mercredi 31 mai 2023

1943 en Haute-Marne (juin)


Des réfractaires au camp de Lamarche. Parmi eux, Roger Olivier, de Chaumont.

(Collection R. Olivier/club Mémoires 52)


 1er juin 1943 : les réfractaires haut-marnais continuent à rejoindre le camp de Lamarche. Cette nuit-là, c'est le cas de Maurice Noirot, Paul Haquin, René Sylvestre, Robert Roquis. Le 9 juin, Gabriel Piot, chef du secteur 416, dirige trois nouvelles recrues, dont André Legendre et Albert Vairelles, puis deux Lorrains le 15 juin, tandis que dans la deuxième quinzaine du mois, une quinzaine de réfractaires envoyés par Emile Darbot (secteur 430) sont contraints de créer un camp satellite au Trou du Chat, près de Laneuvelle.

7 juin 1943 : les Chaumontais François Andriot et Charles Husson arrivent enfin à Londres, après un long périple par l'Espagne.

10 juin 1943 : le fonctionnaire Marcel Segaut est relevé de ses fonctions de sous-préfet de Sarlat, poste qu'il n'a d'ailleurs jamais occupé. Il avait quitté clandestinement la sous-préfecture de Langres en 1942 pour rejoindre la délégation générale de la France libre (Jean Moulin).

12 juin 1943 : arrestation du Nogentais Jean-Marie Bressand à Besançon.

15 juin 1943 : décès à Sachsenhausen de Marius Bocquenet, de Wassy.

16 juin 1943 : Claude-Robert Baverel, d'Ageville, est arrêté en voulant franchir les Pyrénées. 

17 juin 1943 : Mario Berva, de Latrecey, est arrêté à Dijon. Il sera déporté.

22 juin 1943 : 70 petits Parisiens arrivent en gare de Chaumont. Ils rejoignent la colonie de Roôcourt-la-Côte. Parmi eux, trois juives, les soeurs Acounis, qui échapperont aux persécutions.

23 juin 1943 : déportation de Nicolas Schlesinger, de Saint-Dizier.

25 juin 1943 : Raymond Verjux, né à Hûmes, domicilié à Sexfontaines, et Michel Fliecx, de Chaumont, sont déportés.

29 juin 1943 : décès à Sachsenhausen d'Henri Maupin, de Nogent.

30 juin 1943 : arrestation à Chaumont de Louis Régnier, Marie-Louise Régnier et Fernand Millot, à Langres d'Adrien Giudicelli et Albert Grepinet. Tous seront rapidement libérés.

lundi 22 mai 2023

La Compagnie du Val (2) : un dépôt d'armes en forêt


    Les maquisards s'étaient donné rendez-vous en forêt du Val. Ici, lors d'une messe après guerre 
en hommage aux morts du maquis.

Mi-août 1944. Première grande opération clandestine pour les FFI de la Compagnie du Val. Un parachutage avait eu lieu précédemment sur le terrain Gargouille du hameau de Billory, commune de Robert-Magny, près de Montier-en-Der. Celui de la nuit du 10 au 11 juillet 1944, réceptionné par deux agents du Special Operations Executive (circuit Pedlar) et, notamment, par Raoul Laurent, chef départemental de Libé-Nord, et son adjoint Eugène Roux ? Ou celui qui, de source britannique, se serait produit le 9 août 1944 ? Toujours est-il que les résistants bragards partent chercher les armes parachutées pour les entreposer.

