lundi 6 mai 2013

Bertrand Châtel n'est plus

C'est un héros haut-marnais de la France libre qui vient de disparaître. Ami du club Mémoires 52, Bertrand Châtel s'en est en effet allé le 3 mai, à l'âge de 93 ans. Fils de Charles-Frédéric Châtel, il était le premier enfant d'une famille d'industriels du Territoire-de-Belfort à avoir vu le jour dans le petit village d'Ecot-la-Combe, en 1920. Frère du capitaine Jean Châtel, Bertrand a servi comme enseigne de vaisseau (lieutenant), chef de peloton, au sein du 1er régiment de fusiliers-marins de la 1ère division de la France libre, se battant en Italie et en France (où il est blessé). Il était alors sous les ordres du lieutenant de vaisseau Alain Savary, futur ministre de l'Education nationale de François Mitterrand. Epoux d'une jeune femme originaire de Dancevoir (canton d'Arc-en-Barrois), Bertrand Châtel, capitaine de corvette dans l'armée française, a passé ensuite une partie de sa vie aux Etats-Unis (au service de l'ONU), partageant sa retraite entre son appartement de New York, son domicile parisien et la porterie d'Ecôt-la-Combe à laquelle il est toujours resté attaché. Commandeur de la Légion d'honneur, il a eu l'honneur de rencontrer, il y a quelques années, le Président Obama lors d'une cérémonie en Normandie. Il était membre bienfaiteur du club Mémoires 52, comme plusieurs membres de sa famille. Nous l'avions revu avec plaisir à l'occasion des Journées du patrimoine à Ecôt, en septembre dernier. Les concerts de rythm n'blues et de jazz proposés dans les jardins du château par le club et l'association des Arts d'Ecot présidée par sa fille Marie-Hélène l'avaient ravi. A la famille de Bertrand Châtel, qui sera inhumé samedi dans son village natal, le club Mémoires 52 adresse ses plus sincères condoléances.

mercredi 1 mai 2013

Volontaires italiens dans la Résistance haut-marnaise

C'est le colonel de Grouchy, chef départemental FFI, qui rapporte, dans son journal de marche, la présence d'Italiens dans les maquis haut-marnais. Il indique qu'à la date du 20 août 1944, ont été pris en charge, dans la région de Bourmont, huit Italiens évadés du camp de prisonniers de Vittel (Vosges), parmi lesquels le général Baudino. Le rapport d'opérations du groupe de Soulaucourt-sur-Mouzon est un peu plus précis : il indique que ce détachement est composé d'un général, d'un capitaine, d'un lieutenant, de deux sous-lieutenants, un sergent, deux soldats et un commandant de marine. Une enquête est menée à leur sujet, et il apparaît que ces hommes sont "sûrs", cachés chez Mmes Chaffaut et Dubois jusqu'à leur entrée au maquis. Car le 1er septembre, ces hommes constituent une section d'Italiens, «avec les évadés de Vittel dont le nombre a augmenté». Equipée de mortiers, elle opère avec le groupe de Soulaucourt, rattaché aux FFI des Vosges, au sein d'une compagnie dont le commandement a été confié au lieutenant Thouvenin. Les prisonniers évadés participent, le 2 septembre, à la première libération de Neufchâteau, et le 24, ils «sont remis aux FFI de Neufchâteau pour rapatriement». Grâce à plusieurs sources italiennes (notamment « La Resistenza dei militari italiani all'estero : Francia e Corsica », 1995), nous possédons quelques précisions sur ces combattants transalpins dont l'histoire reste ici encore ignorée. Le général de brigade Carlo Baudino, originaire de Turin, né en 1890, commandait la 38e division d'infanterie « Puglia » engagée en Yougoslavie. Il a été capturé en 1943. Figurent également, parmi ces volontaires, les lieutenants Montauti, Mellucci et Jovacchini. En guise de complément, signalons que deux Italiens capturés par le FTPF haut-marnais, Nino Marzano et Renato Valle, ont servi dans les rangs du maquis Mauguet ; le premier a été blessé lors du combat de Chancenay, le 30 août 1944.

