mardi 2 janvier 2024

Les fausses identités haut-marnaises de déserteurs alsaciens


La gare de Bar-le-Duc, en 2023. (Photo Lionel Fontaine).


Le 23 novembre 1943, la Feldgendarmerie de Bar-le-Duc procède, dans un train circulant sur la ligne Paris - Nancy, à un contrôle d'identité. Au cours de l'opération, elle arrête douze hommes porteurs de fausses cartes. Parmi eux, Victor Claudel, qui serait né à Chaumont en 1918, Paul Boillot, qui déclarait avoir vu le jour à Buxières-lès-Froncles en 1911, Auguste Lavigne, originaire de Remiremont (Vosges) où il est né en 1918, etc.

Ces hommes sont conduits dans les locaux de la Feldgendarmerie (Hôtel Terminus), place de la gare. Puis, à 20 h 30, sans avoir été interrogés, ils sont incarcérés à la prison allemande (Ecole normale). Le 24 novembre, trois d'entre eux sont ramenés à la Feldgendarmerie pour y être auditionnés. C'est à ce moment que Lavigne tente de s'évader. Un an plus tard, le 21 décembre 1944, les gendarmes meusiens écriront à propos de cette fuite : "Les Feldgendarmes ont poursuivi cet homme. En cours de route, à la passerelle de la rue Saint-Mihiel, l'interprète Ernevin de la Feldgendarmerie a tiré plusieurs coups de pistolets dans sa direction, mais le fugitif a continué sa course, pour être rejoint dans l'impasse des Gravières, par l'automobile de la Feldgendarmerie. Le feldgendarme Knaupp dit Le Tueur l'a fait monter en voiture, en lui administrant de nombreux coups de pied." Auguste Lavigne, qui selon un témoin a reçu une balle entre les épaules,est ensuite violemment frappé dans les locaux de la Feldgendarmerie, puis "transporté mourant à la prison allemande". Il décède le 24 novembre 1943, entre 23 h 20 et 23 h 45. Thèse avancée par l'occupant : un suicide par pendaison.

Discrètement, le docteur Gallais examine, en dépit de l'interdiction, le corps du malheureux qui a été déposé à la morgue de l'hôpital. Il "avait autour du cou la ceinture de son pardessus", précise le praticien. Mais ce que celui-ci constate surtout, ce sont des plaies sur le crâne, aux épaules et à la main gauche, une hémorragie par voie buccale, un gros épanchement sanguin dans le dos... et "un sillon peu marqué autour du cou". Pour le docteur, il est clair qu'Auguste Lavigne ne s'est pas suicidé. Cet homme, en réalité, se nomme Auguste-Louis Mathieu, né le 20 juin 1915 à Liepvre (Bas-Rhin). Trois de ses camarades, "Auguste Rousel" alias Camille Petitdemange, "Victor Claudel" alias Armand Knecht et "André Durand", de son vrai nom André Michel, sont également originaires de cette commune alsacienne. Mathieu était un "ancien militaire français démobilisé, demeurant en Alsace, incorporé dans l'armée allemande, en état de désertion", croient savoir les renseignements généraux.

Le 16 décembre 1943, Knecht et Michel sont déportés en direction de la prison de Baden-Baden. Extradé deux jours plus tard de la prison de Bar-le-Duc, Petitdemange sera dirigé le 7 novembre 1944 sur le camp de Schirmeck, puis à Vaihingen où il sera libéré en avril 1945. Quant à leurs camarades, selon un document recensant les détenus de la prison de Bar-le-Duc (dans l'école normale), Maurice Villenser, Georges Laronde et Joseph Dapiant ont été contraints d'aller travailler en Allemagne, et Paul Boillot a été condamné à six mois de prison dont trois avec sursis.

