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lundi 6 juillet 2026

Une semaine de terreur en Haute-Marne (3) : 24 août 1944



Une liste de victimes du massacre dressée par la préfecture. (ADHM).


24 août 1944 

Chaumont, dans la matinée 

    L'école normale ne sert pas seulement de caserne. Elle est également utilisée comme centre de regroupement des Haut-Marnais compromis, à divers titres, dans la collaboration, au point d'être contraints au départ. Avant eux, déjà, plusieurs Françaises ont quitté la Haute-Marne. C'est le cas de Mireille Claudé, employée de la Feldpost et fille d'un ancien officier de la LVF. Ou de Charlotte Weyl, interprète et comptable au Heeresunter Kunesverwaltung (HUV) n°3, qui dira être partie de Chaumont le 18 août 1944. 

    Marie-Céline F. est également obligée de s’éloigner du département. Cette Chaumontaise de 22 ans a en effet été employée comme secrétaire dactylo par la LVF, avant de travailler à partir du 15 mai 1943 à la Feldpost, où elle avait pour collègue Mireille Claudé. Marie-Céline F. a également pour « amant » un soldat allemand, Carl Fachinger, qui travaille dans un parc automobile. 

    C’est un Chaumontais, Ernest Gaument, qui a enjoint la jeune femme ainsi que sa mère à l’accompagner en Allemagne. « J’ai pu me rendre compte par la suite que Gaument avait eu cette conduite pour ne pas partir seul, et qu’il était directement menacé dans sa personne par le maquis », explique Marie-Céline F.. La jeune femme passe la nuit du 23 au 24 août 1944 au centre, avec sa mère et les Morel, une famille réfugiée à Maranville. Au matin du 24, « nous sommes partis en autocar en direction de Vesoul. Seul le jeune Bernard Morelle [sic] accompagnait sa famille, les deux autres sont restés à Chaumont », précise l'employée. Gaston Vitoux, le directeur du CFP, confirme que ce jour est, « de très bonne heure », celui du départ des collaborateurs de la région chaumontaise, « en direction de Belfort, emportant le fruit de leur pillage auquel il faut ajouter une première réserve des cantines scolaires »

    Les collaborateurs chaumontais ne sont pas les seuls à quitter la Haute-Marne. C'est le cas de quelques familles langroises. Ainsi les Bongibault : « A la date du 24 août 1944, nous avons, ma femme, ma fille et moi, été évacués sur ordre de la Kommandantur de Langres, pour être dirigés successivement sur Chaumont, Vittel, Nancy, Strasbourg, et enfin Offenburg […] », témoigne Henri Bongibault. « Nous avons été dirigés sur l'Allemagne sans notre consentement », déplore son épouse Germaine. 

    Officier retraité, le capitaine Bongibault est secrétaire au bureau d'engagement de la LVF de Langres depuis le 1er mai 1943, et il occupe parallèlement une fonction similaire à Saint-Dizier. Sa fille, dont le bébé serait né de sa liaison avec « un prisonnier belge évadé », travaille comme assistante à la station dentaire allemande de Langres, puis comme interprète à la Kreiskommandantur. 

    Toutefois, selon d’autres sources, c’est peut-être plutôt le 25, voire le 27 août 1944 que les Bongibault, une femme et son fils, ainsi que M. Hirsch, directeur de l'Institut allemand, quittent Langres en car à destination de Chaumont. Tous n'ont pas cette "chance". Edouard François, ancien directeur du bureau de la LVF langrois, est fusillé par des résistants près de Bannes, peut-être ce même 24 août 1944*. 

Giey-sur-Aujon, vers 9 h. 

    Louis Jossinet, maire : « Un détachement comprenant 300 Allemands et cosaques [est arrivé] dans la localité et l’ont encerclée. Ils étaient à cheval et avaient avec eux, je crois, trois pièces d’artillerie. [...] Quelques obus sont tirés sur la localité et à proximité, sans y faire des dégâts. Les habitants apeurés se sont enfuis dans les bois. Vers 13 h, ayant eu connaissance que les cosaques étaient repartis, les habitants ont regagné leurs demeures. Ces troupes ont effectué un pillage en règle, dans presque toutes les maisons. […] Ils ont même tué sept bovins au pâturage dans un pré derrière la ferme Noirot. […] La veille […], une rencontre s’était produite dans la localité entre deux patrouilles allemande et canadienne [des SAS], au cours de laquelle un cosaque a été tué. » Charles Noirot précise en réalité que neuf bovins ont été blessés « par des éclats d’obus ». L'accrochage de la veille a impliqué des parachutistes britanniques du captain Grant Hibbert, du 2nd Special Air Service, qui sont basés près d'Arbot.

Chaumont, dans l'après-midi. 

    Un nouveau détachement ennemi – estimé à 150 soldats allemands par Gaston Vitoux, directeur du Centre de formation Pasteur – arrive dans l’après-midi à Chaumont. Il s’agit du reliquat du KdS (Sipo-SD) de Rennes ainsi que du Bezen Perrot qui étaient installés à Troyes. Deux jours auparavant, ces hommes ont exécuté 49 résistants de la prison de Troyes avant de se diriger sur Bar-sur-Aube. Le Bezen Perrot est une formation d’autonomistes bretons dont un des chefs se nomme Ange Péresse. « Les autonomistes bretons venaient s’installer à l’école primaire supérieure de Chaumont où nous étions cantonnés, se souvient le PPF Pierre Brossard. Ces hommes portaient l’uniforme des SS allemands et ils appartenaient [au] SD. » 

    C’est peut-être ce jour qu’est arrêté Guy Lamontre, de Semoutiers, enfermé une nuit dans les locaux du boulevard Gambetta. 

