mercredi 7 juillet 2010

Des pilotes haut-marnais de la Der des der




Le lieutenant Brétillon, crédité de sept victoires homologuées.

En complément de notre dernier article sur les origines haut-marnaises du commandant de Tricornot de Rose, père de l’aviation de chasse, voici quelques évocations de pilotes de la Der des Der originaires du département.

Né à Eurville en 1895, Roger Brétillon, maréchal des logis d’artillerie, breveté pilote, sert successivement dans les escadrilles N 79 (1917) et SPA 49. Il est crédité de sept victoires homologuées entre le 18 mars 1917 et le 21 octobre 1918, dont six la dernière année de guerre, qu’il termine comme lieutenant. Il a été notamment été blessé en combat aérien le 10 décembre 1917. Membre de la Légion d’honneur, capitaine (1937), il se retire à Latrecey où il décède. Ses parents résidaient ensuite à Roches-sur-Rognon.

Edmond-Joseph Goldschmit voit le jour le 1er février 1888 à Vecqueville. Son père, Joseph, est alors cultivateur à la ferme de Sossa. Sa mère porte un nom prédestiné pour un futur pilote : Isabelle Sommer. Au début de la guerre de 1914, il est sous-lieutenant dans le 5e escadron du 5e hussards. Il est lieutenant pilote à l’école d’aviation de Pau (Pyrénées-Atlantique) lorsqu’il trouve la mort le 27 juin 1917, dans une chute d’avion sur le territoire de cette ville. Son nom figure sur le monument aux morts de Joinville.

Gaston-Emile Guidon est né le 11 juin 1893 à Osne-le-Val. Engagé en 1902 à Nancy, servant au 3e tirailleurs algériens à Bône, adjudant (1912), il est breveté pilote en 1913 (brevet n° 1 497). Passé au 1er groupe aéronautique à Versailles la même année, à l’escadrille BL 18 (en avril 1914), blessé aux jambes le 25 août 1914, chevalier de la Légion d’honneur deux jours après, on le retrouve à l’escadrille BL 9, puis il est promu adjudant-chef en mars 1915. Pilote convoyeur, il meurt le 15 décembre 1916 à Dugny des suites de blessure, après la chute de son appareil. Ses parents résidaient à Longeville-sur-la-Laines.

Robert Massenet-Royer de Marancour voit le jour le 14 janvier 1880 à Chaumont. Fils de général et neveu du musicien, il entre en service en 1898. Breveté pilote civil en février 1914, servant au 9e dragons, il sera pilote sur Nieuport, servant successivement à l’escadrille N 69 (novembre 1915), qu'il commande comme capitaine, puis au GC 14. Crédité de huit victoires aériennes (la dernière le 1er novembre 1918, comme chef de bataillon, à 38 ans), lui-même sera général (il meurt en 1969). C’est, avec Brétillon, l’un des deux as français de la Première Guerre mondiale nés en Haute-Marne.

Jules Petre est né à Saint-Dizier en 1886. Venu de l’artillerie, il passe dans l’aviation en mai 1915, est breveté pilote le 29 septembre 1915. Maréchal des logis (1916), passé à la N 76 (12 août 1917), pilote au 2e groupe d’aviation, il est tué à l’ennemi le 23 septembre 1917 près de Berry-au-Bac (Aisne).

Eugène Gillet naît à Chantraines en 1886. Mécanicien dans le civil, sergent (1915), il vient du 79e RI lorsqu’il rejoint l’aviation en janvier 1916. Pilote (mars 1916), il est aux commandes de Caudron à l’escadrille C 11 (juillet 1916) puis à la C 122 (octobre 1916). Son épouse est domiciliée à Sailly. Adjudant au 2e groupe d’aviation, il est porté disparu le 3 juillet 1918 à Blérancourt (Aisne).

René-Vivant Marlin
est né à Chaumont en 1887. Capitaine d’infanterie, il est pilote à l’escadrille MF 7 du 2e groupe d’aviation (février 1915). Selon le texte de sa citation, il est « parti en reconnaissance le 1er avril (1915) malgré un temps très défavorable, (et) a été victime d’un accident mortel ». Il meurt au bois de Selouze, dans la Meuse.

Jean Lanez est né en 1897 à Bellevue (Seine-et-Oise). Etudiant, il sert d’abord dans les chasseurs à pied puis, sous-lieutenant à titre temporaire (1915) puis lieutenant (juillet 1917), est breveté pilote le 12 septembre 1917. Il sert dans la N 87 en avril 1918. Après guerre, il ira travailler à Saint-Dizier où il se mariera. Résistant dans l’Aube, il sera déporté en avril 1944 à Buchenwald et décédera à Flossenburg.

