regiment 194 parviennent également en Haute-Marne.
5 septembre 1944
. Le gendarme Marc Seiler signale l'arrivée d'un détachement d'environ 400 fantassins allemands à Châteauvillain.
. Le maquis Charles (Varennes) harcèle des convois importants circulant sur les routes Langres - Bourbonne et Langres - Montigny-le-Roi.
6 septembre 1944
. Le colonel Emmanuel de Grouchy, chef départemental FFI, se rend dans la Marne pour rencontrer l'état-major de la 3e armée américaine. Il reçoit pour mission de couvrir son flanc droit (en vue du départ de la TF "S"). Pour ce faire, le major britannique Nicholas Redner Bodington, qui établit son PC à Sexfontaines, rassemble une "petite armée" de FFI haut-marnais, marnais et aubois pour tenir la ligne Juzennecourt - Bologne - Joinville.
7 septembre 1944
. Le maquis Henry (Bussières) signale le passage d'environ 42 véhicules sur la route Champlitte -Bourbonne, à proximité de Frettes.
8 septembre 1944
. A cette date, le lieutenant-colonel Ludwig Wienkoop, qui fut en poste à Périgueux puis à Guéret, a pris le commandement du kampfgruppe Andelot. La garnison allemande se compose toujours du Reserve-Beobachtung-Abteilung 44, désormais commandé par le lieutenant Ring (le major Portmann était hospitalisé à Langres), d'éléments du Sich.Rgt. 95, de l'Artillerie-Regiment 1 708, etc.
. Le camp ZISA - unité du secteur de Saint-Blin rattachée aux FFI des Vosges - signale l'occupation de Prez-sous-Lafauche par les Allemands.
. Le 749th TD Bn quitte la région de Reims pour la forêt de Mathons.
9 septembre 1944
. Une mission de l'état-major national FFI venue de Paris estime la garnison allemande d'Andelot à 1 000 hommes, tandis que 100 à 400 Allemands sont à Prez-sous-Lafauche (entre Andelot et Neufchâteau). Elle croit savoir qu'il y a de 2 700 à 3 000 Russes et Allemands à Chaumont. Pour le commandant Michel Pichard, délégué militaire départemental français, la garnison chaumontaise représenterait plutôt de 1 000 à 1 500 ennemis après le renforcement d'Andelot. Toujours selon Pichard, à la même date, il y aurait environ 3 000 Allemands dans la citadelle de Langres.
. La Task force "S" quitte la Haute-Marne (elle participera à la libération de Nancy). La ligne Blaise - Joinville reste tenue par les FFI du major Bodington et des cavaliers américains. La 2e DB française (15e corps américain) qui a pris Paris commence à s'installer en Haute-Marne (à Villars-en-Azois et Silvarouvres, notamment).
. Le détachement allemand du lieutenant Kaufmann, chef de compagnie de l'Alarm-Bataillon Brendel, reçoit l'ordre de quitter Montbard pour Longeau afin d'y établir un point d'appui. L'Ost-Bataillon (dit Russen-Bataillon) 615 du major Friedrich Schrade, qui s'était également joint au gruppe Von Brodowski en Côte-d'Or, est chargé de défendre les passages du canal entre Dommarien et Champlitte (son PC doit se porter sur Leuchey).
. La garnison de Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) quitte cette ville pour Langres. Il s'agit essentiellement du III/./Sich.Rgt. 199. Le colonel Krappmann commande cette colonne qui se heurte aux FFI - et aux parachutistes américano-norvégiens de l'OG Christopher - au pont de Maisey-sur-Seine.
. Dans la nuit du 9 au 10 septembre, des patrouilles allemandes, sorties notamment d'Andelot (Reserve-Beobachtung-Abteilung 44), mènent des coups de main contre les postes FFI ou postes mixtes FFI/cavaliers américains à Doulaincourt (un FFI tué), Bologne (trois FFI blessés) et Busson. Elles sont repoussése.
10 septembre 1944
. Une section du 106th Cav Rec Sqn (lieutenant-colonel Kelton S. Davis, remplaçant le lieutenant colonel Francis M. Olivier tué le 9 août 1944), venue de Côte-d'Or, accroche un détachement allemand au carrefour de la RN 65 et de la route de Coupray, près de Latrecey. Un autre élément de l'escadron entre dans Châteauvillain, évacué par sa garnison. Des éléments du 13e bataillon du génie et du 1er bataillon du Régiment de marche du Tchad (2e DB) font également leur entrée dans ce bourg endeuillé par le massacre du 24 août 1944. Une libération définitive qui signifie qu'un nouveau jalon de la ligne Châtillon-sur-Seine - Chaumont - Neufchâteau vient de "sauter".
. Le IV./Sicherungs-Regiment 200 (capitaine Gudermann), qui appartient au gruppe Von Brodowski, est à Maatz. Dans l'après-midi, selon le journal de marche du 588e état-major de liaison (Von Brodowski), une attaque aérienne près de Longeau blesse seize hommes d'un bataillon allemand, dont son chef et un commandant de compagnie.
* A de rares exceptions, les opérations des maquis et des agents et parachutistes alliés (OSS, SOE, SAS, OG), déjà évoquées sur ce blog, ne sont pas rappelées ici.
** Pour le journaliste Roger Prouhet, cet évènement intervient plutôt le 30 août 1944, et selon le journal de marche du maquis Duguesclin, le 2 septembre 1944.

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