lundi 15 avril 2013

Une salle dédiée à Jean-Marie Chirol

Dimanche 14 avril, à l'occasion de la cérémonie du souvenir du 70e anniversaire de la mort d'aviateurs canadiens et britanniques sur le territoire du village, la commune de Mussey-sur-Marne a rendu hommage à Jean-Marie Chirol, fondateur du club Mémoires 52, en donnant son nom à la salle des fêtes (Photo André Grossetête : de gauche à droite, Thierry Delong, conseiller général de Doulaincourt, Suzanne Chirol, présidente d'honneur du club, et Jean-Pierre Thanier, maire de Mussey).

vendredi 5 avril 2013

Chef de bataillon à 31 ans, un Chaumontais père du "Crabe-Tambour"

Dans "Le Crabe-Tambour", Jacques Perrin incarne le fils du général chaumontais Maurice Guillaume. 

Il n'avait que 31 ans lorsque le Chaumontais Maurice Guillaume a été promu, certes à titre temporaire, chef de bataillon, le 24 mai 1917. Cet officier aujourd'hui oublié a mérité les adjectifs les plus élogieux pour sa conduite durant la Première Guerre mondiale. 
Fils de Jules Guillaume et d'une demoiselle Testevuide, né à Chaumont le 17 février 1886, Maurice-Joseph s'engage, à 20 ans, dans le régiment stationné dans sa ville natale : le 109e d'infanterie. Sergent l'année suivante, il intègre Saint-Cyr et en sort sous-lieutenant, en octobre 1908, pour servir au 2e régiment de tirailleurs algériens. Lieutenant deux ans plus tard, il reçoit sa première blessure à Fez, au Maroc, en 1912, alors qu'il commande un tabor. Capitaine en mai 1915, à 29 ans, Guillaume est affecté au 49e bataillon de chasseurs à pied (BCP) en février 1916. Les opérations l'amènent à prendre provisoirement le commandement de cette unité. On dit alors de lui qu'il est un « officier d'une valeur rare et d'une intelligence supérieure ». 
« Officier hors de pair », blessé par un éclat d'obus au genou devant Verdun, le 7 juin 1916, chevalier de la Légion d'honneur quelques semaines plus tard, chef de bataillon, il commande le 5e bataillon du 2e régiment de marche de zouaves et se distingue, le 25 novembre 1917, à l'attaque de la cote 344, au cours de laquelle il sera intoxiqué par gaz. 
« Prototype de l'officier français », en 1918, il terminera la guerre avec trois citations à l'ordre de l'armée, trois à celui du corps d'armée, une à l'ordre de la brigade. Après la guerre, Guillaume sert au 26e bataillon de chasseurs, au 104e RI, au 103e, est confirmé chef de bataillon en 1920. Attaché à la présidence de la République, officier de la Légion d'honneur la même année, puis commandeur en 1927 comme lieutenant-colonel auprès du gouverneur militaire de Paris (il choisit pour parrain le maréchal Lyautey), Domicilié rue Boissière à Paris, il décède, général de brigade en retraite, dans la capitale, le 10 mai 1961. 
 L'histoire d'un de ses fils sera immortalisée par le film de Pierre Schoendoerffer, « Le Crabe-tambour » (1977). Incarné à l'écran par Jacques Perrin, Pierre Guillaume (1925-2002) s'est battu comme officier de marine en Indochine, et a désobéi à sa hiérarchie en sauvant des catholiques vietnamiens. Capturé par une tribu somalienne, il prendra ensuite la tête d'un commando de chasse en Algérie après la mort de son frère Jean-Marie, avant de participer aux opérations de l'OAS, ce qui lui vaudra une condamnation. Pierre Guillaume était un proche de Jean-Marie Le Pen.

vendredi 15 février 2013

Ils ont échappé à la rafle du 27 janvier 1944

Jacques Rabner, de Chevillon, a échappé à la rafle grâce à la complicité de patriotes. 