Léon-Félix-Nicolas Laurent naît à Chalindrey en 1897. Ses parents résideront à Langres. Mécanicien, mobilisé en 1914, il sert dans le train des équipages lorsqu’il rejoint l’aviation en février 1916. Brigadier, pilote de Nieuport, il est affecté à l’escadrille C 61 en janvier 1917. Maréchal des logis au 2e groupe d’aviation, il meurt le 17 août 1917 à Avocourt (Meuse) dans la chute de son avion.

L’adjudant mitrailleur Robert-Joseph Laguesse naît à Joinville en 1890. Affecté au 3e groupe d’aviation (escadrille 66), il est tué au cours d’un combat aérien le 16 novembre 1916 dans la région de Péronne (Somme), avec le sergent Girard.

Homonyme d’un fameux pilote de chasse, Marie-Paul-Ferdinand-Robert Deullin est Bragard. Né en 1893, il est maréchal des logis au 60e régiment d’artillerie lorsqu’il rejoint l’observation aérienne, en novembre 1915. Affecté à l’escadrille MF 36 en mai 1916, promu sous-lieutenant en septembre 1917, il contribue à une victoire sur un appareil ennemi. Deullin sera breveté pilote en janvier 1919.

Comme l’as Brétillon, Adrien-Constant Fétu est natif d’Eurville. Mobilisé à 20 ans, en septembre 1914, au 1er groupe d’aviation, il est breveté pilote sur Nieuport en mars 1915. Caporal dans l’escadrille MS 49, puis sergent, passé dans l’escadrille N 26, il est promu adjudant au titre de l’armée serbe. Médaillé militaire en février 1916, il est, après la guerre, garagiste à Versailles. Mais sa passion de l’aéronautique ne l’abandonne pas. Il meurt prématurément, en 1922, des suites d’une chute d’un planeur dans le Puy-de-Dôme. Le Haut-Marnais Fétu est d’ailleurs considéré comme la première victime du vol à voile français. Il sera fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume en 1923.

S’il naît à Lyon en 1892, Alfred-François Lemut est le fils d’habitants du château de Bienville. Breveté pilote, il rejoint l’escadrille MF 385 qui sert en Orient. Selon la revue « L’Aérophile », il est « tué glorieusement en combat aérien, en entraînant son adversaire dans sa chute ». Cette mort aux commandes d’un Nieuport survient le 18 février 1917, en Serbie.

Georges Andriot naît à Consigny en 1895. Collégien à Wassy, agent voyer à Chaumont, membre du Club sportif chaumontais, il s’engage au 6e dragons en 1914. Détaché au 1er groupe d’aviation (juillet 1917), il est breveté pilote en octobre (numéro 7 163). Meurt accidentellement le 14 décembre 1917 à Cazaux dans la chute de son avion.

Maurice Masson-Regnault naît à Chalindrey en 1897. Collégien à Langres, passé par le Prytanée militaire de La Flèche puis par Saint-Cyr, il s’engage en 1915, est promu aspirant en 1916, et passe dans l’aviation en septembre 1917. Grièvement blessé en combat aérien le 9 août 1918, il commande après la guerre l’escadrille Br 221. Colonel de réserve, il fonde plusieurs compagnies : Air-Algérie, Air-Maroc, Gyra-Afrique et Gyrafrance. Son gendre sera général d’aviation. Mort en 1975.

Né le 15 avril 1886 à Saint-Dizier, fils de mécanicien (habitant rue des Montants), Paul Lenfant est appelé au service militaire en 1907, au 10e génie. Mécanicien dans le civil, domicilié à Paris, il obtient le brevet de pilote n°731 le 18 janvier 1912. Sergent pilote de Caudron, il rejoint l’escadrille C 17 en septembre 1915, en provenance de Pau. Après le conflit, membre des Vieilles tiges, il est situé, en 1924, comme directeur du Service des courses des autos Benjamin. Marié à Paris en 1930, il meurt à Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales) en 1963, à l’âge de 77 ans.
Paul Lenfant était le frère d’un autre pionnier de l’aviation : Louis-Edouard, né le 30 avril 1876 à Saint-Dizier. Celui-ci a décroché le brevet de l’Aéro-club de France n° 386, le 3 février 1911, sur appareil Hanriot. La fameuse revue L’Aérophile – puis la presse anglo-saxonne - signalera que le 6 avril de la même année, Lenfant, toujours sur monoplane Hanriot, a enlevé trois passagers, soit un total de 332 kg de charge utile. L’année suivante, le Bragard a été sollicité par l’industriel auvergnat Michelin pour lancer sa brochure « Notre avenir est dans les airs ». Membre des Vieilles tiges, domicilié dans les années 20 à Viroflay, Louis-Edouard Lenfant, qui s’était marié en 1900 à Paris, est décédé à Dinard, en Ile-et-Vilaine, en 1948.

