Pages d'histoire de l'est de la France en général et de la Haute-Marne en particulier (ex-blog du club Mémoires 52).
vendredi 25 mai 2012
Un Chaumontais héros du peuple polonais
Léon Junck, dit Junck de Blankenheim (1837-1863). Portrait paru dans “Le monde illustré".
Chaumontais de naissance, fils d'un militaire d'origine prussienne, officier français, colonel et héros du peuple polonais à 25 ans. Ainsi peut se résumer, en quelques lignes, l'étonnante et courte destinée de Léon Junck, connu en Pologne sous le nom de Junck de Blankenheim.
C'est le 13 décembre 1837 que le jeune homme voit le jour dans le chef-lieu haut-marnais. Son père, Charles-Mathieu Junck, y occupe alors la fonction d'adjoint de première classe à l'intendance militaire. Il était né à Trêves, en 1791. Ce Prussien était devenu lieutenant en 1813, servait au 3e bataillon de la Légion de la Côte-d'Or lorsqu'il a été naturalisé Français en 1818. Cinq ans plus tard, il était fait chevalier de l'ordre de Saint-Ferdinand d'Espagne (après avoir pris part comme lieutenant d'état-major à l'expédition de 1823),, avant d'effectuer une carrière dans l'intendance. Epoux de Camille-Léocadie Audry, il sera en poste à Chaumont au moins jusqu'en 1844.
On peut donc penser que Léon Junck, dont la déclaration de naissance s'est faite notamment en présence du chef de bataillon du génie Jean-Elie Hérault, a passé plusieurs années de son enfance en Haute-Marne.
Officier de la Légion d'honneur en 1849, chevalier de Saint-Louis, domicilié à Auxerre en 1872, son père décèdera en 1877.
En 1850 (il a 13 ans), le jeune Chaumontais obtient une demi-bourse nationale du département des Bouches-de-Rhône pour poursuivre ses études.
Selon le journal L'Illustration – fondé par un Haut-Marnais, Paulin, rappelons-le – Léon Junck intègre l'école spéciale militaire de Saint-Cyr le 12 janvier 1855 et en sort le 1er octobre 1856 comme sous-lieutenant au 88e de ligne. Avec ce corps, il sert en Italie en 1859, même s'il ne se bat ni à Magenta, ni à Solferino. Il passe ensuite au 92e de ligne caserné à Valenciennes.
Le 3 avril 1863, Junck démissionne de ce corps. Remplacé par l'adjudant Corta, il décide, depuis Bordeaux, très rapidement, d'aller rejoindre les rangs de l'insurrection polonaise. Mis à la tête de partisans dans le palatinat de Kaliab, il entre en Pologne le 24 avril, obtient le commandement de près de 1 000 hommes. Le 27 avril, il se lance à l'assaut des Russes, leur enlevant deux villages. Promu colonel par le comité polonais, placé, selon certaines sources, à la tête de 3 000 Polonais, il prend part à la bataille d'Osowio – dite aussi de Brdow -, le 29 avril (veille de la bataille de Camerone au Mexique). Elle lui sera fatale : atteint de sept coups de feu, de 20 coups de baïonnette, les mains hachées à coups de sabre (selon L'Illustration, il a été mutilé par les Russes après sa capture), il meurt en héros. Un service funéraire sera célébré, le 9 mai 1863 à Bordeaux, en mémoire du colonel Junck de Blankenheim (nous ignorons le motif qui justifie cette appellation nobiliaire).
Henri Leriche consacrera rapidement au Chaumontais un hommage imprimé qu'il a dédié au prince Napoléon. Aujourd'hui, à la veille du 150e anniversaire de la bataille de Brdow, un historien polonais, Dariusz Matysiak, s'intéresse à ce Haut-Marnais qui, comme ses compatriotes Demange, devenu général portugais, du Breuil de Saint-Germain, combattant aux côtés des Boers, ou Vanney, sergent dans l'armée nordiste, ont choisi de servir dans des armées étrangères.