Jeudi 27 janvier 1944. Il est 8 h 30, lorsque l'occupant opère une rafle de grande ampleur dans la communauté juive haut-marnaise, et notamment bragarde. « Un court délai est donné aux familles pour rassembler un minimum de choses à emporter, puis un camion prend, au fur et à mesure, à son bord, les personnes arrêtées. Le regroupement s'effectue à l'Hôtel Rigole, près de la gare », écrira Jean-Marie Chirol dans la « Lettre aux membres du club Mémoires 52 ». 

 Au sein de la famille Lévy, les parents et la fille, Colette, sont appréhendés. Le fils, Jacques, 18 ans et demi, travaille alors à la graineterie Collot, avenue d'Alsace-Lorraine. Un ouvrier de la menuiserie Chanfrault, Aldo Griggio, part le prévenir de la rafle en cours. Depuis le « Coop » de l'avenue de la République, géré par M. Bécart, son père parvient, par téléphone, à le joindre. « Sauves-toi ! Tu es assez grand pour te débrouiller seul. Fais ton devoir... » Et il lui conseille vivement d'aller se réfugier chez des amis, les Chaumont, agriculteurs qui résident dans une ferme à Châtillon-sur-Broué, près de l'actuel lac du Der. Aussitôt, Jacques Lévy se rend aux fonderies de La Noue, où P. Mogin et V. Paquis lui prêtent un vélo et des vêtements chauds. Une fausse carte établie en mairie, au nom de « Jacques Cléry », lui est délivrée, puis, par des chemins détournés, il se dirige, à deux-roues, vers la ferme des Bourgeois. Il y arrive au soir, et reste deux mois chez Léa et Henri Chaumont, qui ont six enfants. Pour la sécurité de cette brave famille et la sienne, le Bragard rejoint l'Aquitaine, où il sert dans un groupe FFI, pour revenir à Saint-Dizier en novembre (les trois membres de sa famille ont péri à Auschwitz). Grâce à son témoignage, les époux Chaumont seront faits Justes en 1978. 

 Toujours à Saint-Dizier, Suzanne Girard, 48 ans, fille de l'ancien maire Charles Lucot, directrice d'école dans le quartier de La Noue, résidant alors rue du Château-Renard, assiste à la rafle et appelle son jeune fils Robert. Celui-ci témoigne (Dossier 52 n°29)  : « Un camion allemand y était arrêté, et des « feldgrau » faisaient sortir nos voisins de leur logement, avec un maigre balluchon, Paul Greilsammer, sa mère et sa tante (Notes : déporté, Paul Greilsammer, 38 ans, sera l'un des rares survivants d'Auschwitz. Jeanne Greilsammer, 64 ans, ne reviendra pas du sinistre camp). Nous sommes allés vers eux par sympathie, mais leurs geôliers nous intimèrent de nous éloigner en nous menaçant de leur mitraillette. Nous échangeâmes alors un regard et un geste de la main... » 
Suzanne Girard songe alors aux autres israélites de la cité, notamment à une de ses élèves, Denise. Aussitôt, l'enseignante enfourche une bicyclette, vient prévenir l'enfant, que son fils ira rechercher. « Je me souviens qu'elle portait toujours l'étoile jaune cousue sur son vêtement, et que je fis retomber son cache-nez pour dissimuler cette dangereuse indication... » Ramenée au domicile des Girard, l'enfant sera sauvée... 

 Habitant de l'arrondissement de Saint-Dizier, Jacques Rabner, 16 ans, domicilié à Chevillon, dont le père et la belle-mère ont été arrêtés deux ans plus tôt, sera également sauvé grâce à l'intervention de patriotes. S'enfuyant par le toit, aidé par son ami Maurice Charpentier, bénéficiant de la complicité du chauffeur du car, il gagne la gare SNCF du bourg où M. Clément, un cheminot, le ramène à son domicile de Breuil-sur-Marne. Jacques Rabner rejoindra ensuite le camp de réfractaires d'Ecot-la-Combe, comme bûcheron, puis la région de Tours, où réside sa mère. Il créera un cabinet d'assurances à Nancy, et sera fait membre de la Légion d'honneur en 2004 pour ses activités professionnelles et de résistance. 