Chaumont, 18 h. 

    Un habitant de Châteauvillain, Pierre Dechanet, cite le témoignage d’un Chaumontais, Georges Charpentier, domicilié avenue du Viaduc, qui affirme « avoir vu, place de la Gare à Chaumont […], un camion de feldgendarmes se dirigeant vers Châteauvillain. Les occupants de ce camion paraissaient très surexcités. » 

Châteauvillain. 

    L’atmosphère est très tendue, à Châteauvillain, où l’ennemi est notamment installé dans le parc aux daims depuis quelques jours. « Toute la journée du 24 août 1944, témoigne Louise Tallet, qui tient l’Hôtel du Commerce, mon établissement a été occupé par des Allemands qui n’ont cessé de nous menacer en se faisant servir à manger. […] Je sais [que ces soldats] étaient revêtus de la tenue d’aviateur. » 

    19 h 15. Trois militaires de la brigade de gendarmerie de Châteauvillain, le maréchal des logis-chef André Kempf, les gendarmes Georges Guillaume et Marc Seiler, ainsi que le fils de ce dernier, se rendent à l’Hôtel de la Providence, rue de Penthièvre, « pour boire un verre de bière ». Seiler y reste jusqu’à 19 h 30, soit une demi-heure avant le couvre-feu. 

    A peu près au même instant, au carrefour des routes Châteauvillain-Chaumont et Châteauvillain-Marmesse, arrive le véhicule des feldgendarmes chaumontais vu par Georges Charpentier. Plusieurs témoins assistent alors à une scène des plus surprenantes. Marcel Cousin, 24 ans, voit sortir de cette camionnette grise cinq ou six soldats en culotte. Ces derniers tirent en direction du parc, provoquant la riposte de leurs camarades qui y cantonnent. Eugénie Guillemin confirme que les soldats allemands qui se reposaient dans le parc « en sont ressortis et se sont mis à tirer dans le village ». La commerçante Aline Ley est également formelle : les feldgendarmes ont « tiré des coups de feu sur les murs du cimetière jusqu’au moment où ceux du parc [ont] répondu ». C’était donc un coup monté. Alors la vie des Castelvillanois bascule dans l’horreur. 

    Vers 19 h 30/19 h 45. Michel Devilliers, jeune facteur intérimaire à Châteauvillain originaire de Lannes, est encore à La Providence, quelques instants avant l’entrée en vigueur du couvre-feu (20 h). Il y a là, parmi les convives, les gendarmes Kempf et Guillaume, le boucher Léon Desbrées, l’exploitant forestier Gabriel Rose, le commis de bois Maurice Chanet, l’ingénieur Jean Piot, le garde-chef du Domaine, Charles Hector, le garde forestier Marcel Denis, le chef des travaux Edouard Kurtz, ainsi que le bijoutier chaumontais Pierre Drouin. « Un soldat allemand pénétra dans la salle, témoigne l’employé des PTT. Parlant un peu le français, il nous dit : « Venez au parc. Nous ne voulons pas de mal, mais il faut que l’officier vérifie vos papiers ». Nous sommes sortis de l’établissement. Une douzaine de soldats, puissamment armés, nous ont encadrés et après nous avoir fait lever les bras en l’air nous ont déclaré : « Direction, le Parc. Vous êtes des terroristes. » « Vous êtes tous des terroristes », décréta un officier allemand en cravachant par deux fois le chef de brigade Kempf qui lui montrait sa carte d’identité. M. Drouin essaya d’intervenir. Il fut frappé à coups de poings et de cravache. Dix minutes après l’officier ordonna à ses hommes : « Allez, allez ». Nous avions compris. Une vingtaine de soldats firent le demi-cercle et tirèrent sur nous ». Seul Michel Devillers, blessé à la jambe gauche, a survécu. Ses dix compagnons ont péri sous le feu de cosaques. « J’étais tombé sur le corps de M. Chanet et j’avais le corps de M. Rose sur moi, précise le facteur. Je suis resté dans ce tas de cadavres jusqu’à 1 h environ. » ce sont les premières victimes du massacre. 

    Parallèlement, les Allemands – portant l’uniforme d’aviateur, selon tous les témoignages – surgissent dans les rues du village, à la recherche des hommes, pour les conduire également jusqu’au parc. « Une fusillade nourrie et des détonations de grenades sont entendues dans les rues de Châteauvillain, raconte le gendarme Seiler. En regardant dehors avec précaution, je me suis rendu compte que c’était des soldats ennemis qui tiraient dans toutes les ouvertures des maisons et sur les habitants. […]. » Deux Allemands reviennent ainsi à l’Hôtel de la Providence et repartent avec l’époux de Thérèse Desvaux, Pierre. Renée Preschey se trouvait dans sa cave lorsque les soldats sont venus chercher son mari André qui était dans la cuisine. « Avant leur départ […], ils ont tiré un coup de feu dans notre logement, perçant notre plafond », témoigne-t-elle. Tandis que l’époux de Zélie Millière est conduit par un unique soldat qui l'accusait (« Vous terroristes ! »), Suzanne Gogien assiste à l’intrusion de trois Allemands qui s’annoncent par un coup de feu. « Ils sont ensuite venus dans ma chambre et nous ont mis en joue, puis ils ont dit à mon mari de les suivre, dit-elle. Je leur ai fait comprendre que j’étais malade. L’un de ces Allemands a alors répondu « que c’était pour contrôler son identité. » [...] » 