Le lieu qui sera choisi pour servir de dépôt d'armes : le Château-Gane, en forêt du Val. Le Val est une vaste forêt privée s'étendant entre la Marne et la Blaise. Y a été érigée, en son coeur, la Belle-Maison, une maison forestière qui, selon l'historien haut-marnais Emile Jolibois, est un ancien rendez-vous de chasse des princes de la maison de Guise. De la Belle-Maison partent huit tranchées forestières menant à Roches-sur-Marne, Saint-Dizier, Marnaval, Valcourt, Humbécout, Wassy, Villiers-aux-Bois et Prez-sur-Marne. C'est sur la tranchée de Prez-sur-Marne, un peu après la Belle-Maison, est situé le lieu-dit Château-Gane, que Michel Zeller, le jeune fils (il a 22 ans) d'un officier installé à Saint-Dizier, a indiqué aux responsables de la Résistance bragarde, 

Le lieutenant Eugène Roux et Raoul Laurent s'accordent à préciser que c'est le 16 août 1944 que les transport d'armes est réalisé depuis Montier-en-Der. Le lieutenant Roux est accompagné de l'entrepreneur bragard Guy Grapinet, qui a mis deux camions de sa société à disposition des FFI. Le chauffeur Lucien Masselot, Louis Pernel, un nommé Buet (ou Buret), Emile Marcillet, Lucien Van Echelpoel et Jean Thiéblemont appartiennent à cette équipe. D'autres volontaires - Pierre Dubus, Alexandre Gairaut, André Serrurier, Yves Vidberg - vont veiller à la garde des armes et explosifs, dont les plus endommagés seront repérés par Zeller, Gairaut, Dubus et Thiéblemont. Ils sont ensuite entreposés dans la baraque appartenant à un boucher de Saint-Dizier (Leclerc), toujours sur la tranche menant à Prez-sur-Marne. C'est à cette "baraque Leclerc" que s'installera le maquis, après l'arrivée au camp de Raoul Laurent et d'un de ses collaborateurs, René Quellais.

Les hommes cités plus haut, et qui sont donc présents depuis la mi-août 1944 dans la forêt du Val, forment le noyau de la 1ère section (lieutenant Eugène Roux) du maquis, dont le parc comprend également un camion du Secours national d'Eurville et un autre mis à disposition par M. Benoit, directeur du dépôt d'essence de la Standard.
La 2e section est constituée effectivement le 24 août 1944, c'est-à-dire le lendemain de la mobilisation générale des FFI de la Haute-Marne. "Le chef de section reçoit l'ordre de faire monter sa section dans la forêt du Val à la Belle-Maison, indique le compte-rendu du lieutenant Lelong. A 21 h, l'effectif est au complet. Transport des armes au nouveau camp. Installation du camp. Préparation des charges d'explosif pour le sabotage de la ligne de chemin de fer de Baudonvilliers..."