  Le 27 janvier 1944, selon nos recherches, si cinq personnes ont pu fuir (Hortense Ach, Denise et Yvonne Greilsammer, Jacques Lévy et Jacques Rabner), ce sont 93 juifs qui ont été arrêtés dans treize localités haut-marnaises (19 à Chaumont, dont Marie Baer, 2 ans, et Joseph Liebner, 85 ans) et internés. Parmi eux, un décède à Drancy (Léon Blum) ; deux resteront internés dans ce camp mais ne seront pas déportés (Mathilde Ratoret et Edmond Lévy) ; une sera libérée et hospitalisée à Paris (Kryta Hirsch) ; et 88 sont déportés le 10 février 1944*. UN SEUL REVIENDRA...

* Dont Hermine et Lucien Kahn, de Bourbonne, qui n'avaient pas été recensés dans nos précédents travaux. 

vendredi 28 décembre 2012

1818 : la mission secrète d'un Chaumontais en Argentine

Nous avons déjà évoqué, sur le blog « La Haute-Marne sous l'Aigle », la carrière du colonel de chasseurs à cheval Lemoyne. Carrière qui s'est essentiellement déroulée sous la Révolution et l'Empire, au crépuscule duquel, si l'on en croit le mémorialiste d'Espinchal, Hilaire Lemoyne (1771-1852) a été victime d'une grave maladie. Voici, pour ce qui est de la suite de son existence après la chute de Napoléon, ce que dit la notice consacrée à ce Chaumontais dans les « Fastes de la Légion d'honneur » : « Maintenu en activité sous la première Restauration, et nommé chevalier de Saint-Louis, le 1er novembre 1814, il servit peu dans les Cent-Jours et obtint le commandement de la 2e légion de gendarmerie royale à Versailles. Parti en congé pour affaire d'intérêt au mois de décembre 1816, et considéré comme démissionnaire de droit (n'étant pas rentré à son poste à l'expiration de son congé), il fut remplacé en 1817. De retour en France au mois de février 1821, il obtint le 23 mai suivant son rétablissement sur les contrôles de l'armée, avec jouissance d'un traitement de réforme, et admis à la retraite le 1er octobre 1822, il devint maire de Gland (Aisne) », commune où il décède en 1852. 

La mention « De retour en France... » interpelle. Dans quel pays Hilaire Lemoyne, chevalier d'Empire, s'est-il donc rendu ? La réponse est surprenante : en Argentine ! Ainsi que l'évoqueront des historiens français et argentins, le colonel Lemoyne s'est d'abord retrouvé, pour affaires personnelles, en Grande-Bretagne. Là, il s'est vu confier une « mission » par le marquis d'Osmond, ambassadeur du roi Louis XVIII auprès du Royaume-Uni. Celle de se rendre à Buenos-Aires et d'y rencontrer Juan Martin de Puyrredon, le « directeur suprême » des Provinces unies du Rio de la Plata – c'est-à-dire, pour résumer, le chef de l'exécutif pour l'Argentine, l'Uruguay et une partie de la Bolivie ! 
Ce que Lemoyne, débarqué à Buenos-Aires le 2 septembre 1818, devait proposer secrètement, au nom du gouvernement français, à cet ancien officier, d'ailleurs fils d'un commerçant français, c'est de favoriser, sur ces anciennes possessions espagnoles (l'Argentine est indépendante depuis 1816), la création d'un royaume dont la couronne reviendrait à un Orléans. Les historiens argentins y ont vu également la volonté des Bourbons de prendre pied dans une Amérique du Sud sous l'influence d'officiers bonapartistes, soucieux de faire du continent une base de départ pour délivrer Napoléon de l'île de Sainte-Hélène... Deux projets qui, l'un comme l'autre, ne verront jamais le jour. 
Coïncidence ? Bien plus tard, un des enfants du colonel, le chevalier Armand-Auguste-Hilaire Le Moyne (1800-1891), chargé d'affaires à Bogota (Colombie), puis consul général et chargé d'affaires à Lima (Pérou), puis agent et consul général de France en Egypte, sera ministre plénipotentiaire auprès de la Confédération argentine... à Buenos Aires, de 1852 à 1856.