Né en 1895 à Rémont (Aisne), le lieutenant Eugène-Alfred Barbier, militaire avant la mobilisation, devient pilote sur Caudron le 18 avril 1815. Il sert successivement dans les escadrilles C 13 (avril 1915), C 28 (avril 1916) et C 46 (juillet 1916). Lieutenant, il trouve la mort accidentellement le 2 juillet 1917, à Lagny-le-Sec (Oise). Son épouse vivait alors à Hallignicourt. Il était titulaire de la médaille militaire (août 1915), de la Croix de guerre, et il était chevalier de la Légion d’honneur (janvier 1917).

Aimé-Lucien et Robert-Edmond Thomassin sont deux frères : ils sont nés à Droyes, le premier le 16 février 1889, le second le 19 octobre 1894. Négociant, Aimé-Lucien, sergent depuis juin 1915, devient élève pilote le 19 août 1916, pour être breveté le 7 janvier 1917. Adjudant (mars 1918), il sert dans les escadrilles C 226 (mars 1917) et BR 216 (juin 1918). Mobilisé en septembre 1914, Robert-Edmond, caporal en novembre 1916, apprend à piloter à compter du 22 mars 1916 et devient pilote sur Nieuport le 22 septembre 1916. Ses affectations : les escadrilles N 312, N 26 et N 97 (juillet 1917).

Si Pierre Scordel est né à Paris en 1897, sa mère vit, pendant la guerre, à Chaumont. Etudiant, il s’engage en 1915. Elève pilote le 15 septembre 1916, breveté le 6 décembre, il rejoint l’escadrille 262 en avril 1918. Il s’agit peut-être du futur président de l’Aéro-club de la Haute-Marne, dans les années 30.

Troyen de naissance (le 27 octobre 1895), André-Paul-Ernest Simon, orphelin, vit à Châteauvillain, lieu de résidence de sa grand-mère. Le 19 décembre 1913, il décroche le brevet de pilote de l’Aéro-club de France n°1 536, le même jour que son compatriote Adrien Fétu (d’Eurville). Mobilisé le 4 août 1914 au 2e groupe d’aviation, André Simon est promu caporal en mars 1915, et sert dans l’escadrille N 26, à laquelle ont appartenu ou appartiendront plusieurs pilotes ayant un lien avec la Haute-Marne : le sous-lieutenant Jean Bielovucic, ancien élève au collège de Saint-Dizier, l’adjudant Fétu, le brigadier Thomassin, de Droyes… Passé sergent dans le courant de l’année 1915, le Castelvillanois est promu adjudant le 11 mars 1916. Puis il est affecté comme pilote convoyeur à la Réserve générale d’aviation (RGA), le 4 septembre 1916. Une affectation très brève : le 16 septembre, il meurt en service commandé dans la chute de son avion en Seine-et-Oise.

Neveu du général de Maud’huy, cousin d’un autre aviateur, Jean-Guillaume-Henri de Maud’huy, né à Biarritz en 1895, est le fils d’un officier supérieur propriétaire du domaine de Bracancourt, à Blaise (village dépendant aujourd’hui de la commune de Colombey-les-Deux-Eglises). Maréchal des logis pilote au sein de l’escadrille BR 508, il trouve la mort le 4 juillet 1918 lors d’une mission en Macédoine. Son nom figure à la fois sur le monument aux morts de Blaise et sur celui de Beaucharmoy, lieu d’origine des Maud’huy (comme son cousin Simon, lieutenant à la MF 69).





Sources principales : « Dossier 52 » n°34 (2003) ; base Léonore ; base Mémoire des hommes ; registre de l'état civil de Saint-Dizier.

1 commentaire:

  1. bonjour à tous
    je recherche désespérement une photo de mon grand père André Paul Ernest Simon pilote de1914 à1916 ,j'ai beaucoup d'informations militaires ,mais pas de photos .
    si quelqu'un peut m'aider ,merci

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