lundi 30 avril 2012
13 juillet 1944 : deux Lancaster s'écrasent dans le Sud-Ouest haut-marnais
Dans la nuit du 12 au 13 juillet 1944, la RAF bombardait le dépôt SNCF de Culmont-Chalindrey. La mission concernait 378 appareils qui se sont également attaqués au dépôt de Tours et à la gare de Revigny-sur-Ornain (Meuse). Jean-Marie Chirol, dans « Dossier 52 » n°1, écrira : « L'emplacement du dépôt, complètement bouleversé, était devenu méconnaissable. Tout y était anéanti : rails, aiguillages, voies de garage, bâtiment... Les bâtiments avaient creusé d'énormes entonnoirs, de 25 m de profondeur parfois... Quarante-deux machines étaient devenues plus ou moins inutilisables. Le viaduc de Torcenay était fortement endommagé... On crut tout d'abord qu'aucune vic
time n'était à déplorer, à l'exception d'un blessé grave qui devait décéder à son arrivée à l'hôpital de Langres. Or, lorsque les travaux de déblaiement, contrariés par les explosions des bombes à retardement, furent entrepris, on découvrit cinq cadavres sous les décombres, ceux de deux cheminots, d'une femme avec son enfant et d'une personne âgée qui ne put être identifiée. Quinze cents bombes avaient été jetées sur le dépôt, et on évalua approximativement à 800 le nombre de sinistrés... »
Deux Lancaster s'écrasent en Haute-Marne, lors de cette mission.
Le LM 638, du Squadron 44, tombe dans la forêt de Montavoir, territoire d'Auberive. Les sept membres de l'équipage parviennent à sauter :
. le pilote, le lieutenant R. S. Arnold, le bombardier, le sergent L. H. Brooks, le mitrailleur, le sergent A. W. Lamb, et le navigateur, le sergent L. Wharton, auraient rejoint le maquis de Recey-sur-Ource (Côte-d'Or).
. le mitrailleur, le sergent J. Bray, est recueilli par Jean Rouot, de Châteauvillain, puis dirigé sur l'Aube.
. le radio, le sergent Kenneth William Green, est caché pendant une dizaine de jours à la ferme d'Erelles, chez Robert Gautherot, puis conduit ensuite à Orbigny-au-Mont, où il est pris en charge par René Henry. En compagnie d'un rescapé du Lancaster abattu à Giey-sur-Aujon, Keeler Peter Hammerton, le sergent Green tente de passer en Suisse. Ils sont tous deux arrêtés par une patrouille allemande, emprisonnés à Besançon et transférés en Allemagne.
. Nous ignorons le destin du mécanicien, le sergent R. G. Royle.
Le LM 221, du Squadron 9, s'écrase vers 2 h dans la forêt d'Arc-en-Barrois, au lieu-dit « La petite forêt », territoire de Cour-l'Evêque. Les sept membres de l'équipage sont tués : F. E. Shaw, J. P. Armstrong, A. F. Grieve, A. D. Tagget, W.A.M. Hallett, M. H. Payne et D.G.W. Brown.
Le document qui illustre ce message correspond à l'équipage tombé à Cour-l'Evêque.
mercredi 11 avril 2012
Des Haut-Marnais prennent part à la libération de Rambervillers
Page d'histoire méconnue que la participation de FFI haut-marnais à la libération de Rambervillers, dans les Vosges, à 80 km de Bourmont, fin septembre 1944.
Une page qui s'ouvre dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, par la réception d'un parachutage d'armes, au lieu-dit Fréhaut, à proximité de l'ancienne place forte lorraine de La Mothe. L'opération permet d'armer l'équivalent d'une compagnie de FFI en formation. C'est à elle qu'appartient le groupe de Soulaucourt-sur-Mouzon (village du canton de Bourmont), que commande Hubert Morlot, alias « Bébert ». Ce groupe relève du secteur D de la zone I, c'est à dire de l'organisation FFI des Vosges (Jean Catera est chef de secteur, le capitaine « Jean-Pierre », vraisemblablement André Rigot, commandant de compagnie).
Le groupe de Soulaucourt n'est pas le seul élément haut-marnais à dépendre de cette zone :
. le groupe de Goncourt appartient à la section dite de Bourmont (adjudant Gautier). Le 10 septembre, il quittera l'organisation lorraine pour rejoindre la compagnie du capitaine Henri Thomas, des FFI haut-marnais.
. le groupe Siroco (commandé par Auguste Rouot), dit camp « Zisa » ou « Z1SA » - sans doute pour secteur A de la zone I.