Sources : rapports des renseignements généraux au préfet de la Meuse, 209 W 2 et 209 W 3, Archives départementales de la Meuse ; dossier d'enquête contre le feldgendarme Knaupp, 102 W 69, Archives départementales de la Meurthe-et-Moselle ; Livre-mémorial de la Fondation de la mémoire de la Déportation. 

mercredi 29 novembre 2023

1943 en Haute-Marne (décembre)


 

1er décembre. Attaque du groupe Tabou à Pothières (Côte-d'Or). Depuis la veille, onze maquisards ont été pris et conduits à Chaumont (ainsi qu'un aviateur américain). Un douzième, Maurice Frank, alias Colonial, est grièvement blessé. Selon les autorités allemandes, il est déclaré décédé des suites de ses blessures lors de son transport vers l'hôpital le 2 décembre 1943. Dans la nuit du 1er au 2, deux hommes commettent un vol dans un bar de Montot-sur-Rognon.

2 décembre. Gabriel Szymkowiak (Bacchus), jusqu'alors commissaire technique régional des FTP de Haute-Saône, est nommé commissaire militaire régional pour la Haute-Marne. Cambriolage du Contrôle du ravitaillement économique de Langres par plusieurs FTP. Dans la nuit du 2 au 3, des FTP de la Marne détruisent plusieurs pylônes électriques au lieu-dit Les Frouchies, à Saint-Dizier.

4 décembre. Arrestation d'un des participants au cambriolage de Langres, Jean Martin.

7 décembre. Déportation de Laure Goldberg (Vraincourt) à Auschwitz.

10 décembre. Deux hommes volent du tabac à Roches-sur-Rognon. Des membres du FN de Joinville seront suspectés de cet acte. 

15 décembre. Arrestation d'un deuxième FTP de Neuilly-l'Evêque, Pierre Seurot.

16 décembre. Déportation du Haut-Marnais André Chanson, du réseau Alliance.

18 décembre. Le Guinéen Addi Bâ et Marcel Arburger (né à Fresnoy-en-Bassigny), âmes du camp de Lamarche, sont fusillés à Epinal.

20 décembre. Arrestation à Luxeuil de Gaston Renaudin (Victor), originaire d'Eurville, chef du groupe mobile FTP de la Haute-Saône. 

21 décembre. Arrestation à Lure de Marcel Fournier, officier FTP, instituteur à Froncles. Transport des deux rescapés de l'avion anglais de Rachecourt-sur-Blaise de Sommermont à Chaumont, d'où ils prendront le train pour la frontière suisse.

22 décembre. Exécution d'Alfred Durocq (Doulaincourt) à Wolfenbüttel. Cambriolage de la mairie de Melay par les FTP du groupe Rostov. Dans la nuit du 22 au 23, cambriolage à la carrière Bousteau à Chaumont par des FTP chaumontais.

23 décembre. Un boulanger est abattu par des maquisards entre Ville-sous-La-Ferté (Aube) et Laferté-sur-Aube. Son épouse est également exécutée. 

24 décembre. Dans la nuit du 24 au 25, sabotages des dépôts SNCF de Chaumont (par les FTP du groupe Corse) et de Saint-Dizier (par des membres de Libé-Nord).

28 décembre. Arrestation de quatre cheminots de Chalindrey après un sabotage.

29 décembre. Arrestation du FTP Raymond Rougeaux, un des auteurs du sabotage du dépôt SNCF de Chaumont. Deux autres membres du groupe, Noirot et Parrot, vont gagner le groupe Bir Hacheim.

30 décembre. Exécution à Nogent d'un indicateur de la Sipo-SD, Marcel Danizel. La résistante Simone Dauvé revendiquera l'ordre d'exécution. 

mercredi 15 novembre 2023

A propos de Maurice Frank

 Le 30 décembre 1943, était enregistré, par l'état civil de Chaumont, sur informations communiquées par les autorités allemandes, le décès de Maurice Frank, le 2 décembre 1943. Pourquoi un tel délai entre le décès et la déclaration ? Premier mystère. 

