vendredi 1 août 2014

Au revoir André

Son père était originaire de Neuvelle-lès-Voisey, près de Bourbonne. Sa mère native de Lannes, près de Langres. Lui est né à Pressigny, dans le canton de Fayl-Billot, a été élu de Voisines, est décédé à Chaumont. S'il a passé la majeure partie de sa vie professionnelle hors de métropole, André Grossetête (1930-2014) est resté indéfectiblement attaché à son terroir haut-marnais. Formé au métier d'instituteur à Chaumont, enseignant en Algérie et en Afrique (il a été directeur général de l'enseignement au Dahomey), inspecteur d'académie à Amiens et à Nice, André n'a jamais cessé de se souvenir du département qui l'a vu naître, où il est venu passer sa retraite, et où il reposera à compter de lundi. Douze ans après la disparition de Jean-Marie Chirol, le club Mémoires 52 pleure un de ses membres parmi les plus actifs, qui a co-écrit - et encore récemment - nombre de ses œuvres. Chroniqueur du massacre des maquisards de Voisines, attaché à l'histoire de son village d'adoption (où son admirable épouse Josette repose depuis 2007), plus généralement à celle de son département, André Grossetête, chantre de l'œuvre de Stendhal, mérite de figurer au Panthéon des plus exceptionnels enfants du territoire haut-marnais. C'est du moins l'avis de ses amis du club Mémoires 52.

mercredi 23 juillet 2014

Aviateurs alliés capturés à Mathons

Voici bientôt quatre décennies que Jean-Marie Chirol, seul d'abord, puis avec les membres du club Mémoires 52, a initié un formidable travail de recensement des appareils alliés tombés sur le sol haut-marnais entre 1942 et 1944 : 27... Grâce à cette œuvre pionnière, et grâce à la compréhension de plusieurs municipalités (Consigny, Domrémy-Landéville, Mussey-sur-Marne, Vignory...), le souvenir de ces héros du ciel a été perpétué au travers de brochures et d'expositions concoctées par notre association, de monuments, de cérémonies auxquelles ont d'ailleurs participé plusieurs rescapés. Point d'orgue de ce travail de longue haleine : l'inauguration, en 1993, d'un monument dédié aux 112 aviateurs alliés identifiés pour qui la Haute-Marne fut le dernier tombeau. Soixante de leurs camarades ont survécu, une partie échappant à la capture grâce au dévouement de nombreux patriotes, une autre étant faite prisonnière. C'est le cas des sept aviateurs tombés aux mains des Allemands le 10 août 1944 lors de l'attaque du maquis Garnier, en forêt de Mathons. 
Selon l'historien britannique Oliver Clutton-Block, ces captifs correspondent au flight sergeant Norman Oates, de l'appareil tombé à Chatelraould (Marne) ; au flight sergeant canadien J. C. Wellein (49 squadron), dont le Lancaster est tombé dans la nuit du 18 au 19 juillet 1944 à Saint-Ouen-en-Domprot (Marne) ; et aussi, probablement, au sergent G. A. Alexander (Lancaster du 630 squadron tombé à Chassericourt, Aube, le 18 juillet 1944), aux flight sergeant S. R. Ashton et E.H. Wells (du Lancaster du 630 squadron abattu à Togny-aux-Boeufs, Marne, dans la nuit du 18 au 19 juillet 1944), au sergeant W. G. Barlow (Lancaster du 49 squadron abattu dans la nuit du 18 au 19 juillet 1944 à Saint-Ouen-en-Domprot), et au flight-lieutenant K. Stevens (Lancaster du 156 squadron, tombé le 14 juillet 1944, à Ancerville, Meuse). Toutefois, selon le site Internet consacré au réseau d'évasion Comète, Wellein et Barlow auraient plutôt été capturés le 7 août 1944 dans la région parisienne. A l'inverse, le flight sergeant navigateur W. H. Devine, du Lancaster du 419 squadron (canadien) abattu dans la nuit du 24 au 25 juillet 1944 à Bassu (Marne), pourrait figurer parmi les sept captifs. C'est du moins l'hypothèse formulée par un résistant marnais, Georges Vaucouleur, qui a recueilli et hébergé l'aviateur canadien jusqu'au 7 août 1944.