A noter que la compagnie dispose d'une section de mortiers servis par des prisonniers italiens évadés de Vittel (ils étaient neuf, dont un général !).
Le groupe de Soulaucourt – comme celui de Goncourt - participe, le 2 septembre 1944, à la première libération de Neufchâteau, puis doit se replier sur le château de Bourlemont en raison de l'arrivée d'une colonne allemande. Le 12, la compagnie revient occuper, définitivement, la cité néocastrienne, puis patrouille dans les bois de Liffol, Bazoilles-sur-Meuse, Harréville-les-Chanteurs.
Le 20 septembre, les FFI haut-marnais du groupe de Soulaucourt gagnent Vittel. Là, ils sont intégrés dans la 1ère compagnie du 1er bataillon des Vosges, qui se forme, durant ce mois, avec des FFI du Groupement 1 de ce département (secteurs de Neufchâteau, Liffol-le-Grand, Châtenois). Selon un historique du 26e RI, le bataillon a été constitué à partir du 5 septembre au camp de la Délivrance (près de Lamarche), a repris les traditions du 5e BCP le 22 septembre, avant d'aller cantonner dans la cité thermale.
Chef du groupement I, le commandant Grandjean (« René »), du mouvement CDLR, en prend la tête. Selon Jean Laurain (« Libération des Vosges. L'épopée du 6e corps américain »), ce bataillon était crédité de 600 hommes, répartis entre quatre compagnies encadrées par des officiers de réserve. La 1ère compagnie est aux ordres du capitaine « Jean-Pierre » et du lieutenant Thouvenin, instituteur à Sartres (ce futur général décédera à Doulaincourt). Chef du secteur de Vittel-Campagne, le lieutenant Roger Cunin ("Georges") en commande la compagnie hors rang.
Le 1er bataillon des Vosges se porte d'abord sur Xertigny. Il doit participer à la libération d'Epinal, en vertu d'un accord passé entre un colonel américain et le commandant Perrin (« Etienne »), adjoint au commandant des FFI vosgiens, mais cette coopération ne peut avoir lieu. L'unité va alors accompagner la 45e division d'infanterie américaine du général Eagles lors des opérations de la libération de Rambervillers.
Voici ce qu'en dit le « rapport sur l'activité du groupe de résistance et des FFI de Soulaucourt-sur-Mouzon ».
Le 29 septembre 1944, « accrochage avec l'ennemi à l'orée du bois au nord-ouest de la ville de Rambervillers, à 11 h : quatre Allemands tués. Reconnaissance vers 15 h par une patrouille de quatre hommes en pointe avancée jusqu'aux faubourgs de la ville. Tirs d'artillerie ennemis pendant la nuit. Riposte des mortiers ». Le 30, « destruction des nids de mitrailleuses allemandes dès l'aube, principalement auprès du pont de la Mortagne ; attaque de Rambervillers à 10 h : Robert Gilbert a placé une passerelle sur la rivière et pénètre le premier dans la ville, suivi immédiatement de Walter Blumenstein et de tout le groupe ; nettoyage de la ville où la résistance ennemie est ferme... ; attaque de la caserne de Rambervillers occupée par 60 Allemands. Après quinze minutes de combat, l'ennemi se rend au groupe de quinze hommes commandés par le lieutenant Thouvenin qui a l'avantage. A 13 h 30, la ville est libérée entièrement par les FFI. Résultat : 186 ennemis prisonniers et 60 tués. Représailles ennemies : bombardement intense de la ville. A 15 h, le sergent R. Gilbert est blessé mortellement par un obus de 77 ». Il est ramené à Epinal.
Précisons que ce rapport passe totalement sous silence le rôle des troupes américaines dans la libération de Rambervillers.
Le 2 octobre, la 1ère compagnie est de retour à Epinal, et le groupe de Soulaucourt est démobilisé. Ce qui n'empêche pas la poursuite des opérations par le 1er bataillon des Vosges : du 4 au 11 octobre, il opère ainsi au bois de Sainte-Hélène. Le 5, le sergent Robert Hof, de la 2e compagnie, est mortellement blessé – des éléments du bataillon (section Bedel) opéraient alors avec les Américains du côté de Frémifontaine. Né à Epinal en 1923, le sous-officier décède le 10.