    Maurice Chauvet, épicier, assiste, sidéré, à l’irruption chez lui de cinq Allemands ayant enfoncé la porte de son magasin. « Une fois rentrés dans mon domicile, ces cinq Allemands ont fait feu en tirant sur ma famille, témoigne-t-il. Mon beau-père a été tué. Il est âgé de 79 ans. Ensuite quatre Allemands m’ont emmené ainsi que ma famille au parc de Châteauvillain. Un Allemand est resté près de mon beau-père. […] Ces soldats étaient habillés de l’uniforme d’aviateur allemand. » Albert-Alphonse Collot est né le 10 février 1885 à Mertrud. Journalier, il est veuf et père de dix enfants. Un autre habitant est tué : Henri-Fernand Morin, né le 10 février 1886 à Pantin (Seine). Marié, père de quatre enfants, il est huissier dans la commune. « Mon mari a été tué devant notre domicile, mais je ne sais comment, car je me trouvais dans ma cave, explique Emilia Morin. Mon mari est resté toute la nuit dans la rue, car vu la fusillade et les incendies, ils nous était impossible de sortir. Nous l’avons donc retrouvé le lendemain matin. » 

    Le jeune bûcheron Roger Cheppe a vu, lui aussi, dans une rue, le corps d’un homme « qui avait été abattu d’un coup de feu ». Cheppe était logé au 40, rue des Récollets. Après avoir pris le repas avec ses camarades, il s’était réfugié dans la cave de la famille Pradat : « A notre arrivée dans la cave, les trois fillettes Pradat, âgées d’environ 10 à 12 ans, se mirent à pleurer. Des Allemands qui se trouvaient dans la ruelle entendirent ces pleurs et voulurent ouvrir la porte ; comme elle résistait, ils arrosèrent le seuil d’essence et y mirent le feu. Nous remontâmes précipitamment et sortîmes de la maison qui flambait. » Les employés de la Société des bois de Châteauvillain se réfugient alors chez Maurice Fiez-Vandal, puis à la boulangerie où ils retrouvent le jeune Henri Morin, Paul Drut, Zanzoni. C’est là qu’ils sont appréhendés par deux soldats allemands et conduits au parc. 

    20 h 30. Selon Pierre Dechanet, conduit sur les lieux avec sa femme et sa fille, et André Paquot, peintre, c’est à cette heure-là – ou plutôt dans la tranche horaire 20 h – 20 h 30 - que les habitants ont été rassemblés dans le parc. « En arrivant [...], témoigne Roger Cheppe, je vis une douzaine de cadavres entassés les uns sur les autres, parmi lesquels je reconnus Gabriel Rose, exploitant forestier. […] Les Allemands qui nous conduisaient (revêtus de capotes de camouflage |…]) nous firent mettre à genoux et nous restâmes dans cette position environ une heure ou une heure et demi. » Pour Henri Morin, le temps a paru plus long : « Nous sommes restés trois heures à genoux les bras en l’air, prêts à être fusillés. Nous étions en tout une trentaine. » 

    A son tour appréhendé et conduit les mains en l’air vers le parc, après avoir été « frappé à coups de crosse », Marc Seiler enregistre dans sa mémoire les scènes auxquelles il a assisté au cours du trajet : « rue du Parc, j’ai vu M. Millière étendu sur la route, frappé de plusieurs balles » ; dans le parc, «  j’ai vu environ 300 soldats ennemis, l’air furieux les armes à la main » ; sur la droite, « un tas de cadavres ». Le gendarme poursuit son récit : « Sur l’ordre d’un officier une quinzaine de soldats s’alignaient devant moi. J’ai été sommé par cet officier de nommer tous les patriotes de Châteauvillain, frappé à coups de crosse et à coups de poing pour me faire parler. […] J’ai déclaré à l’officier allemand ne rien savoir malgré les coups. Voyant cela l’officier commanda le peloton d’exécution, mais au moment où les soldats allaient tirer, ils furent dispersés par une rafale de balles, très probablement tirée par des soldats dans les rues […]. » 

    22 h 30/23 h. Dans le parc, les otages voient arriver une voiture. Il est environ 22 h 30, selon André Paquot. Le jeune Henri Morin suppose qu’il s’agit de feldgendarmes de Chaumont. C’est une arrivée qu’un officier, qui les a accusés d’être « tous terroristes, cochons de Français », lui avait annoncée. Pour Pierre Waeber, le chef de ces feldgendarmes était un feldwebel du nom de « Vetzner ou Fetzner » - sans doute Karl Bechtler. C’est alors qu’a été « fait le tri parmi nous en prenant les plus jeunes », précise André Paquot. « Après vérification de nos papiers d’identité, témoigne Roger Cheppe, nous étions mis soit d’un côté et d’un autre, et nous montâmes dans deux camions. » Rapidement, un contre-ordre : trois des otages doivent descendre. Tous les témoignages s’accordent à dire qu’il s’agit de Pierre Desvaux, de l’Hôtel de la Providence, René Tallet et Emile Gogien**. Cheppe se souvient qu’à Desvaux, « un officier SS en tenue brune » reprochait « de ne pas avoir donné de boisson à ses troupes […]. Une rafale de mitraillette les abattit aussitôt qu’ils furent à terre. [Tallet] qui n’était pas mort fut achevé [...] ». Le gendarme Seiler situe cette exécution vers 23 h. 

