dimanche 29 août 2010

De nouveaux aviateurs de la Der des der



Pierre Burello. Photo parue en Une de L'Avion en 1936. Parmi les 18 portraits de pilotes présentés : Mermoz et deux Haut-Marnais, Burello et Massotte.


De nouveaux pilotes de la Der des der originaires de la Haute-Marne ont été identifiés. Voici le fruit de nos dernières recherches.

La Haute-Marne a donné naissance – c’est une particularité à souligner - à plusieurs pionniers de l’aviation civile des années 30. Parmi eux, les pilotes Georges Libert (1909-2002), d’Andelot, figure du réseau postal aérien puis, après guerre, pilote de Boeing 707 (président national des Vieilles tiges, il était membre d’honneur du club Mémoires 52) ; Louis Massotte (1906-1937), de Torcenay, fameux pilote d’essai mort dans la chute de son appareil ; le mécanicien René Mesmin (1897-1931), de Villiers-aux-Bois, coéquipier de Marcel Doret et Le Brix, mort accidentellement avec ce dernier en Russie … et Pierre Burello.
Comme son nom l’indique, Pierre-Marius Burello est le fils d’un charretier italien, Louis Burello, et de Marie-Eugénie Rampant, domiciliés au Val-Raton, écart de Chaumont. Il naît le 1er juillet 1894.
Mécanicien automobile, le jeune homme s’engage à 20 ans, le 14 août 1914. Il fait partie du régiment cantonné dans sa ville natale, le 109e RI, avec lequel il se distingue (il est blessé au moulin de Laffaux). Caporal le 12 mars 1916, il obtient, par sa persévérance, d’intégrer l’aviation. Elève pilote le 1er juillet 1917, il est breveté le 4 septembre, et affecté le 16 novembre à la fameuse escadrille Spad 23.
Selon Henry Beaubois, qui lui a consacré un article fort élogieux dans la revue L’Avion (en 1935), le Chaumontais, bientôt sergent, remporte trois victoires aériennes : sur deux avions et un ballon. Le 3 juin 1918, volant avec le pilote Pinsard entre Verdun et Heudicourt, il vole au secours du lieutenant Simoni qui est aux prises avec six Fokker. Son Spad touché, Burello est contrait d’atterrir derrière les lignes ennemies. Accueilli par son vainqueur (selon Henry Beaubois, il s’agit d’un capitaine remportant là sa 18e victoire), fait prisonnier, le sous-officier ne se résout pas à cet état. Transféré à Darmstadt après une première tentative d’évasion, il parvient enfin à fausser compagnie à ses geôliers en octobre 1918, réussissant avec trois camarades de captivité à prendre le train pour la Suisse.
Après la guerre, au cours de laquelle deux de ses frères sont décédés (Albert, né en 1891, brigadier au 11e chasseurs, en 1915, et Maurice, né en 1896, soldat au 152e RI, en 1916), Pierre Burello œuvre comme instructeur en Finlande (c’est sans doute là qu’il rencontre Ruth Hakansson, qu’il épouse à Chaumont en 1921), rentre en France en 1922, et intègre la compagnie Air France.
Il en devient une des figures : « L’œil vif et un brin gavroche sous d’épais sourcils noirs, une voix douce, un air affable, une volonté de feu », ainsi Henry Beaubois décrit-il Burello dans son portrait de « millionnaires », à savoir les pilotes ayant parcouru plus d’un million de kilomètres. En l’occurrence, au moment de la rédaction de cet article (en 1935) : 1 311 000 km, soit plus de 32 fois le tour de la Terre, plus de 8 700 heures de vol.
Titulaire de la rosette de la Légion d’honneur, de la médaille militaire, de la Croix de guerre avec cinq citations, il meurt accidentellement le 9 février 1938 aux commandes de l’hydravion « La Ville-de-Bône » au départ de Marignane. Pierre Burello avait 44 ans. Une avenue perpétue sa mémoire à Chaumont.

Son compatriote Maurice Aubry, né à Romilly-sur-Seine (Aube) en 1892, est domicilié avec sa famille à Chaumont lorsqu’il rejoint en 1913, comme mécanicien, le 2e groupe d’aviation. Breveté pilote le 9 janvier 1916, il rejoint l’escadrille VB 109. Sergent le 21 novembre 1916, adjudant le 5 avril 1918, ce pilote de Voisin est affecté à la Réserve générale de l’aviation le 7 novembre 1918.