jeudi 8 mai 2014

Employé bragard et partisan biélorusse

C'est en septembre 1939, en raison de la déclaration de guerre, qu'un cheminot lorrain en poste à la frontière allemande, François Sausy, s'établit avec sa famille à Saint-Dizier. Son fils Marcel, né à Sarreguemines en 1920, titulaire d'un bac de mathématiques élémentaires, trouve alors un travail dans la cité bragarde, le 2 janvier 1940 : il devient dessinateur industriel aux établissements Pigeat-et-Hazart. Gymnaste sous les couleurs de l'Association sportive Saint-Dizier-Marnaval (ASSM), ami de Robert Paquis et Paul Guichard, Marcel Sausy connaît alors le sort de milliers d'Alsaciens-Lorrains : il est incorporé de force dans l'armée allemande, mais déserte en octobre 1943, et rejoint les rangs des partisans soviétiques en Biélorussie. L'employé bragard partagera les rudes conditions de vie de ses camarades pendant huit mois, avant d'être fait prisonnier par les Allemands le 25 juin 1944, près de Minsk. Les troupes de l'Armée rouge le libéreront le 29 avril 1945 dans le kommando de travailleurs de Gützkow. Dix-sept ans plus tard, Marcel Sausy se verra remettre, des mains d'un représentant de l'ambassade soviétique à Paris, la médaille «Au partisan de la guerre patriotique» de première classe, qui lui avait été promise avant sa capture. Marcel Sausy est décédé à Courbevoie, en région parisienne, en 1988. Son extraordinaire destinée a été évoquée dans le numéro 23 (février-mars 2001) de «Dossier 52», la publication du club Mémoires 52.

samedi 15 février 2014

Dessoye, ministre il y a 100 ans

Jean Macé a donné son nom à plusieurs écoles de Haute-Marne, notamment à Saint-Dizier et Chaumont. Mais sait-on qu'il entretenait des liens particulièrement étroits avec ce département ? Il est venu notamment à Breuvannes-en-Bassigny, en 1884, comme témoin de mariage de son ami Arthur Dessoye avec une demoiselle Renard. Breuvannes est en effet le village d'origine des Dessoye, qui y possédaient (avec la famille Painteindre) une manufacture de limes dont la qualité était signalée dès 1827. Fils de Jean-Baptiste-Joseph, Sébastien-Adolphe Dessoye, né à Breuvannes en 1817, se mariera en 1853 avec Clarisse Voillemin, originaire de Bize, et s'établira à l'autre bout du département, comme percepteur, à Auberive, où naîtra un fils, Arthur, Charles, Sébastien, le 23 août 1854. Après avoir vécu à Chaumont, Arthur, à moins de 30 ans, s'établit à Brest, dans le Finistère, où il sera rédacteur en chef d'une publication, La Dépêche à Brest. Le Haut-Marnais se signalera comme l'auteur d'études sur Brest sous la Restauration, sur Jean Macé et la fondation de la Ligue de l'enseignement. Futur sénateur, franc-maçon, Jean Macé (1815-1894) a en effet créé cette Ligue en 1866 (sous le Second Empire), alors qu'il était enseignant en Alsace. Deux Haut-Marnais de naissance sont devenus des figures de la Ligue : Camille Flammarion, de Montigny-le-Roi, président du Cercle parisien, et Dessoye, vice-président puis président (1906-1919). Ami de Raymond Poincaré, Dessoye sera député radical de la Haute-Marne (1906), ministre de l'Instruction publique pendant quatre jours en juin 1914. Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1896, il meurt le 30 avril 1927 à Breuvannes. Moins d'un siècle plus tard, un autre parlementaire haut-marnais, Luc Chatel, sera ministre de l'Education nationale.

