mercredi 13 mai 2015

Gustave Genevoix, un Bourbonnais mort sur le front à 68 ans

Comme son illustre homonyme, Gustave Genevoix était un homme de lettres. Particularité de cet enfant de Bourbonne-les-Bains : il a repris du service à la mobilisation, en 1914, à l'âge de 67 ans ! Il a vu le jour le 5 avril 1847, rue du Haut-de-Craye, au sein du foyer formé par Gustave-Emile Genevoix, contrôleur des contributions directes, et de Françoise Le Prévost de La Moissonnière. Gustave-Albert est domicilié ensuite à Lons-le-Saunier, où vit sa famille. Des raisons de santé l'obligent à renoncer à une carrière dans la Marine, où sert déjà son frère. Elles ne l'empêcheront toutefois pas d'être nommé, en août 1870, sous-lieutenant dans la 1ère compagnie du 2e bataillon de la garde mobile du Jura. Durant la campagne contre l'Allemagne, il est blessé le 28 novembre 1870 lors de la bataille de Beaune-la-Rolande, soit par des éclats d'obus aux reins, soit par une balle à la poitrine. Genevoix se battra ensuite à Villersexel, en Haute-Saône, et sera fait chevalier de la Légion d'honneur en 1872. La suite de sa vie, nous la connaissons surtout grâce à une notice publiée par l'Académie de Rouen. Etabli dans cette ville après la guerre franco-allemande, Gustave Genevoix travaille comme clerc de notaire dans l'étude de son oncle maternel, se marie à Rennes (sa fille décèdera en 1893), puis revient à Rouen, où il sera conseiller municipal. Il reprend ses études à la fin du 19e siècle, obtient une licence de droit, et s'installe, comme notaire, à Châtellerault (Vienne), où il exerce de 1896 à 1906. Il terminera sa carrière professionnelle comme arbitre rapporteur auprès du tribunal de commerce de la Seine. Parallèlement, Genevoix a servi comme officier de réserve (il a été promu lieutenant au 31e régiment territorial en 1877) et s'est lancé, en 1880, dans une carrière de romancier et d'auteur de pièces de théâtre. Il avait la «plume alerte, sensible et brave», selon l'Académie rouennaise. Lorsque la guerre éclate en 1914, le Haut-Marnais est affecté, comme capitaine, dans la compagnie 5/7 du 1er régiment du génie de Paris. Il sollicite un emploi sur le front et rejoint le 209e régiment d'infanterie territoriale, où il commande la 1ère compagnie. Un officier du régiment écrira à Mme Genevoix : «En raison de son âge, tout le monde chuchotait à voix basse : «Comment as-t-on pu l'envoyer ici ?». En première ligne le 15 octobre 1915, près de Wez (Marne), ses hommes subissent une attaque ennemie avec gaz asphyxiants quatre jours plus tard. Le capitaine Genevoix est «tué par un obus devant son poste de combat, au moment où il en sortait», et sera inhumé au cimetière de la Source. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les écrivains morts pour la France, comme le Langrois Maurice Demougeot.

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