lundi 19 novembre 2012

Robert Desautels, rescapé de l'avion tombé à Robert-Magny

Le mois de juillet 1944 est marqué par plusieurs bombardements de sites sensibles allemands du département de la Haute-Marne. Dans la nuit du mercredi 12 au jeudi 13, c'est ainsi le dépôt SNCF de Chalindrey qui est ciblé par les Lancaster de la Royal Air Force. Six victimes civiles sont à déplorer. Le 14 et le 17, c'est au tour du terrain d'aviation de la Luftwaffe du Robinson, à Saint-Dizier, d'être mitraillé, puis bombardé par des B-24 de l'USA Air Force. Neuf appareils alliés s'écrasent sur le sol haut-marnais durant ce mois : à Prez-sur-Marne, à Chevillon (deux Lancaster), à Vignory, à Giey-sur-Aujon, à Cour-l'Evêque, à Auberive, à Graffigny-Chemin et à Robert-Magny. Bilan : 55 victimes (dont plusieurs parachutistes du 2nd Special Air Service Regiment) et 17 survivants. La photo qui illustre cet hommage concerne l'équipage du Lancaster du Squadron 50, abattu dans la nuit du 18 au 19 juillet 1944 près de Robert-Magny. Un Canadien francophone, Robert Victor Desautels, en est l'unique survivant. Coïncidence : il habite, à Montréal, dans le district... Jeanne-Mance (du nom d'une Langroise ayant fondé la métropole canadienne). Parmi les victimes du crash, figurent trois Canadiens : William J. Long, Thomas H. Lunnin et Francis G. Maltais. Le lieutenant Desautels est d'abord recueilli par M. et Mme Marcel Varin, fermiers au hameau de Billory, et prend la décision de gagner la Suisse. Des membres d'un groupe relevant du Front national pour la Libération de la France (mouvement proche de l'ex-Parti communiste français) le prennent en charge. L'officier arrive le 23 juillet 1944 dans le bois de Lévigny (Aube), où un maquis est animé par des compatriotes parachutés relevant du Special Operations Executive. Là, cinq jours plus tard, il assiste à l'exécution, sur ordre des officiers alliés, d'un cadre bragard du FN, accusé, entre autres, de « menaces de mort » envers un représentant de la France libre. Desautels n'est pas le seul aviateur alors présent à Lévigny. Y ont également été recueillis, notamment, Stephen Broad et Buzz, rescapés du Lancaster du Squadron 166 tombé à Chevillon. Le 12 août 1944, le bois de Lévigny est attaqué par les Allemands, et cinq aviateurs sont capturés, dont Desautels. Un de leurs camarades, le sergent Merrill (de l'appareil du squadron 102 tombé à Wassy le 30 juin 1944), en réchappe. Brutalisé à Troyes par des miliciens, Desautels fait toutefois l'objet de toutes les attentions de l'un d'entre eux, le lieutenant François-Emmanuel Vibert, qui facilitera son évasion avant son transfert vers l'Allemagne. Hébergé dans un couvent de Franciscaines, Desautels est, grâce à ces interventions, libéré par l'arrivée des troupes américaines. Rentré au Canada, où il prépare un baccalauréat en commerce à l'Université McGill, Desautels cherchera à sauver Vibert (coïncidence, selon la presse canadienne : une tante du milicien qui avait étudié à Montréal y avait connu celle de Desautels, religieuse), dont il a appris l'arrestation et le jugement par la Justice, en faisant une déposition à sa faveur.