Ce que nous savons sur ce jeune homme de 20 ans, c'est qu'il a rejoint le groupe Tabou, à Pothières (Côte-d'Or), début octobre 1943, qu'il était surnommé Colonial, qu'il a été grièvement blessé lors de l'attaque du camp le 1er décembre 1943, et qu'il serait décédé dans l'automobile qui le conduisait à l'hôpital de Chaumont, ville où onze de ses camarades ont été emmenés pour y être emprisonnés.

Une certitude : contrairement à ce que nous avions indiqué dans la notice du Maitron des fusillés, Maurice Franck (sic) n'était pas un pseudonyme. Maurice, Pierre, Charles Frank est né le 28 mars 1923 à Paris, 123, boulevard Port-Royal. Il est le fils d'Isabelle, Jacqueline, Charlotte Frank, 30 ans, sans profession, domiciliée 124, avenue Daumesnil, dans le 14e arrondissement. La maman est en réalité artiste dramatique, connue sur les scènes parisiennes sous le nom de Bella Frank. Elle est née à Paris de parents hongrois - le père était libraire. 

Curieusement, le nom de Maurice Frank n'apparaît pas, parmi les siens, dans les différents recensements parisiens consultés. Auprès de qui a-t-il été élevé ? Nous l'ignorons.

Il exerçait la profession d'apprenti mécanicien, employé aux usines Chenard à Gennevilliers (Seine). Selon son dossier d'homologation de grade FFI, rédigé par M. Poulain, "organisateur du secteur de Pothières", il s'est engagé en 1941 au 21e régiment d'infanterie coloniale à Toulon. Démobilisé en novembre 1942, il est requis par le STO à Cherbourg début 1943, et "s'en est évadé quelques jours plus tard". Rejoignant à compter du 1er octobre 1943 le groupe Tabou, Maurice Frank "a participé aux sabotages effectués sur la ligne HT [haute tension Montchanin - Troyes et à l'attaque de convois allemands venus pour la repérer". Le 1er décembre 1943, grièvement blessé, "il est mort pendant son transport à la prison de Chaumont où son cadavre fut descendu de l'auto le transportant dans la cour même de la prison (...) Le cadavre a été détruit par les Allemands".

Nous n'avons effectivement pas trouvé trace, dans le registre des cimetières de la ville, de son inhumation à Chaumont, où ses onze camarades ont été fusillés le 14 janvier 1944.

Quatre-vingt ans après sa mort, la vie de Maurice Frank, reconnu mort pour la France le 21 juillet 1947, proposé pour une citation à l'ordre de la brigade à titre posthume, reste encore entourée de bien des mystères. 

Sources : état civil de la Ville de Chaumont ; état civil de la Ville de Paris ; GR 19 P 21/42 et GR 16 P 233038, Service historique de la Défense.   

vendredi 27 octobre 2023

1943 en Haute-Marne (novembre)



1er novembre 1943. Bernard Meilleaud est tué devant un poste allemand à Auberive. Arrestation de deux employés agricoles à Laville-au-Bois.

3 novembre. Les arrestations dans le cadre de l'affaire du Café de Brottes se poursuivent : cinq à Orbigny-au-Val, trois à Varennes-sur-Amance, une à Hortes (Charles Roblin)...

4 novembre. Henri Hutinet, de Bannes, part se réfugier chez Paul Henry au Pailly. Il y reste jusqu'en juin 1944.

9 novembre. Arrestation de Marcel Guillemy, de Chaumont.

11 novembre. Sabotage de la fonderie de Farincourt par le groupe volant des FTPF de la Haute-Saône, commandé par le Bragard Gaston Renaudin (Victor). Libération de Marius Martin, de Chaumont.

14 novembre. Libération de Marcel Monjardet (Chalvraines), qui était détenu à Clairvaux.

15 novembre. Gabriel Thierry, responsable régional du mouvement Libé-Nord, se rend avec le jeune Jean Madeleine, dit Bob, chez sa soeur Suzanne Boeglin, à Chaumont. Il y dépose des explosifs.

22 novembre. Mort en mission, dans le Nord, de la Chaumontaise Léa Toussenel, militante communiste.