    23 h 30. Dans son camion, Henri Morin retrouve les L., une famille lorraine habitant le bourg, Jacques Hantzberg, fils du déporté-résistant Philippe Hantzberg, et le commis agricole Georges Chapitre. Sont également transportés Pierre Waeber, Roger Cheppe, Germain Prévost, Gabriel Belan, Paul Drut, André Paquot. Au total, neuf otages sont emmenés sur Chaumont, plus la famille L. Selon Waeber, le départ a lieu vers 23 h 30. Au cours du trajet, Jacques Hantzberg affirme avoir entendu le fils L. dire « Il y avait une bande de salauds à Châteauvillain et c’est bien fait pour leurs grandes gueules »

    Vers 1 h. Henri Morin : « Nous sommes arrivés à Chaumont […], puis des Allemands m’ont conduit au Val-Barizien »

    Pendant ce temps, à Châteauvillain, vers 1 h 30. Gendarme Seiler : « L’on me conduisit vers un lieutenant allemand qui me dit que l’on n’avait rien trouvé contre moi, que j’avais la vie sauve […]. Vers 3 h, les soldats partaient du parc et un jeune homme venait rejoindre notre groupe. C’était un jeune facteur de Châteauvillain qui s’était retiré du tas de cadavres après le départ des Allemands… » 

    Quand les Allemands quittent Châteauvillain, ils laissent derrière eux un spectacle d’horreur : 17 habitants exécutés ou abattus. Le maire, Henri Maroilley, qui a pu quitter la localité, évoque 22 maisons incendiées. Le gendarme Seiler parle de trois blessés : Michel Devillers, Mme Chaperon et le jeune René Plont. Marie-Claude Lavocat*** évoque également un quatrième blessé, Marcel Burte. 

    La délégation régionale du Service de recherche des crimes de guerre ennemis (SRCGE) n'a pas formellement identifié les unités auxquelles appartenaient les 2 à 300 soldats allemands. Il s'agit très vraisemblablement du Kosaken-Ausbildungs-Regiment (Freiwilligen-Kosaken-Stamm-Regiment 5) de Chaumont et Langres, et peut-être du Luftnachrichten-Ausbildungs-Regiment 302 de Chaumont. Un officier nommé Ackermann, peut-être capitaine, un oberleutnant Glitz, âgé de 29 ans (selon les souvenirs de Pierre Dechanet), deux officiers russes - dont un tatoué et un portant lunettes - apparaissent le plus fréquemment, dans les procès-verbaux d'audition des témoins, comme ayant été présents le 24 août 1944 à Châteauvillain. 

    Les victimes : Léon Millière, né à Châteauvillain en 1887 ; Gabriel Rose, né à Châteauvillain en 1896 ; André Preschey, né à Châteauvillain en 1910 ; Léon Debrées, né à Eurville en 1890 ; Maurice Chanet, né à Saint-Victor (Eure) en 1899 ; André Kempf, né à Nancy en 1909 ; Georges Guillaume, né à Champcourt en 1907 ; Edouard Kurtz, né à Sainte-Croix-aux-Mines en 1892 ; Charles Hector, né à Keskastel en 1910 ; Pierre Drouin, né à Chaumont en 1908 ; Jean Piot, né à Joinville-le-Pont en 1921 ; Henri Morin, né à Pantin en 1886 ; Albert Collot, né à Mertrud en 1865 ; Emile Gogien, né à Auberive en 1907 ; Marcel-René Tallet, né à Paris en 1921 ; Marcel Denis, né à Wassy en 1921 ; Pierre Desvaux, né à Ligny-le-Châtel (Yonne) en 1907.


Longeau. 21 h. 

Autre secteur du département : le Sud. Des soldats allemands ouvrent le feu sur une voiture venant de la direction de Cohons et ayant forcé un barrage au carrefour de la RD 146 et de la RN 74. Une habitante, Emma Yvonne Gilles, née à Ornans (Doubs) en 1901, est tuée par un projectile à son domicile. 


Sources principales : ADHM, 342 W 284 - ADCO, 30 U 9 - ADM, 163 W 3159 

* Il n'y a pas de mention marginale de son décès sur son acte de naissance (il est né à Chaumont en 1885).

** Les témoins interrogés par la gendarmerie ne l'indiquent pas, mais André Preschey a été vraisemblablement abattu dans le parc à ce moment.

*** Dans le livre "Châteauvillain. Massacre du 24 août 1944" (Liralest, 2024), qui réunit d'autres témoignages de témoins et d'enfants de victimes.

mardi 3 juin 2025

Les cosaques de la Wehrmacht en Haute-Marne, février - septembre 1944

Les obsèques d'un cosaque dans une caserne de Chaumont. (Collection club Mémoires 52).