mardi 10 décembre 2013

"1814 : Napoléon en Haute-Marne"

La nouvelle publication du club Mémoires 52 vient de paraître. "1814 : Napoléon en Haute-Marne",écrit par Lionel Fontaine, évoque, en 60 pages, les combats, souvent victorieux, parfois malheureux, livrés par l'armée napoléonienne dans le département : Longeau, Châtenay-Vaudin, Langres, Choignes, Saint-Dizier, Laferté-sur-Aube... Prix de vente : 12 euros, plus 3,15 euros de frais de port. Chèque à l'ordre du club Mémoires 52 à adresser à : club Mémoires 52, 1 bis rue Dutailly, 52000 Chaumont.

jeudi 7 novembre 2013

Héros de la Libération, ami du club : Maurice Geminel n'est plus

C'est une bien triste nouvelle que vient de nous annoncer sa famille. Le colonel Maurice Geminel s'en est allé paisiblement, lundi, à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris. Nous avons souvent eu l'occasion, ici, de brosser la carrière de ce héros de la Libération. Né à Beauzée (Meuse) en 1920, ce Saint-Cyrien avait été blessé le 14 juin 1940, dans son char foudroyé, près de Perthes. Par le plus grand des hasards, il avait retrouvé la Haute-Marne, en août 1944, comme capitaine de parachutistes. Combattant aux côtés du maquis d'Auberive, il avait été blessé à deux reprises : d'abord en défendant ce village, puis lors d'une embuscade près de Latrecey, le 8 septembre 1944. Des habitants avaient recueilli cet officier laissé pour mort, et l'intervention du Dr Le Brigand avait permis de lui sauver sa jambe. En 2001, le club Mémoires 52, après avoir établi le contact avec cet habitant de Fresnes, avait consacré une étude détaillée au colonel Géminel. Membre depuis lors de notre association, ce militaire distingué nous donnait régulièrement de ses nouvelles. Au moment de quitter cette terre, à l'âge de 93 ans, il tenait à ce que sa famille informe notre association (et les Haut-Marnais) de son ultime voyage et de son amitié. Il sera inhumé demain à Antony. Au revoir, colonel : la Haute-Marne et le club ne vous oublieront pas...

samedi 2 novembre 2013

Un drame oublié : il y a 100 ans, à Prez-sous-Lafauche

Le 20 octobre 1913, vers 15 h, un appareil se présente aux abords de Prez-sous-Lafauche, avant-dernier village haut-marnais sur la route de Neufchâteau. Selon certaines sources de la presse d'alors, il s'agissait d'un monoplace. Ne serait-ce pas plutôt un biplace (un Borel n°9 ?), puisque deux passagers étaient à son bord. Un appareil qui, en outre, n'avait jamais volé. Le lieutenant Gabriel Garnier, officier de cavalerie affecté au centre d'aviation d'Epinal, faisait auparavant partie de l'escadrille du capitaine Casse (brevet de pilote n°826). Son mécanicien était un sapeur du 3e régiment du génie, Gendreau. L'appareil est parti de Châteaufort (Yvelines). Garnier s'y était rendu pour assister à des essais. Il s'en revient, ce 20 octobre 1913, à Epinal. A l'approche de Prez-sous-Lafauche, c'est le drame. Selon le journal «Le Matin», il s'agirait d'un accident d'atterrissage, plus que d'une chute due à un raté de moteur, le journaliste avançant même l'hypothèse que le passager était alors aux commandes. Les corps des deux aviateurs, tués sur le coup, ont d'abord reposé en mairie de Prez, où les habitants leur ont témoigné des messages de sympathie, puis leurs obsèques ont été célébrées dans une chapelle de Paris, ainsi que celles d'un autre aviateur du centre d'Epinal, le caporal d'Antroche, tué le même jour en Moselle. Garnier repose au cimetière du Père-Lachaise, Gendreau à Puteaux.