Deux opérations sont exécutées dans la nuit du 27 au 28 août 1944. La première : la réception d'un parachutage. Le capitaine Thérin rapporte : "Le capitaine était averti qu'un parachutage d'armes lui serait fait dans la plaine (...), au nord [de la] route Pont-Varin - Voillecomte". Il s'agit du terrain BOA Toboggan, qui a déjà été destinataire d'une opération aérienne début juin 1944. "Avec plusieurs camions à charbon de bois appartenant à M. Grapinet, nous sommes allés à l'endroit du parachutage et avons normalement reçu des conteneurs d'armes", précise l'officier. Dans l'ouvrage Combattants de la liberté, Jean-Marie Chirol apporte d'autres précisions sur cette opération : "L'expédition commence. Point de départ : la baraque Leclerc, dans la forêt du Val, non loin de Villiers-aux-Bois. Itinéraire : tranche de Villiers, tranche ferrée et, par le château du Val, atteindre route de Wassy, puis Louvemont, Pont-Varin, la côte de Voillecomte et terrain Toboggan. Là, ils retrouveront l'équipe de Wassy : Dedet, Garcia, Pirson, Thiéblemont père et fils (...) La petite armada d'ébranle. La 11 CV, conduite par Pierre Dubus, ouvre la marche. Il a à côté de lui Michel Zeller, mitraillette braquée, et, derrière, col au poing, Victor Thérin, Raoul Laurent, également armé d'un colt, et René Quellais, dont le fusil anglais passe par la portière. Viennent ensuite deux camions appartenant à Guy Grapinet, qui conduit le premier. Un fusil-mitrailleur est installé sur la cabine de chaque camion.
    La 1ère section, commandée par Eugène Roux, tireur de FM Schultz, monte dans le premier camion, et la 2e section, commandée par Mougel [en réalité Paul Lelong], dans l'autre. Des ennuis de durite affectent l'un des camions près du château du Val. Le bruit occasionné par les gazogènes donne à cette équipée nocturne et clandestine une allure un peu trop bruyante. Heureusement, le terrain est atteint et chacun se met à l'ouvrage : le lieutenant Eugène Roux est chargé de la protection, Raoul Laurent de la partie technique (balisage, signaux en morse, etc.) et Victor Thérin est le responsable militaire. Tout se passe normalement malgré la pluie qui menace. Trois avions se présentent successivement, et malgré le tir des Allemands qui ont été mis en alerte, deux avions parviennent à l'arguer un important matériel (...) Vite, le balisage est donné, la lettre conventionnelle aussi, et de nombreux parachutes descendent au-dessus de la plaine. Les équipes se mettent au travail avec ardeur pour récupérer les "tubes", et les charger sur les camions. Lorsque le troisième appareil se présente, il est repéré par les Me 110 du Robinson, la DCA et les projecteurs. Aucun signal ne lui est envoyé par Raoul Laurent en raison du danger encouru pour l'appareil et la cargaison des maquisards provenant des deux premiers avions. Ce troisième appareil n'insiste pas et disparaît. Il reste bien des parachutes accrochés aux arbres, mais les gars de Wassy s'en chargeront".
    De son côté, le compte-rendu de la section Lelong note : "Participation de la section au parachutage d'armes de Voillecomte (nuit du 27 au 28 août). Message "Le brigand se cache dans la camisole". Un des hommes de la 1ère section (1er groupe) est blessé par un tube. Convoyage des armes de Voillecomte au camp du Val." Le FFI blessé (à la main) se nomme Martial Thiery, de Saint-Dizier. (A suivre).

jeudi 11 mai 2023

1943 en Haute-Marne (mai)


 François Andriot (en bas), un Chaumontais évadé de France par l'Espagne.
(Collection club Mémoires 52).


1er mai. Un ouvrier, Pierre Salzard, d'Harméville, est tué dans l'explosion d'un obus de 1940 lors d'un chantier à Soulaincout.

. Des prisonniers de guerre indochinois sont détachés dans un chantier en forêt du Der. Ils sont logés à Louvemont.

3 mai. Le Chaumontais Christian Pineau, fondateur du mouvement Libé-Nord, est arrêté à Lyon et emprisonné au fort de Montluc.

. Arrestation de Marcel Monjardet à Chalvraines (il sera incarcéré à Clairvaux).

7 mai. Arrestation à Joinville de Georges Curtinot.

8 mai. Départ d'un convoi de déportation de Compiègne à Sachsenhausen : Emile Leveau (Langres, décédé dans les camps), Charles Benay (Saint-Dizier), Roger Adam (Joinville, décédé), Paul Collin (Marbéville, disparu), Georges Collard (Sainte-Livière), Marcel Varnier (Saint-Dizier) en font partie.

. Arrestation de Fernand Thomas (Langres) à Montigny-le-Roi, de l'officier FTP Henri Hutinet (Bussières-lès-Belmont) dans la Loire.

. Evasion des frères Abel et Georges Antoine (Blécourt et Blessonville) de la prison d'Hinzert.

12 mai. Arrestation de Roger Clément à Echenay.

13 mai. Décès à Manheim de Fernand Chevalme (Saint-Dizier), arrêté en juillet 1941.

14 mai. Arrestation à Chaumont du résistant Albert Gaudry.

17 mai. Déportation vers une prison d'Allemagne de Pierre Hutinet (Rachecourt-sur-Marne) et Alexis Boulommier (Langres).