24/25 novembre. Attaque du groupe volant des FTPF de Haute-Saône dans une ferme près de Chauvirey-le-Chatel. Tous deux pressentis pour commander les FTPF de Haute-Marne, Jacques Reuchet est mortellement blessé, Jean Bogé (dont la soeur Odile est née à Santenoge) est sérieusement atteint, tandis que leurs camarades sont capturés (Renaudin n'était pas présent). Jean Bogé sera fusillé en 1944.

26 novembre. Né à Bourbonne-les-Bains, le docteur Henri Butterlin, de Grenoble, membre de la Résistance, est abattu à Vif. 

28 novembre. Un vol de tickets d'alimentation est commis en mairie de Bologne. 

29 novembre. Léon Masson, de Chalmessin, est arrêté à Grancey-le-Château (Côte-d'Or). 

30 novembre. Nouvelles arrestations à Grancey-le-Château parmi les membres du maquis Tabou. Le Haut-Marnais René Marmeuse est l'un d'eux.  

Novembre 1943 est également le mois d'arrestation, dans l'Oise, de Marie-Emilie Rollin, née à Arnoncourt-sur-Apance (elle mourra à Ravensbrück), et celui de la condamnation à mort par contumace de Charles Martin (Chaumont) et Robert Gardiennet (Marcilly-en-Bassigny). 


mardi 3 octobre 2023

1943 en Haute-Marne (octobre)


Après le bombardement de Robinson, 4 octobre 1943. (Photo Charles Royer). 


Nuit du 2 au 3 octobre. Sabotage de la ligne entre Avrecourt et Récourt par des membres du FN. Un train déraille.

4 octobre. Premier bombardement du terrain de Robinson (Saint-Dizier) par l'USAAF. Une employée civile est tuée, trois agents SNCF sont blessés.

Nuit du 4 au 5 octobre. Premier parachutage d'armes en Haute-Marne, sur le terrain Corneille de Courcelles-sur-Aujon. Il était initialement destiné au terrain Bourdaloue de la ferme de Fragneix (Treix). Les familles Dauvé et Bellet, ainsi que Louis Landanger le réceptionnent, avec l'aide de l'opérateur Eureka du BOA, André Guilbert.

7 octobre. Un Lancaster du 426 Squadron de la RAF s'écrase entre Rachecourt-sur-Blaise et Vaux-sur-Blaise. Bilan : six tués, deux rescapés. Parvenus le 11 octobre à Chaumont, Cyril J. Beetsworth et Joseph J. Beaton sont pris en charge par des habitants et conduits le lendemain à Curmont pour se cacher dans une maison.

10 octobre. Arrestation à Chambéry de trois juifs chaumontais, Camille, Jacques et René Simon. 

. Un homme se blesse en tombant d'un train entre Breuvannes et Merrey. 

12 octobre. Roger Duffau, originaire d'Eurville, est fusillé à Epinal. 

. Arrestation de l'abbé Paul Masson et de René Parizot, maire de Vaux-sur-Blaise, après les obsèques des aviateurs alliés de l'avion de Rachecourt. 

Nuit du 12 au 13 octobre. Deux cheminots chaumontais, Maurice Lang et Maurice Ménétrier, sont tués dans un déraillement de train à la suite d'un sabotage à Blainville-sur-l'Eau (Meurthe-et-Moselle).

14 octobre. Guy Delporte et Maurice Perchet, de Dancevoir, sont capturés lors de l'attaque du maquis Valentin-Balzac en Côte-d'Or. 

15 octobre. Mort en combat aérien du lieutenant Léo Barbier, pilote du groupe de chasse Normandie. Né à Neuilly-l'Evêque, ce Français libre était arrivé en Russie le 9 juin 1943.

. André Beau, de Saint-Dizier, est déporté à Hinzert.

16 octobre. Paul Petit, qui possède une propriété à Eclaron, est condamné à mort. 