La mémoire collective les appelle "les Vlassov", du nom d'un général soviétique passé au service du IIIe Reich. Dans le cas des troupes russes présentes en Haute-Marne en 1944, le terme est incorrect. Les unités cosaques qui se sont installées dans le département en février 1944 ont, en réalité, été recrutées parmi les prisonniers de guerre de l'URSS.

    Dès le 15 février 1944, Jean Eglenne, commissaire de police à Chaumont, rend compte au préfet de la Haute-Marne que "la population commente peu favorablement l'arrivée des contingents cosaques dans les casernes de Chaumont. Leur état de saleté répugnant et leur laisser-aller ont fait très mauvaise impression".

    Dans un article publié dans le numéro 166 de 39-45 magazine (avril 2000), Alain Chazette apporte d'utiles précisions sur ces hommes. Ils appartiennent à la Freiwilligen-Stamm-Division (division de remplacement de volontaires) dont l'état-major divisionnaire est créé à Lyon en février 1944. Deux régiments de cette division sont présents en Haute-Marne : le Freiwilligen (Türk)-Stamm-Regiment 3, commandé par le major Wilhelm Sebald puis le major Werner Anton (notamment à Langres, Chaumont et Gray), et le Freiwilligen (Kosaken)-Stamm-Regiment 5 (à Autun, Chaumont et Langres). Grâce aux numéros de boîtes postales de campagne (feldpostnummer) identifiés par la délégation régionale de Reims du Service de recherche des crimes de guerre ennemis (SRCGE), nous savons notamment que l'état-major du régiment et la Jung-Kosaken-Schule (école de jeunes cosaques) du Freiw-Stamm-Reg. 5 était cantonnés à la caserne Turenne de Langres (FP 56 188). Selon un document allemand daté du 10 février 1944, le régiment s'appelait à l'époque Kosaken-Ausbildung-und-Esartz-Regiment, il était cantonné à Cracovie, et il était sous les ordres de l'oberst Bjely. 

    L'officier commandant à Chaumont les cosaques du quartier Foch (devenu caserne Adolf-Hitler) se nommait Felix Küper. Sa logeuse, Odette Daverio, domiciliée au 86 bis, avenue de la République (à proximité de la caserne), se souvient que ce rittmeister (capitaine de cavalerie) qu'elle a accueilli à partir de février 1944 "venait [...] de la région de Pontarlier et de Lons-le-Saunier", après avoir servi à Varsovie durant l'automne 1943. Les enquêtes conduites par la SRCGE indiquent que Kupper [sic] était âgé de 35 à 40 ans environ, mesurait tantôt 1,70 m, tantôt 1,88 m, et était domicilié à Innsbruck (Autriche). 

    En réalité, Felix Küper n'est pas Autrichien mais Allemand. Il est né à Recklinghausen (Rhénanie du Nord) en 1912. Elève dans cette commune, il est soldat en 1931, sous-officier en 1937. Küper, qui mesure effectivement 1,85 m pour 85 kg (en 1946), est nommé leutnant le 1er mai 1940. Issu du Kavallerie-regiment 15, il sert probablement dans un Aufklarungs-Abteilung (bataillon de reconnaissance). A partir du 10 mai 1940, il se bat au Luxembourg, en Hollande, en Belgique et en France, où il est présent jusqu'au 1er novembre 1940. Puis il sert en Pologne, en Lituanie et en Russie, du 15 juillet 1941 au 21 décembre 1941. Durant cette période, il prend comme oberleutnant le commandement du Aufkl.-Abt. 106, succédant au rittmeister Rosenow qui fut son chef. Le 21 décembre 1941 correspond au jour de sa blessure à Iwanowskaja. Nommé rittmeister le 1er mai 1942, Küper est de retour en France du 20 octobre 1943 au 6 novembre 1944. Il sert alors sous les ordres de l'oberstleutnant Stabenow. Felix Küper passe major le 1er novembre 1944, exerçant la fonction de reiter-abteilung-kommandeur (peut-être du I. Abteilung). C'est à ce titre qu'il reçoit la Croix de fer "or" le 9 mars 1945. Auparavant, selon ses dires, il a reçu en février 1943 l'insigne or pour blessures (ce qui signifie qu'il a été blessé au moins à trois reprises).

    De source allemande, le II. Reiter-Abteilung du Freiw.Stamm-Rgt. 5 a été formé par le II./Ost-Reiter-Abteilung 454*, le III. Reiter-Abteilung par l'Ost-Reiter-Abteilung 403. Les oberst Rudiger von Wedel, Aleksander von Bosse et Erich Stabenow - ce dernier avec certitude - auraient successivement commandé ce régiment.

    D'après les souvenirs d'Odette Daverio, les officiers casernés à Chaumont se nommeraient Hoffermann (ou Offermann), Hartmann, Niemann et Alex Lekoff [sic]. A Langres, selon le maire Charles Beligné, le commandant des troupes cosaques était le hauptmann Kleihans (ou Kleinhans). Un de ses officiers était un leutnant nommé Zulkloff.

    Les opérations

    Jusqu'en juin 1944, la division ne fait pas particulièrement parler d'elle en Haute-Marne. Puis, le 15 juin 1944, elle participe à l'attaque du maquis de Laferté-sur-Aube. D'après le SRCGE, ce sont des troupes venues de Chaumont, Châtillon-sur-Seine et Vesoul qui ont pris part à cette opération, se soldant par la mort de deux FFI. Le chef du maquis (adjudant Maurice Ghirardi) croit savoir que le hauptmann Wickermann et l'oberleutnant Offermann commandaient les Russes engagés dans cette opération.