19 mai. Arrestation d'Albert Reczko à Chaumont.

20 mai. Arrestation de Gustave Breidenstein (Saint-Dizier) pour détention d'arme, de Jean Nowack (Perrusse). Décès de Louis Chauvot (Dommarien) à Buchenwald.

23 mai. Décès de Louis-Emile Thouvenin (Bettaincourt-sur-Rognon) à Wittlich.

24 mai. Le Chaumontais François Andriot est libéré du camp de Miranda (Espagne).

26 mai. Arrestation à Chaumont de Raymond Chalavon (d'Unieux dans la Loire), d'Henri Laborde et Henri Noël. Un pistolet automatique est découvert au domicile de Laborde. Le couple Eugène et Lina Cousin qui hébergeait Chalavon et Noêl seront également interpellés dans le cadre de cette affaire conduite par la Sipo-SD.

. Arrestation du douanier Paul Goguey à Auberive.

27 mai. Une délégation de Wassy se rend à Vichy pour contester auprès du maréchal Pétain le transfert "provisoire" de la sous-préfecture à Saint-Dizier.

28 mai. Maurice Stivalet et Auguste Marlin sont arrêtés à Langres, accusés d'avoir troublé une réunion de la LVF. Arrestation d'Hubert Thomas (Saucourt-sur-Rognon) en Allemagne.

30 mai. Une réunion du Parti populaire français (PPF) se tient à Chaumont.

Courant mai. Arrestation de Bernard Malarme (Wassy). Création d'un chantier forestier à Auberive. Contacts entre les résistants Gabriel Piot (CDLR) et Emile Darbot, Simone Dauvé et Pierre Clavel (BOA), Jean Le Magny, Gaston Huet et André Germain (RN). Réunion de plusieurs patriotes de Chaumont au domicile d'Albert de Saint-Thibault, directeur de l'hôpital. Homologation du terrain Gluck à Pouilly-en-Bassigny. Déportation de René Floquet (Bourbonne-les-Bains). 


lundi 24 avril 2023

La Compagnie du Val (1) : un maquis Libé-Nord


Le capitaine Victor Thérin au milieu des saboteurs de la section Lelong.

(Collection Mme Lassalle/club Mémoires 52).


         "N'ayant été armée que pratiquement la veille de la libération, la principale opération de cette unité, en dehors de quelques sabotages, souvent d'ailleurs très efficaces, a été la prise de Saint-Dizier." C'est ainsi que le journal de marche du lieutenant-colonel Emmanuel de Grouchy, chef départemental des Forces françaises de l'intérieur (FFI) de la Haute-Marne, introduit le relevé d'opérations du Bataillon FFI de Saint-Dizier, dont la 1ère compagnie correspondait à la Compagnie du Val, appelée également maquis du Val. Plusieurs documents, pour la plupart inédits, vont nous aider à en savoir plus sur cette unité composée de volontaires de la région bragarde et rattachée au mouvement Libé-Nord.

Sous les ordres d'un officier d'active

        Bragard d'adoption, Victor Thérin est Breton d'origine. Né le 9 mai 1917 à Yffiniac (Côtes-du-Nord), il se définit lui-même comme "un officier d'active sortant de Saint-Cyr en 1939 et qui s'était fait mettre en congé de l'armée après l'armistice de 1940 pour ne pas servir Vichy et s'était retiré provisoirement chez ses beaux-parents à Saint-Dizier pour y travailler avec son beau-père dans une entreprise de grains". Admis à l'école spéciale militaire en 1937, ce militaire était en effet l'époux d'Andrée Fenault, et tous deux seront, après-guerre, gérants des Etablissements Fenault & Thérin.   