. Arrestation de Léopold Perrier, François Peigne, Robert Bailly à Vaux-sur-Blaise.

17 octobre. Dans la nuit du 17 au 18, un drapeau tricolore est hissé à Doulaincourt. 

18 octobre. Gabriel Cosson, né à Saint-Dizier, est déporté à Neue Bremm.

Entre le 17 et le 20 octobre. Un envoyé de l'OCM, qui s'appellerait Kauffmann (de Colombes) et qui était muni d'une liste de contacts communiquée par Charles Martin, se rend à Rennepont chez Roger Vidal, qui décide de le séquestrer et de prévenir les résistants de Chaumont de ces imprudences.

20 octobre. Sabotages de la voie ferrée entre Andelot et Blancheville (par René Pajot, Louis Proville, André Guilbert, Henri Weil et Charles Martin) et entre Bricon et Maranville. 

21 octobre. Agent de l'OCM également envoyé en mission en Haute-Marne, Roger Carle prend contact avec l'abbé Emile Darbot. Il va ensuite rencontrer Paul Carteron et Robert Gardiennet, notamment.

22 octobre. Bombardement meurtrier à Kassel (Allemagne). De nombreux travailleurs requis sont tués, dont les Haut-Marnais René Kuntz (Bettaincourt-sur-Rognon), Arsène Bournot (Vitry-lès-Nogent), Roger Barroy (Wassy), André Varis (Saint-Dizier), André Barrois (Saint-Dizier), Gaston de Pannemacker (Saint-Dizier), Raymond Simon (Saint-Dizier)...

. René Pajot et André Guilbert, du BOA, intiment à Charles Martin l'ordre de quitter Chaumont, afin de lui éviter une exécution par des résistants en raison de ses imprudences.

23 octobre. Lucien Febvay, André Jacquinod et Charles Martin, trois résistants chaumontais, accompagnent les aviateurs anglais Beetsworth et Beaton jusqu'à la ferme de Saint-Maurice, près de Sommermont. Puis Martin part se cacher à Graffigny-Chemin. 

. Désertion de l'architecte allemand Bernard Jungjunger, qui travaillait sur le camp de repérage au son de Montigny-le-Roi. Il rejoindra la Résistance. 

25 octobre. Roger Carle est arrêté fortuitement au café de Brottes, parmi plusieurs convives, par la police allemande qui pensait y trouver Charles Martin. Une importante liste de résistants est retrouvée sur lui. Dès lors, une importante rafle est opérée parmi les résistants haut-marnais.

26 octobre. Sont notamment arrêtés Pierre Clavel (BOA), de Bar-sur-Aube, Marcel Morain, de Hortes, Marius Véchambre, de Langres, Charles Maitret, de Culmont, Marius Martin, de Chaumont, etc.

27 octobre. Arrestation du maréchal des logis chef de gendarmerie Charles Dufait et de Raymond Descharmes, à Bourmont, de Roger Guigou, à Graffigny-Chemin (chez le frère de Charles Martin qui échappe à l'arrestation), de Pierre Gautier, à Goncourt, etc. Le camp de réfractaires de Goncourt est évacué.

. Sabotage de la voie ferrée entre Villiers-en-Lieu et Saint-Eulien par des résistants bragards, dont Georges Chapron. Un train transportant des pommes de terre déraille. 

28 octobre. Arrestation à Chaumont de Pierre Doncarli, Fernand Wiszner...

. Sabotage d'un train entre Saint-Blin et Vesaignes-sous-Lafauche : le cheminot Maurice Sautot trouve la mort. 

. Marcel Regnault, né à Joinville, est déporté à Buchenwald. 

mardi 26 septembre 2023

"Des Hommes. Les FTP en Haute-Marne et dans l'est de la France. 1942-1944"


"13 janvier 1944. Un rendez-vous entre résistants, à l'aube, dans une rue de Chaumont (Haute-Marne)... La police allemande qui surgit, arrête trois clandestins, dont un chef, Bacchus. Lequel, brutalisé, menacé, finit par parler. Conséquence : l'exécution de onze patriotes deux mois plus tard.