    Puis, le 30 juin 1944, ce sont toujours des cosaques de Chaumont, sous les ordres du rittmeister Küper et du leutnant Lange, qui détruisent le maquis de Voisines, près de Langres (16 FFI et un civil tués ou exécutés). Selon la justice, une force évaluée à 800 hommes auraient été mobilisée pour cette opération.

    Le 8 juillet 1944, un important contingent de cosaques quitte la Haute-Marne pour aller combattre les maquis de l'Ain et du Haut-Jura. Chauffeur réquisitionné, l'abbé Pierre Perchet, de l'école de Malroy, témoigne être parti à 13 h 30, ce jour-là, du quartier Foch de Chaumont, pour prendre la direction du Jura via Langres, Champlitte et Gray. Il situe la fin de cette expédition au 23 juillet 1944, tandis qu'un chauffeur jurassien réquisitionné sur place se souvient, pour sa part, avoir ramené les troupes allemandes à Langres le 21 juillet 1944. Dans un compte-rendu ultérieur, l'abbé Perchet note qu'une des trois colonnes ennemies était dénommée K (les deux autres : B et W). Le K fait-il référence à Küper ? C'est une hypothèse. L'interrogatoire** du major Karl Koch, officier de renseignement de la division, indique que l'oberstleutnant Stabenow, chef de corps du Freiw.Stamm-Rgt. 5, commandait la colonne Nord de cette expédition. Dans son témoignage, le prêtre rapporte surtout les nombreux massacres de civils dont il a été le témoin, notamment à Dompierre-sur-Mont et Dortan.  

    Durant la deuxième quinzaine du mois d'août 1944, tandis que les forces alliées se rapprochent du département, les cosaques sont déployés dans de nombreuses localités de la moitié sud de la Haute-Marne, et notamment dans le sud-ouest. Une note "secrète" allemande précise, à la date du 22 août 1944, la présence d'un escadron dans chacune des communes de Villiers-sur-Suize, Faverolles, Saint-Ciergues, Noidant-le-Rocheux, Flagey et Longeau, sur une ligne couvrant les travaux d'aménagement de positions défensives dans le secteur de Langres. Ces effectifs représentent de 900 à 1 200 hommes. Par ailleurs, 700 cosaques sont destinés à participer à ces travaux, et 400 autres à opérer, sur ordre de la Feldkommandantur, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de la ligne Saint-Dizier - Montsaugeon (axe RN 67 - RN 74). Voilà qui confirme les témoignages d'habitants évoquant une centaine de cosaques à Faverolles (à partir du 15 août 1944), environ 300 à Auberive, environ 80 à Châteauvillain, etc. D'autres détachements sont présents aux promenades à Arc-en-Barrois, sur le terrain d'aviation de La Vigneulle à Rolampont, où sont rassemblés des dizaines de chevaux et poulains, à Doulevant-le-Château... "D'après les renseignements que j'ai pu recueillir, ces militaires venaient d'Autun (Saône-et-Loire), d'ailleurs ils se vantaient d'être les auteurs du pillage de cette ville", témoigne Angéline Ubry, employée de La Poste à Faverolles.

    Durant cette période, les crimes sont nombreux. Les 22 et 23 août 1944, trois résistants (Suzanne Lamy, Geneviève Aubertin, Robert Ingret) sont exécutés à Auberive. Le 24, le détachement de cosaques de Châteauvillain, associé à des troupes portant l'uniforme de la Luftwaffe, massacre 17 habitants du bourg. Le même jour, une force estimée à 300 Russes et Allemands entre dans Giey-sur-Aujon - où la veille un cosaque a été tué lors d'un accrochage avec des parachutistes SAS - avec trois pièces d'artillerie et des chevaux, et se livre au pillage. Pour le massacre de Châteauvillain, le SRCGE met en cause le Freiw-Stamm-Reg 5, I. reiter-abteilung. D'après les témoignages des habitants, un capitaine nommé Ackermann (Wickermann ?) serait le chef des deux détachements ayant commis ce crime, les cosaques étant commandés par deux lieutenants dont un reconnaissable à ses tatouages sur les bras. 

    Le 27, le détachement de Faverolles se porte à Marac où un habitant, Justin Cheminade, est abattu... Selon le témoignage du maire de Saint-Loup-sur-Aujon, la colonne de 300 Allemands qui opère dans le secteur de Saint-Loup, Courcelles-sur-Aujon, Eriseul, à la recherche de "parachutistes américains", fin août 1944, ne viendrait pas de Chaumont... mais de Vesoul (hypothèse non vérifiée)...

Un repli jalonné par des crimes

    Alors que Saint-Dizier est tombée le 30 août 1944, que Chaumont est menacée le 31 août, les éléments de la Freiwilligen-Stamm-Division reçoivent l'ordre de repli vers l'Est (son état-major se porte sur Vesoul). Les détachements disséminés en Haute-Marne rejoignent Chaumont ou Langres avant de s'en aller. Ce serait ainsi l'unité de Rolampont qui, après avoir pris le 28 août la direction de Langres par le chemin de halage du canal, exécute un habitant de Torcenay, Paul Noirot, le 31 août 1944.