        Son entrée dans la Résistance active, le lieutenant Thérin la raconte ainsi : "Le capitaine Thérin a été contacté fin mai 1944 par M. [Marc] Mourey, instituteur, lequel était délégué de la résistance pour la zone Nord Haute-Marne. M. Mourey avait demandé à M. Thérin de bien vouloir former une compagnie de résistance à Saint-Dizier [...] M. Mourey, pour preuve du bien-fondé de sa demande et de son appartenance à la Résistance, a indiqué à M. Thérin qu'il entendrait un message spécial, radio de Londres, le soir-même. Ce qui fut fait. M. Thérin s'occupa donc immédiatement d'organiser sur le plan militaire une compagnie de quatre sections de 30 hommes et un groupe de commandement."

    Né à Saint-Barthélémy (Haute-Saône) le 18 juillet 1911, domicilié à Saint-Dizier où il est instituteur (il résidait rue Anatole-France, en 1936), Marc Mourey, alias "commandant François Jardin", était membre actif de Libé-Nord, créé à l'échelle nationale par un Haut-Marnais (le Chaumontais Christian Pineau), représenté en Champagne par un autre Chaumontais de naissance (Gabriel Thierry) et, en Haute-Marne, par le cheminot bragard Raoul Laurent. C'est donc à ce mouvement que la compagnie sera rattachée.

        "Deuxième quinzaine de juillet, cette compagnie était complètement formée", précise Victor Thérin, qui résidait avenue de la République, près de la Kreiskommanantur. C'est en réalité sur "le papier" que cette unité existe à cette époque. Désigné pour commander la 2e section, le lieutenant Paul Lelong, né à Montreuil-sur-Blaise (Haute-Marne) en 1898, indique ainsi, pour ce qui concerne ses hommes : "Formés dans la clandestinité, les éléments du premier groupe furent contactés en mai 1944 par le chef de section. La section fut définitivement formée le 1er août 1944. Ordre fut donné par le commandant de compagnie de tenir les trois groupes en alerte. Au début du mois d'août 1944, le chef du groupe n°2 fut chargé de déminer les fourneaux de mines installés par les Allemands au pont des Eturbées, à Saint-Dizier. Il s'acquitte avec succès de cette mission, avec quelques hommes de son groupe, sous les ordres du directeur d'une usine de Saint-Dizier."

(A suivre)

vendredi 31 mars 2023

1943 en Haute-Marne : avril


Des membres de l'équipage du 425 Squadron morts à Mussey. (Collection club Mémoires 52).


7 avril. Décès à l'hôpital de Georges Oriot, de Lanty-sur-Aube, qui avait été interné à Hinzert.

8 avril. Prosper Grandmontagne, de Doulaincourt, travailleur en Allemagne, est tué dans un bombardement à Essen.

9 avril. Roger Adam est arrêté par la feldgendarmerie en gare de Joinville. 

13 avril. A cette date, 137 juifs sont encore domiciliés en Haute-Marne.

14 avril. Les Allemands arrêtent Paul Aubert à Maranville. 

Nuit du 14 au 15 avril 1943. Chute d'un Wellington du 425 Squadron (Royal Canadian Air Force) à Mussey-sur-Marne. Les six membres de l'équipage sont tués. 

15 avril. Arrêté en mars 1943, le résistant Henri Hutinet, de Bannes, est libéré. 

16 avril. Déportation à Mauthausen de Jules Giudice (Annéville-la-Prairie, mort en déportation), Pierre Auer (Colmier-le-Bas), Roger Gérard (Poissons, mort en déportation), Marcel Briot (Rachecourt-sur-Marne, mort en déportation), Georges Noël (Roches-sur-Marne), René Aubertin, Lucien Georges (décédé en déportation) et James Paillot, tous trois de Sommevoire, Léon Kremer (décédé en déportation) et Marcel Raspado, de Thonnance-lès-Joinville, Pierre Mouillet (Vecqueville, mort en déportation), Marcin Przezkziek (Villiers-en-Lieu, mort en déportation), Alfred Grosse (Chaumont), Georges Tisserand (Saint-Dizier, mort en déportation), Emile Thirion (Bourbonne-les-Bains), François Kuntz (Joinville), ainsi que trois travailleurs en Allemagne qui avaient été arrêtés en gare de Joinville : Souche, Laveau et Aymard.