Qui était le responsable avec qui Bacchus devait avoir une entrevue ce jour-là mais n'est jamais venu ? Cette question restée sans réponse depuis 79 ans a été le point de départ d'une passionnante enquête. Elle nous a conduit du Havre à Besançon, en passant par Nancy, Belfort et Lure, sur les traces de ce communiste clandestin.

Elle nous a également amené à découvrir des parcours de femmes et d'hommes ayant notamment résisté, et ce dès 1941, au sein des Francs-tireurs et partisans français (FTPF), sous les ordres d'un combattant devenu légendaire : le "colonel Fabien"..."

Ce nouvel ouvrage de Lionel Fontaine, publié aux éditions Liralest/Le Pythagore, est le fruit de plusieurs années d'enquête dans les archives de la police et de la Justice conservées à Chaumont, à Dijon, à Nancy, à Besançon, au Havre, etc.

Il évoque, dans une trentaine de chapitres, les activités clandestines de militants du Parti communiste français, d'adhérents du Front national et de combattants FTPF, en Haute-Marne et dans le périmètre de l'interrégion 21 :
- les Haut-Marnais René Migeot, Henri Mery, Gabriel Pierret, Félix Lopinot, Gaston Huet, Gaston Renaudin, les frères Garnier, Jacqueline Goustiaux, Georges Debert, Simone Baron, etc.
- les Haut-Saônois Marcel Hacquard, Jules Didier, Pierre Durand, Angèle Kowalczyk, Jacques et Jean Reuchet, Pierre Buffard, Charles Guillaume...
- l'Alsacien Joseph Siegler, 
- les Lorrains Gabriel Szymkowiak, André Camus, Jean Saltel, René Malglaive,
- les Doubiens André Germain, Louis Frossard, Juliette et Martial Bel,
- le Belfortain Marcel Servin,
- les Parisiens Pierre Georges (futur colonel Fabien), René Guillois, Marcel Lallemand,
- les Normands Julien Lefranc, Lionel Jouet, Georges Pouto, 
- les Marnais Marcel Asmus, Robert Baudry, Camille Soudant,
- les Bourguignons du groupe de Saint-Germain-le-Rocheux,
- les interrégionaux Michel Sicre, Marcel Mugnier, Albert Poirier, Roger Bourdy, etc.

Préfacé par Franck Liaigre, spécialiste de l'histoire des FTP, "Des Hommes" est disponible depuis le 1er septembre 2023. 288 pages, près de 90 illustrations. 
 

mercredi 6 septembre 2023

1943 en Haute-Marne (septembre)


André Germain, dit Robert, responsable régional du FN. 

2 septembre 1943. Arrestation de Santino Sossi à Echenay. Déportation à Auschwitz de Madeleine Weintraub, née à Wassy.

3 septembre 1943. Arrestation par la police de Charles Houriez, de Chaumont. Il est libéré quelques semaines plus tard. Au cours du transport de déportés entre Compiègne et Buchenwald, trois Haut-Marnais s'évadent : Robert Baverel (Ageville), mais qui a la jambe happée par une roue de wagon, sera repris, amputé et emprisonné à Châlons, Henri Masson (Droyes) et Albert Gaudry (Chaumont). Deux de leurs compatriotes, Jacques Talbot (Chaumont) et Félix de Girval (Langres), iront jusqu'au terminus.

4 septembre 1943. La brigade régionale de police de sûreté de Dijon interpelle Gaston Huet, cadre interrégional du FN, à Chaumont. Ses aveux sont à l'origine d'un coup de filet en Haute-Marne (Jean Le Magny parvient à fuir et à rejoindre le Sud de la France) et dans le Doubs. Dans la nuit du 4 au 5 septembre, des membres des groupes FN de Sarrey, Neuilly-l'Evêque, Montigny-le-Roi provoquent le déraillement d'un train entre Andilly et Avrecourt.