Charles-Robert Choppin naît le 18 avril 1895 à Sommevoire. Appelé en décembre 1914, cet employé communal, fils d’un Wasseyen, sert d’abord dans les chasseurs à pied avant de rejoindre l’aviation le 15 juillet 1917 comme élève pilote. Breveté le 19 novembre, caporal en décembre, il sert au Crotoy puis est affecté dans un groupe de bombardement de nuit le 29 avril 1918.

Enfant d’Humbécourt (où il voit le jour le 25 juin 1890), le sous-lieutenant d’artillerie Jules Chapron, qui a fait l’objet d’une citation à l’ordre de la brigade en septembre 1915, rejoint l’arme de l’aviation comme observateur le 5 mars 1917. Moins d’un mois plus tard, il est affecté au service aéronautique de la 4e armée. Lieutenant en 1918, il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1920. Chevalier de la Légion d'honneur, il réside à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) lorsqu'il meurt en 1932, à 42 ans.

Aucun Georges Devaux ne fait l’objet d’une fiche dans la rubrique « personnel aéronautique » du site Mémoire des hommes. Et pourtant, Georges-Emile Devaux, né à Saint-Dizier le 3 août 1893, est qualifié de sergent au 1er groupe d’aviation lorsqu’il meurt le 28 août 1918 dans un hôpital de Pau, à la suite d’une chute d’avion accidentelle en service (son nom figure sur le monument aux morts de la cité bragarde). Or il existe bien un maréchal des logis-chef (de cavalerie) pilote nommé Georges Devaux, arrivé le 19 juillet 1916 à l’escadrille CEP 115 (une formation de bombardement de nuit équipée d’avions italiens, et au sein de laquelle a d’ailleurs servi l’illustre Nungesser), nommé adjudant le 25 août 1917 par décision du groupe de bombardement 2, et affecté à l’escadrille 482 le 27 avril 1918. Il n'est donc pas impossible qu'il s'agisse du même homme...

Par ailleurs, un sergent bragard, André-Maurice Chaudel, né le 16 juin 1897, meurt accidentellement en service commandé, le 12 avril 1918, sur le champ d’aviation de Bellièvre, dans l’Ain. Dans la chute d'un avion ? Seule information : il appartenait au 156e RI.

Grand-oncle de Luc Chatel, actuel ministre de l’Education nationale, Jean Chatel est né en 1880 à Cousances-aux-Forges (Meuse). Son père Auguste, polytechnicien, lieutenant de vaisseau, gendre d’un maître de forges de Cousances, sera maire de Laneuville-à-Bayard. Jean Chatel est d’ailleurs issu du recrutement de Chaumont lorsqu’il intègre Saint-Cyr. Lieutenant au 13e chasseurs à cheval, il se distingue dès le 9 août 1914, faisant preuve – dixit sa citation – « d’un grand courage ». Capitaine le 22 février 1915, passé dans l’aviation comme observateur, le 7 juin 1915, il devient élève pilote le 9 janvier 1917. Chatel sert brièvement dans l’escadrille BR 227 (19 juillet 1918) avant d’être affecté, le 1er août, au commandement de l’escadrille 104, au sein de laquelle sert un certain lieutenant Didier Daurat, futur héros de l’aéropostale. L’officier haut-marnais succède à la fonction de capitaine-commandant au capitaine Maurice Aron, tué en combat aérien le 18 juillet 1918.

Le frère de Jean, Paul Chatel, naît en 1891 à Laneuville-à-Bayard. Issu de l’école centrale, engagé en 1912 dans l’artillerie, il est promu lieutenant le 4 août 1916 et rejoint l’aviation comme observateur le 13 septembre 1916. Il est affecté à la 2e armée le 12 octobre de la même année.

En service depuis 1912, Raymond Jobard, né en 1891 à Langres, sert d’abord au 26e dragons puis, dans l’aviation, comme pilote de Caudron. Nous avons été mis sur la « piste » de cet aviateur par l’ouvrage d’Hubert Déchanet consacré à l’aéronautique dans la région de Langres (paru aux éditions Dominique Guéniot).

Né à Bussières-lès-Belmont en 1882, Edme-André Lavocat est militaire depuis 1903. Maréchal des logis d’artillerie en 1906, il devient élève pilote le 15 septembre 1916. Breveté le 21 janvier 1917 sur avion Maurice-Farman, il quitte l’école d’aviation de Châteauroux pour rejoindre le 5e régiment d’artillerie.

(A suivre)

1 commentaire:

  1. Bonjour
    J'ai dans ma généalogie un Georges Devaux né à Clairvaux Les Lacs le 2 février 1883 brevet du 2 février 1883 n° 3139
    Cordialement
    devaux.philippe@gmail.com

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