- André Germain ("Robert"), de Besançon, est nommé responsable du FN en Haute-Marne.

20 avril. Déportation à Mauthausen d'Arthur Favret (Gilley) et Adam Iwanski (Hortes), porté disparu.

21 avril. Raymond Verjux, de Hûmes, est arrêté à Perpignan en voulant passer en Espagne.

24 avril. Déportation de Germain Beaumet, de Chamouilley, à Natzweiler. 

28 avril. Déportation à Sachsenhausen de Marius Bocquenet, de Wassy (décédé dans les camps), de Camille Hilsenkopf, de Saint-Dizier, de Robert Lenfant, de Saint-Dizier, et d'Henri Tetot, de Saint-Dizier, et à Ravensbrück de Germaine Frilley (Frettes, morte en déportation). 

29 avril. Arrivée à Natzweiler d'Henri Henriot, de Maizières-sur-Amance, décédé en déportation.

mardi 7 mars 2023

1943 en Haute-Marne (mars)


Des réfractaires du Nord à Ecôt-la-Combe. (Collection Daniel Delavaquerie).

1er mars. Arrestation d'Emile Leveau, de Langres (mort en déportation), et de Claire Couche née Grandjean, à Dijon (elle est originaire de Nogent).

3 mars. Evasion par l'Espagne de Georges Caublot, de Laferté-sur-Amance (futur parachutiste SAS).

4 mars. Arrestation dans la Nièvre de Roger Gérard, de Poissons, et à Brethenay de Roger Gillet (morts en déportation).

5 mars. Arrestation en Meurthe-et-Moselle d'Arthur Favret, de Gilley (mort en déportation) ; arrestation d'Adam Iwanski, de Hortes (disparu en déportation).

6 mars. Libération de Roger Kittler, de Torcenay.

10 mars. Arrestation de Maurice Henry et Paul Baillache, à Villiers-le-Sec, de Germain Beaumet, à Chamouilley (il sera déporté).

- Arrivée de réfractaires du Nord-Pas-de-Calais à Andelot. Ils travailleront dans le chantier forestier d'Ecôt-la-Combe.

11 mars. Chute d'un bombardier Halifax à Sommevoire (sept rescapés).

12 mars. Déportation d'Alphonse Cacheur, de Wassy, arrêté en Allemagne. Condamnation d'Armand Voirin, de Sarcey, surveillant à Clairvaux (il sera déporté).

15 mars. Arrestation dans la région de Langres (Bannes, Champigny-lès-Langres, Jorquenay) d'Albert Voirin, Henri Hutinet, Paul Vaillon, Gaston Party, Désiré Richard, Raymond Cherrey, Antoine Banak, René Maire. Ils seront libérés.

. Transport de réfractaires de Chaumont au maquis de Lamarche qui vient de se créer.

19 mars. Arrestation de Marcel et Georgette Varnier, de Saint-Dizier, qui seront déportés (elle ne reviendra pas).

20 mars. Arrestation d'Auguste et Germaine Rossignot, de Saint-Dizier, qui seront déportés.

22 mars. Arrestation au Boulou de René Floquet, de Bourbonne-les-Bains, qui tentait de passer en Espagne (mort en déportation) ; arrestation de Louis et Clotilde Bourniquez à Pressigny (elle sera déportée, lui servira au maquis Henry) ; arrestation de Camille Hilsenkopf, de Saint-Dizier (déporté).

23 mars. Déportation de Pauline Lévy, de Bourbonne-les-Bains (assassinée à Auschwitz), 

25 mars. Déportation de Julien Simon, de Montigny-le-Roi (mort à Auschwitz).