7 septembre 1943. Arrestation à Chaumont d'Albert Plastrier, dans le cadre de l'enquête sur le maquis de Lamarche. 

8 septembre 1943. Arrestation à Saint-Dizier de Ferdinand Cazy, dans le cadre de l'affaire Huet. Il mourra en déportation.

10 septembre 1943. Le jeune Ardennais Roger Rocipon, du Front uni de la jeunesse patriotique, est arrêté par les policiers français devant le domicile de Ferdinand Cazy. Il sera déporté ; agent du BOA en Haute-Marne depuis quelques semaines, René Pajot rencontre Lucien Febvay à Chaumont. 

11 septembre 1943. Le lieutenant René Cailleaud (Robert), saboteur du BCRA, apporte du matériel explosif en gare de Langres. Il est employé pour la destruction, dans la nuit du 11 au 12, du dépôt de munitions allemand des Franchises. L'opération, préparée par Marius Véchambre, Robert Henry et Pierre Clavel, est exécutée par Cailleaud et des sapeurs-pompiers de Langres : André Besancenot, Jean Lepetz et Jean Mercier, 5 000 tonnes d'explosifs et 20 millions de cartouches sont détruits. Cinq soldats allemands sont tués, mais il n'y a pas de victime dans la population hormis de 20 à 40 blessés. En revanche, les dégâts matériels sont importants.

13 septembre 1943. Déportation d'Auguste Rossignot (Saint-Dizier). 

15 septembre 1943. André Germain (Robert), recherché après l'arrestation de Gaston Huet, et Jules Didier (Mercier), qui a échappé à la capture près de Jarny, permutent : le premier devient responsable régional (FN) du FN en Meurthe-et-Moselle, le second en Haute-Marne. Mi-septembre, fermeture du fort de Peigney, qui avait accueilli des tziganes.

16 septembre 1943. Déplacement du colonel René Beaupuis, directeur des Sports de Vichy, à Joinville et Chaumont. L'officier s'était battu héroïquement en juin 1940 en Haute-Marne. 

17 septembre 1943. Déportation à Buchenwald de Roger Demoulin (Annéville-la-Prairie), Georges Putiot (Brouthières), Raymond Bonnet (Pouilly-sur-Meuse), Pierre Thévenin (Ceffonds), Marcel Bernand (Froncles), Max Princet (Nogent), Charles Thiébaut (Chaumont). 

18 septembre 1943. Arrestation de Gilbert Stocker à Aingoulaincourt (il est reconduit en Allemagne).

19 septembre 1943. Déportation de Gaston Thiéblemont (Chaumont) à Hinzert.

23 septembre 1943. Arrestation d'Aloïse Beltzung (Clinchamp), Charles et Bernard Wittwer (Parnot), Emile Mantelet (Parnot), de Gabriel Piot (Pouilly), qui est blessé dans sa fuite. Evasion du communiste franc-comtois Louis Frossard (il rejoindra Chaumont). 

24 septembre 1943. Arrestation de Jacqueline d'Alincourt dite Violaine à Paris. Membre de l'équipe de Daniel Cordier (le secrétaire de Jean Moulin), elle était veuve d'un officier haut-marnais.

25 septembre 1943. Un rail de la ligne Paris-Belfort est légèrement tordu à Rennepont.

28 septembre 1943. Tentative de meurtre de l'inspecteur de police parisien Albert Thomassin, à Fayl-Billot. Arrestation de Gabriel Chevallier (Villars-Saint-Marcellin), qui est dirigé sur l'Allemagne.

29 septembre 1943. Opération de la Sipo-SD et de la Feldgendarmerie pour capturer Paul Carteron (Max) : son agent de liaison Maurice Bredelet est tué à Coiffy-le-Haut, le Russe Sergueï Oustrooumov trouve également la mort ; arrestation de René Laudet et Jean Breger à Coiffy-le-Haut, d'Auguste Pierre à Damrémont, d'Ernest Chapaux et Maurice Labache à Vaux-la-Douce.