Le 10 décembre, le bataillon devient bataillon 21/20, cantonne à Remiremont puis à Epinal, avant de devenir, le 1er février 1945, 3e bataillon du 26e RI, sous les ordres du commandant Damance. Le capitaine Sarron commande la CB, le capitaine Thouvenin la 11e compagnie, le capitaine Mueth la 12e, le lieutenant Gayaud la 13e, le capitaine Groskopf (ex-chef du secteur de Mirecourt) la 14e, et le capitaine Scheider la 15e.
Libellés :
1er bataillon des Vosges,
Rambervillers,
Soulaucourt-sur-Mouzon
dimanche 25 mars 2012
Le 242e RI dans les combats de juin 1940
Le premier numéro de « Mémoires de Haute-Marne », paru en 2010, a été en partie consacré aux combats livrés par le 242e régiment d'infanterie en 1940. Commandé par le colonel Victor Bouchon, ce corps avait été mis sur pied à Langres à la mobilisation, en particulier avec des réservistes de la Haute-Marne et de la Haute-Saône. Au moins huit de ses officiers étaient d'ailleurs domiciliés dans notre département.
En juin 1940, le 242e RI défendait le Rhin dans le secteur de Marckolsheim et s'est retrouvé en première ligne lors du passage du fleuve, de vive force, par les Allemands, le 15 juin 1940. Les combats se sont ensuite déroulés dans les Vosges, et nous avons publié, à ce sujet, le témoignage inédit d'un prêtre chaumontais, le sergent Heydet, qui s'est battu à Xonrupt, près de Gerardmer. Le 21 juin, le lieutenant Massotte trouvait la mort lors des ultimes combats dans la cité geromoise. Capturé en grande partie, le 242 cessait d'exister.
Parmi les hommes du régiment tombés lors de ces opérations, citons une douzaine de Haut-Marnais :
Bourdeaux Pierre, né en 1912 à Perrancey, 7e compagnie, le 22 juin dans le Haut-Rhin.
Bourlier Fernand, né en 1910 à Corgirnon, le 23 juin à Sélestat des suites de blessures.
Chevalier Henri, né en 1910 à Bourbonne, le 19 juin à Sainte-Marie-aux-Mines.
Grandjean René, né en 1906 à Biesles, le 22 juin à Gerardmer.
Knerr Emile, né en 1908 à Bannes, tué le 18 juin à Liepvre.
Massotte Adrien, lieutenant, né en 1893 à Torcenay, tué le 21 juin à Xonrupt-Longemer.
Massotte Roland, né en 1915 à Chalindrey, tué le 16 juin à Richtolsheim.
Molard Roger, né en 1908 à Vandrecourt (sic), le 17 juillet à Kientzheim.
Rolland James, né en 1906 à Biernes, le 27 juin à Marrkich.
Sirault Jean, lieutenant, né à Brienne-le-Château en 1909, de Saint-Dizier, le 21 juin à Saulcy-sur-Meurthe.
Thominot André, né en 1909 à Frécourt, le 17 juin 1940 à Artzenheim des suites de blessures.
Vincent Emile, sergent, né en Moselle, prêtre à Saint-Dizier, tué à Xonrupt-Longemer.
Ont été faits prisonniers :
. le 21 juin, Charles Anzenberger (II/242), de Saint-Dizier, qui sera déporté à Dachau ; Marcel Guyot, chef de groupe dans la CA du III/242, capturé à Longemer ; Jean Hutinet (10e compagnie), de Maizières-sur-Amance ; l'adjudant Marcel Carlin (11e compagnie), de Saint-Dizier, à Xonrupt ; le sergent Max Dupuy (9e compagnie), de Saint-Dizier, à Xonrupt ;
. le 22 juin, Paul Bauduret, gendarme à Langres, capturé à Xonrupt, déporté à Dachau ;
. le 23 juin, André Collin, de Ceffonds, pris à Gerardmer...
. le caporal Louis Fricot (III/242), de Montier-en-Der, capturé dans « la perle des Vosges », etc.
Par ailleurs, nombre de Haut-Marnais du 242e RI, tombés aux mains des Allemands, décéderont dans des circonstances diverses en captivité :
Collin Pierre, né en 1906 à Montreuil-sur-Thonnance, en 1945 en Allemagne.
