lundi 31 mai 2010

Chabrier, le premier champion de boxe bragard

On ne connaît que son nom : Chabrier. Un pionnier de la boxe française à propos duquel la presse locale se plaira de préciser qu’il était originaire de Saint-Dizier, et qu’il a été sociétaire de La Bragarde, cette association sportive fondée il y a tout juste 130 ans (le 1er juin 1880).

Si la presse haut-marnaise s’est aussi intéressée à Chabrier, c’est que le 3 septembre 1905, ce professeur à Paris, qualifié de « champion du monde » (sic) de boxe, a organisé au théâtre municipal – rénové en 2010 – une rencontre de boxe (française et anglaise), de canne et d’escrime. Une première, dans la cité bragarde, ont précisé les journalistes… Parmi les sportifs présents : Walter Picards, champion d’Angleterre, Geo Stanley, du Pays de Galles, Ducarre, champion de France amateur, mais aussi des sportifs locaux de La Bragarde et des Jeunes de Saint-Dizier (Edmond Colin, Marc Gatinois, pour la boxe française). Ces pionniers n’imaginaient pas que Saint-Dizier serait, ultérieurement, la cité natale d’un champion du monde de boxe (Marcel Thil), d’un champion olympique (Roger Michelot), puis de plusieurs champions d’Europe (parmi lesquels les Chanet père et fils)…

Quant à Chabrier, nous savons, grâce à la presse spécialisée de l’époque, qu’en 1899 il était entraîneur de boxe française et anglaise ; qu’il a été formé par le fameux sportif Charlemont ; qu’en 1901, il était le prévôt de Castérès, propriétaire d’une salle de sport au 2, rue Nouvelle à Paris ; qu’il a affronté Chamberlain en 1902 ; qu’il a « écrasé » le boxeur anglais Jack Roberts, en 1907, salle Wagram à Paris, mais qu’il a ensuite été défait par le Britannique Jack Menkins, vers 1910 ; qu’il a d’ailleurs fait partie de la délégation de sportifs venus faire découvrir la boxe française en Angleterre…

Mais nous n’avons aucune indication relative à son état civil. Nous savons simplement qu’un Jean-Théodore Chabrier est né le 11 avril 1865 à Saint-Dizier, fils de Jean, terrassier, domicilié dans le quartier de Gigny. Mais comme le sportif qui nous intéresse tire encore en 1910, cela signifierait qu’il le fasse à 45 ans ! A moins qu’il ne s’agisse plutôt de Lucien Chabrier, né vers 1871, qui, en 1892, exerçait la profession de garçon boucher à Saint-Dizier, et dont le père Alexis était employé des chemins de fer. Toute information serait la bienvenue…

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