    Selon Odette Daverio, c'est le 1er septembre 1944 que le rittmeister Küper quitte le quartier Foch à la tête d'une compagnie. Les témoignages de personnes habitant sur l'axe route nationale 417 permettent de connaître son itinéraire, marqué ce jour-là par plusieurs crimes. Notons d'abord que cette colonne est accompagnée de cultivateurs requis dans plusieurs localités : Faverolles, Villiers-sur-Suize, Chamarandes, Laville-au-Bois, Biesles...

    Les cosaques passent par Mandres-la-Côte. Au carrefour de Nogent, ils croisent le chemin de deux résistants en mission et d'un civil qui sont pris sous son feu, vers 14 h. Deux hommes sont tués (Maurice Boé et Lucien Mongin), le troisième grièvement blessé (Jean Raclot). En passant ensuite par la ferme Coupas, territoire d'Odival, les Russes réquisitionnent un nouveau civil, Henri Thierry. Poursuivant son repli sur la RN 417, cette colonne parvient à Is-en-Bassigny. Là, dans l'après-midi (un témoin dit : vers 17 h), elle arrête trois civils qui se trouvaient auprès de la carcasse d'un avion de chasse américain abattu dans la matinée à Is-en-Bassigny, non loin de Montigny-le-Roi. Ces trois hommes - le ciselier Marius Blot, Pierre Moussu et Pierre Iemolini - "ont été emmenés par trois cosaques en direction de Montigny", note un témoin. 

    Au même moment, au garage Henry de Montigny-le-Roi où des camions sont en réparation, un habitant, Paul Tisserand, aidé d'un employé, Serge Charles, vole un fusil au détachement russe. Ils sont arrêtés et, avec les trois otages pris à Is-en-Bassigny, ils sont fusillés vers 18 h 30, à la sortie de Montigny, en direction de Bourbonne-les-Bains. Parmi les officiers allemands présents alors dans le bourg, les témoins se rappellent d'un lieutenant, brun, mesurant 1,80 m, portant le bras gauche en écharpe (et qui aurait été blessé à la fesse droite), d'un capitaine de forte corpulence, de même taille, mais blond (sans doute Küper, qui correspondait à ce signalement), ainsi que d'un colonel.

    Les auteurs du massacre de Montigny appartiennent peut-être au détachement de 50 hommes qui passe ensuite la nuit dans le village voisin de Meuse. Le 2 septembre 1944, le gros de la colonne quitte à son tour Montigny-le-Roi pour Bourbonne, puis Jussey (Haute-Saône), où les requis civils sont libérés.

    Et ensuite ? Selon un Chaumontais, qui dit avoir recueilli les confidences d'un déserteur tchécoslovaque, ces cosaques se seraient révoltés à Jussey où ils auraient tué leurs officiers allemands. Il y a manifestement confusion avec un évènement bien connu : le passage à la Résistance, effectivement dans ce secteur, le 27 août 1944, d'un bataillon de la 30. Waffen-SS-Division composé de soldats ukrainiens et sous les ordres du major Hloba (le BUK). En réalité, le Freiw-Stamm-Rgt. 5 se bat dans les Vosges et en Franche-Comté.

    A la libération, des mandats d'arrêt seront délivrés par la justice militaire française contre plusieurs officiers de la Freiwilligen-Stamm-Division accusés de crimes de guerre en Haute-Marne, en Côte-d'Or, dans le Jura et l'Ain. Nous ignorons qui, parmi eux, a pu être retrouvé, traduit devant la justice et condamné. En 1946, Felix Küper, qui a fait l'objet de plusieurs de ces mandats d'arrêt, résidait dans sa ville de Recklinghausen. Il était alors employé au bureau des dommages de guerre de la municipalité. A deux reprises, en 1946 et 1947, les autorités militaires américaines lui ont adressé un questionnaire pour savoir s'il a été membre du parti nazi. A toutes les questions qui lui ont été posées, Felix Küper a répondu non.

Quelques officiers du régiment

Oberstleutnant Erich Stabenow. Plusieurs officiers de l'armée allemande portaient le nom de Stabenow durant la Seconde Guerre mondiale. Un document militaire allemand indique qu'il correspond à Erich Stabenow, né un 6 mars (1901 ?). Major passé par le Kavallerie-Regiment 6, il est affecté le 15 mai 1942, comme moniteur, à l’école d’équitation du district militaire d’Aalen, dans le Bade-Wurtemberg. Puis il passe, le 1er juin 1943, à la 1. Kosakendivision. Stabenow est promu oberstleutnant le 1er juillet 1943 (ou plutôt le 1er juin 1944). En sa qualité de commandant du Freiw.Kos.Stamm-Rgt. 5, Stabenow est vraisemblablement installé à Langres. Il est notamment titulaire de la Croix de fer de 1ère classe, de l'insigne des blessés de l'Est.