Didier Justin, né en 1903 à Sarrey, en 1941 en Allemagne.
Flagez Auguste, né en 1904 à Colombey-lès-Choiseul, en 1945 à Paris.
Fouilleret Pierre, né en 1910 à Chaumont, en 1944 en Allemagne.
Logerot Maurice, né en 1912 à Thivet, en 1941 en Allemagne.
Luzardy Marcel, né en 1904 à Saint-Dizier, en 1942 à Toul.
Maugras Charles, né en 1910 à Essey-les-Ponts, en 1941 à Lyon.
Moisson René, né en 1906 à Is-en-Bassigny, en 1942 en Allemagne.
Poinsenot Marius, né en 1910 à Fayl-Billot, en 1944 en Allemagne.
Salzard Adrien, né en 1906 à Laneuville-aux-Bois, en 1942 en Côte-d'Or.
Theveny Pierre, né en 1911 à Celles-en-Bassigny, en 1942 en Allemagne.
Tissier Pierre, né en 1908 à Chaumont, en 1943 en Allemagne.
Viard René, en Allemagne.
Les combats du 242e RI ont été évoqués à plusieurs reprises par l'historien troyen Roger Brugge, marié avec une Bragarde, journaliste à Chaumont et récemment décédé. Sa magistrale "Histoire de la Ligne Maginot" fait autorité.
En juin 1940, le 242e RI défendait le Rhin dans le secteur de Marckolsheim et s'est retrouvé en première ligne lors du passage du fleuve, de vive force, par les Allemands, le 15 juin 1940. Les combats se sont ensuite déroulés dans les Vosges, et nous avons publié, à ce sujet, le témoignage inédit d'un prêtre chaumontais, le sergent Heydet, qui s'est battu à Xonrupt, près de Gerardmer. Le 21 juin, le lieutenant Massotte trouvait la mort lors des ultimes combats dans la cité geromoise. Capturé en grande partie, le 242 cessait d'exister.
Parmi les hommes du régiment tombés lors de ces opérations, citons une douzaine de Haut-Marnais :
Bourdeaux Pierre, né en 1912 à Perrancey, 7e compagnie, le 22 juin dans le Haut-Rhin.
Bourlier Fernand, né en 1910 à Corgirnon, le 23 juin à Sélestat des suites de blessures.
Chevalier Henri, né en 1910 à Bourbonne, le 19 juin à Sainte-Marie-aux-Mines.
Grandjean René, né en 1906 à Biesles, le 22 juin à Gerardmer.
Knerr Emile, né en 1908 à Bannes, tué le 18 juin à Liepvre.
Massotte Adrien, lieutenant, né en 1893 à Torcenay, tué le 21 juin à Xonrupt-Longemer.
Massotte Roland, né en 1915 à Chalindrey, tué le 16 juin à Richtolsheim.
Molard Roger, né en 1908 à Vandrecourt (sic), le 17 juillet à Kientzheim.
Rolland James, né en 1906 à Biernes, le 27 juin à Marrkich.
Sirault Jean, lieutenant, né à Brienne-le-Château en 1909, de Saint-Dizier, le 21 juin à Saulcy-sur-Meurthe.
Thominot André, né en 1909 à Frécourt, le 17 juin 1940 à Artzenheim des suites de blessures.
Vincent Emile, sergent, né en Moselle, prêtre à Saint-Dizier, tué à Xonrupt-Longemer.
Ont été faits prisonniers :
. le 21 juin, Charles Anzenberger (II/242), de Saint-Dizier, qui sera déporté à Dachau ; Marcel Guyot, chef de groupe dans la CA du III/242, capturé à Longemer ; Jean Hutinet (10e compagnie), de Maizières-sur-Amance ; l'adjudant Marcel Carlin (11e compagnie), de Saint-Dizier, à Xonrupt ; le sergent Max Dupuy (9e compagnie), de Saint-Dizier, à Xonrupt ;
. le 22 juin, Paul Bauduret, gendarme à Langres, capturé à Xonrupt, déporté à Dachau ;
. le 23 juin, André Collin, de Ceffonds, pris à Gerardmer...
. le caporal Louis Fricot (III/242), de Montier-en-Der, capturé dans « la perle des Vosges », etc.