27 mars. Mort par accident de l'adjudant FAFL Serge Guernon (246 Squadron), de Chaumont.

Mars 1943 est également le mois :

- de l'arrestation de Georges Bertrand, de Chaumont (déporté).

- de l'affiliation de Pierre Clavel (Langres) au BOA.

- du contact entre Gabriel Piot (Pouilly) et Marcel Arburger (Lamarche) qui lui demande d'organiser le secteur 426 du mouvement Ceux de la Résistance/Lorraine.

  

lundi 13 février 2023

1943 en Haute-Marne (février)


Ida Rizaucourt, arrêtée le 24 février 1943 par la police française.

Parution du dernier numéro de la publication clandestine La Feuille libre, écrite et diffusée par le journaliste chaumontais Fernand Wiszner ; deuxième voyage à Londres du Chaumontais Christian Pineau, fondateur du mouvement Libé-Nord.

1er février. Rassemblement devant la mairie d'une trentaine de Chaumontaises réclamant un supplément de nourriture pour leurs enfants ; arrestation dans le Cher du FTP bragard André Beau.

5 février. Arrestation en gare de Culmont-Chalindrey du FTP alsacien Joseph Siegler, ancien camarade de combat de Pierre Georges (capitaine Henry) dans le Doubs.

6 février. Arrestation par la feldgendarmerie de Jacques Talbot, employé à la Feldpost de Chaumont.

Nuit du 8 au 9 février. Arrestation à Sommevoire des ouvriers René Aubertin et Lucien Georges.

11 février. Arrestation pour refus de travail d'Albert Deruffe, employé au camp de Robinson à Saint-Dizier.

12 février. Arrestation à Fayl-Billot de Roger Kittler, militant communiste de Torcenay, impliqué dans l'affaire Joseph Siegler.

13 février. Arrestation à Sommevoire de James Paillot ; déportation à Auschwitz de Nicole Haguenauer, de Chaumont.

14 février. Arrestation en gare de Joinville de trois ouvriers échappés d'Allemagne, Jean Souche, Edouard Laveau et Paul Aymard.

16 février. Loi instituant le Service du travail obligatoire ; sabotage d'un câble électrique reliant Saint-Dizier au terrain de Robinson.

17 février. Arrestation pour marché noir de Nicolas Schlesinger, de Saint-Dizier.

20 février. Evasion de onze travailleurs juifs du chantier de Champaubert. Quatre seront repris dont deux à Giffaumont et déportés.

22 février. Arrestation de Marcel et Emile Briot, de Rachecourt-sur-Blaise, pour "propagande anti-allemande et distribution de tracts" ; arrestation de Georges Tisserand, chauffeur à l'usine à gaz de Saint-Dizier, pour "détention d'arme".

23 février. Publication au Journal officiel de l'arrêté entérinant le transfert de la sous-préfecture de l'arrondisement Nord de Wassy à Saint-Dizier ; arrestation de Marcel Varnier, employé à la Ville de Saint-Dizier.

24 février. Arrestation par la police française d'Ida Rizaucourt, accusée d'être à l'origine de la manifestation des "mères de famille" à Chaumont le 1er février.

25 février. Déportation à Hinzert d'Abel et Georges Antoine, arrêtés le 17 décembre 1942 sur le territoire de Montribourg, de Georges Oriot, de Laferté-sur-Aube, et René Brouillard, de Louze ; arrestation de cinq ouvriers de Bussy : Albert Bernardin, Léon Kremer, François Kuntz, Pierre Mouillet et Marcel Raspado, pour refus de travail en Allemagne ; arrestation de Marcin Przezdziek, de Villiers-en-Lieu, de Charles Benay, de Saint-Dizier (pour écoute de la radio anglaise et vols).

26 février. Arrestation de Marcel Desnouveaux, de Lachapelle-en-Blaisy, comme prisonnier évadé ; arrestation de Georges Noël, de Roches-sur-Marne, pour détention d'arme.