Major Hermann Baumgarten. Il est né en 1899 à Harburg. Il est incorporé en 1918. De septembre 1939 à novembre 1940, Baumgarten sert au sein du Kav.Ers.Abt. 14. On le retrouve ensuite à la 1.Kosakendivision à partir du 26 novembre 1942. Il est nommé kommandeur du Ostreiter-Abteilung 403 (futur groupe d'escadrons du Freiw.Stamm-Rgt. 5) le 1er août 1943. Il semble succéder au hauptmann Wehn à la tête du Kos.Abt. 403 commandé en 1942 par le hauptmann Hans Schmidt. Baumgarten se bat contre les partisans à Koutaja (près de Jitomir, Ukraine) le 21 octobre 1943. Il se bat le 23 novembre 1944 au nord de Lusse (Vosges) et tombe deux jours plus tard au lieu-dit Pré Maigrot. La justice internationale le recherche après la guerre. Sources : BundesArchiv ; Archives nationales américaines.

La proposition du major Baumgartern pour la Deutsche Kreuze. (Source : BundesArchiv).


Leutnant Fritz Sax. Il est né en 1914 à Schwendorf. Il passe du Grenadier-Regiment 41 à l'Ostreiter-Abt. 403. En août 1942, il en commande déjà le 5e escadron. Les autres commandants d'escadrons de l'unité, à cette époque, sont l'oberleutnant Kusmitzki, les leutnant Friedel, Ersing et Paul Becker, tandis que l'oberleutnant Kuropka est adjoint au hauptmann Schmidt. Sax commande le 5e escadron au combat près de Saint-Dié du 22 au 24 novembre 1944. La justice internationale le recherche pour sa présence dans la région de Gray et de Vesoul, comme adjoint d'un Abteilung du Freiw.Kos.Stamm-Rgt. 5. Sources : BundesArchiv ; Nara.

Oberstleutnant von Schaffenberg. Selon la justice alliée, il est adjoint au kommandeur du Freiw.Kos.Stamm-Rgt. 5 à Langres. A moins qu'il ne soit plutôt officier d'ordonnance comme oberleutnant.

Les unités ayant formé le Freiw.Kos.Stamm-Rgt 5

    Si l'on se réfère aux feldpostnummer, le II. Reiter-Abteilung du régiment provient du II. Reiter-Abteilung de la Sicherungs-Division 444. L'unité correspond au Ost-Reiter 454. En mai 1943, l'oberstleutnant Todde la commande. Le hauptmann Wagner dirige le I/454, avec l'oberleutnant Hartmann à la tête du 2. Schwadron et le leutnant Blume à la tête du 3. Schwadron. Notons que Hartmann est le nom d'un officier en poste à Chaumont. Il existe également un hauptmann Blume qui serait en poste à Lure. Le II/454 est commandé par le major Renowantz, le III/454 par le major Haase - sans doute le chef d'un abteilung à Lure -, le IV/454 par le major Menke. Autre officier de l'Ost-Reiter 454 : le lieutnant Peters, commandant d'une compagnie d'état-major, qui pourrait lui aussi correspondre à un cadre des éléments du régiment à Chaumont.
    Le III./Freiw.Kos.Stamm-Rgt 5 correspond au Reiter-Abteilung (ou Ost-Reiter-Abteilung) 403. En septembre 1943, ce dernier est commandé par le hauptmann Wehn, avec l'oberleutnant Gerbert à la tête du 1. Schwadron et le leutenant Rudolf à la tête du 2. Schwadron. Gerbert sera identifié par les Alliés commme un des officiers affectés à Gray.

    Selon les rapports sur les massacres dans l'Ain et le Jura (juillet 1944), les officiers de cosaques, et notamment du Freiw.Kos.Stamm-Rgt. 5, qui ont été engagés dans ces opérations sont : l'oberstleutnant Stabenow, le major Winden, le rittmeister Kuper (Chaumont), les chefs de bataillons Haase (à Dole), Baumgarten (à Gray), Schroder (bataillon d'état-major), le rittmeister Heffke (ou Kaefke), chef d'un bataillon à Dole, les rittmeister Bellmann (Dole), Tappenbeck (à Dole), Engel (à Dole), Sarich (à Dole), Blume (à Lure), Hartmann (à Lure), Nicolaief (Chaumont), Biagoff (Langres), Meyer (Langres), les oberleutnant Bauer et Arangem (Chaumont), Friedrich Schultz, Walter Lipp, Jager, Alfred Schonfelder et Otto Libenaou [sic] (Langres), les leutnant Burmeister (Dole), Gebert (Gray), Sax (Gray)...


Sources consultées : 163 W 3156, 3159, 3161, 3170, 3175 et 3178, AD 51 (Reims) ; Archives nationales américaines ; Archives de la Rhénanie du Nord ; site Internet Lexikon der Wehrmacht ; 39-45 Magazine ; La Haute-Marne et les Haut-Marnais durant la Seconde Guerre mondiale, club Mémoires 52, 2022.

* L'unité détachée à Magny-Vernois (Haute-Saône) entre le 26 juillet 1944 et la nuit du 8 au 9 septembre 1944 portait le numéro de feldpost 15 201. Celui-ci correspond au I. Reiter-Abteilung de la Sicherungs-Division 454. Le maire de la commune, Jean Girardot, se souvient d'un lieutenant nommé von Schubert. Cette unité avait été renforcée le 3 septembre 1944 par un escadron caserné à Lure. Il est vraisemblable que ce détachement issu de la Sich. Div. 454 appartenait au Freiw.Stamm-Rgt. 5. Source : Jean GIRARDOT, Mémoires d'un maire sous l'Occupation, Supplément au bulletin n°6 de la Sharl, 1986-1987.

* * Communiqué par Jérôme Croyet (SEHRI).