Par ailleurs, nombre de Haut-Marnais du 242e RI, tombés aux mains des Allemands, décéderont dans des circonstances diverses en captivité :
Collin Pierre, né en 1906 à Montreuil-sur-Thonnance, en 1945 en Allemagne.
Didier Justin, né en 1903 à Sarrey, en 1941 en Allemagne.
Flagez Auguste, né en 1904 à Colombey-lès-Choiseul, en 1945 à Paris.
Fouilleret Pierre, né en 1910 à Chaumont, en 1944 en Allemagne.
Logerot Maurice, né en 1912 à Thivet, en 1941 en Allemagne.
Luzardy Marcel, né en 1904 à Saint-Dizier, en 1942 à Toul.
Maugras Charles, né en 1910 à Essey-les-Ponts, en 1941 à Lyon.
Moisson René, né en 1906 à Is-en-Bassigny, en 1942 en Allemagne.
Poinsenot Marius, né en 1910 à Fayl-Billot, en 1944 en Allemagne.
Salzard Adrien, né en 1906 à Laneuville-aux-Bois, en 1942 en Côte-d'Or.
Theveny Pierre, né en 1911 à Celles-en-Bassigny, en 1942 en Allemagne.
Tissier Pierre, né en 1908 à Chaumont, en 1943 en Allemagne.
Viard René, en Allemagne.
Les combats du 242e RI ont été évoqués à plusieurs reprises par l'historien troyen Roger Brugge, marié avec une Bragarde, journaliste à Chaumont et récemment décédé. Sa magistrale "Histoire de la Ligne Maginot" fait autorité.
mercredi 22 février 2012
Parachutistes britanniques dans le canton de Chevillon

La nuit du samedi 12 au dimanche 13 août 1944 a été marquée par plusieurs parachutages au profit de la Résistance haut-marnaise : une opération a ainsi lieu entre Tronchoy et Rolampont, la réception et le transport des armes étant assurés par l'équipe d'André Guignard (« lieutenant Dédé »).
La même nuit, ce sont des parachutistes britanniques qui sautent en lisière du département, dans le cadre de l'opération « Rupert », exécutée par le G Squadron (major Rooney) du 2nd Special air service regiment. Il semble que le parachutage ait eu lieu vers la ferme de Berzillière, non loin de Giffaumont (Marne).
Les sticks des lieutenants Cameron (Peter ?) et Marsh sont réceptionnés par un officier opérant en Champagne depuis quelques jours, le lieutenant D.V. Laws, parachuté lui à Bailly-le-Franc. Si Laws part ensuite se fixer en forêt de Trois-Fontaines-l'Abbaye (Marne), Cameron va, de son côté, se porter du côté de Chevillon et de Morley, aux confins de la Haute-Marne et de la Meuse.
Là-bas, il pourra compter sur la coopération de Maxime Douard, d'Eurville, et de deux sergents établis à Sommeville, Maurice Jeanjean et Maurice Gautron, ce dernier possédant la particularité d'être né dans l'île de Jersey, et donc de parler parfaitement la langue de Shakespeare.
Le stick Cameron sera notamment engagé le 31 août 1944, lors de la libération du Nord-Haute-Marne par la 4th Armoured division, en affrontant un détachement ennemi à Fontaines-sur-Marne.
Cette photo (collection Club Mémoires 52), sur laquelle figure peut-être le lieutenant Cameron (à gauche), a été prise au moment de la libération d'Eurville. A noter que le stick aurait compté en son sein un Corse, Jean-Marc Canonici, originaire de Bonifacio.
jeudi 19 janvier 2012
15 septembre 1944 : deux Algériens meurent à Pressigny

Des zouaves de la 1ère DB à Fayl-Billot (collection CM 52).
Le 15 septembre 1944, alors que le département de la Haute-Marne est quasiment libéré, le capitaine Peix, de l'escadron hors rang du 5e régiment de chasseurs d'Afrique (RCA), rédige un rapport sur ce qu'il convient d'appeler « l'affaire de Pressigny ».
Pour situer ce combat dans son contexte, signalons qu'à partir du 12 septembre 1944, l'armée française du général de Lattre, débarquée en Provence, a fait son entrée dans le Sud du département. Si Langres a été libérée le lendemain , en grande partie par la 1ère division blindée, dont fait partie le 5e RCA, cette grande unité s'est employée, les 14 et 15, à nettoyer une poche de résistance allemande située à l'extrémité Sud-Est de la Haute-Marne, dans la région de Fayl-Billot. A Belmont, notamment, plus de 200 soldats allemands sont capturés. Ces deux jours de combat auront coûté à ce régiment de chars un tué (le maréchal des logis-chef Guy Dallé, né en 1919 à Tourcoing, tué le 14 septembre à Belmont d'une balle au cou) et trois blessés. Ne sont pas comptées dans ce bilan les victimes du combat de Pressigny, dont voici la teneur, selon le rapport du capitaine Peix.
Désireux de capturer deux soldats allemands signalés dans un bois par un habitant, le long de la route de Pressigny à Poinson-lès-Fayl (canton de Fayl-Billot), le capitaine Peix dirige sur les lieux deux patrouilles à pied. Mais le bois est en fait infesté de très nombreux soldats ennemis appuyés par des mitrailleuses. Le combat qui s'engage alors tourne au désavantage des chasseurs d'Afrique : la patrouille de l'adjudant-chef Constans est capturée, celle du lieutenant Tahar Soukehal subit de lourdes pertes.
De son côté, Peix parvient à capturer trois Allemands, qui informent l'état-major français de la présence de quelque 400 de leurs compatriotes dans le bois. Le nettoyage de celui-ci est alors décidé et confié à des tank-destroyers et à des FFI appartenant, peut-être, au 1er bataillon du Charolais, mis sur pied en Saône-et-Loire.
Pour les deux patrouilles, le bilan est lourd, puisque deux chasseurs ont été tués : le lieutenant Soukehal et le soldat Ziane (enterrés le 16 septembre à Pressigny), quatre prisonniers (dont l'adjudant-chef Constans) et deux blessés. A noter que quatre chasseurs capturés ont pu rapidement fausser compagnie à leurs geôliers.
Trois jours plus tard, le 5e RCA quittait la Haute-Marne pour opérer en Haute-Saône puis dans les Vosges.
Note : cet article est paru dans le numéro 35 de « Dossier 52 » (août-décembre 2003). En guise de complément, signalons que les deux militaires du 5e RCA tombés à Pressigny correspondent au lieutenant Tahar ben Ahmed Soukehal, né en 1910 à Penthièvre, et au chasseur Araibia Ziana, né en 1918 à Oular ouled Antare Boghari, tous deux morts le 15 septembre. Par ailleurs, selon le site "Mémoire des hommes“, le régiment déplore également la mort de Naod Negbil, né en 1915 à Ouled el Chouin, décédé ce même jour à Pressigny des suites de blessures. Le site indique encore que Said Laatit, de la 82e compagnie de transmission, est mort le 15 septembre 1944 à Fayl-Billot des suites de blessures, et que le chasseur Robert Dandieu, né en 1920 à Bordeaux, toujours du 5e RCA, a trouvé la mort le 18 septembre à Frettes... Hommage à ces libérateurs venus d'Afrique du Nord.
mercredi 28 décembre 2011
Hommes de sciences à l'honneur dans "Mémoires de Haute-Marne" n°3

Le numéro 3 de "Mémoires de Haute-Marne" vient de paraître. Il est essentiellement consacré à des hommes de sciences nés dans le département, et notamment dans l'arrondissement de Langres.
Au sommaire :
- Camille Flammarion et sa famille (par Jean Petit, vice-président du club Mémoires 52) ;
- Scientifiques du Pays langrois : Laurent, Violle, Desgrez, Delannoy, Walferdin (par Lionel Fontaine et Didier Desnouvaux) ;
- Un héros de la Campagne du Mexique : le général Théodore Galland, de Baissey ;
- Un Haut-Marnais, officier FFI à 71 ans : le commandant Recouvreur, d'Ageville ;
- De nouvelles précisions sur des pilotes haut-marnais de la Der des Der et de l'aviation civile ;
- L'hommage d'une Chaumontaise à son bisaïeul, Adulphe Toussaint, sculpteur de pierres (par Marie-Claude Simonnet).
Ce numéro est disponible au prix de 10 euros auprès du club Mémoires 52, 1 bis, rue Dutailly, 52000 Chaumont.
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